Méditations de la Parole de Dieu

Dimanche 20 décembre

Evangile du jour : « Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils » (Lc 1, 26-38)

« Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » L’ange Gabriel livre dans ce passage de l’Evangile le début du “Je Vous salue Marie”. Et la suite de l’Evangile fait clairement référence au début du Notre Père :

  • tu lui donneras le nom de Jésus” ou encore “il sera appelé Fils de Dieu” nous renvoient à cette proposition qui concerne Dieu : “Que ton nom soit sanctifié” ! Le nom que Dieu a choisi, c’est celui de Jésus, c’est le nom donné à ce fils par lequel il vient prendre chair en notre monde. Ce qui me pousse à vous poser une question : Quel nom utilisez vous pour parler à Dieu ? Quand vous priez ?
  • il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin” nous renvoie à la deuxième assertion du Notre Père : “Que ton règne vienne” ! Et là on est face à un problème ! Dans la prière que Jésus nous a apprise et laissée, il nous invite à demander au Père que son règne vienne. Mais alors comment comprendre ce passage de l’évangile d’aujourd’hui où l’on nous dit que Jésus “règnera pour toujours” si l’on doit encore attendre que son règne vienne ? C’est peut-être que ce règne a déjà débuté, mais que par noter prière et notre engagement, nous le faisons advenir un peu plus. Un peu comme un logiciel en téléchargement… Il est déjà là, mais pas encore totalement…
  • “Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole” nous renvoie inévitablement à la volonté de Dieu : “Que ta volonté soit faite” ! Marie a admirablement répondu à cet appel, en offrant sa vie à Dieu pour qu’il puisse venir au monde. Que la volonté de Dieu soit faite, c’est noter problème plus que le sien. On peut bien vouloir ce qu’il veut, mais c’est à nous de nous engager, de lui faire confiance, d’oser sauter le pas. La prière du bienheureux Charles de Foucault nous rappelle que cette volonté n’est pas si simple à vivre : ” Mon Père, je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira. Quoi que tu fasses de moi, je te remercie. Je suis prêt à tout, j’accepte tout. Pourvu que ta volonté se fasse en moi, en toutes tes créatures, je ne désire rien d’autre, mon Dieu“.

On se rend donc compte que dès avant la naissance de Jésus, le Notre Père (ou au moins son début) est déjà contenu dans l’Evangile. Quand l’Esprit vient sur Marie, et à travers les paroles de l’ange, c’est déjà la prière de Jésus qui s’accomplit. Puissions-nous la dire, à chaque fois, en pensant à ce qu’il signifie pour nous, chrétiens.

Stéphane Jourdain

 


Samedi 19 décembre

Evangile du jour : L’ange Gabriel annonce la naissance de Jean le Baptiste (Lc 1, 5-25)

Les lectures durant l’Avent nous font découvrir de nombreuses figures ainsi que leur comportement en attendant la venue du Seigneur. Aujourd’hui, notre regard se porte sur celle de Zacharie et l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste.

Lui et son épouse sont de bonnes personnes pieuses, justes, suivant à la lettre tous les préceptes de Dieu et leur filiation témoigne en leur faveur. Cependant cette belle enveloppe cache une douleur, la stérilité d’Elisabeth vécue comme une honte.

Dans ma vie puis-je trouver des similitudes alors que je fais tant d’efforts pour faire de bonnes choses, pour bien me conduire, me comporter extérieurement sans laisser voire les blessures intérieures ?

L’ange Gabriel annonce une Bonne Nouvelle et précise avec moultes exemples, la mission de Jean-le-Baptiste ainsi que la joie à recevoir de cette naissance pour le couple et d’autres.

De la même manière, comme les paroles de l’ange et de Zacharie, je peux m’interroger à propos de serments, d’engagements qui ont pu être faits au cours de ma vie, comment les avoir ressentis, reçus ou ignorés ?

Dubitatif, Zacharie par un « Comment vais-je savoir que cela sera ? » refuse en confiance, dans son cœur l’annonce de cette Bonne Nouvelle. Sa fidélité ne s’incarne pas dans une foi vivante. Il est réduit à être muet jusqu’à son accomplissement pour ainsi se mettre à l’écoute de Dieu qui a un plan.

A mon tour, puis-je me mettre à l’écoute de Dieu, accueillir ses inspirations, entendre sa volonté afin de la faire en paroles et en actes dans des rencontres fécondes avec mon prochain ?

Dieu peut faire quelque chose d’inattendu dans notre vie afin de faire avancer son plan.

Alain De Vos


Vendredi 18 décembre

Evangile du jour : « Jésus, engendré en Marie, épouse de Joseph, fils de David ». (Mt 1, 18-24).

Aujourd’hui l’Evangile tourne autour de la figure de Joseph et de son attitude face au projet de Dieu. L’ange, le messager commence par le rassurer en disant :« Ne crains pas », comme il l’avait déjà fait auprès de Marie lors de l’Annonciation.

Même si au départ il a des doutes et des interrogations, sa foi et son cœur se laissent bouleverser par l’Esprit. Joseph ne prononce pas un mot mais son attitude est éloquente. Il accepte d’accueillir le dessein de Dieu et son mystère à son réveil.

Par son « oui » il prend Marie avec lui et l’enfant et auquel il donnera le nom de Jésus (c’est-à-dire dire : Le Seigneur sauve). Joseph est de ce fait primordial dans la Bible et l’histoire du salut malgré sa discrétion.

Avec la lettre Apostolique Patris corde (avec un cœur de père), le Pape François vient d’annoncer une année « spéciale Saint Joseph. » patron de l’Eglise universelle. Une invitation à le prendre pour modèle afin de creuser notre ouverture à Dieu et d’approfondir notre vie de foi.

Valérie Guibert


Jeudi 17 décembre 2020

Evangile du jour : « Jésus, fils de David, fils d’Abraham » (Mt 1, 1-17)

La généalogie de Jésus « fils de David, fils d’Abraham » c’est la longue litanie des origines.

Matthieu se donne beaucoup de peine pour prouver que Jésus descend d’Abraham et de David. Son Evangile écrit à Jérusalem ou ses environs à l’intention des Juifs convertis au christianisme veut montrer que les promesses faites par Dieu sont accomplies en Jésus.

Cette généalogie remonte jusqu’à Abraham, l’ancêtre commun, celui de la promesse. Cette longue ascendance épouse les grandes étapes de l’histoire biblique : celle des patriarches d’Abraham à David, celle des rois de David à Jéchonias jusqu’à la l’exil et puis, après l’exil, le retour sur la Terre Sainte.

Dans cette longue liste, certains noms tristement illustres (Achaz, Manassé, Amon…) n’ont pas été effacés. D’autres : Rachab, Ruth, la femme d’Urie, rappellent la grâce divine qui se manifeste envers ceux et celles qui n’avaient aucun droit. C’est cette grâce qui maintenant va donner un Sauveur à Israël, au monde entier… et donc à vous et à moi. Qu’il s’agisse d’un patriarche, d’un roi, ou d’une femme peu recommandable, chacun a besoin du même salut et du même Évangile.

Matthieu ouvre et clôture la généalogie par le nom de Jésus. « Jacob engendra Joseph, époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus ». Jésus s’inscrit, indirectement, dans une lignée, celle de l’histoire d’une famille, d’un peuple. Il en assume l’hérédité. Il la fait sienne – c’est bien la genèse de Jésus-Christ – une histoire qu’il n’est pas venu abolir mais accomplir. Il est fils d’Abraham, de David, de Joseph et de Dieu… Jésus a épousé l’histoire humaine en s’incarnant – avec tout le réalisme de cette histoire – toutes ces vies, tous ces visages.

Jésus va donner le sens à l’Histoire, à notre histoire, aux évènements, aux épreuves que nous traversons. C’est lui qui va casser le rythme banal de la vie, pour se rendre présent à tout ce que nous vivons.

En sauvant l’homme, c’est toute cette histoire humaine que Jésus est venu récapituler et sauver – notre histoire, nos familles, nos racines – tous ces visages. Quelle extraordinaire espérance !

Le temps de l’Avent nous plonge dans cette joyeuse espérance. Nous attendons cette naissance. Elle est la racine et la source de notre espérance.

Bon et saint temps de l’Avent. Bonne Fête de la Nativité.

Père Joseph


Mercredi 16 décembre

Evangile du jour : « Allez annoncer à Jean ce que vous avez vu et entendu » (Lc 7, 18b-23)

Alléluia, Alléluia.

Jean a été jeté en prison. Alors il se demande s’il a bien tout compris ! A-t-il travaillé inutilement dans son ministère ? Jésus est-il bien celui qu’il croyait ?

Je contemple Jean-Baptiste : dans l’évangile de Jean, il est celui qui reconnaît Jésus avec force et évidence comme le fils de Dieu. Ici, Luc nous présente un Jean-Baptiste dans le doute, auquel je peux facilement m’identifier. Es-tu Seigneur celui que mon cœur attend, espère ? Je contemple cet homme, qui s’interroge. Comme lui, dans l’adversité du moment, ne suis-je pas tentée moi aussi de demander à Jésus « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »

Pour lui répondre, et par la même pour me répondre, plus que par des mots, Jésus présente des faits, des actes. Le monde fait ainsi l’expérience du salut de manière inattendue : « les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. » Je suis invitée à contempler le Royaume de Dieu en actes, occasion de me faire proche des aveugles, sourds, boiteux, lépreux des temps modernes et d’accueillir avec un cœur de pauvre Sa Bonne Nouvelle.

« Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute. » Je me laisse interroger par ce verset. Y a-t-il dans des paroles ou des actes que je pense justifiés par ma foi, quelque chose qui peut se retourner contre l’Amour ? Je peux méditer ce verset en étant attentive à tout ce qui m’invite à être toujours plus en vérité dans mes relations quotidiennes.

Tu es l’Autre que nous attendons, Jésus, guide fidèle, tu es le témoin de nos pas, l’Emmanuel sur nos chemins.

Danielle Schuck


Mardi 15 décembre

Evangile du jour : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le Royaume de Dieu … » Mt21,28-32

La petite parabole d’aujourd’hui met en scène un père, qui a deux fils. Et dans une situation concrète que nous pouvons facilement transposer dans le quotidien de nos familles, le père demande un service. L’un des fils dit « non », mais s’exécute tout de même. L’autre fils dit « oui », mais n’agit pas. Jésus demande à ses auditeurs lequel, d’après eux, a fait la volonté du père. Unanimement, et avec raison, ils répondent que c’est le premier. D’où la conclusion de bon sens pouvant être tirée de cette parabole : « dire, c’est bien, faire, c’est mieux ! ». Nous savons bien que les paroles ne sont rien sans les actes. Mieux vaut dire, « non « et agir un peu tard, que dire « oui » et ne rien faire…

Bien que répondant correctement à Jésus, les chefs religieux, ne prennent pas conscience, qu’ils se condamnent eux-mêmes. Alors, Jésus applique tout de suite la parabole au Royaume de Dieu : dans ce Royaume, les publicains, pourtant détestés de tous, et les femmes de mauvaise vie, prennent la place des grands prêtres et des anciens… des moins que rien aux yeux des hommes ont en effet entendu l’appel de Jean Baptiste, ils se sont convertis, alors que les notables ont ignoré ce message.

L’Ecriture Sainte, et toute l’histoire du Peuples de Dieu, avaient pourtant préparé les cœurs. Depuis toujours, Dieu appelle à la conversion, et il ne rejette jamais le pécheur, bien au contraire. Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il vive.

Le désir de Dieu, c’est de voir chaque être humain choisir la vie et le bonheur…à l’exemple de Moïse dans le Deutéronome chapitre 30, verset 19 : « Je prends aujourd’hui à témoin contre toi le ciel et la terre : je te propose de choisir entre la vie et la mort, entre la bénédiction et la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance… »

Pour se convertir, il faut faire preuve d’humilité, entrer dans les mêmes dispositions que celles du Seigneur Jésus et renoncer à notre auto-suffisance pour nous laisser guider par le Seigneur, lui qui est le chemin, la vérité et la Vie.

Frères et sœurs, dans cette marche vers Noël, demandons au Divin Maître, la grâce de l’humilité et la force de la conversion à son amour.

Serge, votre frère diacre

 


Lundi 14 décembre

Evangile du jour : « Le baptême de Jean, d’où venait-il ? » (Mt 21, 23-27)

« Tel est pris qui croyait prendre » ! La maxime de La Fontaine (dans la fable « le rat et l’huître ») est ici anticipée par Jésus. Nous sommes au chapitre 21 de l’évangile selon St Matthieu, et le positionnement de cet extrait n’est pas anodin. En effet, si après tout ce qui s’est passé (miracles ou autres guérisons) et après les multiples accusations dont il a été victime, si après tout cela les grands prêtres et les anciens n’ont pas compris qui il est, ils ne le comprendront jamais… Quand on a des œillères, on peut regarder où l’on veut, on ne voit quand même pas ! Jésus se refuse donc à répondre, ou plutôt prend ces « inquisiteurs » à leur propre piège…

En même temps, soyons honnêtes, nous sommes tous à la recherche des faits, de paroles, de confirmations pour notre foi. Nous aimerions tous entendre quelqu’un nous tenir un discours clair, nous expliquant ce qu’il faut croire, comment le croire, comment faire… Mais Jésus, comme le Père et comme l’Esprit Saint, n’agissent pas ainsi. A la question concernant son identité, Jésus reste le « Dieu caché ». Et il ne dévoile pas par quelle autorité il réalise ses prodiges… Il invite à entrer dans la confiance, dans la foi. Et c’est ce chemin que nous sommes invités à notre tour à parcourir.

Jésus piège ceux qui s’intéresse à lui pour de faux motifs, par jalousie, par envie de briller. Mais à ceux qui le cherchent vraiment, il se dévoile plus par ses œuvres, par les paroles qu’il donne sur l’homme, sur Dieu, qu’en parlant de lui-même. Un peu comme à Noël, où c’est dans celui qui ne parle pas que le Verbe se révèle…

Stéphane Jourdain

 


Dimanche 13 décembre

Evangile du jour : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas » (Jn 1, 6-8.19-28)

Depuis le premier dimanche de l’Avent, dans les premières lectures des messes dominicales, les prophètes de l’Ancien Testament nous parlent du Bonheur, de la joie.

En ce Dimanche de Gaudete, nous sommes invités à centrer notre attention sur la joie de vivre par la parole de Dieu.

Mais vous allez me dire : comment être dans la joie quand nous voyons les violences dans notre société, la misère qui augmente, les catastrophes naturelles et tant d’épreuves à supporter et à vivre au quotidien pour certains d’entre nous, surtout en ce moment, suite à la pandémie que nous subissons.

La réponse est simple : par notre témoignage. Comme Jean Baptiste, qui nous invite à rendre témoignage à la Lumière afin que tous croient en Jésus Christ.

Croire en la force de Dieu qui nous donne sa grâce pour nous aider à avancer et garder le courage dans les épreuves. Nous devons laisser résonner la musique de l’Evangile. La joie qui jaillit de la compassion, de la tendresse, c’est de là que nait la confiance et la force du Pardon.

« Si la musique de lÉvangile cesse de retentir dans nos maisons, sur nos places, sur nos lieux de travail, dans la politique et dans léconomie, nous aurons éteint la mélodie qui nous pousse à lutter pour la dignité de tout homme et de toute femme » (n°272) dit le Pape François dans sa dernière encyclique. Car c’est dans la fraternité que se vit l’Evangile de Jésus-Christ. Croire en l’humanité c’est croire en tout homme et qu’il n’est jamais perdu. C’est cela la bonne nouvelle dont parle Isaïe. Nous pouvons toujours être sauvés par la grâce de dieu.

En ce troisième Dimanche de l’Avent nous continuons notre marche vers Noël. Restons dans la joie, la lumière et la musique de l’Evangile… Soyons des témoins lumineux !

Stéphane Adam


Samedi 12 décembre

Evangile du jour : « Élie est déjà venu et ils ne l’ont pas reconnu » (Mt 17, 10-13)

Aujourd’hui, Jésus discute avec ses disciples en descendant de la montagne où ils ont vécu la Transfiguration. Les disciples le questionnent sur le retour d’Elie et ils sont déconcertés : ils croient qu’il faut qu’Elie revienne avant que le règne de Dieu n’advienne alors que Jésus leur fait comprendre que le travail d’Elie a déjà été fait par Jean-Baptiste. Le véritable précurseur c’est Jean-Baptiste, c’est lui qui a préparé la route du Seigneur.

Jean-Baptiste ressemblait à Elie. Ils étaient tous deux des prophètes ardents. Tous deux ont annoncé la venue du royaume de Dieu. Tous deux ont souffert à cause de ce qu’ils enseignaient jusqu’à en perdre la vie. Ne serait-ce pas les prémices de ce que Jésus-Christ vivra lui-même parmi nous ? Par cette parole, Jésus annonce lui-même le chemin qu’il devra prendre.

Ceci doit être pour nous comme un avertissement, une mise en garde. Si nous n’acceptons pas les messagers que Jésus nous envoie, il y a de fortes chances que nous ne l’accepterons pas lui non plus.

Pour moi, ce chemin de conversion proclamé par Jean-Baptiste est une nécessité absolue.  Je dois le mener dès maintenant et sans cesse, dans ma vie de tous les jours, dans les petites choses comme dans les grandes.

Oui, frères et sœurs, si nous voulons que Jésus règne dans nos cœurs et dans nos vies, c’est un chemin qu’il nous faut parcourir même s’il nous demande, patience, sacrifice ou renoncement.

Claude Thiébaut


Méditation du jour : vendredi 11 décembre

Evangile du jour : “Ils n’écoutent ni Jean ni le Fils de l’homme”. (Mt 11, 16-19)

Les français, on le sait, sont râleurs. Mais apparemment, ils ne sont pas les seuls… Jésus, dans cette péricope biblique, se désole du manque d’enthousiasme de ses interlocuteurs, qui ont toujours quelque chose à redire. Trop de pénitence, trop de fête, pas assez de sérieux et de recueillement, pas assez d’enthousiasme pour dire le Dieu Vivant… On a l’impression que quoi qu’on fasse, on tombe toujours à côté. Oh, je ne parle pas pour vous, chers chrétiens de Montigny, qui êtes généralement très avenants sur les propositions qui vous sont faites… Non, je parle en général, pour les chrétiens plus lointains, ceux qui ne savent pas vraiment qui nous sommes, et se contentent de vieilles idées ou caricatures.

Dans ce contexte me revient en mémoire cette phrase : “La liturgie est le sommet vers lequel tend l’action de l’Église, et en même temps la source d’où découle toute sa vertu”. C’est ce que nous dit le Concile Vatican II dans la constitution sur la liturgie. Une source et un sommet. Si l’on a besoin de se désaltérer à la source, il nous arrive bien plus souvent d’ouvrir le robinet que d’aller capter l’eau à la source. Si elle est essentielle, elle n’est donc pas le seul aspect de la vie chrétienne. Et donc la liturgie est aussi un sommet. Et avant d’y arriver, il faut grimper. *pour les uns, ce sera la face nord, la plus directe, mais la plus escarpée. pour l’autre, la face sud, exposée au soleil, plus douce, ou encore la face ouest, balayée par les courants d’air qui portent la vie…

Cet exemple pour montrer que dans l’Eglise, il existe plusieurs chemins pour arriver à Dieu. Celui de la liturgie, celui de la charité, celui de la vie familiale, celui du don de soi, celui de… Bien souvent certains ont une image monolithique de l’Eglise, alors qu’il faut la voir protéiforme. Dieu est celui qui, à la fin des temps, viendra “récapituler toutes choses dans le Christ” (Eph 1,10). Preuve que si l’on remet tout sous un seul chef, c’est que tous ne sont pas dans la même ligne. Il n’y a qu’une  vérité, celle de Dieu, Dieu lui-même, mais tant de chemin pour arriver à l’appréhender. Alors plutôt que de râler, et vous pourrez le dire à ceux qui se plaignent, si l’on avançait déjà un peu sur notre chemin, pour monter vers le sommet, pour tenter, à notre manière, de rencontrer Dieu…

Stéphane Jourdain