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Commentaires quotidiens de la Parole de Dieu

Samedi 25 juin – St Jean Baptiste

Commentaire de l’évangile du jour : « Que sera donc cet enfant ? » Lc 1,57-66.80

Question légitime des parents qui s’interrogent sur l’avenir de leur progéniture. En ce qui concerne Jean le Baptiste que l’on nomme aussi le Précurseur, c’est-à-dire celui qui vient avant le Messie ; j’imagine l’interrogation de ses parents. Un enfant inespéré alors que Elisabeth, l’épouse de Zacharie était stérile ; un père réduit au silence pour avoir douté de la Parole de Dieu. Effectivement, il y avait de quoi se poser des questions… Raison de plus quand Dieu s’en mêle. Et nous savons bien qu’avec le Seigneur Dieu l’impossible devient possible. C’est encore plus vrai, quand des hommes et des femmes de bonne volonté collaborent aux projets de Dieu.

Remarquons que c’est le huitième jour, le jour de la circoncision que le nom est donné à l’enfant. Et c’est sa mère qui déclare : « son nom sera Jean ! ». Ce nom avait été donné par l’ange du Seigneur qui était apparu à Zacharie dans le Temple pour lui annoncer la venue de l’enfant : « Sois sans crainte, Zacharie, car ta femme Elisabeth t’enfantera un fils et tu lui donneras le nom de Jean ! » (Lc1,13). Jean signifie « Dieu fait grâce ! » on comprend que Zacharie et Elisabeth soient d’accord sur son nom tout à fait inhabituel ; ils sont unis dans l’action de grâce. Mais l’entourage est surpris et se pose des questions sur cet enfant décidément pas comme les autres.

Nous savons ce que deviendra celui qui alla vivre au désert et qui serait manifesté à Israël comme le dernier des prophètes. Un homme au tempérament de feu, qui ne craignait pas de dénoncer les fautes et les péchés des puissants de ce monde comme de ses semblables. Jean le Baptiste est bien celui qui a préparé le chemin du Seigneur. Trait d’union entre la Première Alliance et la Nouvelle Alliance inaugurée par le Seigneur Jésus. Jean a mis toute son énergie et sa conviction pour appeler à la conversion, pour préparer les cœurs à l’accueil de l’Envoyé du Seigneur.

La Nativité de saint Jean Baptiste, qui est fêtée dans l’Eglise universelle, comme solennité, inaugure le temps de l’accomplissement de la Promesse : Jean Baptiste ouvre le chemin au Seigneur, l’Agneau de Dieu, le Sauveur de tous les hommes, puis il s’efface. Son effacement sera total, une fois sa mission accomplie, allant jusqu’au martyr, le don de sa vie.  C’est à juste titre que Jésus a dit de Jean le Baptiste, « je vous le dis : parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne n’est plus grand que Jean  » (Lc7,28a). Nous pouvons faire nôtre, l’affirmation de Jean Baptiste, parlant de Jésus : « il faut que je diminue, pour que le Seigneur grandisse ! » (Jn3,30)

Que par l’intercession de saint Jean Baptiste la Parole de Vie fasse son chemin dans nos cœurs.

Serge+, en frère diacre

 


Solennité du Sacré Cœur de Jésus

Commentaire de l’évangile du jour (Lc 15,3-7)Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue

La Solennité du Sacré Cœur de Jésus puise sa force dans une vérité simple et intense : au centre de notre foi se trouve l’amour du Christ.

La liturgie d’aujourd’hui nous offre une perle précieuse extraite de l’évangile de Luc- le berger qui porte sur ses épaules la brebis perdue et invite chacun et chacune à la joie.  Curieusement, Jésus nous présente une image à l’envers : ce n’est pas la créature qui cherche son Seigneur, mais le Seigneur qui part à la recherche de sa créature qui s’est maladroitement égarée et perdue. Lorsqu’il l’a trouvée, plein de de joie il la charge sur ses épaules. L’expression dit la certitude du berger de retrouver la brebis. En effet, le Berger a cherché avec persévérance, sans tarder, sans craindre les ronces et les falaises, sans dédaigner de se salir…, il a rejoint sa brebis là où il était allé et l’a retrouvée.

La vérité de cette fête du Sacré Cœur de Jésus est énorme : le Christ nous a aimés et nous aime intensément, sans compromis, avec force, avec fidélité. Si nous sommes chrétiens, c’est parce que nous avons découvert que nous sommes aimés d’une manière libre. Et de l’amour du Christ, nous avons découvert l’amour du Père, à travers le Maître nous avons connu le vrai visage de Dieu, l’amour concret, celui du Christ.

Ses choix, son don définitif de lui-même sur la croix, aller jusqu’au bout, aimer ceux qui ne l’aimaient pas, s’abandonner à la volonté meurtrière de l’humanité, redéfinissent la notion d’amour et de sacrifice. Une puissance acquise par le Christ en chargeant ses épaules du bois de la croix : « Il a pris sur lui nos souffrances, dit encore Is (53,4) pour nous libérer du poids du péché qui pesait sur nos épaules et nous ramener à la maison, non comme des esclaves mais comme des enfants. »

Abbé Emmanuel A.


Mercredi 22 juin

Commentaire de l’évangile du jour: « C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » (Mt 7, 15-20)

Au travers de cet évangile Jésus nous avertit de nous méfier des faux prophètes. En effet aujourd’hui beaucoup nous font briller la réussite, le bonheur rapidement et facilement. Pour nous y retrouver, le Christ nous indique une manière très concrète et pratique pour discerner: nous les reconnaîtrons à leurs fruits. Notre monde peut parfois être déroutant, il promet bonheur et bien-être, mais il est rempli de souffrances et de solitude. Nous devons prendre le temps de distinguer les faux prophètes, donnant de mauvais fruits, des bons prophètes dont le message est véridique et produit de bons fruits. Je prie pour obtenir la grâce du discernement et de la sagesse.

Dans ces passages, les paroles de Jésus m’interpellent au sujet d’un jugement à venir: l’arbre stérile sera coupé et jeté au feu. À moi également, de manière assez pressante, il est demandé de produire de bons fruits. Il me faut me rendre disponible à la grâce et à la vérité pour porter ce fruit. Par chance, Dieu nous a fait dont de l’Esprit Saint, l’esprit de vérité et de lumière pour nous guider.

Pascaline Furet


Mardi 21 juin

Commentaire de l’évangile du jour: « Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux » (Mt 7, 6.12-14)

Partons de cette règle exprimée par Jésus : « tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux ». Elle sonne ou résonne tel un seuil en deçà duquel il n’y a pas d’amour possible ; un seuil en deçà duquel l’emploi des moyens de la puissance et de la domination sur autrui sous couvert d’amour prend des formes multiples et révoltantes. Nous pouvons aussi convenir à son sujet qu’il n’est pas nécessaire d’être chrétien pour la vivre et la mettre en pratique. La conscience est largement partagée sur ce qui favorise l’amour, la bienveillance, la justice, le respect mutuel, la solidarité.

Mais alors sur quoi Jésus insiste-t-il dans ces paroles ? Je pense que la particularité pour le chrétien est à chercher du côté de sa relation à Dieu et de notre vocation à l’amour dans la foi. Le chrétien donne ce qu’il reçoit à savoir l’amour de Dieu qui lui donne d’aimer à son tour. Il ne donne pas l’amour de lui-même ou à partir de lui-même. Il confesse qu’il n’est pas origine ou source de cet amour et encore moins celle de sa vie. Il cherche donc à vivre avec ceux qui l’entourent de cet Amour inconditionnel de Dieu et à en témoigner. Notre force est dans cette puissance d’accueil que nous sommes et reconnaissons comme fondement de notre vie ; nous ne sommes rien par nous-mêmes; nous accueillons le don de Dieu et nous donnons à nos frères et sœurs cet amour que Dieu nous donne. En somme, aimer c’est donner et accueillir. Il n’y a pas d’amour possible entre deux êtres en dehors de cet échange avec cette réciprocité d’accueil et de don, qui est un échange profond des âmes.

Cette approche de l’amour nous fait entendre autrement les paroles qui précèdent et qui suivent. Si l’amour est don et accueil, il faut logiquement qu’il y ait plusieurs personnes. On ne se donne pas à soi-même mais à un autre qui nous accueille. On ne s’accueille pas soi-même mais on accueille un autre. Puis-je donc donner sans être accueilli ? Jésus nous met en garde sur les possibles conséquences. Dans les situations où l’accueil n’existe pas, il ne peut pas y avoir d’amour – l’échange est finalement impossible : « Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré, ne jetez pas vos perles aux pourceaux, de peur qu’ils ne les piétinent, puis se retournent pour vous déchirez ». Comprenez, l’enjeu est de taille, l’amour est sacré et concerne le salut de nos âmes appelées à être transformées par cet amour, à vivre de cet amour, ne faire qu’un avec cet amour et être rendues capables d’aimer comme Dieu aime. N’est-ce pas également ce que Jésus signifiait à ses disciples lorsqu’ils les envoyaient deux par deux dans les maisons et leur recommandait instamment de partir des lieux où ils n’étaient pas accueillis au nom de Jésus-Christ. La Parole est sacrée, la liberté l’est aussi et vous ne pouvez rien forcer, rien contraindre. Il faut partir et attendre le moment favorable.

Et la mise en garde vaut aussi vis-à-vis-de nous-mêmes à l’égard de Dieu. L’amour impose d’être vigilant à se tenir dans cette posture d’accueil de l’Amour de Dieu, toujours premier, au risque de se perdre dans les méandres de nos intérêts propres et besoins divers souvent bien camouflés et qui toujours s’agitent et viennent polluer nos relations aussi désintéressées soient-elles. « Ce chemin est large et ils sont nombreux ceux qui s’y engagent », nous dit Jésus, c’est celui de la nature humaine livrée à elle-même et à ses propres ressources. Or l’amour humain ne réalise que partiellement ce mouvement profond de l’amour qu’est de devenir un avec l’être aimé. Notre joie d’aimer est sans commune mesure mais on réalise chaque jour sa difficulté et la souffrance associée. Car avouons qu’en cette vie mortelle, nous ne pouvons aimer quelqu’un sans nous aimer davantage, posséder quelque chose sans accentuer l’attachement que nous nous portons. Et Jésus de nous signifier l’étroitesse de la porte – la foi- et du chemin qu’il nous révèle en sa Personne mais qu’il faut chercher sans cesse : « elle est étroite, la porte, il est resserré le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux ceux qui le trouvent ». Jésus lui-même nous le dit « Je suis le chemin et la Vérité et la Vie » (Jn 14,6), « Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais »  (Jn 11,26). Et ce chemin ne s’offre pas à nous sans efforts. Notre désir d’union au Dieu d’Amour, au Dieu révélé en Jésus-Christ est tout à la fois un arrachement constant à soi, un appel au dépouillement de soi et un mouvement intérieur de libération et d’unification d’une grande fécondité pour les âmes. La vie des saints en témoigne ainsi que leur importance pour notre vie spirituelle : être soi-même tout amour, uni au Christ, voilà ce à quoi l’être aspire au plus profond.

Demandons à Dieu et supplions-le d’augmenter en nous l’amour et de toujours nous mettre en condition d’accueillir l’Esprit Saint, guide de nos âmes pour apprendre à aimer infiniment sans aucune attention à soi, regard sur soi, repliement sur soi. Accueillir et donner : « Bienheureux les pauvres », bienheureux ceux qui sont et qui aiment.

Myriam DUWIG

 

 


Lundi 20 Juin

Commentaire de l’évangile du jour: « Enlève d’abord la poutre de ton œil » (Mt 7, 1-5)

Ce passage de l’évangile de St Matthieu se situe vers la fin du sermon sur la montagne.

Les disciples écoutent le message de Jésus, véritable enseignement, qui aujourd’hui encore nous aide à nous convertir.

Il est clair que nous portons sur les autres, très souvent, un regard obscurci par les ténèbres : ce peut être un regard assassin.

Il est vrai que juger et condamner autrui fait partie de notre nature humaine, et Jésus vient à notre secours en nous disant :

« Ne jugez pas pour ne pas être jugés, le jugement que vous porterez contre les autres sera porté aussi contre vous ; la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous »(v . 1-2).

Nous ne devons pas porter de jugement sur autrui au risque de nous perdre nous-mêmes. Jésus nous invite à changer notre regard , il nous invite à ne pas condamner car nous mêmes ne sommes exempts de commettre les mêmes erreurs que notre prochain. Jésus fait appel à nos qualités de coeur, à notre compassion envers celui qui subit le mal autant que nous mêmes.

Jésus Lui-même ne juge pas : « Que celui d’entre-vous qui n’a jamais péché lui jette la 1ère pierre ».

Jean 8, 7). Jésus nous demande d’avoir de la miséricorde envers tous, il veut que nous sachions pardonner. Il veut nous ajuster à Dieu le Père miséricordieux et plein d’amour.

« Qu’as-tu à regarder la paille dans l’oeil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? »( v. 3).

Jésus en disant ces paroles nous renvoie à nous-mêmes, et nous dit que au lieu de condamner et de critiquer le comportement des autres, il vaut mieux regarder notre propre comportement. Jésus nous invite à poser un regard sur nous-mêmes afin que nous prenions conscience de notre propre faiblesse, et de tout ce que nous avons à nous faire pardonner.

Comment vas-tu dire à ton frère : laisse moi retirer la paille de ton œil, alors qu’il y a une poutre dans ton œil à toi ? Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil, alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l’oeil de ton frère » (v. 4-5)

Jésus nous invite à nous améliorer nous-mêmes avant de chercher à améliorer les autres.

La poutre, s’agit-il de celle sur laquelle nous les hommes avons cloué Jésus ? La poutre de l’aveuglement total ?

Certes le travail de purification que nous avons à accomplir en nous est un travail de longue haleine, c’est le travail de toute une vie jusqu’au dernier instant. Nous devons désirer ardemment la Lumière de Dieu, nous devons accueillir cette Lumière, et accepter en toute humilité qu’elle nous guide, pour enfin rejaillir sur nos frères et espérer les guérir aussi.

Puissions-nous, tous, grands et petits, contempler le Christ, et le suivre, Lui, qui nous a manifesté tant d’amour et tant de tendresse.

Que l’Esprit Saint envoyé par le Père nous éclaire, et nous aide à entrer dans la vie nouvelle annoncée par le Christ

Ghislaine Lavigne


Dimanche 19 juin

Commentaire de l’évangile du jour: « Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés » (Lc 9, 11b-17)

En ce douzième dimanche du temps ordinaire, la célébration attire notre attention sur le Corps et le Sang de Jésus que nous recevons à chaque célébration. Il est grand ce mystère de la foi chrétienne !

Comment avons-nous le Corps et le Sang du Christ ? Nous l’avons au cours de la prière de la messe. Le prêtre consacre le pain et le vin qui vienne de l’effort de l’homme par des prières spécifiques dites à l’autel du Seigneur. Toute la communauté de chrétiens réunie y participe chacun selon sa grâce et ensemble par des chants, des acclamations et prières. Donc nous avons souvent le Corps et le Sang du Christ lors de la prière commune avec le prêtre que nous appelons la messe. Et comme le dit la lettre aux Corinthiens (1 Co.11, 23-26), c’est Jésus Christ de Nazareth lui-même avant sa mort qui a fait don de cette prière à ses disciples avec recommandation de le faire en mémoire de Lui.

 Le mystère du Corps et du Sang de Jésus est encore appelé l’Eucharistie ou Communion. Il est une célébration où s’accomplit toujours le sacrifice unique du Christ sur la croix pour la vraie santé du monde et de tout homme. Il faut y croire et être baptisé pour manger le Corps et le Sang du Christ. C’est une vraie nourriture qui actualise dans la vie du croyant cette parole de Jésus : « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Cette prière est ouverte à tout le monde avec respect puisqu’elle est offerte pour le bien être de l’humanité sans exception. Donc, nous sommes tous invités les dimanches et les jours où la messe est célébrée. N’hésitons pas à y prendre part parce que Jésus y est présent. Nous le rencontrons en le recevant. Nous l’adorons en le priant. Ce mystère semble difficile à saisir dans le monde contemporain, où le pain et le vin sont changés en Corps et Sang du Seigneur parce que la foi manque. Dans la foi, les chrétiens sont appelés à reconnaître que Jésus Christ est réellement, substantiellement et totalement présent sous les espèces du pain et du vin, car par ses paroles, répétées par le prêtre selon son commandement, se réalise ce qu’il dit. Quand dire, c’est faire. Cette présence du Sauveur est une présence agissante et efficace et un « remède d’immortalité » comme le disait Ignace d’Antioche.

Benoit Satchi


Samedi 18 juin 2022

Commentaire de la Parole de Dieu : « Ne vous faites pas de souci pour demain » (Mt 6,24-34)

En parcourant ce texte de St Matthieu, il nous saute tout de suite aux yeux le nombre de fois où le mot « souci » revient dans la bouche de Jésus : six fois ! Les paroles de cet évangile nous semblent venir d’un autre monde, d’un autre âge. Jésus nous inviterait à une insouciance totale, rêveuse voire naïve. Nous voici en plein mouvement « hippie » des années 70 ! Non, cette insouciance ne devrait vraiment pas avoir le droit de cité dans notre monde présent !

En effet, l’homme d’aujourd’hui est un être de souci. Qui est celui qui ne se soucie de rien ? Que ce soit pour sa santé, son confort, son argent, son lendemain, son avenir : chacun est soucieux. L’insouciance prônée par Jésus dans ce texte est un rêve dangereux dans le monde actuel ou l’on accumule toutes les craintes du lendemain mais aussi toutes les assurances couvrant tous les risques possibles. Son insouciance nous paraît comme une absurdité dans un monde qui planifie, qui anticipe, qui prévoit et qui calcule à chaque instant.

Mais qui d’entre nous, à force de soucis, peut ajouter un seul jour à sa vie ? Ce serait plutôt le contraire. A force de soucis, c’est à abréger notre vie que nous travaillons. Le souci, comme une maladie, nous dévore de l’intérieur. Aujourd’hui on l’appelle stress, il nous empêche vraiment de vivre pleinement, de savourer chaque instant, d’exister.

Et puis de l’argent, nous pensons qu’il en faut, il en faut beaucoup, il en faut parfois toujours plus. N’est-ce pas pour n’en avoir pas assez que tant d’hommes et de femmes sont dans une pauvreté extrême et vivent une détresse insoutenable. Jésus nous parle d’argent et il semble condamner l’argent comme un mauvais maître « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent ». Pourtant Jésus, lui-même n’a pas condamné l’argent, il s’en est servi et ses apôtres aussi. Mais il tient à nous mettre en garde contre l’argent quand celui-ci devient une idole. Le Seigneur nous invite à mettre en place les valeurs de la vie c’est à dire les valeurs de « l’être » plutôt que celles de l’argent, de « l’avoir » pour ne pas tomber sous sa tyrannie. Pour Jésus ce choix entre l’argent et Dieu concerne la Vie, concerne notre vie à tous. Jésus nous invite à mettre l’argent à sa juste place, c’est-à-dire à le considérer comme un moyen et non comme une fin : on se sert de l’argent mais jamais on ne le sert.

Oui l’essentiel dans notre vie c’est notre vie elle-même, ce sont nos relations avec les autres. Notre essentiel, c’est avant tout : Dieu ! Et Jésus nous dit que cet essentiel ne s’achète pas.  Dieu nous met ainsi en garde contre l’argent quand nous pensons, ou plutôt, quand nous avons l’illusion que ce n’est que grâce à cet argent que nous pourrons acheter et tout avoir, même cet essentiel !  Alors pour rester libres vis-à-vis de l’argent, il nous faut nous rappeler que Dieu est le seul que nous devons servir.

Le contraire du souci n’est pas l’insouciance mais c’est la foi, la confiance en ce Dieu qui ne cesse de nous aimer. Alors arrêtons de courir, de stresser à la recherche de richesses éphémères qui ne nous satisferont jamais mais tournons-nous résolument et sans cesse vers notre seul et unique Trésor : Dieu notre Père qui nous aime tendrement et qui veut notre bonheur.

Claude Thiébaut