Méditations de la Parole de Dieu

Samedi 9 janvier

Evangile du jour : « L’ami de l’époux est tout joyeux d’entendre la voix de l’époux » (Jn 3, 22-30)

Dans ce passage de l’Evangile selon st Jean, trois points ont davantage retenu mon attention :

  1. Nous entendons Jean-Baptiste dire à ses disciples : « Un homme ne peut rien s’attribuer, sinon ce qui lui est donné du Ciel. Vous-mêmes pouvez témoigner que j’ai dit : Moi, je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui. »

Jean Baptiste a été envoyé par Dieu. L’Evangéliste Marc (Mc 1, 2) dit : « Ainsi qu’il est écrit dans le livre du prophète Esaïe, Voici, j’envoie mon messager devant toi pour préparer la route. A travers le désert, une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. Et Jean le Baptiste parut dans le désert. »

Jésus lui-même a été envoyé et ne s’attribue rien qui ne lui a été donné ou montré par son Père. Dans d’autres passages de l’Evangile de Jean, Jésus dit en effet :

« Celui qui m’a envoyé est véridique » (Jn 8,26b)

« Maintenant je vais à Celui qui m’a envoyé » (Jn 16,5)

« En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, mais seulement ce qu’il voit faire au Père » (Jn 5, 19)

« Je ne fais rien de moi-même, je dis ce que le Père m’a enseigné » (Jn 8, 28)

Dans l’Evangile de Luc (Lc 4, 14-22) que nous lisions jeudi : « lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit » revint en Galilée (…) » C’est dans la puissance de l’Esprit que Jésus agit, pas de sa propre volonté.

2. A la fin de ce passage qui nous est proposé aujourd’hui Jean-Baptiste nous fait part de sa joie d’être l’ami de l’époux et d’entendre sa voix, une joie parfaite.

Jésus nous invite à cette joie : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite ». (Jn 15,11)

Jusqu’ici vous n’avez rien demandé en mon nom : demandez et vous recevrez, pour que votre joie soit parfaite ». (Jn 16,24)

3. « Lui il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue ». Le temps est venu pour Jean-Baptiste de faire toute la place à Jésus. I l était venu pour préparer le chemin, il a désigné Jésus comme étant « l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Jean Baptisait dans l’eau, il s’efface devant celui qu’il est venu annoncer, celui qui baptisera dans l’Esprit.

L’humilité prend toute sa place dans ces paroles. Le Christ, envoyé du Père, reçoit tout de lui. Jean-Baptiste « s’efface » devant celui pour qui il a préparé le chemin. Et ce qui est présent dans le cœur de Jean-Baptiste, c’est la joie ! La joie du serviteur qui a humblement accompli son travail.

Avec Jean-Baptiste, reconnaissons que ce que nous sommes, ce que nous faisons, tout nous est « donné du Ciel. Et soyons dans la joie, la joie d’être enfant de Dieu, de se savoir aimé(e) de lui, la joie du service, la joie du témoignage, la joie de l’annonce, la joie du partage.

Françoise FUCHS


Vendredi 8 janvier

Évangile du jourEt si la foi était avant tout une histoire de rencontre ?

L’évangile d’aujourd’hui nous place au cœur d’une rencontre improbable sur fond de situation de grande fragilité. Et nous découvrons qu’avec Jésus, rien, ni même jamais rien n’est sans issue.

Vous connaissez tous l’adage : « A tout problème une solution ! » C’est visiblement ce qui se passe pour cet homme confronté à la lèpre. Cette maladie considérée comme synonyme de mort. Et la solution lui vient directement de sa rencontre avec Jésus, ce Jésus qui est foi en acte.

Rencontre improbable d’un malade et d’un bien portant…d’un exclu et d’un rassembleur ! Rencontre de l’humanité pécheresse et du Dieu sauveur… de l’humain et du divin. Rencontre improbable comme il y a tant de fois dans les évangiles.

Ce genre de rencontre qui marque une vie parce qu’elle redonne vie tout simplement. Oui, Il est comme çà notre Dieu ! Celui de la rencontre qui change tout ! Alors on peut facilement comprendre que cet homme attirait, et qu’il faisait parler. On comprend aussi qu’on se pressait pour l’entendre.

Finalement la vraie question pour l’aujourd’hui de nos vies, c’est de nous demander si nous faisons, nous aussi partie de cette foule en attente ; Est-ce que nous nous pressons pour l’entendre et le rencontrer vraiment ? Avons-nous toujours besoin du Christ ? Non pas seulement pour soigner mes « petits bobos intérieurs », mais pour en faire ce compagnon de route qui viens sans cesse souffler au creux de mon oreille ses paroles de vie, et me prendre par la main pour me conduire vers son ailleurs…

Et si la foi était une rencontre qui touche ?

Père Jean Marc ALTENDORFF+


Jeudi 7 janvier

Evangile du jour : « Cette parole de l’Écriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit (Luc 4, 14-22) »

Le peuple de l’Alliance était en attente du Messie. Au début de l’histoire biblique, le Messie était celui qui avait reçu l’onction, principalement le Roi. Mais au fil du temps, la notion de messie va s’élargir et concerner tous ceux qui sont habités par l’Esprit pour guider le peuple ; cela s’appliquera aux prophètes. Jésus affirme que cette parole du prophète Isaïe concernant le Messie s’accomplit aujourd’hui en sa Personne : celui que l’on attendait est là, déjà présent et agissant : la prophétie est accomplie. Au cours de sa vie publique Il annonce la parole aux pauvres et la libération des prisonniers. Il donne la vue aux aveugles et la liberté aux opprimés. Il guérit et libère du péché. Il révèle l’amour qui est plus fort que le mal et la mort. C’est un temps favorable que Dieu accorde à toute l’humanité.

Mais ce n’était pas du tout ce que les Juifs l’attendaient. Jésus va mettre ses contemporains très en colère : il va accueillir Zachée plutôt que tous les bons pratiquants, il va soutenir Marie Madeleine, il va guérir le jour du sabbat, il va traiter les pharisiens d’hypocrites et fréquenter les publicains et les pécheurs. Car prendre le parti des pauvres, des prisonniers, des aveugles, des opprimés, ça des conséquences redoutables sur l’ordre politique, public et religieux.

« Cette Parole de l’Écriture… c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit ! »

En écoutant cet Evangile, avons-nous pensé qu’il est pour nous aujourd’hui ? Sans doute nous avons la même difficulté à l’accueillir, comme les personnes à la synagogue. « Tous s’étonnaient ». Plus tard, ils se mettront en colère. Plus tard, ils vont crier : « Crucifie-le » !

En regardant le monde dans lequel nous vivons, nous avons parfois l’impression que le salut de Dieu n’est pas en route et que cette annonce est un rêve, une utopie, un mensonge !

N’oublions pas que si le salut s’accomplit aujourd’hui, c’est aussi par les mains des hommes et des femmes, par l’action de ceux qui ont reçu la plénitude de l’Esprit, c’est-à-dire nous ! Pour qu’on puisse voir aujourd’hui que la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres, il faut que nous, nous l’annoncions aux pauvres en priorité. Pour que les prisonniers soient libérés, il faut que nous, nous travaillions ardemment à faire tomber les chaînes qui emprisonnent. Pour que les aveugles puissent voir il faut que nous, nous montrions aux autres la lumière de la vérité de Jésus : il vient ouvrir nos yeux et notre cœur pour nous permettre voir les vraies valeurs de l’homme et non seulement ses apparences.

Au début de cette Nouvelle Année nous sommes invités à croire que l’Esprit de Dieu travaille notre monde de l’intérieur, comme un ferment et que nous avons à apprendre à lire les événements comme des « signes des temps » et non comme des fatalités. C’est à la lumière de l’Écriture que nous pouvons discerner l’action de l’Esprit dans notre histoire.

Nous sommes entraînés sur une voie exigeante. Jésus ne nous a jamais promis une voie facile. Il nous a même dit que le suivre, c’était prendre sa croix. Mais en même temps, quand il nous dit que c’est maintenant que ça s’accomplit, alors une joie profonde devrait nous étreindre, la joie du disciple qui sent cette proximité de Celui en qui il met sa confiance.

 Père Joseph


Mercredi 6 janvier

Lecture du jour : « Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous » (1 Jn 4, 11-18)

Amour, mot ô combien utilisé et souvent dévoyé. Saint-Jean nous rappelle son pouvoir et ce qu’il devrait être : « Puisque Dieu nous a tellement aimé, nous devons nous aussi nous aimer les uns les autres. »

Au chapitre 13, versets 34-35, Jean précise la pensée de Jésus : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. A ceci, tous reconnaitront que sous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres »

Lorsqu’un docteur de la loi demande à Jésus pour l’embarrasser : « Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? », il lui dit : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. C’est le plus grand et le premier commandement. Un second lui est égal : tu aimeras ton prochain comme toi-même. En ces deux commandements tient toute la Loi et les Prophètes ». (Mt 22, 35-40)

Nous y sommes, à nous d’appliquer même si ce n’est pas toujours facile. Le plus faible, le plus pauvre, le plus délaissé, le plus seul, le malade, le prisonnier, le migrant tous sont notre prochain et dans sa dernière encyclique « Fratelli Tutti », le Pape François nous rappelle dès l’introduction, l’importance de l’amour fraternel et de l’amour-charité (ch 3) exigeant une plus grande capacité à accueillir les autres. Jésus nous disait : « Tous vous êtes des frères. »

A nous de faire resplendir l’amour dans la vérité (Benoit XVI) et d’aimer même celui qui nous est désagréable, de prime abord plus difficile à aimer !

François Plantet


Mardi 5 janvier

Evangile du jour : Multipliant les pains, Jésus se manifeste comme le Prophète (Mc 6, 34-44)

Cinq pains et deux poissons… qu’est ce que cela pour tant de monde ! avouez qu’il y a de quoi s’affoler devant si peu de nourriture pour satisfaire une foule de 5000 hommes. Et pour compliquer encore plus la situation, l’évangéliste Marc précise que le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun ait de quoi se nourrir… alors à vue humaine, voilà une équation impossible à résoudre…à vue humaine, oui sans doute, mais si Jésus s’en mêle, alors ça change tout ! effectivement, Jésus n’a pas fait chercher ailleurs des pains meilleurs et plus abondants. Dès que Jésus intervient, son Esprit transforme et transfigure ce que les disciples mettent humblement à sa disposition. Les pains deviennent nourriture de toute une foule, parce que Jésus les a transfigurés. Nourriture si abondante, qu’il reste de quoi remplir 12 paniers. Nourriture qui devient précieuse, à ramasser pour que rien ne soit perdu…avec Jésus, tout est facile ; sans Lui, tout est difficile ! CQFD…

Oui, tout est transfiguré par le Christ ; voilà la bonne nouvelle de cette « épiphanie » du Seigneur, cette manifestation, cette révélation. Jésus est présent à son Eglise, il la soutient, et par l’action de son Esprit, l’impossible devient possible. Le Peuple de Dieu est doublement nourri par sa Parole de Vie et son Pain de Vie. Les deux tables ; celle de la Parole et celle de l’Eucharistie.

Les apôtres ont été tellement impressionnés par ce repas à nul autre pareil, qu’ils en ont transmis le récit jusqu’à six fois, dans les quatre évangiles. Depuis la Pâque de Jésus, ils ont vécu cette expérience décisive : le Ressuscité est réellement présent et vivant dans la communauté des croyants, non seulement, il est au milieu de nous, rappelons-nous sa Parole : « quand deux ou trois sont réunis en mon Nom, je suis là, au milieu d’eux ! » Pas seulement présent au milieu de nous, mais aussi en nous, quand il se fait nourriture dans le Sacrement de Sa Présence Réelle.

Frères et sœurs, nous en faisons l’expérience nous aussi quand nous sommes rassemblés, en Eglise, pour la célébration eucharistique. Nous nous présentons devant le Divin Maître avec toutes nos faiblesses, nos joies comme nos peines. N’ayons pas peur du Christ, il n’enlève rien mais il donne tout ! comme l’affirmait le pape émérite Benoit XVI. Le temps de la célébration nous est donné pour que l’Esprit Saint agisse en nous par la Parole proclamée et par le Pain de Vie partagé.

Comme l’enseignait saint Augustin, aux chrétiens qui participaient à l’Eucharistie : « Chrétien, deviens ce que tu contemples, contemple ce que tu reçois, reçois ce que tu es : le Corps du Christ ».

Serge+ votre frère diacre


lundi 4 janvier

Psaume du jour : Tu es mon fils ; je te donne en héritage les nations (Ps 2)

Chers frères et sœurs, je vous invite aujourd’hui à méditer le psaume 2 dans son intégralité. Le lien fourni vous permettra de l’écouter, chanté par le chœur de l’abbaye de Sylvanès.

Les premiers versets évoquent le tumulte des nations, le vain murmure des peuples. Plusieurs rois sont évoqués : ceux de la terre et Celui qui est sacré Roi par Dieu. Les uns se liguent contre les autres ! Qui gagnera ? Les « puissants » de ce monde ou Celui que Dieu a choisi comme fils ? Tout le premier paragraphe décrit un monde en proie à la violence. Cette violence ne reste-elle d’actualité dans notre monde ?

Dans ces premiers versets, la violence est également du côté de Dieu : Sa première réaction est même étonnante : « il s’en amuse, les tourne en dérision. Il leur parle avec fureur ». Sa puissance sera plus forte que celle de tous les puissants de ce monde… Si Dieu intervient, les grands sont « perdus ». Etonnante cette manière de manifester Sa souveraineté dans ce psaume dit « royal ». La seconde réaction de Dieu l’implique personnellement : « moi, j’ai sacré mon roi ». Ce psaume fait partie des psaumes dits messianiques. Il n’hésite pas à envoyer Son roi pour « détruire et briser » tout ce qui se dresse entre Lui et le monde. Quelle détermination ! En écoutant les paroles dites par Dieu, j’entends la mission qui Lui est confiée. Ce psaume est aussi prophétique !

Au cœur de son monde troublé, le psalmiste avait commencé sa prière par une question, un cri de révolte devant ce qui lui est incompréhensible, inadmissible, insupportable. Il la termine par l’évocation du bonheur promis à celui qui choisira de mettre sa confiance en Dieu.
Peut être puis-je moi aussi formuler au Seigneur dans ma prière, mes incompréhensions, mes révoltes, mes questionnements, mes craintes face à notre monde en tourmente puis lui demander la grâce de l’entendre me dire : « Tu es mon fils, ma fille, moi aujourd’hui je t’ai engendré…Heureux qui trouve en Lui son refuge ». Que je me laisse habiter par cette Parole !

Pour terminer cette méditation nous pouvons prier le Magnificat dont certaines paroles entrent en résonnance avec le psaume 2. « Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent ».

Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

Il s’est penché sur son humble servante ; désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, pour les siècles des siècles.

Amen.

Danielle SCHUCK


Dimanche 3 janvier

Evangile du jour : Nous sommes venus d’Orient adorer le roi (Mt 2, 1-12)

Nous sommes pleins de préjugés ! Tous ! Comme les mages. Ne me dites pas non, c’est au moins le cas pour Dieu ! Qui d’entre nous aurait pu imaginer un Dieu qui ne vienne pas au monde dans un palais ? Dans le plus beau palais. Seule la foi chrétienne d’ailleurs propose une telle innovation.

Les mages sont comme nous, pleins d’idées reçues ou préconçues sur Dieu. Et c’est normal. Mais le Dieu qui s’est révélé dans un petit enfant est aussi celui qui, aujourd’hui, continue à se révéler différent de ce que nous pensons de lui. Honnêtement, qui n’est pas parfois surpris des positions prises par le pape François, dans le domaine de la solidarité. Ou ne l’était pas quand Benoît XVI parlait de liturgie. Pourtant, c’est le même Dieu qui est célébré, reconnu, servi dans ces deux dimensions.

Dieu est toujours plus grand que nous, il nous précède toujours ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle in nous invite à devenir ses disciples, c’est à dire à le suivre. Pour le découvrir autrement, pour le découvrir ailleurs que là où on l’imagine. Dieu nous précède, il nous ouvre le chemin, attend que nous repartions pour nous attirer à Lui, comme les mages avec cette étoile qui réapparait er leur procure “une très grande joie”.

Du coup, je vous partage cette prière que j’affectionne tout particulièrement :

« Ô Toi qui es au-delà de tout, peut-on Te désigner autrement ? Quelle parole peut Te chanter, Toi qu’aucun vocable ne saurait désigner nommément ? Comment l’esprit Te verrait-il, ô Toi qui ne peux être perçu par aucun esprit intelligent ? Tu es seul innommable, Toi qui as créé tout ce que la parole saisit. Tu es seul inconnaissable, Toi qui as créé tout ce que la connaissance saisit. Toutes choses parlantes ou non parlantes disent Ta gloire, les désirs de tous, les songes de tous gravitent autour de Toi et les prières de tous sont autour de Toi. Tout l’univers qui a l’intelligence de ton Être Te chante un hymne de silence. Sois-nous propice, ô Toi qu’on ne peut désigner autrement et qui es au-delà de tout ! Amen. » (Saint Grégoire de Nazianze, 329-390)

Stéphane Jourdain


Samedi 2 janvier

Evangile du jour : « C’est lui qui vient derrière moi » (Jn 1, 19-28)

Permettez-moi tout d’abord de vous souhaiter une belle et heureuse année 2021. Espérons tous que cette nouvelle année et l’espérance que nous apporte le Sauveur, nouveau-né nous fassent oublier au plus vite celle qui vient de s ‘achever avec son lot de maladie, de séparations définitives ou temporaires, de crainte pour l’avenir et souvent de solitude accrue.

Nous voyons dans le passage d’Évangile de ce jour Jean-Baptiste qui se fait interroger par les envoyés des responsables religieux de Jérusalem pour qu’ils puissent se faire un avis sur ce prophète qui baptise dans le Jourdain.

Dans le dialogue qui l’affronte aux prêtres et aux lévites Jean-Baptiste se montre très modeste. Il  aurait pu profiter de la situation et se mettre en avant. C’est vrai, Jean-Baptiste a eu une place importante dans la mission de Jésus. C’est lui le précurseur, lui qui a envoyé ses disciples vers Jésus.  Mais Jean-Baptiste s’efface en reconnaissant sa juste place de serviteur.  Jean-Baptiste cite le prophète Isaïe : « Je suis la voix qui crie à travers le désert. »

Jean-Baptiste est venu pour désigner le Messie, pour lui rendre témoignage. Il est simplement une voix qui transmet la lumière dont tout homme a besoin. Et cette lumière c’est le Christ.

L’Église toute entière et tous les membres qui la constituent ont pour mission de rendre témoignage. Ce témoignage que nous devons répandre à travers le monde a un nom : Jésus-Christ. Il est cette Bonne Nouvelle, il est cet Évangile que nous devons faire nôtre jour après jour pour vivre de la vraie Vie et que nous devons propager dans le monde.

Ce qui est important de retenir pour nous dans ce texte c’est qu’il y a un seul Messie, un seul sauveur : Jésus-Christ.

Parfois nous oublions cette vérité en portant plutôt une préférence pour tel ou tel prêtre, pour une communauté particulière, pour un personnage d’Église plus charismatique qu’un autre. C’est dans la nature de l’homme que d’avoir plus d’affinités pour les uns que pour les autres. Mais cette réalité ne doit pas être source de division entre nous et faire de nous des instruments du mal. N’oublions pas le plus important : C’est Jésus qui est le centre de tout, c’est Lui le seul Maître, c’est Lui qui nous unit.

Je voudrais aussi tourner mes prières vers tous les prêtres, religieux et personnes engagées qui ne cessent de crier, souvent à travers les déserts de notre monde, pour nous annoncer que Jésus est présent au milieu de nous et en nous et que c’est uniquement par Lui que le salut nous sera donné. Je pense tout particulièrement à tous ceux qui, épuisés de ne pouvoir avoir été écoutés ou compris, ont perdu la foi en ce monde meilleur possible et parfois ont même perdu leur raison de vivre.

Seigneur, aide-nous à rester unis auprès de Toi. Fais que notre fraternité et notre bienveillance les uns envers les autres, et tout particulièrement en cette nouvelle année soient le témoignage de la vie nouvelle que tu as apportée sur terre. Unis-nous dans un même cœur et dans un même Esprit.

Claude Thiébaut, diacre.


Vendredi 1er janvier

Evangile du jour : « Ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né. Quand fut arrivé le huitième jour, l’enfant reçut le nom de Jésus » (Lc 2, 16-21)
 
Aujourd’hui nous sommes vendredi 1er janvier, et l’Église fête Sainte Marie, Mère de Dieu. L’évangile du jour nous invite à la contemplation de la rencontre des bergers avec l’Enfant qui recevra le nom de Jésus, « celui qui sauve ».
Imaginons le lieu : une modeste étable dans la région de Bethléem, à la nuit tombée.
Contemplons les personnages : Une armada d’anges louant Dieu en chantant « Gloire à Dieu et Paix sur terre aux hommes qui l’aiment » viennent de quitter les bergers qui veillent, chaque nuit, sur les troupeaux. Ils sont vigilants. Ils font partie du « petit peuple ». Ces derniers ne connaissent ni ne pratiquent la Loi. Et pourtant ce sont eux les premiers destinataires de la Bonne Nouvelle ! Etonnant ! Le Sauveur du monde rencontre dès son arrivée sur terre les petits, les pauvres, les exclus, les précaires… les petits qui travaillent dans l’ombre… et ces hommes simples rencontrent un couple qui vient d’accueillir son premier né dans le dépouillement le plus total. Etonnant comment Dieu se fait homme !
Ecoutons les paroles échangées : Les anges louent Dieu en présence des bergers. Ces derniers feront de même : ils raconteront à leur tour ce qu’ils auront vu, ils glorifieront et loueront Dieu pour tout ce qu’ils auront vu et entendu, selon ce qu’il leur avait été annoncé ! Ils réalisent que ce don leur a été fait gratuitement et que ce don ne peut pas être que pour eux seuls. Ils décident alors de raconter simplement. Etonnante simplicité !
Arrêtons-nous sur les actions de chacun des personnages : Les bergers sont au travail ! Etonnante cette manière d’agir de Dieu dans leur vie ! Après cette courte visite à la sainte famille, ils reprennent leur travail dans un autre état d’esprit. Ils partagent la nouvelle, ils glorifient Dieu. Marie, elle, « retenait tous ces évènements et les méditaient dans son cœur »… Joseph est silencieux mais bien présent !
Peut être puis je me mettre un instant dans la peau des différents personnages pour accueillir moi aussi l’Homme Dieu comme Marie, comme les bergers, comme Joseph… Je peux accueillir l’espérance qui les porte et le conduit plus loin dans leur vie. Qu’est-ce que leur témoignage révèle en moi de ma propre rencontre avec l’enfant Dieu ? Comment leur expérience m’invite à la rencontre de Dieu dans mon quotidien, à partir de ma propre manière d’être ? Comment les temps de « veille solitaire » qu’il m’est donné de vivre, me mettent en communion avec les autres ? Comment je raconte ce qui m’a été annoncé de Jésus ?
Souhaitons-nous frères et sœurs, une belle année, pleine de croissance spirituelle à l’écoute de la Parole de Dieu ! Oui très belle et sainte année à chacune et à chacun ! Bénissons-nous mutuellement en faisant nôtres les paroles de bénédiction en Nombres 6 ; 24-27 ! « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage qu’il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix »
Danielle SCHUCK

Jeudi 31 décembre

Evangile du jour : Le Verbe s’est fait chair (Jn 1, 1-18)

Elle est importante cette expression « au commencement ». Elle exprime une action de Dieu, une action créatrice. Les premiers mots de la Bible, du livre de la Genèse sont « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux. Dieu dit : Que la lumière soit. Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne et Dieu sépara la lumière des ténèbres. »

Les premiers mots de l’Evangile de Jean sont « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu… En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée… Le Verbe était la vraie lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde. »

Avez-vous remarqué qu’avec Jésus qui est « la lumière du monde » et domine sur les ténèbres, c’est un nouveau commencement ? Par Lui qui est le Verbe, comme par la parole de Dieu, tout a été crée.

Autrefois, nous dit St Paul, Dieu avait parlé par les prophètes, et on l’avait si peu entendu et écouté ; alors Il envoie au cœur du monde ce qu’il a de plus cher, tout son Amour : son Fils unique pour donner la Vie et « la lumière qui éclaire tout homme ». La Parole de Dieu, le Verbe, s’est fait enfant, a pris notre chair, notre fragilité. Et il prend naissance dans le silence. Un silence éloquent parce que sa Parole a pris chair.

Désormais, Dieu est Verbe ! Il donne sens à chaque vie d’homme. Accueillir sa Parole, c’est accueillir Dieu qui a pris chair de la Vierge Marie. Il conjugue la Parole du Père à tous les temps : au passé, en nous disant ce qu’il a été pour son Peuple ; au présent, en nous disant ce qu’Il est pour chacun de nous dans l’aujourd’hui de nos existences, dans l’ordinaire de notre quotidien et au futur, en nous disant ce qu’Il sera et l’Eternité qu’Il nous promet.

Ce Verbe, cette Parole, sont vie, sont lumière qui illumine et irradie tout homme. Cette Parole est à accueillir, à connaître, à aimer et à croire, c’est-à-dire à lui donner son cœur, elle est à fréquenter. Dieu, Il habite parmi nous. L’Emmanuel est aussi homme. Désormais, l’habitation de Dieu est l’homme, en tout, excepté le péché.

L’année 2020 se termine cette nuit. C’est un nouveau commencement. Nous sommes là au cœur de l’histoire d’amour de Dieu pour l’homme. Le début était la Genèse, l’Incarnation de Jésus réalise des projets de Dieu et le sommet sera sa Croix et sa Résurrection. Le temps de l’Eglise nous prépare à la Parousie quand il viendra dans sa Gloire. Mais pour qu’il y ait réciprocité dans l’amour, n’oublions pas ce que nous dit toujours le même saint Jean : « Dieu nous aime le premier », la réciprocité appelle la réponse d’amour de l’homme.

Saint Irénée dira : « le Verbe s’est fait chair pour que nous participions à sa divinité ». Les ténèbres n’arrêtent pas la lumière. L’amour est plus fort que la mort. A la suite de Jean le Baptise osons annoncer cette Bonne Nouvelle.

Bonne Année 2021, chers Paroissien(ne)s et Ami(e)s

Père Joseph