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Méditations de la Parole de Dieu

Dimanche 21 février

Méditation de la première lecture du jour : Alliance de Dieu avec Noé qui a échappé au déluge (Gn 9, 8-15)

5 fois en 7 versets. Le mot “Alliance” est redondant dans ce passage biblique. Il suffit de constater qu’avant cet épisode, il n’est apparu qu’une fois, lorsque Dieu invite Noé à construire l’arche, au verset 18 du chapitre 6 : “avec toi, j’établirai mon alliance”. Et voilà qu’il apparait 5 fois en 7 versets ! Après la création, et la chute, Dieu envoie le déluge, pour purger la terre du péché. il ne garde que Noé et ses enfants, une famille bien ! Avec eux, il n’y aura plus de problème… Sauf que… Dieu se doute que l’homme étant l’homme, il rechutera. Mais il ne veut plus en passer par cette opération de destruction de ce qu’il a créé. Du coup, symboliquement, il dépose son arc, l’arc en ciel, en signe d’alliance.

Avez-vous constaté le choix du terme ? L’alliance, c’est l’union. Dieu scelle cette union, avec un demi-rond (l’arc-en-ciel). Normalement, et les époux le savent, un alliance est ronde, c’est un anneau. C’est que Dieu fait alliance avec les hommes. Et point ! L’homme et la femme qui s’unissent font alliance ensemble. Là, dans ce texte biblique, il n’y a qu’un partenaire qui s’engage. L’alliance est totale du côté de Dieu, l’avenir nous dira ce qu’elle est du côté des hommes. Dieu n’attend pas de promesse, de grandes déclarations de la part d’Abraham, il s’engage seul, sans attendre de contre-partie. C’est d’ailleurs le sens même de l’alliance.

Dieu ne demande rien. Bien-sûr, il espère que l’homme l’aimera, se souviendra de Lui, l’honorera, mais il n’attend pas que l’homme prouve son amour pour s’engager. Il le fera à nouveau, plus, tard, sur la Croix. Gratuitement. Sans attendre de contre-partie. C’est ça l’alliance, s’engager totalement, pour l’autre. Et quand cette alliance est portée par les deux parties, la boucle est bouclée. Les deux arcs se rejoignent… C’est le cas dans le mariage, dans la profession religieuse. Et c’est le cas lorsque nous nous approchons de l’Eucharistie. Notre Amen, c’est notre réponse à cette Alliance, qui se montre sous la forme d’une hostie, généralement ronde… Pensez-y la prochaine fois que vous irez communier. Vous aussi, déposez les armes devant Dieu, et entrez dasn cette Alliance à votre tour.

Stéphane Jourdain


Samedi 20 février

Méditation de l’Evangile du jour : « Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se convertissent » (Lc 5, 27-32)

Vous connaissez peut-être le célèbre tableau du Caravage, dans l’église St Louis de Français à Rome, qui relate cet épisode de l’appel de Matthieu. Si vous regardez bien les pieds de Jésus (quelle idée !) sur ce tableau, ils sont tournés de manière à montrer que le Christ, tout en appelant Matthieu, est déjà en train de partir. C’est qu’il est sûr de la réponse du publicain. Jésus croit en sa Parole. Il sait discerner les cœurs et les reins (Ps 138), et donc sait qu’au fond de lui, même s’il semble étonné, Matthieu va quitter son bureau de change pour se mettre à sa suite.

En connaissez-vous des gens prêts à tout quitter pour le Christ ? J’en ai rencontré un. Qui plaqué son boulot parce qu’il ressentait que cela ne lui correspondait plus. Il s’est engagé dans le domaine caritatif, au nom de sa foi. Et comme Matthieu, il a tout laissé en plan, au nom de cet appel que Jésus lui adressait.

Parfois il n’en faut pas plus : un appel ! Mais qui le lance cet appel ? Osez-vous encore interpeller les personnes ? leur proposer de suivre le Christ ? Si vous le faites, il y a fort à parier que vous serez traités de fou (ou de folle) par ceux qui seront témoins de la scène. Mais pour celui qui est appelé, cette scène deviendra vite la cène, le repas avec le Seigneur qui transforme nos vies. A l’exemple de ce festin donné par Matthieu pour fêter sa nouvelle vie. Comment ne pas y voir les prémices de l’eucharistie. Mais là encore, les esprits chagrins ne pourront s’empêcher de distribuer les bons et les mauvais points. Selon que vous soyez du sérail ou non… Cela n’a pas arrêté Jésus. Et nous ?

Stéphane Jourdain


Vendredi 19 février

Méditation de la première lecture du jour« Ce n’est pas en jeunant comme vous le faites aujourd’hui que vous ferez entendre là-haut votre voix » Isaïe 58,4

La question du jeune est plus que présente dans les textes que la liturgie nous donne à entendre en ce premier vendredi de carême ! Normal allez-vous me dire. Nous venons tout juste d’entrer dans cette « quarantaine » pour préparer nos cœurs à la grande jubilation du matin de Pâques et nous savons bien, comme nous l’avons entendu et expérimenté au mercredi des cendres, qu’il n’y a pas de bon carême sans le jeûne. C’est même l’un des principaux ingrédients de la recette !

Mais encore faut-il s’entendre sur ce que nous appelons jeûne ? Pour le dire autrement, est-ce simplement se privé d’un carré de chocolat pour mieux manger une plaque entière le jour de Pâques ? Non bien évidement ! Et vous l’aurez compris. Le jeune qui plait à Dieu c’est un cœur qui se tourne vers Dieu. C’est un état d’esprit qui doit nous conduire à plus de sobriété. C’est faire l’expérience d’une certaine pauvreté qui nous conduira à nous libérer de tout ce qui nous encombre. Et Dieu sait s’il n’y a pas que le foie qui est bien souvent encombré !

Le jeûne véritable passe désormais par la définition nouvelle que lui donne Jésus. C’est essentiellement et avant tout de ne pas ménager ses efforts pour aller à la recherche de l’Époux. Se laisser séduire une nouvelle fois… se laisser fiancer à Lui dans son amour. C’est mettre les ‘bouchées doubles’ pour atteindre le Christ et en faire un compagnon de marche pour notre route. C’est tout simplement “vivre avec LUI” tout au long de mes jours et à travers toutes mes occupations, pour faire de ma vie ce “cœur à cœur”…

Et si le jeûne c’était finalement le temps passé à ses côtés ? Demandons alors quel est le temps d’intimité avec Dieu que j’ai décidé de passer chaque jour de ce carême ? Voilà une question qui peut tout changer !

Père Jean-Marc ALTENDORFF+

 

 


Jeudi 18 février

Méditation de l’Evangile du jour : « Celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera » (Lc 9, 22-25)

En entendant la parole de Jésus « Celui qui veut marcher à ma suite » je pense souvent à une certaine dénomination d’hommes politiques : les marcheurs… Sauf que du côté politique, ceux qui sont en marche le sont vers “la gloire”, la réussite, au moins dans leur désir de gagner les élections, et de faire gagner leur pays, de s’en sortir mieux que les autres… et au final d’être reconnus, aimés, glorifiés… Jésus lui au contraire nous parle de marcher à sa suite en renonçant à soi-même, en prenant sa croix jour après jour… La perspective semble diamétralement opposée. Et elle l’est. Car le Christ vient inverser nos perspectives. La preuve, il la donnera lui-même sur la croix. La réussite ne se calcule pas au nombre de disciples (il n’en reste qu’un, qui d’ailleurs s’enfuit, au pied de la croix), ou à une certaine reconnaissance populaire. La réussite, c’est celle de la Vérité. « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6) déclare Jésus.

Et la vérité, elle impose de prendre position pour Jésus. Au risque de perdre sa vie… Enfin, soyons réalistes : peut-on perdre sa vie pour Jésus ? Qui peut penser qu’il n’y aurait aucun bénéfice à suivre le Christ, à vivre de son amour. Certes, comme tout amour, il peut vite devenir crucifiant, mais il reste un amour… Et surtout, il ouvre à l’infini de Dieu, à la résurrection comme Jésus lui-même l’annonce. Si au-delà de la croix il y a la Vie, il faut aussi se souvenir du point de départ, de cet amour qui saisit celui qui se lance. C’est cet amour qui permet de prendre « sa croix chaque jour » ! Quand on parle de charge affective, c’est là qu’elle se situe cette croix. C’est la souffrance de voir que le règne de Dieu n’est pas encore réalisé, que nous même par notre péché y sommes pour quelque chose. C’est la souffrance de nos frères qui, comme un cri, nous rejoint. Voilà quelques unes de nos croix. A chacun la ou les siennes ! Mais souvenons-nous que celui qui la porte avec nous, c’est Jésus, et que c’est Lui qui est ressuscité pour nous ouvrir les portes du Royaume, là où nos croix n’auront plus lieu d’être.

Stéphane Jourdain


Mercredi des Cendres – 17 février

Pour l’entrée en carême, deux méditations, écrites par un couple sur deux textes du jour…

Méditation de la 2ème lettre de St Paul aux Corinthiens 5, 20 – 6,2

Se réconcilier avec Dieu : c’est reconnaitre que nous avons rompu le lien avec Dieu, de mille et une façons, plus ou moins graves, que notre façon de vivre ne fait plus de nous des coopérateurs de Dieu.

Comment se réconcilier avec Dieu : En faisant de ce temps de Carême un temps de conversion, un temps de prière de jeune et de partage, dit le pape. Prier, c’est déjà s’arrêter pour Dieu. C’est écouter, regarder, lire sa Parole.

Se réconcilier avec Dieu nous donne la paix. Dieu le veut sans cesse, il ne renoncera jamais à nous tendre la main, à nous attirer sur son cœur. Mais il a besoin de nous. Le voulons nous ?

Sylvie Raffin

Méditation de l’Evangile du jour selon St Matthieu 6, 16.16-18

Faire Carême. Cette expression sonne comme une invitation à faire des efforts ; jeuner, donner aux plus pauvres, prier pour les autres. Ces intentions et ces œuvres louables en vue d’obtenir la récompense d’accéder au Royaume de Dieu, comme suis-je prêt à les accomplir ?

« Hypocrites » : par trois fois Jésus donne l’exemple de la tentation des signes extérieurs, se rendre visible de ses efforts, non pas que ces actions ne soient pas réelles. Et moi, comment je me situe par rapport à cette parole ?

« Dans le secret » : faire l’aumône, prier, jeuner. Ces actes sont bien réels et non seulement des intentions. Et moi, comment je me présente au Seigneur pour relire les actions de ma journée ?

« Ton Père qui voit dans le secret te le rendra » : au-delà des actes, il s’agit d’un cheminement intérieur en vue de la sainteté. Si ce chemin demeure inconnu de ma communauté, de mes proches, il est placé sous le regard de Dieu. Et moi, comment je me sens aimé de Dieu ?

A l’issue de cette méditation, j’exprime à Dieu comment j’ai vécu ce temps d’oraison et comment je me sens prêt à entrer dans ce temps de Carême.

Philippe Raffin


Mardi 16 février

Méditation de l’Evangile du jour : Marc 8, 14-21 Croire pour vivre Dieu

Jésus interpelle ses disciples qui se laissent totalement absorber par l’absence de pain dans leur barque ! Par ailleurs Jésus vient de croiser les Pharisiens qui lui demandent « un signe venant du ciel » pour le mettre à l’épreuve. Les disciples suivent Jésus depuis un certain temps en Galilée et hors de Galilée ; ils ont été témoins de guérisons multiples comme autant de miracles avec juste avant une seconde multiplication des pains ! Jésus met alors en garde ses disciples « Vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? » Qu’est-ce à dire ? Et ils ne comprennent toujours pas Qui est Jésus, ils ne le reconnaissent pas.

C’est nous dire que la foi est première, l’acte de croire est un préalable indispensable qui éclaire notre compréhension des événements, notre intelligence et éveille notre conscience et pas l’inverse. Croire en Jésus dont la Parole est créatrice est chemin de Vie parce qu’Il est Dieu fait Homme, Il est la Révélation même de Dieu au cœur de notre humanité. Jésus est animé par l’Esprit de Dieu, sa force créatrice et de salut relève et guérit. Croire pour vivre Dieu. Dieu n’est pas dans le ciel, Il n’est pas lointain mais tout proche, agissant en chacun de nous. La foi est donc de l’ordre de l’expérience intérieure où Dieu est toujours déjà là ; elle est le fruit d’une rencontre avec son Seigneur au plus intime de l’être et de notre consentement total à la présence agissante de son Amour.

A la veille de  l’entrée en carême disposons notre cœur à sa présence pour laisser sa Lumière créatrice nous transfigurer jusque dans les profondeurs de notre être.

Myriam Duwig


Lundi 15 février

Méditation de l’évangile du jour : « Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe ? » (Mc 8, 11-13)

Une fois encore, Jésus fait face aux provocations des Pharisiens. Le terme de « génération » qu’il emploie ici pour les désigner fait écho à l’Ancien Testament (cf. Cantique de Moïse : Dt, 32,5) et s’applique à tous ceux qui rejettent la Loi ou la Parole et veulent « mettre Dieu à l’épreuve ». Les Pharisiens viennent demander « un signe venant du ciel ». De quoi rester perplexe ! En effet, l’épisode présent, encadré par deux récits de multiplication des pains, se situe à la fin de la première partie de l’Évangile de Marc, dominée par une succession de miracles. Mais les Pharisiens restent aveugles et en redemandent : il n’était donc pas plus facile de croire pour les contemporains de Jésus, témoins de ses miracles, que pour nous… D’ailleurs, les disciples eux-mêmes n’ont pas encore vraiment compris les « signes » déjà reçus, en dépit des enseignements dont le Christ les a accompagnés ; ils n’ont pas encore reconnu le Sauveur (8, 21), la profession de foi de Pierre n’arrive qu’un peu plus tard (8,29).

Comme il l’a fait face à Satan au désert, Jésus se refuse à ce qui ne serait que manifestation de puissance. Refus accompagné d’une réaction très humaine : il « soupira au plus profond de lui-même » : soupir d’exaspération et de peine mêlées, peut-on imaginer. Ils n’ont rien compris !…

Et nous ? Comment pouvons-nous comprendre les « signes », à la lumière de l’ensemble des évangiles? Le terme employé dans le texte, « signe » (et non miracle), nous invite à passer derrière le miroir, en quelque sorte, à ne pas nous arrêter au seul prodige bouleversant l’ordre naturel par l’irruption du Créateur dans sa création, mais à y déceler la révélation d’un Bien surnaturel qui est l’Amour et la Miséricorde de Dieu. Le « signe » reçu transforme en profondeur la personne, il est source de Salut. Guérison et conversion vont de pair : « Tes péchés te sont pardonnés », dit Jésus au paralytique de Capharnaüm, avant même de le guérir (Mc 2, 5). Mais le « signe » requiert une démarche préalable de l’homme qui s’en remet à Dieu, il suppose la foi d’un cœur croyant, c’est-à-dire la capacité d’admettre comme possible ce que l’on croyait impossible ; Jésus le rappelle à plusieurs reprises : « Ta foi t’a sauvé » (Mt 8, 5-13 ; Mc 5, 34 ou 10, 46-52 ; Lc 7,50) « Voyant leur foi » (Mc 2,5). C’est cette foi qui manque aux Pharisiens, enfermés qu’ils sont dans leur légalisme pointilleux.

Prions notre Père de nous donner la grâce de savoir discerner ses signes d’Amour dans l’ordinaire de notre vie et une foi assez solide pour mieux en témoigner.

Marie Drut