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L’ÉGLISE

UNE ÉGLISE DE BÉTON ET DE VERRE

Ce qu’on appelle aujourd’hui le quartier Sainte-Thérèse est un quartier neuf aménagé par la ville de METZ au début du 20ème siècle. Très vite les fidèles de ce quartier ont souhaité l’érection d’un lieu de culte pour lui donner une âme. On bâtit donc en 1930 une chapelle provisoire dédiée à sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, canonisée cinq ans plus tôt. Cette chapelle s’avéra vite trop petite et l’on décida de construire une église définitive. Pendant quelques années, le choix architectural opposa l’évêché, favorable à un projet néo-roman, à la ville de Metz soucieuse de modernité pour ce nouveau quartier. Le projet d’une église en béton, conçu par l’architecte Roger-Henri EXPERT, fut retenu. La première pierre fut enfin posée en 1938. Mais la guerre interrompit les travaux et le chantier resta béant pendant dix ans. Ce n’est que le 8 mai 1954 que l’église fut achevée et ouverte au culte. Elle est classée Monument Historique depuis 1998.

L’église, est une immense châsse en béton (78 m de longueur et 30 m de hauteur) dédiée à la petite Thérèse comme la chapelle provisoire. Elle a été édifiée grâce à la générosité des paroissiens et des amis de sainte Thérèse de tout le diocèse. Ce qui force l’admiration, c’est qu’en des temps difficiles, la foi et la générosité ont pu réaliser une telle œuvre.

DSC_9900L’église est en fait l’œuvre de milliers de bienfaiteurs dont nous nous souvenons chaque mois, au cours de l’Eucharistie. Comment ne pas être ému de lire ces quelques mots envoyés alors par un bienfaiteur anonyme : « J’ai passé dix-huit mois au camp de Mauthausen. Dans cet enfer, sainte Thérèse a été ma force et mon espérance. Je lui apporte en témoignage ma reconnaissance … ma prime de déporté. »

Lorsqu’on entre dans l’édifice, on est saisi par le recueillement qui émane de ce vaste vaisseau de béton, éclairé par 1060 m² de vitraux qui lui donnent vie. Ils sont l’œuvre de Nicolas UNTERSTELLER, un maître verrier lorrain qui a également réalisé des fresques à Paris, Lorient, au Luxembourg …

Les seize verrières de la nef évoquent différentes activités des hommes et des femmes de Lorraine, quelques saints chers à Thérèse et des saints vénérés en Lorraine : Jeanne d’Arc que Thérèse aimait beaucoup, mais aussi saint Nicolas, patron de la Lorraine et sainte Barbe, patronne du pays messin.

Depuis l’ouverture du Centre Pompidou, tout proche de notre quartier, nombreux sont les visiteurs, surtout étrangers, qui font le détour pour admirer notre église qui présente un intérêt artistique incontestable.

Autour de nous, Thérèse est partout présente : on habite le quartier Sainte-Thérèse, les enfants vont à l’école Sainte-Thérèse, les petits sont gardés aux « Buissonnets », on apprend à conduire à l’auto-école Sainte-Thérèse et on se soigne à la pharmacie Sainte-Thérèse. C’est dire combien nous aimons Thérèse !

Quelques chiffres Église Ste Thérèse Cathédrale
Longueur 78m 132m
Largeur 24m 31m
Hauteur 30m 41m
Surface vitraux 1060m² 6000m²
Mât Hauteur : 70m

Section : 2,50m à la base – 0,80m à la base

Le plan de Roger Henri Expert prolonge la tradition des églises médiévales. Il est de type basical:
nef rectangulaire de huit travées, précédée d’un narthex (1) où s’ouvre la chapelle de la réconciliation (2) et la chapelle de l’Adoration (3);
pas de transept, bien que la travée qui précède le choeur conduise à des portes latérales (4 et 5);
pas de bas-côtés, mais deux larges allées qui mènent à la chapelle-accueil (6) et à celle de Sainte Thérèse (7);
chœur profond et étroit (8), qui s’inscrit comme un écrin à l’intérieur de la nef libérant l’espace d’un vaste déambulatoire (cette église fut lieu de pèlerinage) où s’ouvre trois chapelles.

 

L’élévation sobre, à deux étages, est remarquable : 16 piliers obliques, puissants, se prolongent en arcs brisés jusqu’à la voûte et  donnent au vaisseau son élégance et son originalité; en rupture avec eux, les 20 piliers de chœur adoptent la verticalité, signe de la transcendance du sanctuaire qui n’est pas sans rappeler certains chœurs romans. La voûte haute de trente mètres a la sobriété des berceaux brisés cisterciens. Rythmée par les arcs de bétons, elle évoque les mains dont les doigts se joignent pour une prière. L’utilisation du béton armé, une nouveauté alors dans l’art sacré, constitue l’intérêt majeur de l’église.

plan-ste-therese-blanc

DSC_0140L’éclairage est assuré par 1060 m² de vitraux-claustra, œuvre du lorrain Nicolas Untersteller. Éléments essentiels, ces verrières mettent en valeur la structure de l’édifice ; par leurs couleurs chaudes, elles donnent  vie au béton. Les claustras sont des vitraux où une résille de béton armé remplace le plomb pour dessiner les formes et sertir couleurs et transparence du verre. Cette technique  nouvelle s’est hélas révélée fragile : l’armature de fer a rouillé au gré du temps faisant éclater le ciment, provoquant des infiltrations.

Ces claustras sont en grand péril aujourd’hui.

Ils se répartissent en quatre ensembles thématiques :
Le mur de verre du chœur glorifie Sainte Thérèse. Par sa gamme de bleus, ses rouges ardents, il s’inscrit dans la tradition des vitraux de Chartres. Les constellations évoquent le Dieu maître de l’espace et les signes du zodiaque à droite, le Dieu maître du temps.

DSC_0160– Éclairant les allées, douze vitraux étroits, à dominante rouge tels des piliers de lumières, figurent les douze apôtres déployant une phrase du crédo (Nouveau Testament) appuyés sur douze prophètes (Ancien testament) qui portent le texte annonciateur correspondant.
Les 16 hautes verrières de la nef, aux couleurs plus douce évoquent les métiers des hommes, leurs peines, et les saints chers à Thérèse, que douze anges bleus, rythmant cette tapisserie de verre, portent comme une offrande vers l’autel. Elles se lisent de bas en haut et se répondent de part et d’autre de la nef.
La belle verrière de la façade Nord capte le regard par les dominantes roses de ses dalles. Elle est un chant d’action de grâce au sortir de l’église, hymne à la création.

Mobilier: cette église, très dépouillée intérieurement, possède néanmoins:
– Un remarquable autel et un ambon en chêne et céramique « évoquant par leurs couleurs et leurs dessins la vocation de Thérèse », œuvres du meusien Claude Michel (1980 – 1981);
– Un très beau crucifix et le tabernacle sphérique de cuivre rouge (chapelle du Saint-Sacrement), également de Claude Michel.
– Une statue originale de Thérèse due à Charles Barbéris (1959) et son effigie en fer forgé de Sandor Kiss (1989).

EXTÉRIEUR DE L’ÉGLISE

Cet imposant volume de béton, qui, par ses proportions, peut rappeler le vaisseau de la cathédrale d’Albi, étonne par sa puissance et sa légertée. Avec son mât planté comme un bâton de pèlerin au carrefour des routes humaines, il exprime l’audace d’un projet des années 1930 et la foi des bâtisseurs. Roger Henri Expert a conçu cette église comme une châsse enserrant une relique. Remarquez la vigueur et l’harmonie du portail central en arc brisé, où le trumeau s’épanouit en un « V » telles des mains ouvertes vers le ciel : tout évoque la verticalité de l’homme tendu vers l’au-delà, tout appelle à élever le regard et l’âme. Les arrondis des cinq chapelles du chevet, où se lit dans le béton la reprise des travaux après guerre, sont les seuls ornements de l’édifice.

Hélas, cette œuvre marquante dans l’art religieux de notre siècle n’a pas la solidité des pierres de notre cathédrale ! Son béton se fissure, les claustra éclatent…de coûteuses réparations sont en cours.

Nous recherchons toujours des bienfaiteurs…

La paroisse Sainte Thérèse ne peut soutenir à elle seule ce financement et espère des bienfaiteurs pour entreprendre les grands travaux de rénovations qui sont estimés à ce jours à  plusieurs millions d’euros…