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Méditations de la Parole de Dieu

Dimanche 10 octobre, 28e dimanche du temps ordinaire, année B

Commentaire de la deuxième lecture : « La parole de Dieu juge des intentions et des pensées du cœur » (He 4, 12-13)

À l’audition de la deuxième lecture de ce dimanche, comment ne pas penser que cette Parole de Dieu nous l’avons expérimenté vivante, agissante, pénétrante et plus coupante qu’une épée ce mardi avec la remise du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (CIASE) ? Ce mal indicible qui s’est abattu sur des enfants innocents au sein même de l’Église et par le fait même de ses membres est inqualifiable. Le travail de cette commission qui a été obligé de traverser ces atrocités a permis, je crois une réelle expérimentation en acte de ce passage de la lettre aux Hébreux. Ce rapport devenant ainsi cette Parole de Dieu, plus tranchante qu’une épée, allant jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles. Une Parole de Dieu qui juge des intentions et des pensées du cœur.

Le témoignage éprouvant des victimes devant les membres de la commission a permis que les agissements de ces clercs soient dénoncés et mis en lumière. Personne ne peut donc se prévaloir d’une quelconque autorité pour échapper au jugement de Dieu, aux yeux de Dieu, et qu’ainsi tout est nu devant lui, soumis à son regard et que nous aurons à lui rendre des comptes.

Dans cette douloureuse expérience qui a brisé et blessé de nombreuses vies, le travail de la CIASE fait que le mal n’a pas le dernier mot. C’est en mettant les victimes et leurs paroles au cœur du processus qu’a pu se manifester la Vérité tout entière. Après le temps de la honte, de la repentance et de la pénitence, il reste pour l’Église à emprunter résolument le chemin d’une réforme structurelle qui ne pourra pas faire l’économie de repenser l’articulation des pouvoirs pour ne pas tout concentrer entre les mains des clercs et emprunter résolument un chemin synodal pour chercher à établir une Église conforme à sa mission : apporter le salut aux hommes et non pas la mort !

P. Pierre Guerigen


Samedi 9 octobre

Commentaire de l’Evangile du jour : « Heureuse la mère qui t’a porté en elle ! – Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu ! » (Lc 11, 27-28)

Nous voici face à deux béatitudes ! Oui, heureuse es-tu Vierge Marie, toi qui a as enfanté Jésus et l’as nourri de ton sein. Mais, nous dit Jésus, « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu ». Ce n’est pas une opposition à la béatitude clamée par la femme qui élève la voix au-dessus de la foule pour s’adresser à Jésus.

Je peux regarder cette scène d’Evangile. Elle se situe juste après que Jésus ait parlé des démons qui envahissent une maison parce qu’ils l’ont trouvé vide, bien rangée. Je peux donc voir Jésus, une foule, et une femme qui parle « au-dessus » de la foule afin que Jésus puisse l’entendre. Et je peux écouter les paroles, les « béatitudes » prononcées par la femme : « Heureuse la femme qui t’a portée en elle et dont les seins t’ont nourri »,   puis par Jésus :  « Heureux plutôt ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la gardent ».

Qu’est-ce qui résonne en moi quand j’entends ces paroles ? La parole de Jésus s’oppose-t-elle à celle de la femme ? Non, contrairement à ce que j’ai pensé un temps…  Bien sûr,  Marie est bienheureuse d’avoir enfanté Jésus, mais davantage encore, nous dit Jésus, d’avoir écouté la Parole de Dieu, et de l’avoir gardé dans son cœur. La maison dont vient de parler Jésus, c’est le cœur de l’homme, vide, désespérément vide. Et qui vient s’installer dans ce vide ? Le mal, le malin. II a vite fait d’envahir les lieux ! Mais si j’écoute la Parole de Dieu et la garde dans mon cœur pour la mettre en pratique, alors mon cœur, ma maison, n’est pas vide et, même s’il lui arrive de « passer par là », le démon n’y fera pas sa demeure.

Proposition de prière : Seigneur, envoie sur moi, ton Esprit Saint ; qu’il m’aide à écouter fidèlement la Parole de Dieu,  à la garder dans mon cœur, afin de la mettre en pratique et d’être mieux armé(e) face à « l’adversaire », avec l’aide de Marie « la première en chemin ».

Françoise Fuchs


Vendredi 8 octobre

Commentaire de l’Evangile du jour : « Si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous » (Lc 11, 15-26)

Jésus expulse les démons ?  En fait, il libère de pauvres gens de leurs maladies physiques ou morales et en cela, il veut nous révéler que c’est toute l’humanité qu’il vient libérer.

Mais qui sont les démons ?  Ils sont les multiples phénomènes du Démon lui-même : de celui qui fait tout pour nous éloigner de Dieu, du diviseur, du tentateur qui nous pousse au péché, de celui qui est à l’origine de nos maladies et de la Mort elle-même.

En le combattant sous ses multiples formes, en identifiant le vrai ennemi, Jésus, nous révèle que ce n’est pas Dieu qui est à l’origine de nos malheurs.

Par contre n’allons pas imaginer que les malades sont des possédés de Satan ou que nous-mêmes, nous sommes possédés du Diable chaque fois que nous commettons des péchés.

Le Mal existe, il parvient parfois à éloigner les malades de leur confiance en Dieu, il parvient souvent à nous éloigner de l’amour mais il ne nous possède pas puisqu’en Jésus nous savons que nous pouvons lui résister. Jésus a vaincu le Mal, mais le combat continue !

P. Francis de Backer


Jeudi 7 octobre

Commentaire de la lecture du jour : « Voici que vient le jour du Seigneur, brûlant comme la fournaise » (Ml 3, 13-20a)

” Servir Dieu n’a pas de sens. À quoi bon garder ses observances, mener une vie sans joie en présence du Seigneur de l’univers ? “

Le prophète Malachie décrit dans ce verset une plainte des Juifs qui exprime l’inutilité de servir Dieu car les impies orgueilleux sont plus heureux que les fidèles croyants et pratiquants. Dieu connaît parfaitement les plaintes amères que les Juifs élèvent dans le fond de leurs cœurs et qu’ils expriment entre eux. Ils pensent que le culte qu’ils lui rendent doit leur donner des privilèges ou des récompenses. Trompés dans leur attente, ils accusent Dieu d’injustice et même d’ingratitude. La satisfaction de soi-même va de pair avec l’idée du mérite des œuvres, et c’est cette conception qui a conduit au pharisaïsme les scribes et les docteurs de la loi juive.

Cette idée d’une pratique religieuse récompensée est un danger permanent qui guette tout croyant. En effet, la tentation est grande de vouloir conditionner la bonté et la miséricorde de Dieu envers tout homme et toute femme par la foi et la mise en pratique des commandements de Dieu. La foi n’est pas un commerce dans lequel ma foi est échangée avec les actes bienveillants de Dieu. Elle est de l’ordre de la grâce et de la gratuité. Si Dieu existe et que je crois en lui et qu’en retour je ne profite pas de lui, eh bien est-il inutile de croire et de pratiquer ? La foi doit-elle être conditionnée par le bien-être matériel de l’homme ? Est-il inutile et démodé aujourd’hui de vivre avec piété, dans la crainte de Dieu ?

Le chrétien vit dans la piété car elle marque notre appartenance à Dieu et notre lien profond avec Lui. Ce lien ne nous est pas imposé. Il vient de l’intérieur et donne un sens à toute notre vie. Il s’agit d’une vraie relation vécue avec le cœur. C’est une amitié avec Dieu qui nous a été donnée par Jésus et qui suscite en nous la gratitude et la louange. Tel est donc le motif et le sens le plus authentique de notre culte et de notre adoration.

Durant sa mission terrestre, Jésus a opéré beaucoup de guérisons physiques et il concluait souvent par cette parole : “Ta foi t’a sauvé.” Le sermon sur la montagne commence par “heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des Cieux est à eux.” La foi est un don que nous recevons gratuitement de Dieu et qui nous met en relation avec Lui. Elle nous permet de vivre dans une communion profonde avec le Seigneur et de recevoir avec gratitude ce qu’il nous donne de vivre chaque jour. Il n’y a pas de récompense à attendre de sa part parce que nous sommes croyants. Lui sait ce dont nous avons besoin et il nous le donne.

Demandons la grâce d’une foi «qui ne se lasse pas de chercher le Seigneur, de frapper à la porte de son cœur» (pape François).

P. Athanase Belei


Mercredi 6 octobre

Méditation de l’évangile du jour: « Seigneur, apprends-nous à prier » (Lc 11, 1-4)

Luc relate la vision par les disciples de Jésus en prière. Ceux-ci sont conscients de son importance et attendent qu’il ait terminé pour lui demander : « Seigneur, apprends-nous à prier ».

Jésus leur adresse alors la plus belle prière qui est récitée lors de chaque liturgie.

Tout d’abord, c’est à son Père que l’on s’adresse avec le plus grand respect « Père, que ton nom soit sanctifié ».

Ensuite, comme il est tout puissant, nous demandons « que ton règne vienne ». Le royaume de son Père est forcément juste et agréable à vivre si nous appliquons ses enseignements. Le faisons-nous ?

Demande pratique « Donne-nous le pain dont nous avons besoin chaque jour » La nourriture est indispensable à l’homme et trop de personnes actuellement souffrent de la faim. Le pain proposé par le Seigneur n’est pas qu’alimentaire, Matthieu, le collègue de Luc nous précise : « L’homme ne vivra pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». D’où la nécessité de l’écouter sans cesse et de lui demander de nous aider à y voir plus clair.

Comme nous sommes tous pêcheurs, dans la prière enseignée par Jésus « Pardonne-nous nos péchés ». Conscients de nos faiblesses, implorons le pardon pour nos fautes et manquements divers.

Cela ne suffit pas de demander le pardon, il faut être capable de pardonner « car nous-mêmes nous pardonnons aussi à tous ceux qui ont des torts envers nous ». Plus facile à dire qu’à faire !

Conscient de nos faiblesses, nous demandons à Dieu : « ne nous laisse pas entrer en tentation » car nous savons avoir beaucoup de mal à y résister.

Dans la pratique, l’application de cette prière n’est pas forcément évidente, mettons-nous dans la position d’un enfant qui n’y arrive pas tout seul en demandant à Dieu son aide. Faisons-lui confiance, il ne nous décevra pas.

François Plantet

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                                        

 


Mardi 5 octobre

Méditation de l’évangile du jour : « Une femme nommée Marthe le reçut. Marie a choisi la meilleure part » (Lc 10, 38-42)

Aujourd’hui, le texte nous parle de « Marthe et Marie ». On dirait presque « Marthe contre Marie » : on compare les deux sœurs, on compatit avec Marthe et on sait que Marie gagne à la fin. Il y a d’autres compétitions dans les Évangiles. Un frère a la même revendication de justice et d’égalité que Marthe : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage ! » (Luc 12, 13).

Mais Jésus refuse. Le passage d’aujourd’hui est juste après la parabole du bon Samaritain (Luc 10, 29-37) : Marthe, comme le prêtre et le lévite, ne sait pas s’occuper de celui qui a besoin d’elle.

Le texte nous parle surtout de Marthe. Nous ne connaissons pas le point de vue de Marie, nous savons seulement qu’elle se tient « assise » et qu’elle « écoute ». Mais nous voyons Marthe souffrir : elle est « accaparée », « s’inquiète », « s’agite ». Elle est malpolie puisqu’elle va jusqu’à interrompre Jésus, son invité. Jésus ne le lui reproche pas. Il ne lui rappelle pas qu’il est son hôte. Mais en faisant fi des querelles et des comparaisons, Jésus l’invite, et nous invite, à changer notre regard sur nous-mêmes.

Marthe « reçoit » Jésus dans sa maison. Quelle chance ! Jésus, pleinement homme, a eu de vrais amis – et parmi eux, nous le savons, Marthe, Marie et leur frère Lazare. Pourtant Marthe, prise par le stress de son service (préparer les plats, servir, desservir, laver, ranger), oublie le sens de ce qu’elle fait. Elle oublie la joie de son service.

Et nous, combien de fois sommes nous accaparés par notre service – de prêtre, de paroissien, de père de famille, de fille devant s’occuper de ses vieux parents ? Nous nous inquiétons, nous nous agitons. Nous courrons de réunions en réunions, ou nous enchaînons les lessives. Personnellement, si je n’ai pas commencé ma journée par mes 15 minutes de prière, j’ai bien du mal à trouver du temps pour Dieu le reste de la journée, car tout me semble plus urgent.

Or notre vocation ultime, c’est bien celle de Marie : rester « aux pieds du Seigneur » pour l’éternité. Cette « meilleure part » ne nous « sera pas enlevée » : sachons en profiter !

Quant à la part de Marthe, elle est bonne – elle est très bonne elle aussi. Quelle chance d’avoir des frères et sœurs que nous pouvons inviter, choyer, nourrir, consoler ! Sachons rendre grâce pour le service que le Seigneur lui-même nous a confié.

Clotilde et Léonard Dauphant


Méditation de l’évangile du jour : “qui est mon prochain?” (Lc 10, 25-37)

Le temps de méditation de la Parole de Dieu de ce jour, nous invite à nous arrêter sur un passage de Saint Luc (Lc 10, 25-37) des plus connus, bien qu’il ne soit rapporté que par cet évangéliste : la parabole du bon Samaritain. Tellement connu que l’expression « être un bon samaritain » est passée en langage courant pour désigner celui qui montre une attention particulière à autrui tout en étant désintéressé.

Le texte se divise en deux parties. Dans la première partie, un docteur de la Loi, spécialiste de la vie religieuse, interroge Jésus par une question fondamentale : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »

Jésus ne lui présente pas une solution toute faite, mais l’amène à citer ce qui est dans la loi : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. »

Puis Jésus le rassure en lui disant qu’il a répondu correctement et l’invite à agir de la sorte : « Fais ainsi et tu vivras »

Le docteur de la Loi, pour se justifier, poursuit son questionnement : « Et qui est mon prochain ? »

C’est alors que, dans la deuxième partie du texte, Jésus utilise une parabole pour manifester que ce qu’il annonce va au-delà de la loi.

Dans cette parabole, Jésus met en scène différents personnages : un homme, qui descend de Jérusalem à Jérico, des bandits, un prêtre, un lévite, un Samaritain et un aubergiste. L’homme est dépouillé, laissé pour mort sur le bord de la route. Le prêtre et le lévite sont des serviteurs du Temple. De peur d’être souillés, ils passent leur chemin. Puis arrive le Samaritain. Chez les Juifs, les Samaritains sont honnis, car bien que partageant les mêmes écritures du Pentateuque, ils ne reconnaissent pas le choix de Jérusalem pour Temple. Cependant, cet impur et infidèle est celui qui, à l’image de Dieu, est saisi de compassion, s’approche d’un inconnu inconscient, panse ses blessures, le charge sur sa monture, le conduit dans une auberge et prend soin de lui.

Il fait pour lui ce qu’il aurait fait pour un proche. Il s’est ainsi rendu proche non seulement de l’homme quasi-mort, mais de Dieu et donc de sa vie éternelle. Ce Samaritain qui était tenu pour désobéissant à la Loi en est le vrai pratiquant. C’est ce que Jésus cherche à faire comprendre au docteur de la Loi avec une interrogation qui renverse la question de ce dernier : « Lequel, à ton avis, a été le prochain de l’homme ? » Et au docteur de la Loi qui lui répond : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. », Jésus conclut : « Toi aussi fais de même. »

Et qu’en est-il pour moi ? Cette parabole m’est aussi adressée. Quelle attitude ai-je envers ceux que je croise au hasard de ma route ? Je peux regarder comment je me comporte auprès des gens parmi lesquels je vis et imaginer comment je pourrais être miséricordieux à leur égard comme Dieu l’est envers moi.

Valérie Guibert