Editos

Question d’actuali’été

Un orgue disparaît, un autre arrive …

Samedi 18 juillet, beaucoup se sont sans doute réveillés avec l’info troublante de l’incendie de la cathédrale de Nantes. Des amis m’envoyaient des images et on ne savait encore ce qui avait pu occasionner de telles flammes. Mon regard aiguisé m’a fait penser tout de suite aux grandes orgues de la cathédrale ; mon idée était confirmée en fin de matinée. Et j’ai tout de suite pensé à notre projet à Saint-Julien-lès-Metz : alors qu’un orgue disparaît par le feu, un autre vient d’être démonté pièce par pièce pour arriver chez nous, dans notre communauté.

Comme quoi, cet instrument (que l’on dit « le Roi des instruments ») fascine toujours et le regard des français s’est préoccupé pour un temps d’une cathédrale et d’un instrument, souvent mal connu. Ces grands meubles parfois illustres sont bien puissants et majestueux mais ô combien délicats et plus que fragiles. Il nous appartient à tous de préserver et de protéger nos patrimoines, ce sont des cadeaux que nous ferons à nos petits-enfants …

Notre projet d’acheminer un vrai orgue à St Julien est tristement confirmé par cet incendie qui nous montre que l’Art de la Musique doit plus que jamais être vivant ; c’est un instrument passionnant ! Et nous pensons bien entendu au diocèse de Nantes, à tous les baptisés qui se voient confisqués à nouveau de leur cathédrale. Nos cathédrales ne sont pas que de simples monuments et encore moins des musées, mais des lieux de présence du Seigneur au milieu du monde et où l’Homme vient célébrer et louer son Créateur dans un juste et beau dialogue.

L’orgue de St Julien est bien arrivé le 22 juillet, il faut être patient car il faut à présent consolider la tribune, mettre en sécurité les lieux et remonter toutes les pièces une par une, et accorder tuyaux après tuyaux (environ 4000 !). Merci à ceux qui s’investissent dans l’ombre, et à la Municipalité qui soutient fortement notre projet.

Nous avons besoin de vos aides financières, de vos concours, de votre élan pour accueillir cette belle pièce qui fera parler d’elle d’ici peu et pour longtemps, j’en suis certain. Notez peut-être une journée communautaire avec un repas inter paroissial et inauguration de l’orgue le dimanche 18 octobre, mais c’est une info à prendre avec des gants et des pincettes, nous ne savons pas encore comment se passera la rentrée à venir…

Belle suite d’été !

Loïc BONISOLI+

L’image contient peut-être : ciel, arbre, plante, nuage et plein air


Un chemin de confiance

Confiance… voilà un mot que nous entendons beaucoup ces derniers temps dans des expressions telles que : retrouver la confiance, donner confiance, mériter la confiance, la confiance perdue, on ne peut plus faire confiance… la liste peut être longue.

Il est possible d’affirmer que la confiance ça ne se décrète pas, que personne ne peut l’imposer à quiconque, que c’est une expérience de liberté propre à chacun.

Lorsque le mot confiance résonne à mes oreilles, il me renvoie à ma propre expérience qui remonte à plusieurs décennies et qui a évolué au cours d’un processus dans le temps.

À un moment de crise très sérieuse où mon avenir était en jeu, j’ai fait l’expérience que je pouvais mettre toute ma confiance, pour toute ma vie, en Jésus. En Lui seul je mettais ma confiance et quelques cinquante ans plus tard, il ne m’a jamais déçu. Mais le choc fut rude et je ne pouvais plus faire confiance à personne d’autre qu’à Lui seul.

Quelques mois plus tard, j’ai accueilli comme un cadeau, qui m’a beaucoup touché, que Lui aussi me faisait confiance en m’appelant à son service dans l’Église, dans le respect total de ma liberté.

C’était la découverte que la confiance n’existait pas seulement dans un sens, mais se vivait dans une réciprocité. La confiance était mutuelle. Ce fut alors un long cheminement qui a pris des années, et qui continue encore, et qui ne s’arrêtera jamais. Dans cette confiance mutuelle expérimentée au quotidien, j’ai commencé à avoir davantage confiance en moi, et simultanément je pouvais mettre ma confiance en des personnes pour la mission ensemble de l’annonce de la Bonne Nouvelle.

Je découvre de plus en plus, qu’enraciné dans cette confiance mutuelle avec Jésus, je peux faire confiance aux autres car j’ai de moins en moins peur d’être déçu.

Je découvre que la confiance est un chemin que chacun vit dans la liberté, que la confiance mutuelle en vue de la mission ne peut être déçue, parce que dans le même temps chacun s’accueille avec ses qualités et ses limites, dans une bienveillance, qui grandit elle aussi au fur et à mesure du cheminement d’une confiance réciproque.

Je sais en qui, depuis cette première expérience, je mets ma confiance, même si je suis toujours étonné et émerveillé que Lui aussi, Jésus, continue à me faire confiance au quotidien.

Abbé Jean-Luc Henry

 


LES ENFANTS, À TABLE !

Heureux parents qui, pendant tout ce confinement, ont crié maintes fois l’invitation à passer à table. On peut à nouveau, tout doucement et prudemment, l’entendre alors que nos rencontres familiales et amicales peuvent reprendre, avec toutes les précautions nécessaires. D’ailleurs, il est temps de pouvoir se réunir en famille car les mamans et les papas sont mis à l’honneur en moins de 15 jours : alors bonne fête à nos papas et nos mamans !

Dans le cadre de nos célébrations, nous ne sommes pas prêts de quitter la table non plus (même si les temps forts et moments si agréables de fin d’année ne peuvent avoir lieu). Dieu nous convoque à bien des banquets : même si le temps de Pâques s’est terminé avec la Pentecôte, il n’en demeure pas moins que ce n’est pas terminé. Comme à chaque fois, le Temps Pascal ouvre la porte à d’autres fêtes et solennités. La Trinité, le Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Seigneur (la Fête Dieu jadis nommée) puis la solennité du Sacré-Cœur. La table est toujours dressée.

En effet, nous avons pris le temps de préparer nos cœurs à vivre la Résurrection durant le Carême – de manière si singulière cette année – le temps pascal a lui aussi été bouleversé. Mais nous avons pris le temps de méditer, lire et prier, de préparer nos cœurs, et la Pentecôte a ouvert les portes de nos églises. Ce sont les grandes fêtes de Dieu : Pâques où son fils meurt et ressuscite et durant 50 jours nous sommes invités à approfondir cela (temps de Pâques et Ascension). Puis arrive la Pentecôte, fête de l’Esprit-Saint qui embraie sur la fête de la Trinité : le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont célébrés ensemble. Carême, Pâques, Ascension, Pentecôte, tout a préparé largement nos cœurs à vivre cela. Et pour finir? Le Saint-Sacrement, soit la manière concrète qu’a Dieu pour se rendre présent. Le Père envoie le Fils qui se donne en nourriture. Cette nourriture, par le souffle de l’Esprit Saint, permet nos eucharisties et nos communions.

Le corps et le sang du Christ sont bien là, présents dans le pain, dans le vin. La Fête-Dieu alors conclura tout ce grand enchaînement qui nous a montré encore qui est Dieu et ce qu’il veut pour nous : nous inviter à sa table, il y a bien de la place !

Loïc BONISOLI+


Désirs de l’homme…désir de Dieu ?

Alors que prudemment nous quittons un confinement strict infligé par cette pandémie, quels sont nos désirs ?

De retrouver une vie normale ? Quoi de plus légitime pour renouer tous les liens familiaux, sociaux, qui nous ont tant manqué !

Que ce ne soit qu’une parenthèse ou que tout redevienne comme avant ? Nous savons déjà que la parenthèse n’est pas fermée et que, pour les mois, les années qui viennent, pour beaucoup ce sera très différent…la vie, notre vie sera changée.

Que notre vie chrétienne retrouve son fonctionnement, comme si, privés de vie ecclésiale pendant des mois, ne nous aurait pas changés !

Nos désirs humains, bien légitimes d’un comme avant, risquent d’être un petit peu chamboulés, voire même déçus.

Peut-être est-il bon de nous demander quel est le désir de Jésus pour nous ?

Son désir ? c’est la Vie Éternelle pour nous, en nous ; c’est que nous soyons animés par l’Esprit-Saint pour connaître et faire connaître l’amour du Père pour tous les hommes. Le désir de Jésus, c’est que sa Paix demeure en nous pour vivre le quotidien tel qu’il se présente et avoir l’audace d’aller de l’avant. Le passé est dépassé, la mort est traversée, la vie est victorieuse. Le Souffle nouveau nous anime pour témoigner de cette vie Éternelle en nous, pour inventer au pas à pas l’à-venir de nos communautés !

Dans tous ces désirs qui nous animent en cette période si particulière et inédite, existe-t-il en nous le désir de Dieu, de vivre de sa Présence pour en témoigner ici et maintenant, quelle que soit la situation ?

Croyons que, dans ce désir de vivre de la présence de Jésus, dans ce désir de Vie Éternelle, dans ce désir d’être dans l’élan de l’Esprit-Saint, nous sommes comblés de la paix que Jésus nous donne.

Abbé Jean-Luc HENRY


BIENTÔT LE BOUT DU TUNNEL ?

Nous entendons bien diverses informations, et en même temps il y a des scrupules et des craintes quant aux diverses règles et recommandations pour ce déconfinement à venir.

A quoi va-t-il ressembler ? Qu’attendre pour la suite ? Ce n’est pas tout à fait la fin, la prudence est toujours de rigueur.

Les craintes de beaucoup sont tout à fait légitimes, même si le moral peut commencer à baisser quelque peu.

Il y a aussi ce besoin de revoir la famille et les amis, ce besoin des enfants de retrouver les grands-parents, ces parents de revoir le visage de leurs enfants en vrai

(et non pas derrière un écran) ou boire enfin un verre avec des amis … tout cela n’est pas encore gagné.

Une certaine lassitude peut se faire sentir.

Nous sommes obligés de ressentir ce qu’ont été les cinquante jours d’enfermement pour les disciples, en ce temps-là au Cénacle,

dans cet appartement à l’étage en plein cœur de Jérusalem, d’où il fallait sortir avec prudence. Quelle affaire, pour eux alors, et pour nous en 2020 ! Dieu du ciel !

On en aura à raconter à nos futures générations. 29 mai ? 2 juin ? Pour la Pentecôte ? Au-delà ?

A quand vraiment la possibilité de rouvrir nos églises à nos assemblées, toutes règles de sécurité mises en place évidemment ?

La Pentecôte qui pointe le bout de son nez de plus en plus est un horizon espéré, et pourtant sortir de chez nous ne se fera encore pas comme avant. Rien ne peut être comme « avant ».

Les apôtres et Marie sont pas sortis non plus de leur confinement comme avant. Nous connaîtrons le même sort, hélas pas de la même manière.

Eux en annonçant la Bonne Nouvelle aux nations et nous en gardant les précautions, encore. Mais il y a un facteur commun entre eux et nous : c’est avec des risques.

Eux pour le martyre, nous parce que cette saleté de virus n’est pas vaincue. La Parole de Dieu continue d’accompagner dans ce tunnel que nous traversons.

A la sortie, ce sera forcément un autre paysage. Une véritable Pâque – au sens de « passage » – nous attend véritablement.

Nous n’aurons jamais autant expérimenté, depuis longtemps, la patience et la prudence. Mais Dieu nous tient la main.

Loïc BONISOLI+


Chemin faisant …

Lorsque la désillusion est trop grande, que nous avons le cœur lourd de tous les événements qui nous accablent jusqu’à nous angoisser ;

lorsque nous ne savons plus nous en sommes et que tout s’écroule autour de nous et même au plus profond de nous-mêmes ;

lorsqu’il ne reste plus qu’à reprendre le chemin ordinaire du cours de notre vie, sans élan, sans entrain parce qu’il n’y a plus rien d’autre à faire,

alors que nous n’attendons plus rien de personne, c’est là, que Lui, Jésus, de façon toute simple et inattendue, vient nous rejoindre sur notre chemin. Chemin faisant, il va d’abord nous écouter, nous laissant raconter tout ce qui fait notre désarroi ainsi que toutes nos espérances déçues.

Oui, chemin faisant, avant d’apaiser notre cœur, avant que nous ne puissions accueillir Sa Vie qu’Il veut partager avec nous, Il va nous écouter : nous permettant ainsi de nous libérer de tout ce qui est trop lourd à porter.

Et parce que nous aurons pu nous libérer du trop pesant, petit à petit, chemin faisant, nous pourrons accueillir Sa présence en nous, qui provoquera un changement d’état intérieur : chemin faisant, « notre cœur n’était-il pas tout brûlant » en sa présence ?

Par cette expérience du « chemin faisant » lorsque Jésus nous rejoint, notre chemin devient cheminement en Sa présence ; et la paix, peut-être même la joie qu’il nous a promises, font leur chemin en nous.

Le « chemin faisant avec Lui », qui nous a rejoint, nous permet alors de réaliser qu’Il est Le Ressuscité nous ressuscitant.

Alors, un élan inconnu jusque-là nous saisit, pour que nous puissions, en ressuscité, rayonner autour de nous cette Bonne Nouvelle.

Oui, Jésus nous rejoint, nous écoute, nous libère et nous fait passer à une vie nouvelle, Lui en nous et nous en Lui.

Chemin faisant, laissons Jésus nous rejoindre et faire route avec nous, afin de passer de nos ténèbres à Sa Lumière.

Abbé Jean-Luc Henry


Lorsque la désillusion est trop grande, que nous avons le cœur lourd de tous les événements qui nous accablent jusqu’à nous angoisser ;

lorsque nous ne savons plus nous en sommes et que tout s’écroule autour de nous et même au plus profond de nous-mêmes ;

lorsqu’il ne reste plus qu’à reprendre le chemin ordinaire du cours de notre vie, sans élan, sans entrain parce qu’il n’y a plus rien d’autre à faire,

alors que nous n’attendons plus rien de personne, c’est là, que Lui, Jésus, de façon toute simple et inattendue, vient nous rejoindre sur notre chemin. Chemin faisant, il va d’abord nous écouter, nous laissant raconter tout ce qui fait notre désarroi ainsi que toutes nos espérances déçues.

Oui, chemin faisant, avant d’apaiser notre cœur, avant que nous ne puissions accueillir Sa Vie qu’Il veut partager avec nous, Il va nous écouter : nous permettant ainsi de nous libérer de tout ce qui est trop lourd à porter.

Et parce que nous aurons pu nous libérer du trop pesant, petit à petit, chemin faisant, nous pourrons accueillir Sa présence en nous, qui provoquera un changement d’état intérieur : chemin faisant, « notre cœur n’était-il pas tout brûlant » en sa présence ?

Par cette expérience du « chemin faisant » lorsque Jésus nous rejoint, notre chemin devient cheminement en Sa présence ; et la paix, peut-être même la joie qu’il nous a promises, font leur chemin en nous.

Le « chemin faisant avec Lui », qui nous a rejoint, nous permet alors de réaliser qu’Il est Le Ressuscité nous ressuscitant.

Alors, un élan inconnu jusque-là nous saisit, pour que nous puissions, en ressuscité, rayonner autour de nous cette Bonne Nouvelle.

Oui, Jésus nous rejoint, nous écoute, nous libère et nous fait passer à une vie nouvelle, Lui en nous et nous en Lui.

Chemin faisant, laissons Jésus nous rejoindre et faire route avec nous, afin de passer de nos ténèbres à Sa Lumière.

Abbé Jean-Luc Henry


Message de Pâques

« Ô mort, où est ta victoire ? »

Face à une épidémie, accompagner un mourant, perdre un être cher, participer à des funérailles, surmonter un accident grave… Autant d’occasions de vivre douloureusement notre fragilité humaine.

Accomplir son devoir d’état, investir dans des projets et des constructions de toutes sortes, participer aux changements pour une société plus juste, se donner consciencieusement dans son métier, prendre soin de celles et ceux que Dieu nous confie… Autant d’occasions futures de vivre l’abandon inévitable et douloureux de ce qui nous mobilisait intensément.

À l’approche de sa mort, le Christ vit intensément et douloureusement l’abandon de tout son être à la volonté de Son Père. Il consent à se laisser assumer par Son Père. Mort sur la croix, mis au tombeau, Il ressuscita le troisième jour comme Il l’avait Lui-même annoncé. Ainsi, dans notre histoire close, confinée dans l’unique perspective de la mort, Il a pratiqué une brèche qui ne se fermera plus.

En accueillant, dans la foi, le mystère de la mort et de la résurrection du Christ, nous ne laissons plus totalement la mort nous inquiéter, nous sidérer ou nous révolter. Au contraire, nous commençons à mettre radicalement en question le pouvoir dévastateur de la mort. La foi en la résurrection est un cheminement, parfois long et sinueux ; chacun le vit avec ses propres résistances. Et pourtant, la brèche ouverte est là, devant nous.

C’est dans des conditions parfois très inconfortables et douloureuses que la foi en Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit se transmet. Missionnaires de sa lumière, nous avons à offrir le témoignage quotidien de notre attachement au Christ ressuscité qui transforme radicalement le « sauve-qui-peut » en « qui puis-je sauver ? ». Mais quel est l’avenir de cette transformation, aussi belle soit-elle, sans l’abandon simultané de nous-mêmes dans les mains de Dieu ? Il y a certes encore bien des victoires remportées contre toute forme d’aliénation. Réjouissons-nous d’être comptés par le Christ parmi ses messagers de la Bonne Nouvelle du Salut pour nous et pour tous.

Mais il y a en même temps bien des abandons auxquels nous devons consentir pour n’appartenir qu’au Christ ressuscité et diriger nos efforts, quels qu’ils soient, vers le ciel. « Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut, c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu » (Saint Paul aux Colossiens 3,1).

Ainsi, même lorsque nous nous acquittons d’une tâche terrestre, aussi belle et noble soit-elle, il ne nous est pas permis d’y rester rattachés. Ce qui est donné est donné. Cela ne nous appartient plus.

Par le don total de sa vie, le Christ est devenu le bienfaiteur et le sauveur de tous. Sa victoire sur la mort annonce la victoire du don en nos propres vies. Que la vie de son Esprit fasse résonner en nous l’Alléluia pascal. Quel que soit le niveau de notre confinement, faisons tout pour que la Bonne Nouvelle se répande !

Belle fête de Pâques à toutes et à tous.

+Mgr Jean-Pierre VUILLEMIN

Évêque auxiliaire


RAMEAUX PARTICULIERS …

En temps normal, ce dimanche , nous devions nous réunir, brandir nos rameaux et revivre l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem, avant sa Pâque.

Ce ne sera pas le cas cette année. Ces célébrations seront toutes particulières, cependant vécues en intense communion les uns avec les autres.

Il paraît que depuis quelques temps la nature respire à nouveau et reprend le dessus ; signe positif !

Comme quoi, on fait du mal à la Création en temps ordinaire.

Oui la nature revient en ville, les oiseaux reviennent, on n’entend plus de bruits superflus, les paysages sont moins gris dans les grandes villes,

et on voit les canards et même des animaux forestiers prendre la place des piétons sur les trottoirs par endroits.

Nous-mêmes, nous faisons entrer cette nature chez nous, ces buis bénis, en souvenir de cette vie qui l’emporte toujours.

Nous croyons en la vie. Ces branchages en sont le signe. Certes, pour le moment, ils ne seront pas renouvelés tout de suite.

Mais ne perdons pas espoir que nous puissions remplacer ces rameaux par des buis plus neufs, dès que possible.

Voici la semaine qui nous prépare à Pâques, la Semaine Sainte. Les célébrations seront vécues à huis-clos, mais retransmis via les divers médias (voir ci-dessous).

A toutes et tous, de tout cœur, nous vous souhaitons une belle semaine et une montée vers Pâques pleine de confiance et de courage.

Loïc BONISOLI+, curé


Appelés à vivre !

Vivre, c’est ce que nous désirons le plus au monde.

À l’heure où notre vie est menacée, où tout ce qui fait notre vie habituelle se réduit, où une sourde angoisse nous saisit de perdre la vie, nous pouvons ressentir de façon intense ce bien le plus précieux : vivre !

Vivre nous est donné et il nous appartient d’accueillir ce don et de lui permettre de se déployer en nous et par nous.

C’est de notre responsabilité.

Toutes les mesures qui sont prises actuellement dans notre pays et dans le monde, nous invitent fortement à prendre nos responsabilités pour sauver des vies.

Cela nous permet aussi de découvrir le sens de la vie pour nous et pour tous les vivants.

Ce temps de confinement, qu’il nous est demandé d’appliquer au mieux, peut nous permettre de redécouvrir à travers les textes de ce quatrième et cinquième dimanche de carême que Jésus vient donner sens à notre vie, à toute vie.

Faire tout un chemin intérieur pour voir ce qui est essentiel à notre vie et comme l’aveugle de naissance pouvoir dire dans un souffle, pour vivre : « Je crois, Seigneur ! »

Et avec Marthe, entendre Jésus nous dire au plus intime de nous-même : « Je suis la résurrection et la vie ; crois-tu cela ? » Répondre à cette question, par la confiance en Jésus, peut nous permettre de trouver sens à notre vie.

Oui, quels que puissent être les événements, aussi difficiles qu’ils soient, nous sommes appelés à vivre de Lui, Jésus, à ressusciter avec Lui et en Lui.

Que ce temps de carême, où nous allons plutôt nous retrouver avec nous-même, nous permette de cheminer, pour réaliser que Dieu appelle chacun à vivre, et que pour cela, Il compte aussi sur chacun de nous.

Abbé Jean-Luc Henry


Le phénix

Le phénix renaît de ses cendres. Cet oiseau légendaire possède, selon la légende, une longévité extraordinaire et ressuscite de ses cendres après avoir été consumé. C’est l’oiseau de feu, tant évoqué et représenté dans l’art à travers les âges et si utilisé par les commentateurs tels les Pères de l’Église. C’est ainsi que nous pouvons voir le sens de notre carême, avec cette vision sublime du passage de la mort à la vie. Mais n’allons pas trop vite. Les fêtes de Pâques arrivent, mais tout doucement. Certes, ce phénix évoque dans la tradition chrétienne le Christ lui-même en sa Résurrection. Mais pour nous ? Nous pouvons être à l’image de cet oiseau, renaître de nos cendres.

C’est un des buts de nos carêmes. C’est le but de notre carême cette année : repartir en une nouvelle vie, la vie en Dieu. Le mercredi des cendres est fortement symbolique avec ce geste fort d’une imposition de ces cendres, les restes de matières végétales – nos rameaux et palmes de l’année passée – qui deviennent un signe de vie. Non le Carême n’est pas un temps triste et uniquement tourné vers la privation. C’est le temps de la conversion et du retour.

Ce geste que nous recevons à l’ouverture de ces 40 jours de préparation à la Résurrection nous appelle très fortement à la Vie, nous sommes appelés à renaître. Le Christ l’a fait, au matin de Pâques. C’est une promesse qui nous concerne et une invitation pour nous.
Tous nous aurons part à la Résurrection. Il nous faut alors passer par un renoncement, une abolition et une renonciation à nos surplus, nos travers, nos habitudes qui cèdent la place à la relation faussée, à la culture du soi, à la pensée unique ou trop facile.

Nous sommes d’autres Christ. La vie renaît de nos cendres, si nous savons la remettre entre les mains de Dieu ; un petit effort, allez !
« Entre nos mains, voici ta vie qui renaît de nos cendres » (chant traditionnel de nos assemblées, Pain des Merveilles)

Loïc BONISOLI+


Jésus nous en demande-t-il trop ?

En termes de justice, de relation à l’autre, Jésus nous demande de vivre en vérité, sans compromission : « que votre oui soit oui, que votre non soit non » tout simplement ! Il faut quasi être un saint pour vivre de cette manière-là tout le temps. Jésus n’attend-il pas trop de nous lorsqu’il nous dit : « vous êtes le sel de la terre, la lumière du monde » ? C’est vraiment mission impossible !

En même temps, Jésus exprime qu’il a besoin de nous, qu’il n’a que nous pour rendre ce monde meilleur, plus fraternel, plus juste.
Nous sommes alors invités à trouver notre juste place : comme le sel qui sert à donner de la saveur, mais dont on ne doit ressentir ni le goût ni son manque, comme la lumière qui sert à donner le bon éclairage pour qu’apparaissent les réalités dans toute leur beauté et leurs couleurs.

Dans ce contexte, le sel, la lumière sont des “serviteurs”. C’est vrai, cette manière d’être au service comporte des exigences, oblige à des choix : c’est tout un art de vivre et de témoigner par tout notre comportement d’un possible vivre ensemble. Pour tout cela, Jésus a besoin de nous ! Alors, nous en demande-t-il trop ?

Oui bien sûr, si nous comptons seulement sur nos propres forces. Mais le sel de la terre, c’est Lui en nous, la lumière du monde, c’est Lui en nous. Alors l’impossible peut se vivre au quotidien, simplement, humblement ; nous réalisons qu’avec Lui, Jésus, nous pouvons apporter notre grain de sel et l’éclairage nécessaires, à leur juste mesure.

Ce que Jésus nous demande c’est de Le laisser vivre et agir à travers nous. Il nous connaît, Il nous aime : alors faisons-Lui confiance et nous deviendrons alors sel de la terre et lumière du monde dans tout ce que nous vivons au quotidien !


Abbé Jean-Luc Henry