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Commentaires quotidiens de la Parole de Dieu

Dimanche 21 novembre – Christ Roi de l’Univers

Commentaire de l’Evangile du jour : « C’est toi-même qui dis que je suis roi » (Jn 18, 33b-37)

Cette fête marque la fin de l’année liturgique et annonce en même temps la nouvelle. Il est conseillé de faire un bilan du chemin de la foi parcouru individuellement et collectivement en tant que chrétien et communauté. Cette démarche s’avère nécessaire si nous voulons progresser dans notre foi chrétienne.

La célébration de Jésus le Christ comme Roi de l’univers nous permet de mieux Le redécouvrir. Il est vrai que le roi en Israël est un lieutenant de Dieu c’est-à-dire, il tient la place de Dieu, vouloir ce que Dieu veut pour le peuple. Il défend l’intégrité territoriale du peuple et sa sécurité. Nous comprenons bien Jésus dans ce rôle. Jésus comme Roi, veut dire qu’en plus du lieutenant, Il incarne Dieu pour l’univers. Il conduit le nouveau peuple de baptisés à Dieu, le protège et le défend en prenant soin de nous. Jésus comme Roi, nous rassure qu’Il prend soins des chrétiens et nous conduit au Royaume de Dieu symbole de l’intégrité territoriale. Il rassure le Royaume à tous ceux qui se réclame de Lui. Le roi a la mission de nourrir son peuple. Cela nous rappelle en cette fête que Jésus a la mission de nous nourrir aujourd’hui aussi. Il nous nourrit de sa Parole, de son Corps dans le pain eucharistique ; nous écoute et nous rencontre personnellement et en communauté comme peuple à travers nos prières, célébrations et louanges.

La question primordiale est de savoir si les baptisés se laissent nourrir par Jésus vraiment de nos jours ? Pour se laisser nourrir par Jésus, il faut se réclamer de Lui et être en communion avec Lui. Venons à Jésus et apprenons à nous laisser nourrir par ce Roi de bonté en faisant effort d’être fidèles aux célébrations paroissiales en quittant nos maisons pour faire communauté surtout les dimanches. Il y en a qui sont fidèles. Jésus renouvelle en cette fête son appel à le suivre dans la fidélité d’une manière particulière à la suite des premiers chrétiens et non à la manière dont notre monde veut nous éloigner de Dieu. Toi, enfant, jeune ou adulte baptisé, jésus t’appelle à redécouvrir le chemin de Dieu et l’adorer dans l’Eglise. Laisse Jésus, le Roi des rois, prendre soin de toi, te nourrir et te défendre dans tes forces et faiblesses. Il te comprend et t’accepte tel que tu es. Avec Jésus, devenons de vrais disciples du Royaume de Dieu sur cette terre. Jésus le Christ, que ton règne arrive, Amen.

P. Benoît Satchi


Samedi 20 novembre 2021

Commentaire de l’Evangile du jour : « Il n’est pas le Dieu des morts mais des vivants »

La communauté juive au temps de Jésus était composée de différents clans aux points de vue souvent très différents. Les sadducéens étaient traditionnalistes au plan religieux, ils ne reconnaissaient comme Parole de Dieu que les textes des cinq premiers livres de la bible juive et refusaient en particulier la foi en la résurrection. Les pharisiens, eux, croyaient en la résurrection des morts à la fin des temps pour le jugement final.

Aujourd’hui dans ce texte, les sadducéens se présentent devant Jésus avec une histoire invraisemblable, montée de toutes pièces, espérant discréditer l’enseignement de Jésus. Mais Jésus n’entre pas dans le jeu de ses ennemis. Plusieurs fois dans l’Evangile, Jésus a  magnifié le mariage en le  situant dans l’axe du dessein de Dieu soulignant ainsi que le mariage est lié au temps des hommes et aux besoins affectifs de la  vie terrestre. Alors, pourquoi se marier sur la terre ? Voici une bonne raison : c’est pour rester sur terre après notre mort. A la mort, nous quittons ce monde, mais nous laissons nos enfants. Et ceux-ci continuent ce que nous avons fait. Par eux nous continuons à être présents sur la terre.

Mais si Dieu a fait le mariage, ce n’est pas seulement pour faire des enfants, ni pour faire grandir la famille. S’il a fait le mariage c’est d’abord pour que l’homme et la femme s’aiment et qu’ils soient heureux ensemble avec leurs enfants. C’est pour qu’ils se soutiennent comme mari et femme pour aller ensemble vers Dieu. Et s’ils ont des enfants, c’est pour les éduquer à ce qui est bien et qu’ils soient à leur tour heureux et vivent comme des vrais enfants de Dieu, sur la terre.

Au ciel, nous n’aurons plus besoin de nous marier, nous n’aurons plus besoin de relations charnelles ni d’amour conjugal pour être heureux. Car nous serons tous ensemble avec Dieu, dans une joie totale, dans son amour infini. Nous nous aimerons tous, nous serons tous unis les uns aux autres et nous n’aurons plus besoin du mariage pour cela. Car nous serons entrés dans la vie de Dieu, qui ne finit pas. Nous serons tous enfants de Dieu. Nous n’aurons plus besoin de fonder une famille car nous serons ensemble la famille de Dieu.

« Il n’est pas le Dieu des morts mais des vivants »

Dans ce texte, Jésus nous dit clairement qu’il y a une vie après la mort. Il dit aussi que, lorsque nous ressusciterons, nous ne deviendrons pas des anges mais comme des anges. Nous aurons un corps de gloire mais nos désirs ne seront plus les mêmes. Certes, les époux de la terre se retrouveront mais pour vivre en plénitude ce qu’ils auront cherché à deux sur terre : l’amour de Dieu. La vie de Dieu sera tellement fascinante et le rayonnement de sa joie tellement intense que les époux, dans la gloire, n’auront de regard que pour Lui et de bonheur qu’en Lui.

Ainsi tout l’amour terrestre : amour conjugal, parental, fraternel ou filial que nous aurons vécu en ce monde et qui aura été inspiré par la tendresse de Dieu, sera transcendé et accompli dans ce face à face éternel que nous vivrons avec Dieu.

Claude Thiébaut


Vendredi 19 novembre

Commentaire de l’Evangile du jour : « De la maison de Dieu, vous avez fait une caverne de bandits » (Lc 19, 45-48)

Résumé saisissant de l’Evangile dans son ensemble : Jésus entre dans le temple pour prier, c’est à dire pour être dans le lieu consacré au Seigneur, pour être totalement tourné vers son Père. Mais des hommes ont détourné ce lieu pour y faire leurs petites affaires. Comment ne pas y voir un parallèle avec ce monde que Dieu vient visiter par le mystère de l’incarnation, rappelant Sa présence au cœur de nos vies. Et pourtant, cette présence bien souvent nous dérange, car elle nous empêche de mener notre barque comme nous le voudrions, elle ne nous donne pas la quiétude pour vivre notre vie. Ce monde qui devrait être consacré à Dieu, le voilà pollué par nos désirs, nos envies, nos prises d’intérêts et de pouvoir. Y compris jusque dans l’Eglise, comme l’actualité récente nous l’a si bien révélé…

Alors Jésus expulse les vendeurs, il se fâche… Il remet les choses en ordre. et il explique son geste : “Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits“. Fermez le ban ! Il n’y a rien de plus à ajouter qu’à accepter de reconnaître nos tords, de nous en remettre à lui, de nous confier à lui qui vient réorienter nos existences vers ce Dieu qui nous aime et nous cherche. Remarquez que Jésus n’interdit pas aux vendeurs de revenir dans le temple pour prier, il vient juste, si j’ose dire, remettre l’église au milieu du village. Dieu continue de nous attendre, malgré nos égarements, si nous décidons de revenir vers Lui.

Pourtant, au lieu de reconnaître la réalité de ce qui se vit dans cet événement, comme à chaque fois que Jésus a expulsé des démons, qu’il a enseigné pour convertir les foules ou les personnes, certains refusent de se remettre en question. Plutôt que de changer, évacuons ce qui nous pousse à changer, c’est à dire l’intrus, Jésus… Mouvement tellement habituel dans notre monde, dans notre histoire, qu’il nous parait dérisoire de le mentionner : les puissants refusent de perdre leur pouvoir et finissent par obtenir gain de cause. Apparemment du moins, car la graine semée porte du fruit, et la vie de Jésus, donnée sur la Croix, se révèlera plus forte que la mort et que la violence. Ces paroles citées par Jésus, “ma maison sera une maison de prière” font leur chemin en nous, et nous transforment, faisant de nous la nouvelle maison de Dieu, le Temple Saint, le Temple de l’Esprit. Celui que rien ni personne ne peut détruire, celui qui nous pousse à glorifier Dieu…

Oui, vraiment, cet épisode, comme tant d’autres, est à lui seul un résumé de tout l’Evangile.

Stéphane Jourdain


Jeudi 18 novembre

Commentaire de l’Évangile du jour: « Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! » (Lc 19, 41-44)

La page de l’évangile de ce jour nous fait découvrir les émotions de Jésus face à la future ruine de Jérusalem, la cité sainte. Aimer, c’est vouloir le meilleur pour la personne aimée et ressentir sa douleur. L’empathie, c’est souffrir avec. Nous avons tous fait l’expérience : de vivre les derniers moments d’un être cher ; de quitter un lieu que l’on a beaucoup apprécié et où on y a vécu longtemps ; de conclure un temps de retraite ou de ressourcement, etc. Chaque fois, l’expérience est la même, être témoin d’une fin.

L’évangile de Luc est structuré autour de la montée de Jésus vers Jérusalem. La dernière étape de ce voyage se transforme en un défilé triomphant, partant du mont des Oliviers en direction de la ville. À un certain point, Jésus fait une pause ; il regarde à l’horizon, la ville dominée par le Temple et, submergé par l’émotion, il pleure à chaudes larmes. Que voit-il ? Qu’est-ce qui l’émeut si profondément ? Toute l’histoire d’Israël est déployée devant lui, elle mène à ce jour, à sa venue au milieu de son peuple. Mais les gens sont aveugles, obstinés et incrédules. Ils rejettent leur Messie, et Jésus a une prémonition de ce que son peuple va souffrir en l’an 70, pendant le siège de Jérusalem par l’armée romaine.

Quel est-il ce « message de paix » demeuré « caché à nos yeux » ? Quel est « le temps de cette visite » que nous peinons à reconnaître ?

Notre société aujourd’hui est marquée par le rejet des valeurs évangéliques. C’est le temps de l’enfermement, de l’immobilisme, de la destruction, de l’exclusion… C’est le temps de la déconstruction, temps de détresse et d’angoisse, qui est vraiment le temps de la visite de Dieu dans nos vies.

Cependant l’évangile nous rappelle que quand sont ruinées les constructions que nous avons laborieusement édifiées pour demeurer dans la sécurité et l’autosuffisance, comme dans des forteresses imprenables, alors vient le temps de s’ouvrir vraiment à la présence de Dieu. Ce temps où nous serons, personnellement et ensemble, bâtis comme un « temple saint non fait de mains humaines ». Rendons grâce à Dieu et chantons :

Prenons la main que Dieu nous tend.

Voici le temps, le temps où Dieu fait grâce à notre terre.

Jésus est mort un jour du temps.

Voici le temps, le temps de rendre grâce à notre Père.

L´unique Esprit bénit ce temps.

Prenons le temps, le temps de vivre en grâce avec nos frères.

Athanase Belei


Mercredi 17 novembre

Commentaire de la lecture du jour: « Le Créateur du monde vous rendra l’esprit et la vie » (2 M 7, 1.20-31)

A la lecture du texte tiré du 2ème livre des Martyrs d’Israël, nous ne pouvons qu’être admiratifs devant la fidélité à leurs traditions de ces sept frères et de leur mère .En regardant l’espérance sans faille de la maman qui remet les choses à leur vraie place : « C’est le Créateur du monde(…) qui préside à l’origine de toute chose (…) vous rendra l’esprit et la vie », nous passons à une dimension où la confiance et l’espérance nous rendent fidèles à nos convictions, à notre foi. Et la mère de continuer : « Regarde le ciel et la terre avec tout ce qu’ils contiennent : sache que Dieu a fait tout cela de rien…Ne crains pas… » Saint Jean-Paul 2 lui aussi  disait :  «  N’ayez pas peur ». Le comportement du roi Antiocos me rappelle les tentations de Jésus au désert, et plus particulièrement en Matthieu 4 ; v9 , lorsque le diable dit à Jésus : « Tout cela je te le donnerai, si tu te prosternes et m’adores »

Discerner ; c’est l’attitude nécessaire au chrétien pour rester dans la vérité, et, avec l’aide de l’Esprit-Saint, résister à la facilité et à cette impression du « c’est pas grave ». Notre société, aujourd’hui nous baigne dans cette attitude du « tout est permis, rien n’est grave,  l’essentiel est de faire ce que je veux ». Alors oui, le discernement est nécessaire pour éviter de dire, dans la situation décrite, que finalement manger de la viande de porc n’aurait pas été si grave. Ici, plus que la transgression de la loi, c’est la fidélité à leur foi qui est en jeu, de la même manière que Jésus au désert. Mais discerner est exigeant, parce que les outils qui permettent de discerner sont le fait de se laisser guider par l’Esprit-Saint, en acceptant de rechercher par la Parole de Dieu, la prière et en Eglise quelle est la volonté de Dieu pour moi, et à travers moi, pour mes sœurs et frères qui m’entourent.

Alors l’évangile de ce jour nous interpelle sur notre engagement : comme ces serviteurs qui vont s’investir, ou pas, pour leur maître. Nous connaissons la parabole des talents     Mt 25-( 14-30)  La version ici, quoique différente, nous délivre le même message : nous sommes appelés à faire fructifier nos dons, sans nous réfugier derrière une quelconque peur. Oui, ayons confiance et laissons le Seigneur nous guider par son Esprit-Saint.

En résumé, les textes de ce jour nous appellent à discerner au quotidien quelle est la volonté de Dieu, de nous y tenir sans compromis, avec l’aide de l’Esprit-Saint  et d’agir avec nos sœurs et nos frères  pour que la Parole de Dieu soit toujours plus présente dans notre vie et notre entourage à travers nos attitudes et actions. Alors nous serons témoins vivants de Celui qui est la Vérité et qui nous veut heureux. Et le moment venu, Il pourra nous dire aussi : « Très bien, bon serviteur ! »

Gérard Kintzig.


Mardi 16 novembre

Commentaire de l’Évangile du jour: « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19, 1-10)

L’écriture de ce jour nous offre le passage de Zachée que nous connaissons bien. Zachée est collecteur d’impôt et riche, peu religieux, il est catalogué de pécheur par les pharisiens et les scribes ! Ensuite, il n’a vraiment pas de chance car de petite taille, la foule qui se presse pour voir Jésus l’oppresse et l’en empêche. C’est décidément double punition ! Bien que riche et notable, dirions-nous aujourd’hui, cette situation ne lui donne aucune priorité concernant Jésus. Mais la foule, n’est-elle pas aussi celle de ses pensées, passions, souffrances, complexes, blessures avec toutes ces énergies intérieures inconnues ou inconscientes et pourtant bien présentes et agissantes qui l’habitent.

Première observation, Zachée doit faire un effort pour s’en extirper, «il cherchait à voir qui était Jésus » et pour cela il prend de la hauteur et grimpe sur un sycomore. Prendre de la hauteur, se mettre à distance de lui-même, s’écarter de ce qui l’agite au-dedans de lui sans quoi il ne verrait pas Jésus. La volonté de cet homme de voir Jésus est forte et le met intérieurement en mouvement, sans doute cet élan rejoint-il son désir profond d’absolu, le désir de son âme d’être nourrie, rejoignant une quête profonde de sens et d’unification, lui le pécheur !

Deuxième observation, à sa grande surprise, Jésus le voit et l’interpelle comme si Jésus l’attendait et plus surprenant encore, Jésus dit devoir demeurer dans sa maison. Zachée descend vite de son arbre accueillant Jésus avec joie et allégresse. Lui le pécheur, comment une telle chose peut-elle se produire ? Jésus n’a-t-il pas meilleur endroit où demeurer ?

La question qui se pose à cette instant est celle-ci : la foi juive de l’époque mais aussi la foi chrétienne d’aujourd’hui, notre église catholique, offre-t-elle à chacun assez d’espace, de jeu, de place et de joie pour y rencontrer Dieu et cheminer sans être comme les pharisiens, des aspirants à la perfection, à la purification ? Nous ne pouvons que constater son échec d’alors. Jésus ne cesse de dénoncer l’hypocrisie et les mensonges des pharisiens et des scribes.

Alors que se passe-t-il avec Zachée ? Jésus le regarde et l’accueille dans son humanité. Il connait son cœur. Jésus « par-donne », il donne par-delà les apparences, ce que ne peut donner le cœur humain. Si Zachée est pécheur de s’être détourné de Dieu, d’avoir perdu l’axe qui lui permet de grandir, de croître intérieurement, Jésus ne le condamne pas. Le pardon loin d’effacer l’histoire de cet homme et de lui obtenir « une purification de ses péchés », lui donne la rémission. La rémission est en médecine le signe qu’un traitement a abouti et que les cellules cancéreuses bien que toujours présentes sont suffisamment contenues et affaiblies mettant à distance leurs effets nocifs. Elles n’ont pas disparues mais elles n’empêchent plus de vivre. Est-ce pour autant qu’il faut reprendre le cours de sa vie comme avant ?

Le pardon de Jésus et la réaction de Zachée nous donne un indice. Le pardon n’efface pas la faute mais donne de vivre plus loin que la faute commise et donc donne un surcroit de vie pour vivre autrement, pour vivre et se convertir, pour chercher Dieu et vivre en Lui. D’ailleurs Zachée l’a immédiatement compris en répondant presque impulsivement à Jésus « Voici Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un je vais lui rendre quatre-fois plus ». Sa réponse est extraordinaire car non seulement Zachée a compris l’urgence de pauvreté, l’urgence de se désencombrer de lui-même pour faire de la place à Dieu et cela passe toujours par du concret et ici un dépouillement matériel mais que fondamentalement tout le mal comme tout le bien se fait au moyen du prochain, que « nul ne peut faire du bien ou du mal à soi-même sans le faire à son prochain » (Catherine de SIENNE, Dialogue XXIV). C’est alors que Jésus lui reconnait son appartenance à la filiation d’Abraham ! Zachée, lui qui s’est tourné vers Jésus de tout son cœur, est restauré en sa qualité d’héritier des promesses faites à Abraham.

Myriam Duwig


Lundi 15 novembre

Commentaire de l’Évangile du jour: « Que veux-tu que je fasse pour toi ? – Seigneur, que je retrouve la vue » (Lc 18, 35-43)

Jésus est en route vers Jérusalem, où l’attendent sa passion et sa mort. Jésus le sait, il l’a même annoncé à ses disciples qui n’ont pas encore compris son message du mystère du passage de la mort à la Vie.

Jésus et ses disciples avancent sur la route, ils arrivent aux portes de Jéricho quand survient un événement :

Un aveugle dont on ne connaît pas le nom, assis au bord de la route, ouvrant grand ses oreilles aux  bruits inhabituels d’une foule qui se déplace, s’informe sur ce qui se passe, et, apprenant le passage de Jésus tout près de lui, se met à crier, à donner de la voix de toutes ses forces pour interpeller Jésus, malgré l’intervention « de ceux qui marchaient en tête » ( V. 39) et qui ne souhaitaient qu’une chose le faire taire.

C’est bien souvent notre tentation de faire taire l’autre à cause de toutes les barrières que nous nous imposons, et qui  nous paraissent conformes à nos idées ou à nos modes de vie. Jésus va bien au-delà de cette attitude, il s’arrête, il a entendu celui qui l’appelait : « Fils de David » et lui demandait : « aie pitié de moi » (V. 38). Cependant Jésus ne se déplace pas auprès de l’aveugle il l’envoie chercher. Voulait-il rendre à cet aveugle sa légitimité, sa dignité d’homme malgré son handicap, face  à tous ceux qui le sommaient de se taire? Voulait-il aux yeux de tous restaurer l’image que l’on a des laissés pour compte ?

Je crois que oui, nous en faisons encore aujourd’hui l’expérience, car nous avons bien souvent à rectifier notre attitude de rejet face à toutes formes de différence et de pauvreté, pour plus de charité et de respect envers l’autre tel qu’il est. Nous pouvons nous rendre compte alors combien une marque d’amour et de considération peut restaurer une personne et lui rendre sa place parmi nous tous, et combien nous pouvons établir entre nous une relation simple et fraternelle.

Jésus s’arrête, Jésus attend celui qui l’invoque et le prie, pour le questionner :« Que veux-tu que je fasse pour toi ? »(V. 41). et l’aveugle montre encore une fois une grande clairvoyance dans sa confiance en Dieu en reconnaissant Jésus comme Seigneur et répond :« Seigneur, que je recouvre la vue » ! (V. 41).

Le premier visage que l’aveugle voit en recouvrant la vue est celui du Christ, certainement dans un face à face, dans un coeur à coeur  plein de tendresse et d’amour. C’est alors que Jésus envoie l’aveugle : « Va ta foi t’a sauvé »(V. 42).

Dès lors l’aveugle guéri se met à suivre Jésus et devient un de ses fervents disciples,tout  en louant le Seigneur Dieu avec la foule et en le remerciant  pour ses bienfaits.

N’est-ce point une image de notre Église aujourd’hui, cette foule qui reconnaît les merveilles de Dieu grâce à l’enseignement de notre Seigneur Jésus ?

Je crois que oui car l’expérience de la vie en Église montre bien toute cette solidarité, cette charité qui existe entre tous ses membres.

Loué sois tu Seigneur pour toutes les merveilles que tu nous donnes à vivre dans notre quotidien dès  lors que nous choisissons de vivre avec Toi.

Ghislaine Lavigne