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Méditations de la Parole de Dieu

Mardi 28 mai

Commentaire de l’Évangile du jour: « Vous recevrez, en ce temps déjà, le centuple, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle » (Mc 10, 28-31)

Voilà un évangile déroutant car d’après Saint Marc, pour suivre Jésus il faut tout quitter famille, maison, travail pour gagner le centuple avec peut-être des persécutions.

J’ai eu la chance de connaître une religieuse trappiste qui a tout quitté et est décédée après 70 ans de trappe. Enfant, je la rencontrais derrière une double rangée de barreaux et lorsque ses parents sont décédés, jeune religieuse, elle n’a pas été autorisée à sortir. À ma connaissance, elle n’a pas dû subir des persécutions mais 70 années de régime frugal voire ascétique ( carême ´ Avent, …. ) n’entamait pas sa bonne humeur. Je n’arrive pas à imaginer qu’elle n’a pas intégré directement le paradis lors de son décès.

Maintenant que conclure pour nous simples croyants avec nos multiples défauts ?

Hormis les personnes extraordinaires comme celle-ci, essayons de gagner le centuple et la vie éternelle dans le monde à venir en faisant le bien autour de nous en commençant par ceux avec lesquels nous vivons et ceux que nous rencontrons.

Dans notre société inquiète et traumatisée par les conflits, essayons de vivre dignement et de rassurer les personnes anxieuses que nous sommes appelés à contacter.

François Plantet

 

 


Lundi 27 mai

Commentaire de l’Évangile du jour: « Va, vends ce que tu as. Puis viens, suis-moi » (Mc 10, 17-27)

Le riche, le chameau et le chas de l’aiguille … Un titre parfait pour La Fontaine qui aurait pu en écrire la fable. Les ingrédients sont là : un homme, certes bon, puisque toute sa vie il a observé les commandements de Dieu, mais qui reste attaché aux choses matérielles de ce monde : vendre ce qu’il possède et tout donner aux pauvres, ça non… La morale est toute trouvée : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu ». Certains pourraient y lire une satire sociale de la société où il n’est pas si bon d’être riche. Notre fabuliste ne nous a-t-il pas appris dans Le Savetier et le Financier que l’argent ne fait pas le bonheur ? Mais avons-nous pour autant les riches, les mauvais, d’un côté, et les pauvres, les bons, de l’autre ? Ce serait sans doute se méprendre sur le message du Christ. En même temps qu’il donne un cap à la vie de cet homme – le Royaume de Dieu et de la vie éternelle – il lui donne le compas et la boussole pour y arriver : tout d’abord il l’invite à agir : « va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. »  Ensuite, il lui montre que ce chemin de pauvreté, de don, de détachement, n’est pas à emprunter seul mais doit être emprunté avec Dieu : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. » Il n’est nul besoin de posséder pour rentrer dans le royaume de Dieu. Choisir l’humilité, l’amour de Dieu et des autres, et ainsi la charité : là sera notre bonheur. « Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume (…) Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur » (Luc, 12)

Heloïse Parent


Dimanche 26 mai – Fête de la Trinité

Commentaire de l’évangile du jour : « Baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Mt 28, 16-20)

Voilà les dernières paroles de Jésus avant de monter au ciel, selon l’évangile de St Matthieu. Et ces paroles sont des mots d’envoi : « Allez ! » Un petit verbe qui est au centre de ce que doivent vivre les disciples. C’est lui Jésus, venu sur Terre, qui désormais nous envoie… Lui qui n’est pas resté avec son Père, au Ciel, comme le rappelle St Paul dans l’épitre aux Philippiens, n’a pas retenu « jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes » (Phil 2, 6-7), nous invite à ne pas rester là où nous en sommes, mais à partir, à aller l’annoncer…

Cette annonce passe par le baptême, qui est l’union avec le Dieu d’amour, car en même temps que nous entrons dans cette relation filiale avec lui, nous devons désormais observer tout ce que Jésus nous a enseigné, et qui se résume en un commandement, celui de l’amour… Annoncer, sanctifier et aimer, un cercle, ou plutôt trois aspect d’une même mission, celle que nous avons pour nous approcher de Dieu. Une mission que l’on résume par trois fonctions, énoncées lors du baptême, et rapportées à Jésus : Prophète, prêtre et roi !

Et tout cela se fait « au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit ». Je termine par cette mention de la Trinité, qui n’apparait jamais énoncées de la même manière dans aucun évangile avant la résurrection de Jésus. Avec un écueil, c’est qu’il nous faut partir de l’unité de Dieu, d’un Dieu unique, pour la comprendre. Il est plus juste aujourd’hui, avec la notion de « personne » se rapprochant d’ « individu », de parler d’abord d’un Dieu unique pour ne pas faire d’impair**.

En fait, en Dieu, tout est multiple, car l ‘amour ne se contient pas. Et donc il faudrait pour expliquer la Trinité faire un peu de maths. Plutôt que l’équitation 1+1+1=1, on pourrait imaginer : 1x1x1x=1 ! Un Dieu qui est à la fois (et pas en plus) Père, Fils et Saint-Esprit… Un Dieu qui nous aime d’un amour multiple, comme il l’est lui même dans son unicité…

** Il faudrait en effet comprendre, selon le dogme défini lors du concile de Nicée, et approfondi à Constantinople, que parler de 3 personnes ce n’est pas envisager trois individus, mais plutôt trois personnes « morales » indépendantes. Car la trinité est avant tout relation interpersonnelle. Parler de personnes, c’est parler de relation avant tout.  Il nous faut donc concevoir Un seul Dieu en trois « individualités », ou plus justement, en 3 hypostases (le terme même du concile, en grec)… J’ai conscience de flirter avec l’hérésie en écrivant cela (on le fait dès qu’on parle de la Trinité de toute façon !), mais laisser croire que la notion de personnes est aujourd’hui la même qu’à l’époque où ces termes ont été utilisées est tout aussi faux… Dieu est Un, avant tout, même ou plutôt parce qu’il n’est que relation, et se révèle à nous à travers sa « personnification », sa « révélation » en son Fils, qui est habité par l’Esprit Saint qu’il nous envoie (Je ne suis pas sûr d’être plus clair). Parler au Fils, c’est parler aussi par lui au Père; laisser l’Esprit s’exprimer en nous, c’est laisser Jésus nous parler pour nous dire ce que le Père attend de nous…

 

 


Samedi 25 mai

Commentaire de l’Évangile du jour: « Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas » (Mc 10, 13-16)

Dans la culture juive de l’époque, les parents juifs avaient l’habitude d’amener leurs enfants à de bonnes personnes afin qu’ils puissent les bénir. L’évangile du jour en parle ; on a amené les enfants au Seigneur pour les bénir, mais les disciples craignaient qu’ils vont les déranger, alors ils les ont chassés. Dieu n’est pas satisfait de cette attitude, et leur dit de les laisser venir à Lui, parce que le Royaume des Cieux est à ceux qui sont comme eux qui vivent spontanément dans la simplicité, dans la confiance. Il a exalté les enfants comme modèle pour recevoir le Royaume des cieux : « Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. »

L’image des jeunes enfants parle d’une véritable simplicité, ils ne calculent pas les intérêts ; Dieu veut aussi que nous vivions simplement, sincèrement et droitement, sans se servir de mauvais profits. Cette image parle également de l’esprit d’abandon et de confiance en leurs parents ; Dieu nous invite à vivre dans la simplicité et à nous confier à Lui.

Aujourd’hui, que chacun de nous sache comment vivre dans un esprit simple et sincère, et se confier à Dieu. Que chacun de nous sache comment construire une relation filiale avec Dieu.

Paul Nguyen


Vendredi 24 mai

Commentaire des lectures du jour : « Ce que Dieu a uni, que personne ne le sépare ! » (Mc 10, 1-12)

Aujourd’hui à travers les lectures la Bible nous parle de serment, de fidélité et de miséricorde. « Ce que Dieu a uni que l’homme ne le sépare pas ! » dit Jésus dans l’Evangile. Ce passage peut nous étonner, en effet, Jésus semble pour une fois plus strict que la loi juive. Nous sommes habitués à lire des passages dans lesquels Jésus semble assouplir la loi pour la mettre à hauteur des hommes. « La sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat » disait Jésus lorsque ses disciples étaient à la recherche de nourriture.(Marc 2, 23-28). Mais dans ce texte-ci, Jésus proclame un peu plus loin « Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère » il rejette donc toute possibilité de remariage. C’est ainsi que le divorce n’est pas licite chez les catholiques.

Une union entre deux personnes constitue un serment de fidélité, un engagement pris devant Dieu et devant les hommes. Mais en aspirant à Dieu, nous ne restons que des êtres humains. Ne portons pas de jugement hâtif sur ceux qui ne parviennent pas à maintenir cet engagement :  « Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne serez pas jugés. » nous dit la première lecture. Le Psaume continue plus rudement encore : « Voyez : nous proclamons heureux ceux qui tiennent bon. Vous avez entendu dire comment Job a tenu bon, et vous avez vu ce qu’à la fin le Seigneur a fait pour lui, car le Seigneur est tendre et miséricordieux. »

Sommes-nous aussi forts que Job ? Se marier devant Dieu c’est « bâtir sur le roc » ajoute le Psaume. «  Bénis le Seigneur, ô mon âme, n’oublie aucun de ses bienfaits ! Car il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie ; il réclame ta vie à la tombe et te couronne d’amour et de tendresse. » Le Seigneur est une source d’amour, mais aussi un modèle d’inspiration pour les couples, sur lequel s’appuyer, sur lequel se fortifier. Mais si la loi établie par Jésus semble sévère en cette période où les divorces augmentent (et où les mariages diminuent), le Seigneur est aussi un recours pour vivre cet engagement, et traverser les épreuves rencontrées.

Eric Pierson


Jeudi 23 mai

Commentaire de la lecture du jour: « Le salaire dont vous avez frustré les ouvriers, le voici qui crie, et leurs clameurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur » (Jc 5, 1-6)

« Ne crains pas l’homme qui s’enrichit, qui accroît le luxe de sa maison : aux enfers il n’emporte rien ; sa gloire ne descend pas avec lui », écrit le psalmiste. Nous voilà prévenus… La richesse n’est pas un gage de réussite aux yeux de Dieu, elle n’est pas un passeport pour le ciel. Au contraire, l’accumulation des biens semble entraîner l’âme aux enfers.

Si la première lecture parle d’or, d’argent, de richesses, de vêtements, donc de biens matériels, le psaume, lui, évoque davantage l’apparat, la gloire aux yeux des hommes, les titres, les honneurs, donc l’orgueil lié à la puissance, à l’autorité. Il est donc question aujourd’hui de ces deux sortes de richesse qui, si elles satisfont le côté matériel du quotidien et flattent l’égo, ne réjouissent pas pour autant le cœur ni embellissent l’âme. La lettre de saint Jacques condamne aussi ceux qui ont accru leurs richesses immoralement, en usant du mensonge, en « frustrant les ouvriers », « en tuant le juste ».

   Seigneur, rends-nous attentifs à avoir un cœur généreux, à savoir partager nos biens, mais aussi nos talents, notre temps, notre attention à celui qui a besoin d’être écouté et encouragé.

Accorde-nous aussi un esprit droit afin de rechercher ce qui est juste et vrai, et non pas tant les honneurs basés sur l’orgueil. Alors nous connaîtrons la vraie joie.

Annonciade de Vigneral


mercredi 22 mai

Commentaire de la lecture du jour : « Vous ne savez même pas ce que sera votre vie demain ! Vous devriez dire : “Si le Seigneur le veut bien”. » (Jc 4, 13-17)

Ces passages des lectures m’interrogent sur ce qui fait notre sécurité et ce qui fait notre précarité. Trop souvent, nous avons ce besoin, peut être très occidental et européen, de prévoir, de ne rien laisser pour le hasard, de tout contrôler. Par peur de la perte, par peur de manquer ? Et saint Jacques d’interpeller ses camarades : […] “nous ferons du commerce et nous gagnerons de l’argent”, alors que vous ne savez même pas ce que sera votre vie demain ! J’étais interpellé ce week-end par le témoignage d’un iranien et d’une femme de l’ile Maurice racontant leurs galères et leurs parcours migratoire jusqu’en France. J’étais aussi surpris et étonné de leur confiance en la vie, de leur confiance en Dieu malgré la violence, l’étrange qui s’est dressé devant eux. Et le mot qui revenait souvent chez eux pour exprimer se fait de s’en remettre à la providence, au soutien de Dieu par l’intermédiaire des hommes et des femmes sur leurs chemins étaient “Inch’allah”, “Si Dieu le veut”. C’est cette volonté de s’en remettre à Dieu, de replacer chaque jour notre confiance en Lui pour ce qui vient, qu’exprime la sourate du Coran et que rappelle Jacques. 23. Et ne dis jamais, à propos d’une chose : « Je la ferai sûrement demain » 24. Sans ajouter : « Si Allah veut », et invoque ton Seigneur quand tu oublies et dis : « Je souhaite que mon Seigneur me guide et me mène plus près de ce qui est correct ».

Mettre notre confiance en Dieu, nous invite radicalement à ce lâcher prise, à faire ce pari de la vulnérabilité et de l’incertitude. Ce pari de l’incertitude s’est de continuer à aimer même si cela est difficile, c’est de porter notre regard au loin près à accueillir et à accompagner celui ou celle qui est dans le besoin, c’est nous tenir disponible, aux aguets pour entendre les appels autour de nous. Et cela est bien sûr plus exigeant, plus engageant que de planifier pour nous-mêmes, pour notre réussite personnelle ou notre surplus de confort. Le message évangélique nous rappelle qu’il y a un Autre à chercher constamment et que pour cela il est bon de laisser un peu de côté nos planifications, notre “moi” personnel pour tendre vers un soi plus universel. Ce pari de la vulnérabilité nous rend disponible pour écouter les vulnérabilités autour de nous, la notre aussi; il laisse de l’espace en nos cœurs et nous fait véritablement “frères de tous”, pauvres de cœur, disponible pour être en mesure de faire le bien, par actions et par intentions.

Que dans le vent de Pentecôte, l’Esprit nous aide à nous décaper par couches successives de certaines de nos béances et de nos vanités qui nous tiennent un peu éloignés de la vie des autres. Qu’il nous aide à regarder autour de nous avec les yeux de la foi, avec les yeux du Christ.

Antoine Morel


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