Méditations de la Parole de Dieu

Méditation du jour : lundi 18 mai

Evangile du jour : « L’Esprit de vérité rendra témoignage en ma faveur »

Jésus prend soin de préparer ses apôtres à son départ. Il les assure qu’il ne les laissera pas orphelins. Il annonce qu’il leur enverra le Défenseur, l’Esprit de vérité qui procède du Père. Il le leur dit afin qu’ils ne risquent pas de tomber au jour des persécutions parce que le Paraclet, le Défenseur sera toujours avec eux. L’Esprit viendra de soutenir ceux qui souffrent à cause de leur foi. Il leur donnera la force de se souvenir de son enseignement et de témoigner de son amour pour tous. Leurs forces n’y peuvent rien. Leur foi sera mise à l’épreuve. Incompris, persécutés, ils seront mis en marge de la société, exclus des synagogues, rejetés. Certains risquent de perdre leur confiance, d’être scandalisés. Ils auront besoins de la force, de la consolation. C’est grâce à l’Esprit Saint promis qu’ils pourront affronter toutes les difficultés, témoigner de la vérité de Dieu et de l’homme, et sortir vainqueurs de ce combat entre le bien et le mal, entre la vérité et le mensonge.

Tant que Jésus est présent, c’est lui qui est la cible de l’incompréhension et de la haine, lui qui souffre à cause du témoignage qu’il rend au Père. Mais une fois parti, ce sont les disciples qui témoigneront jusqu’au martyre.

À quelques jours des fêtes de l’Ascension et de Pentecôte, l’évangile nous donne à voir les trois personnes de la Sainte Trinité en relation: l’Esprit de vérité procède du Père et témoigne en faveur du Fils. Les persécuteurs qui s’imaginent être dans la vérité de Dieu sont précisément ceux qui ne connaissent ni le Père ni le Fils…

L’accueil de cette vérité, c’est la mission de l’Église. Les disciples accueillent le témoignage de l’Esprit qui les soutient dans les épreuves. Ils accueillent ainsi le témoignage du Père qui a ressuscité son Fils d’entre les morts par amour pour tous les hommes. Ils accueillent alors le témoignage de Jésus-Christ qui les envoie d’annoncer la Bonne Nouvelle que le Royaume de Dieu est tout proche. L’Église est la part d’humanité qui présente au monde l’amour d’un Dieu Père, Fils et Esprit qui fait de nous ses enfants, ses frères, son souffle.

Nous pouvons témoigner de Jésus parce que le témoignage de ses disciples nous a été transmis et l’Esprit de Dieu qu’il leur a donné nous est également donné.

L’Esprit est décrit par saint Paul : « Dans toutes nos détresses, il nous réconforte ; ainsi, nous pouvons réconforter tous ceux qui sont dans la détresse, grâce au réconfort que nous recevons nous-mêmes de Dieu. »

Ceux qui ont fait l’heureuse expérience d’être réconfortés par Dieu sont les mieux placés pour réconforter les autres.

Père Joseph


Méditation du jour : dimanche 17 mai

Evangile du jour : « Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur »

Le terme grec utilisé par St Jean dans l’évangile est “paraclet”. Qu’on traduit par “défenseur”, ou encore “avocat”. Et ce terme, nous le savons, fait clairement référence, la littérature spirituelle l’ayant abondamment utilisé, à l’Esprit-Saint. Jésus annonce dans ce passage de l’évangile qu’il nous donnera l’esprit Saint, qu’il ne nous abandonnera pas. A quelques jours de la fête de la Pentecôte, c’est l’occasion où jamais d’en parler, de le dire et de le rappeler.

Néanmoins, j’aimerai m’arrêter avec vous  quelques instants sur ce terme de “défenseur”. Quand je l’entend, mon premier réflexe, comme croyant, est de le traduire par “Esprit-Saint”. Mais en quoi l’esprit Saint est-il un défenseur ? Parce que nous sommes constamment attaqué par l’ennemi, par celui qui veut nous séparer de l’amour de Dieu. Et dans ce cadre, l’Esprit-Saint est bien ce défenseur, qui maintient le lien avec Dieu, qui nous guide, nous inspire le droit chemin, celui du Bien, du Bon, du Beau.

En outre, le mot défenseur ne fait penser à ces joueurs de foot, qui bien souvent passent inaperçus. Ce ne sont pas ceux qui marquent les buts, qui sont célébrés, honorés… Ce n’est pas le gardien de but, qui fait un sauvetage de dernière minute… On parle de la maladresse ou de la malchance des attaquants, mais rarement de la bonne défense d’une équipe. L’Esprit Saint est un peu comme eux : il “disparaît”, pour mieux faire son oeuvre. Il ne se met pas en avant, mais moins on le voit, mieux il nous protège.

L’esprit Saint, c’est cette capacité à être le rempart face à cet ennemi invisible, face à celui qui est surnommé “le diviseur”. Celui qui veut faire éclater nos vies. L’Esprit-Saint est donc celui qui l’unifie : ” je suis en mon Père, vous êtes en moi, et moi en vous” dira d’ailleurs Jésus à ses apôtres.

Et puis, en lisant la deuxième lecture, on découvre ces mots de St Pierre : “Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous”. L’ancienne traduction liturgique disait : “Soyez prêts à rendre compte de l’Espérance qui est en vous”. C’est plus court, plus synthétique. Mais le mot défense nous renvoie au défenseur. L’Esprit-Saint, c’est celui qui nous inspire les mots de la foi, qui nous permet de l’assimiler, de la rendre nôtre. C’est celui qui nous aide à construire un raisonnement, à ne pas en rester juste au ressenti.

Alors pour tout cela, tournons-nous vers le Père pour lui demander d’envoyer, par son fils, l’Esprit-Saint dans nos vies.

(Illustration : la vertu d’espérance, par Jacques Du Brœucq)

Stéphane Jourdain


Méditation du jour : samedi 16 mai

Lecture du jour : Paul rencontre Timothée

En ces jours  de déconfinement, nous continuons à suivre les aventures de Saint Paul dans les actes des apôtres. Aujourd’hui nous sommes à Lystres où Saint Paul rencontre Timothée. Un disciple bien apprécié par sa communauté : « il rendait un bon témoignage ».

Pèlerin ! prenons le temps de regarder autour de nous et dans notre vie si nous connaissons des personnes qui donnent un bon témoignage. Des témoins de cette bonne nouvelle qui vivent le kérygme :  la mort et  la résurrection de Jésus. Comment nous pouvons le percevoir. Nous les repérons en premier par la joie qui se dégage. Une vraie joie « si réel, si vrai, si concret qu’il nous offre une relation faite de dialogue sincère et fécond » (Exhort.ap. Christus vivit. N°117)

Mais aussi à travers des hommes et des femmes qui savent vivre le sens du partage dans la charité. Ce qui rend l’homme plus humain, à l’écoute des souffrances de notre monde et qui propose des actions concrètes. Nous sommes peut être des témoins de personnes dans notre entourage qui ont ces valeurs.

Comme Timothée nous sommes appelés à suivre Jésus, à sortir de notre confinement et à partager les merveilles dans notre vie, de rendre grâce  d’avoir pu rencontrer des chrétiens joyeux sur notre chemin. Et prions pour ceux qui n’ont pas remarqué ces  témoins de ta bonne nouvelle. Encourageons-nous les uns les autres à être ces témoins, heureux de vivre cette bonne nouvelle et partageons la.

C’est ainsi que nous pourrons devenir ce que le Christ dit de ses disciples : sel de la terre et lumière du monde (Mt 5,13-15)

P. Stéphane Adam


Méditation du jour : vendredi 15 mai

Evangile du jour : “ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres”

La pédagogie est l’art de la répétition …Hier la liturgie nous a déjà proposé la méditation des versets de l’évangile de Jean 15 ; 9-17…mais la pédagogie suppose aussi de revisiter autrement les messages. Alors une fois n’est pas coutume, je vous propose aujourd’hui de contempler une icône .Cette icône, bien connue de ceux qui fréquentent la communauté de Taizé, y est communément appelée « le Christ et son ami ». Elle est l’une des plus anciennes icônes conservées. C’est au Musée du Louvre qu’il faut aller pour y croiser le regard du Christ et de Menas qui fut abbé du monastère égyptien de Baouit au VIIe ou VIIIe siècle. A partir d’un article paru dans « LA CROIX » Contemplons « Le Christ et son ami » (Arnaud Montoux) le 05/05/2018

Un Dieu qui se fait proche

L’interprétation contemporaine des frères de Taizé nous conduit au cœur du mystère chrétien. Le Christ, dans l’Évangile selon saint Jean ne déclare-t-il pas : « Je vous appelle mes amis car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître » (Jn 15,15). Banaliser ce trésor serait un crime spirituel. Le disciple de Jésus a le devoir sacré de s’émerveiller de cette Grâce dont il ne saurait sonder la profondeur : c’est bien le Seigneur tout-puissant qui s’est fait proche en Jésus-Christ. Il est à côté du vieil abbé, sans autre signe de majesté divine que celui de la Croix qui marque son auréole de sainteté jusque dans la Vie d’éternité. Si le Sauveur (le mot est inscrit à droite du Christ, en grec) a posé sa main sur l’épaule de l’abbé, dans un geste de présentation et de proximité, chacun de nous est invité à prendre au sérieux la présence amicale de Celui qui marche à nos côtés, jusqu’à la Croix. Le Christ n’est pas seulement un vis-à-vis divin, Il veut être pour chaque homme un ami, un frère par lequel tous peuvent accéder au Père. L’humble voie de l’amitié devient en Lui le chemin possible de la sanctification.

Une proximité sans emprise

On pourrait être surpris de la longueur du bras du Christ si l’on n’y voyait pas l’image d’une proximité qui n’est pas emprise. Dieu en Jésus-Christ s’est fait frère et ami manifestant sa tendresse infinie pour nous, mais il n’a jamais souhaité abolir la distance qui nous permet de rester nous-mêmes, de respirer, de nous mouvoir en ce monde pour Lui répondre librement. Il nous enseigne par là ce qu’est le véritable amour, ce que nos relations doivent apprendre à être en se laissant convertir à Lui. Quand saint Jean nous dit que « celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu » (1 Jn 4, 7), il nous invite à considérer nos plus grands élans d’amour, mêlés de fragilité et de pauvreté, dans la perspective de cet amour parfait manifesté en Jésus-Christ. Son amour contemplé fait naître en nous une trajectoire, un itinéraire, une aspiration que rien n’arrêtera plus.

Un regard qui scrute l’invisible

Le regard de Menas est sensiblement le même que celui de son Maître. Cet homme est un ancien, il a sans doute été pétri tout au long de sa vie et de son ministère, par le souci de conduire ceux qui lui étaient confiés avec justice et miséricorde. C’est dans le regard du Christ qu’il a appris à regarder ses frères. Il a été passé au crible de tous les dilemmes et de tous les défis de la croissance d’une communauté en vue du Royaume. Ses yeux ont été lavés par les larmes d’un autre et ils ont été changés jour après jour jusqu’à refléter l’espérance que contenaient les larmes de son Maître, le Christ.

Frères et sœurs, laissons résonner tout au long de cette journée les paroles du Christ dans notre cœur…Je fais de vous mes frères, mes amis…. « C’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez et portiez du fruit et que votre fruit demeure »

Danielle SCHUCK


Méditation du jour : jeudi 14 mai

Evangile du jour« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que … vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure » (Jn 15, 16)

Voilà qui est bien dit du choix porté par la volonté du Créateur, en appelant à l’existence dans le monde chacun de nous qui n’y étions pas.

En effet, notre vie et existence sur cette terre repose sur l’initiative de Dieu et non pas de notre choix ou volonté. Personne d’entre nous n’a pris l’initiative de demander au Créateur de lui donner la vie ; chose que nous ne pourrions d’ailleurs pas faire puisque nous n’étions plus.

Le Seigneur Jésus dans ses propos signale qu’il agit dans l’optique du Père qui, par amour, nous a librement crées et qui attend de nous une réponse libre à son amour, rendant ainsi fécond cet amour qu’il a « semé » en nous : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour » (Jn 15, 9).

Certes, c’est en toute liberté que le Seigneur nous a créés, à son image et à sa ressemblance, mais il ne fait pas « entorse » à notre liberté pour nous obliger à répondre à son amour. Il attend de notre part l’expression de la liberté qu’il nous a donnée dans notre réponse à son amour. C’est dans ce sens que Saint Augustin a dit que « Dieu qui nous a créés sans nous, ne nous sauvera pas sans nous ».

Pour nous orienter dans le projet de salut qu’il a pour chacun de nous, le Seigneur ne cesse de nous éclairer par son enseignement où il nous révèle sa volonté à suivre. Cela, il le fait en se servant des hommes à l’instar de son Fils fait homme à travers qui il nous fait savoir qu’il nous a « établis dans ce monde afin que nous portions des fruits de son amour, et que ces fruits demeurent » (Cf. Jn 15, 16). Cette parole, loin de se limiter seulement aux Apôtres choisis par le Seigneur, s’adresse à tous les chrétiens qui ont reçu cette mission le jour le leur baptême où chacun d’eux a été établi ‘‘prêtre, prophète et roi’’.

Il faut reconnaître que nous ne pouvons accomplir une telle mission que si, dans la prière, nous nous laissons éclairer et guider par l’Esprit Saint dans tous les choix et toutes les stratégies opérationnelles de notre vie. A cet effet, dans la première lecture de ce jour, nous voyons les premiers chrétiens nous donner l’exemple de prière et de soumission à l’action du Saint Esprit qui leur a permis de choisir Matthias pour compléter le collège des Apôtres.

En ce temps pascal, le Ressuscité nous redit « c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que … vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure » (Jn 15, 16).

Laissons-nous donc éclairer et guider par l’Esprit Saint dans l’accomplissement fructueux de la mission qui nous est confiée dans ce monde.

Que Saint Matthias et tous les Saints intercèdent pour nous.

Union de prière les uns pour les autres.

Abbé Dieudonné Talakaena


Méditation du jour : mercredi 13 mai

Evangile du jour : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. »

Jésus utilise volontiers un langage imagé, pour parler du Royaume de Dieu son Père. Aujourd’hui, c’est le sarment, la vigne et le vigneron. Pour obtenir du bon raisin, chacun doit jouer son rôle. L’objectif du vigneron c’est d’avoir de bons fruits. Pour cela, il doit tailler sa vigne, pour permettre au cep d’alimenter les sarments. Ainsi ils pourront porter des fruits abondants et gorgés de soleil. Belle image, en effet, que l’on peut facilement transposer.

Le disciple doit être relié à Jésus pour que la Vie de Dieu agisse en lui. Comme la sève passe de la vigne aux sarments, de même, la Vie de Dieu anime les disciples que nous sommes. Cette sève nourrissante c’est l’Amour, autrement Dieu, lui-même. C’est bien ce qu’affirme St Jean quand il dit que « Dieu est amour ! » (1 Jn 4,16)

Le vigneron est véritablement amoureux de sa vigne, il taille ce qui doit l’être, en prend soin, veille sur elle, la bichonne…

Ami lecteur, amie lectrice, Dieu agit de même envers nous, n’ayons pas peur de nous laisser émonder (du péché) par sa miséricordieuse tendresse pour que nous portions de beaux et bons fruits.

Seigneur Jésus, Toi la vigne qui fait la fierté du Père, accorde-nous de rester « branché » sur Toi, chaque jour de notre vie. Délivre-nous du Mal qui veut nous écarter du cep et nous dessécher. Que jamais nous ne soyons séparés de Toi.

Serge+, en frère diacre


Méditation du jour : mardi 12 mai

Lecture du jour : « Ils les exhortaient à persévérer dans la foi »

Durant tout ce temps de Pâques, nous parcourons le livre des Actes des Apôtres et nous découvrons ô combien cette première communauté de chrétiens s’est non seulement organisée, mais a adhéré à la Bonne Nouvelle et surtout a pris à bras le corps la mission qui lui revenait, à savoir témoigner d’un Dieu qui fait vivre et qui propose son salut à tous les hommes !

Les quelques lignes de ce jour, nous rappellent finalement que si nous sommes intégrés à la vie du Christ par le baptême et la foi, encore faut-il au quotidien « persévérer dans la foi » si nous voulons être de bons disciples.

PERSEVERER ! Et si nous avions là, finalement, le maitre mot de la vie spirituelle ? Maitre mot, ou plutôt verbe le plus ajusté. Car oui, nous le voyons bien il y a chez nous une attitude qui n’est pas toujours au rendez-vous… la fameuse différence qui existe entre la théorie et la pratique ! En un mot notre manque de persévérance.

Persévérer même quand les vents sont contraires, et la situation de vie plus que délicate ! Persévérer, quand autour de nous, des hommes et des femmes nous « crient » en reprenant les paroles du psalmiste « Ou est-il ton Dieu ? ». Persévérer, quand les mots me manquent pour rendre grâce à Dieu ! Persévérer, alors que ma relation à Dieu est distendue voire chaotique !

Alors, essayons de regarder tout au long de ce jour, si la persévérance est bien au rendez vous de notre vie de foi ? Et laissons encore Sainte Thérèse d’Avila nous redire que seule la persévérance est capable de tout obtenir ! « Que rien ne te trouble, que rien ne t’effraie. Tout passe. Dieu ne change pas. La persévérance obtient tout. Celui qui a Dieu, ne manque de rien. Dieu seul suffit »

Père Jean Marc ALTENDORFF+


Méditation du jour : lundi 11 mai

Evangile du jour : “Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure”

Ce lundi 11 mai, notre pays commence le déconfinement progressif. Une série de restrictions contrariantes, mais nécessaires, sont imposées. Le mot d’ordre reste toujours actuel : « Prenez soins de vous, prenez soins des autres ! » Pour un chrétien cela peut être résumé par le « nouveau commandement donné par Jésus : « Aimez vous les uns les autres, comme moi je vous ai aimés ». Notre amour est profondément enraciné dans l’amour de la Sainte Trinité. Dieu le Père, aime son Fils. Jésus, Fils de Dieu, aime son Père. Le Père et le Fils s’aiment tellement qu’ils manifesteront leur Amour en donnant l’Esprit Saint.

« Dieu a tellement aimait le monde qu’il a donné son Fils ». Et ce Fils a tout donné, toute sa vie, tout son amour. Jésus voudrait qu’on l’aime; et il indique le signe du véritable amour: « Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui qui m’aime ». Lorsqu’on aime quelqu’un, on devient capable librement d’abandonner son point de vue personnel pour se conformer au maximum à sa volonté et à ses désirs. Celui qui aime se transforme en celui qu’il aime. Il s’établit une sorte de communion, de symbiose mutuelle. St Paul disait : « ce n’est pas moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi ».

Les apôtres demandent à Jésus qu’il se manifeste pas seulement à eux, mais publiquement, dans une sorte de théophanie, au milieu des éclairs et du tonnerre, comme au Sinaï et comme les prophètes l’avaient parfois annoncé. Mais ils ne sont pas les seuls: beaucoup de chrétiens aujourd’hui continuent à rechercher des manifestations spectaculaires.

Que va répondre Jésus? « Celui qui m’aime sera fidèle à ma parole; mon Père l’aimera, nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure ». Voilà la seule manifestation que Dieu fait. Il vient habiter au cœur de ceux qui croient en lui; il se manifeste au cœur de ceux qui l’aime. Jésus ne force pas les portes avec éclat. Il ne veut pas faire des prodiges spectaculaires qui forceraient l’adhésion des foules. Il veut habiter chez ceux qui, par amour, lui ouvrent leur porte. Il voudrait bien se manifester à tous, mais il respecte la liberté de chacun: l’amour ne se force pas. Et il nous charge, à nous chrétiens, de servir d’intermédiaires. C’est la qualité de notre amour pour lui qui devrait le révéler, le manifester à tous ceux qui l’ignorent.

La demeure de Dieu, ce n’est pas surtout un temple de pierres. Ce sont les petits et les pauvres. Ce sont les souffrants et les mourants. C’est vous, c’est moi, si nous sommes fidèles à la parole de Jésus. L’oraison, la prière, c’est écouter ce Dieu présent en moi, et lui répondre. Pas besoin de le chercher loin, il est là ! Et il m’aime.

Père Joseph


Méditation du jour : dimanche 10 mai

Lecture du jour : l’institution des disciples

Nous sommes au début du chapitre 6 des actes des apôtres, à peine 1 gros chapitre après avoir lu que la communauté mettait tout en commun : “La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun” (Ac 4,32)… C’était magnifique à l’époque. Et voilà qu’au début du chapitre 6, on découvre que “les frères de langue grecque récriminèrent contre ceux de langue hébraïque parce que les veuves de leur groupe étaient désavantagées dans le service quotidien” ! L’unité sacrée n’a pas durée bien longtemps… Finalement, nos disputes sur l’importance de reprendre la célébration publique de la messe le plus vite possible ou pas, ce n’est pas très nouveau.

L’intérêt du passage biblique mentionné est de voir que les apôtres ont tenté d’innover dans la réponse à apporter. Ils ne se sont pas contentés de juger, décidant ce qui était bien ou pas, ce qui était injuste, renvoyant chacun a sa responsabilité, ou en mettant en place une commission pour étudier le problème. Ils ont pris le temps de la relecture et constaté que le service des plus démunis mettait en péril l’annonce de la Bonne Nouvelle. Pas que c’était moins important ou plus, juste qu’il fallait réagir. D’où l’institution des diacres, sept “hommes qui soient estimés de tous, remplis d’Esprit Saint et de sagesse”. Comme eux (ou peut-être même plus qu’eux, quand on voit leur parcours et leur absence au pied de la croix…).

L’histoire nous montrera que ce hommes, et plus particulièrement Etienne, seront prêts eux-aussi à témoigner de leur foi, jusqu’au martyr. Le premier martyr de l’Eglise sera d’ailleurs l’un d’entre eux. Preuve de l’unité du service et du témoignage…

Stéphane Jourdain


Méditation du jour : samedi 9 mai

Lecture du jour : Les disciples vont aux confins de leur monde

Paul et Barnabé continuent leur voyage pour s’arrêter à Antioche. Leur première prédication est destinée aux juifs qui ne l’ont pas écouté.

Alors Jésus s’est tourné vers les nations païennes, en reprenant ce commandement : « J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »

D’une certaine manière les apôtres ont également vécu le confinement. Si on prend l’origine du mot confiner qui est « confins » qui lui même vient du latin « confinium »  aller aux confins d’un territoire. Ils étaient envoyés aux confins des religions où il n’y avait pas de frontière, touchant tous les milieux riches et pauvres.

Jésus sous le souffle de l’Esprit du Seigneur nous redit : «  N’ayez pas peur ! » Comme Paul et Barnabé qui furent guidés par la force de l’Esprit Saint. Laissons-nous conduire par Dieu dans la confiance et qu’il nous aide à préparer sereinement le déconfinement dans la paix et la joie.

Amen

Abbé Stéphane ADAM