NOTRE ÉGLISE

L’église Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte-Face présente un intérêt historique et architectural majeur : elle fait partie des premières églises à avoir été construite en béton armé et en verre.

Alors qu’autrefois l’emplacement de cette église était occupé par l’abbaye Saint-Arnoul et son bourg (jusqu’en 1552), puis par un domaine militaire, ce n’est qu’au début du XXème siècle, au moment où la ville de Metz souhaite aménager le quartier de « la nouvelle ville » qu’un espace se libère pour édifier une église. Mais, n’étant plus tenue de bâtir des édifices religieux après le retour en territoire français à la fin de la première guerre mondiale, elle ne réalise pas l’église initialement prévue. Pourtant les fidèles, répartis entre trois paroisses voisines, souhaitent la construction d’un nouveau lieu de culte, qui donnerait une âme à ce récent quartier.

En 1929, l’évêché acquiert l’ancien terrain de sport de la ville, situé place Philippe de Vigneulles. Une chapelle provisoire y est bâtie dès 1930 grâce à des ventes de charité. Elle est dédiée à Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, proclamée sainte cinq ans plus tôt. Après avoir été transformée en cinéma en 1957, cette chapelle sera détruite en 1994.

De fait, la onzième paroisse de Metz était née. Un décret présidentiel l’officialise en 1933. Le chanoine Fernand Martin se charge alors du projet de la construction de l’église définitive. Le choix architectural est difficile et déchaîne les passions. Durant cinq ans, l’évêché qui est favorable au projet néo-roman de M. Besch, s’oppose à la ville de Metz, qui préfère le projet de béton et de verre de l’architecte en chef du gouvernement : Roger-Henri Expert. Finalement retenu, ce dernier projet envisage l’église comme une châsse enserrant une relique. La première pierre est posée en octobre 1938.

Lors de la seconde guerre mondiale, les travaux sont interrompus au niveau des fondations. Seules les chapelles dressent déjà leurs arrondis. Le chantier reste béant pendant dix ans. La reprise sera aussi délicate que rapide. En 1952, l’ossature de béton armé, nouvelle technique utilisée en art sacré, est en place. Les 1060 m² de vitraux-claustras du mosellan Nicolas Untersteller (1900-1967) sont posés. Les claustras, qui mettent en valeur la structure de l’édifice et le teintent discrètement, sont des vitraux où une résille de béton armé remplace le plomb pour dessiner les formes et sertir le verre. Cette technique nouvelle, permettant de nombreux jeux de lumière, s’est révélée fragile au fil du temps : l’armature de fer rouille, fait éclater le ciment et provoque des infiltrations.

Le 8 mai 1954, l’église est ouverte au culte. Quatre cloches, coulées par la fonderie F. Causard de Colmar, sont bénies le 25 novembre 1962. Comme l’avait prévu l’architecte, elles ont ensuite été hissées dans la « chambre à cloches », située au-dessus du porche principal. Le mât, haut de 70 mètres, est dressé l’année suivante. Les salles du sous-sol sont également achevées en 1963.

En 1990, la tempête emporte la toiture de la nef. L’église est classée monument historique depuis le 17 novembre 1998.

LES PHOTOS

Sainte Thérèse vers 1955
Sainte-Thérèse vers 1955
Vue aérienne, vers 1955. La chapelle provisoire, érigée en 1929-1930, est visible derrière l'actuelle église Sainte-Thérèse.
Vue de la nef de Sainte Thérèse, vers le chœur