Commentaires quotidiens de la Parole de Dieu

Mercredi 20 janvier

Psaume 110 :  “Tu es prêtre à jamais selon l’ordre de Melkisédek”.

Melkisedek figure de l’ancien testament, semble surgir de la nuit des temps. Melkisédek occupe très peu de place dans les écrits bibliques, il occupe cependant de par sa consécration une importance capitale pour le peuple de Dieu. Le nom de Melkisédek apparaît dans l’ancien testament à deux reprises :

Dans la Genèse 14, 17, où il est dit que Melkisédek, Roi de Salem (Roi de justice et de paix), bénit Abraham au retour de sa  victoire sur ses ennemis. Melkisedek fit apporter du pain et du vin, il était sacrificateur du très haut Maître du ciel et de la terre. Ce texte nous renvoie une image très étonnante : On y voit une préfiguration de la célébration de l’Eucharistie.

Dans le Psaume 110 : Ce psaume a un caractère prophétique, il décrit un roi avec les traits du Roi Messie, un roi engendré par Dieu lui-même et dont le règne n’a pas de fin selon « l’ordre du roi Melkisédek ». Ce roi est sans doute notre Seigneur Jésus Christ.

L’importance qui caractérise Melkisédek, on la retrouve aussi dans la première lecture de ce jour, la lettre aux Hébreux (He 7, 1-3 et 15-17), qui reprend le texte de la Genèse (Gn 14, 17) et le complète.

Pour Melkisédek, on ne parle pas de père ni de mère, ni d’ancêtres, ni commencement ni fin de ses jours. Il est en cela le prêtre qui demeure à jamais, vraie figure du Fils de Dieu. Voici encore quelque chose de très étonnant concernant Melkisédek, s’agissait-il d’un prêtre par excellence ?

Au fil du temps le sacerdoce des Lévites a perdu de sa force, la Loi n’a rien amené à la perfection, elle doit être remplacée. La nouvelle alliance que Dieu va conclure avec son peuple nous est donnée en Jésus.

Jésus est prêtre pour toujours, selon l’ordre de Melkisédek. Dieu en fait le serment. Jésus donne le salut définitif à ceux qui par Lui vont à Dieu.

Ghislaine Lavigne


Mardi 19 janvier

Evangile du jour : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat » (Mc 2, 23-28)

Nous voyons Jésus faire « relâche » en quelque sorte, avec ses disciples un jour de Sabbat. Quoi de plus normal que de ne pas travailler pendant ce jour consacré au Seigneur ? Voilà que les disciples se mettent à arracher des épis, était ce pour combler un petit creux ? Ou pour apprécier le gout délicat des grains de blé bien mûr ? Rien de répréhensible, en tout cas ! Sauf que les sempiternels empêcheurs de tourner en rond, que sont les pharisiens, s’en mêlent… « Regarde, ce qu’ils font le jour du sabbat ! ce n’est pas permis ! » quels rabat-joie ! Prêts à se scandaliser pour tout et n’importe quoi. Car bien sûr, tout dans leur vie est prévu, réglé, voir même figé. Les officiels gardiens de la Loi sont là ! ils se considèrent non seulement, comme les propriétaires de la Loi de Moïse mais également les seuls interprètes authentiques de cette Loi. Ils veillent scrupuleusement sur son application et gare à celui qui prendrait un chemin de traverse… par exemple, il était interdit de faire plus de 1392 mètres pendant le sabbat, ou encore défense de moissonner. C’est cette interdiction de faire tout travail manuel que les pharisiens reprochent à Jésus au lieu de s’en prendre à ses disciples. Bien évidemment, Jésus se fait de Dieu, une toute autre idée que celle de ce Dieu tatillon.

D’où la réponse cinglante de Jésus : il ose justifier ceux qui transgressent la Loi, en se servant d’un passage de l’Ecriture (1 Samuel,21, 1-7). Le geste de David avait tout d’une transgression sacrilège, puisque seuls les prêtres mangeaient ce pain. Aucun laïc n’avait le droit d’y toucher. Or, voilà que David et ses compagnons les mangent. Imaginez le scandale ! mais le pire c’est que Jésus est d’accord. Et il justifie leur geste simplement par le fait « qu’ils avaient faim ». Voilà pourquoi, au nom d’un simple « besoin humain », un homme a le droit de transgresser une loi cultuelle. D’où l’adage : « nécessité, fait loi ! »

« Le Sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le Sabbat. » encore une formule révolutionnaire dont Jésus a le secret. Jésus renverse ainsi la morale traditionnelle de son temps : toute loi qu’elle vienne des hommes ou de Dieu, est au service de l’homme, et pas l’inverse. La vie de l’homme qui a faim a plus de prix aux yeux de Dieu que toutes les observances légales. Nous pouvons remercier le Divin Maître de nous révéler ce Dieu paternel, qui prend la défense de l’homme. Demandons au Seigneur, qu’il nous libère de toute étroitesse de vue ou d’esprit, pour nous rendre plus attentifs aux besoins de nos frères et sœurs en humanité.

Serge+ en frère diacre.

 

 


Lundi 18 janvier

Evangile du jour : « L’Époux est avec eux » (Mc 2, 18-22)

Vendredi et samedi derniers, la liturgie nous proposait de méditer le premier volet du chapitre 2 de l’évangile de Marc construit en triptyque. Ce premier volet introduit les premières controverses menées par les adversaires de Jésus. Aux versets 1 à 17, Jésus pardonne les péchés et se déclare médecin des pécheurs. Dans le troisième volet de ce tableau, nous découvrirons dans les prochains jours, la liberté de Jésus face aux interprétations des pharisiens à propos du Sabbat. Pour l’heure, c’est le tableau central (versets 18-22) qu’il nous est donné de contempler. Il nous donne une clé de lecture pour comprendre la manière d’exister de Jésus : Il est l’Epoux, source de nouveauté sans pareille. Les comportements et les réactions des opposants à Jésus peuvent sans doute rejoindre chacune et chacun d’entre nous. Comment cet enseignement affecte-t-il nos efforts de renouveau dans l’Église ou ailleurs, aujourd’hui ? Il est difficile d’abandonner l’ancien et le familier, mais n’est-ce pas ce à quoi Jésus nous invite ?

Le temps des noces de l’Epoux avec son peuple est arrivé ! Le vin nouveau symbolise le temps messianique annoncé par les prophètes (Isaïe 54,5 ; Osée 2 ; 18). Dans l’ancien testament Dieu seul est appelé l’Epoux d’Israël. Ici, il invite son peuple à une alliance nouvelle dans laquelle Jésus entre dans une relation d’amour avec chacune et chacun. Cependant Jésus sait qu’il va quitter ce monde ; il évoque cette perspective au verset 20 « Mais des jours viendront où l’Epoux leur sera enlevé » Jésus évoque la perspective de sa mort. Dans les paraboles, le royaume des cieux n’est-il pas présenté comme un banquet, un mariage, une fête : un endroit de joie sans limites. Le banquet auquel Jésus nous invite aujourd’hui ne préfigure-t-il pas le banquet des noces éternelles ? Accueillons toutes ses invitations à partager la table de la Parole et celle de l’Eucharistie !

Les disciples de Jean avaient raison de jeûner tant qu’ils attendaient l’Epoux. Maintenant Il est là ! C’est l’heure de la fête… avant le temps du deuil à venir. C’est l’heure de s’ouvrir à la nouveauté ! Le vin nouveau est accueilli dans de nouvelles outres pour devenir le nectar qui réjouira les papilles de ceux qui le boiront. A vin nouveau, outre nouvelle ! Demandons au Seigneur de transformer nos cœurs en outres nouvelles pour y accueillir le vin nouveau qu’il fait couler en abondance en nous au travers de Sa Parole, Sa Bonne Nouvelle. Comme le bon vin se partage, goûtons Sa parole qui fait toute chose nouvelle et partageons-la généreusement, sans limites.

« Voici pourquoi nous ne cessons de rendre grâce à Dieu. Quand vous avez reçu de notre bouche la parole de Dieu, vous l’avez accueillie pour ce qu’elle est réellement : non pas une parole d’hommes, mais la parole de Dieu qui est à l’œuvre en vous, les croyants » 1 Th 2, 13.

Danielle Schuck

 


Dimanche 17 janvier

Première lecture : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute » (1 S 3, 3b-10.19)

Quelle endurance ! Quelle résistance que celle de ce petit enfant à se lever 4 fois de suite ! Qui d’entre nous, aujourd’hui, oserait déranger un vieil homme 3 fois de suite… Samuel ose répondre… Il ne se lasse pas de répondre à l’appel qu’il entend. Il ne part pas chez le psy en se disant qu’il a des voix. Samuel ne se pose pas de questions, mais il est à l’écoute permanente.

Car pour répondre, pour se lever, il faut écouter. Comment répondre à Dieu si l’on ne l’entend pas ? Quand on est bien dans son monde, fusse-t-il religieux, on a du mal à entendre Dieu venir nous parler, nous adresser son appel.

Ecouter et répondre. Un couple de mots qui vont si bien ensemble. On les retrouve souvent dans les psaumes par exemple. L’écoute est première, et la réponse suit. Même si parfois on tape à côté… comme Samuel. 3 fois il court vers Eli, sans se rendre compte que ce n’est pas ce dernier qui appelle. Et il lui faudra accepter d’être guidé par le vieil homme, par le prophète, pour comprendre que c’est Dieu qui l’appelle. Et nous aussi, il nous faut d’autres témoins, ou d’autres maîtres, qui viennent nous expliquer les appels de Dieu.

Peut-être même sommes nous ces maîtres, ces témoins, qui renvoient vers Dieu quand les gens courent à nous. C’est un sentiment naturel que de se sentir glorifié, mais notre vocation de chrétiens n’est-elle pas pas d’être la lumière du monde, et surtout de renvoyer à la source de cette lumière, à Dieu lui-même. Connaisseurs de la Parole de Dieu, habitués à le côtoyer dans la prière, ne fusse que le dimanche lors de la messe, nous sommes ces prophètes. Nous avons à écouter le cri du monde, comme Eli, et à aider nos concitoyens à découvrir Dieu, à grandir dans son amour, à s’adresser directement à lui. Voilà nos deux vocations… Celle d’écouter, celle de découvrir Dieu, et celle de renvoyer à Dieu, d’aider nos frères et sœurs à le découvrir personnellement. Un beau challenge.

Stéphane Jourdain

 


Vendredi 15 janvier

Evangile du jour : Qui donc peut pardonner les péchés sinon Dieu seul ? (Mc 2, 1-12)

En voilà une question qui ne manque pas de bon sens. La foule a parfois cette capacité à s’interroger de façon affinée et d’aiguiser sons sens de l’analyse et du discernement.

Derrière cette question il y a surtout la découverte et le surgissement d’un homme qui bouleverse quelque peu les codes. Qui déroute et qui dérange. Qui attire et qui interpelle, c’est selon.

Aujourd’hui encore, nous voyons Jésus rejoint par la foule. Lui l’homme du désert et du silence, le voilà de retour dans la ville cosmopolite de Capharnaüm. C’est déjà tout un programme ! Une ville qui sera le théâtre de ses premières activités et le lieu ou il opérera de nombreuses guérisons, comme celle que nous rapporte l’évangile de ce jour.

Au milieu du brouhaha et de l’agitation on perçoit bien l’attente de tout un peuple qui décèle en Jésus son messie.  Malgré l’engouement et la pression qui l’entoure, Jésus garde la tête froide et ne dévie pas de sa mission. Il est bien celui qui vient sauver son peuple mais pas forcement comme on peut si facilement l’entendre.

Sauver oui, mais par l’amour et le pardon. Sauver oui, mais en acte et en vérité. Sauver oui, mais pas sans cette foi qui doit nous conduire à reconnaitre que Jésus est plus qu’un guérisseur et qu’un thaumaturge, qu’un libérateur et qu’un meneur politique !

Il est bien ce Dieu révélé, ce Dieu qui prend corps pour que nos vies soient divinisées comme dira saint Irénée. Il est bien ce Dieu révélé par la Parole de Dieu qu’il ne cesse de distiller dans ces rencontres et ses actions. Il est bien ce Dieu révélé, qui procède de la Parole en acte !

Les yeux de la foule ne peuvent que constater la grandeur de cet homme. Sa force et sa puissance, qui se manifeste avant tout dans sa bonté et dans son amour pour tous les hommes. Même si nombreux restent encore interrogatifs !

Demandons-nous alors si nous avons le même regard, la même perception. Sommes-nous aussi des hommes et des femmes en attente ? Ou attendons-nous encore des réponses à nos questions ? Qu’est-ce que nous attendons vraiment du Christ ? Avons-nous le sentiment qu’il comble nos attentes ? Avons-nous la foi si suffisamment chevillée au corps pour oser découvrir que seul Jésus est le grand libérateur, celui qui veut sauver nos vies ? Entendons-nous simplement ce Dieu qui nous dit « je te l’ordonne, lève-toi ! »

Oui qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ? Jésus tout simplement !

Père Jean Marc ALTENDORFF+


Jeudi 14 janvier 2021

Evangile du jour : « Si tu le veux, tu peux me purifier » (Mc 1, 40-45)

La lèpre dans la Bible couvrait toute une gamme de maladies de la peau. Plus important encore, elle était considérée comme rendant une personne impure. La loi exige qu’un lépreux reste à l’écart des autres – une exclusion sociale et religieuse.

Et pourtant le lépreux vient à Jésus comme à la chance unique de sa vie : il supplie à genoux, il veut recouvrer la santé, il veut redonner un sens à sa vie, et reprendre sa place dans la communauté.

En effet, impur, intouchable, on le considère comme frappé d’un châtiment de Dieu, et il est mis, avec tous les lépreux, au ban de la société. Il ne peut entrer dans une ville ou un village, tout au plus peut-il mendier à la porte, et tout le monde doit s’éloigner de lui.

Malgré cela il ose s’approcher de Jésus. « Si tu le veux ». Mais était-il possible de ne pas vouloir ? Est-il possible, quand on est le Fils de Dieu, de ne pas vouloir que cet homme recouvre la santé, qu’il retrouve les siens, qu’il soit de nouveau un humain reconnu comme tel et par tous… ?

« Si tu le veux ». Alors Jésus est ému. Et avant qu’il touche le lépreux, il est lui même touché, non pas à la surface de la peau, mais en lui-même, touché par cette souffrance, touché par cet espoir, par cette foi.

“Si tu le veux”. Jésus a pitié de lui, Alors, il dit “je le veux, sois purifié”. Et la lèpre le quitta. Et il devient pur. Jésus le guérit et lui ordonne d’aller se montrer aux prêtres du temple afin que ceux reconnaissant sa guérison lui permettent de vivre à nouveau parmi les biens portants.

Qu’est-ce que cela peut bien signifier dans notre vie d’aujourd’hui ? La lèpre, c’est le péché de notre cœur. Seul le Seigneur peut nous guérir, à condition que comme le lépreux, nous nous approchions de lui en toute vérité, en toute humilité. Cela se fait dans le sacrement de la confession, où le prêtre, au nom du Seigneur, nous pardonne nos péchés et nous rétablit dans la communion de l’Eglise.

Reconnaître simplement sa lèpre (son péché, sa misère, ses manquements) et désirer sa guérison est insuffisant. Il faut la foi. Il s’agit de la foi qui nous amène à nous tourner vers quelqu’un d’autre et à dire: « Si tu veux, tu peux me guérir ». Car en reconnaissant sa lèpre, on a aussi reconnu qu’on était incapable de s’en sortir seul. La foi permet cette relation de confiance avec quelqu’un d’autre, la foi permet de se voir avec les yeux de l’autre, avec les yeux de Dieu.

« Ouvre mes yeux Seigneur aux merveilles de ton amour… »

Père Joseph

 


Mercredi 13 janvier

Evangile du jour : « Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies » (Mc 1, 29-39)

Liberté, oui, mais pas n’importe laquelle : Jésus, en prenant notre condition humaine nous propose d’élever notre vie, de sortir de cette « situation d’esclavage » liée à la « crainte de la mort ». Mais cette mort, il la détruit parce qu’il est ce lien entre Dieu et nous ; c’est dans sa grande miséricorde qu’il vient « enlever les péchés du peuple ». Il a pu ainsi, comme le souligne saint Paul dans la lettre aux Hébreux « réduire à l’impuissance celui qui possédait le pouvoir de la mort, c’est à dire le diable ».

Nous avons marqué le baptême du Christ dimanche, et avons pu apprécier ce sacrement qui est le départ d’une vie nouvelle pour tout chrétien. Aujourd’hui, nous sommes ici sensibilisés à cet autre sacrement, qui nous permet de repartir régulièrement, en nous libérant de nos péchés et de l’emprise du malin, le sacrement de la réconciliation, par lequel nous découvrons Jésus miséricordieux.

Il en découle naturellement « la joie pour les cœurs qui cherchent Dieu », comme le dit le psaume 104.

L’évangile de saint Marc nous fait entrer davantage dans cette démarche de foi, avec cet épisode de la belle-mère de Simon, malade : « Aussitôt, on parla à Jésus de la malade ». Il n’y a pas de question. On l’informe de suite. C’est cette certitude que Jésus peut agir sur ce mal. On rejoint encore ce texte de saint Paul : « Il est capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve ».

Et le soir même, c’est « tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par les démons » qu’on lui amena. Et si Jésus venait aujourd’hui, aurions-nous cette foi qui a conduit tant de monde à amener à Jésus tous ceux qui désiraient être guéris ? Croyons-nous qu’il peut nous porter secours dans nos épreuves ?

Jésus nous donne le chemin pour apprendre à nous abandonner à la volonté du Père : il part dans un « endroit désert » pour prier puis se remet en route en précisant qu’il est sorti pour proclamer l’Evangile. N’est-ce pas la prière et la Parole de Dieu qui, autant que l’Eucharistie, nous donnent la nourriture spirituelle qui nous permet d’ouvrir notre cœur et petit à petit, nous conforment à la volonté du Père ?

Gérard Kintzig, membre de l’ECP de Montigny (équipe de coordination pastorale)


Mardi 12 janvier

Evangile du jour : « Il enseignait en homme qui a autorité » (Mc 1, 21-28)

Jésus vient tout juste d’appeler ses quatre premiers disciples au bord du lac de Tibériade, c’est ce que nous avons entendu ou lu hier, et nous les retrouvons aujourd’hui arrivant à Capharnaüm. Cette ville était considérée comme un lieu mal famé ; il y passait beaucoup de gens dont certains étaient peu fréquentables. Si Jésus commence par ce lieu de mauvaise réputation, c’est pour signifier qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. D’ailleurs, Jésus continue sa recherche dans nos « Capharnaüm » d’aujourd’hui. Nous vivons dans un monde qui souffre. Pensons à toutes les victimes des injustices, des corruptions de toute sorte, des violences dont les médias nous abreuvent chaque jour, à tous ceux et celles qui souffrent dans leur cœur ou dans leur corps, tous les malades de nos communautés de paroisses. C’est là que Jésus nous rejoint. Son message n’est pas une morale. Il ne vient pas nous dire : « il faut faire ceci ou cela… »

Jésus vient à la rencontre des blessés de la vie, de ceux qui attendent une délivrance. Quand Jésus a commencé à parler, rien ne l’accréditait auprès de ses compatriotes c’est donc dans sa personne humaine, dans sa touchante simplicité, sa transparence, la clarté de son message qu’il a surpris et étonné tous ceux qui étaient rassemblés ce jour de sabbat dans la synagogue. Ils sont devant un homme qui ne parle pas comme les autres, qui dit des choses qu’ils n’ont jamais entendues, et cela les intéressent. L’évangéliste Marc prend soin de préciser que l’on était frappé de son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.

Jésus vient raviver en chaque homme et chaque femme, le désir de paix et de vérité. Or, dans cette assemblée, il y avait un homme tourmenté par un esprit mauvais. Eh, bien, la parole d’autorité de Jésus va le recréer dans sa liberté d’homme. Elle va chasser le démon qui est en lui. Nous constatons que ce possédé, Jésus ne l’a pas rencontré dans les rues ou sur la place publique, mais dans la synagogue, à l’intérieur de la communauté réunie pour la prière. Même dans nos communautés, il peut y avoir des complicités avec le mal. Nous pouvons nous aussi, être esclaves de nos passions, de nos divisions, de nos a priori, de nos certitudes et de bien d’autres choses. Pour retrouver l’unité et la paix intérieure et extérieure, il est indispensable de nous recentrer sur la Parole de Dieu.

« Ta Parole est une lampe pour ma route ! » dit le psalmiste. Alors, frères et sœurs, prenons du temps chaque jour pour laisser cette Parole pénétrer en nous et nous travailler, pour qu’elle fasse de nous des êtres neufs, des hommes et des femmes libres en Jésus Christ. Alors, à cette condition, notre parole pourra à son tour être libératrice, redonner confiance à ceux et celles qui se confient à nous ; et nous pourrons être humblement mais surement des prophètes pour les hommes et les femmes de ce temps. Dieu compte sur nous pour être ses haut-parleurs, ses messagers de la Bonne Nouvelle. De tout temps il y a eu des prophètes, à nous chrétiens d’être les prophètes dont notre monde a tant besoin. Pour cela, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur.

Serge+, votre diacre


Lundi 11 janvier

Evangile du jour : “Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle”

Jean le Baptiste emprisonné, sa mission d’ouvrir la voie s’achève et l’espoir d’une nouveauté soudainement disparaît. Alors bien vite, le vide est rempli par Jésus qui paraît, proclame avec autorité et commence sa prédication depuis la Galilée pour appeler tout le peuple juif à la conversion d’un monde neuf.

« Les temps sont accomplis » alors je touche au but comme un bateau arrive au port. « Le règne de Dieu est tout proche », il m’appartient de l’accueillir. « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » croire que cette Nouvelle est bonne, c’est croire que Dieu est amour et pardon pour tous.

Cette proclamation est tout actuelle. Or, que vois-je de ce monde, et en moi : violence, fureurs, folies, épidémies, calamités, répartitions inéquitables, tyrannies nombreuses, surmenage, attentats, guerres, ravages dans ma vie… De quoi sombrer dans la tristesse ! La nature de l’annonce de Jésus, un tout autre règne, est là, présent dans ma vie et dans nos sociétés, le Règne de Dieu est fait de Paix, de Justice et d’Amour. Croire dans cette Bonne Nouvelle et me laissez faire par le Christ pour me changer, me transformer, pour faire rayonner la joie et mettre en œuvre l’empathie, la compassion, l’indulgence, la bienveillance, la bienfaisance, prendre soins des autres, sans juger, sans morale, s’émerveiller et rendre heureux mon prochain, faire vivre la radicalité de l’Amour.

Dans le mouvement, passant au bord du lac de capharnaüm, Jésus lance cette injonction à quatre pêcheurs « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes », Elle ne les déborde pas, et aussitôt, ils laissent leur moyen de subsistance pour une aspiration plus grande à laquelle ils répondent avec appétence pour devenir ses témoins.

Nos assemblées dominicales sont les lieux où le Règne de Dieu est accueilli. Comment ne pas sortir pour porter cette Bonne Nouvelle à tant de gens qui l’attendent ?

Alain De Vos


Dimanche 10 janvier

Evangile du jour : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie » (Mc 1, 7-11)

Vous connaissez peut-être la célèbre phrase de Dark Vador dans L’empire Contre-attaque : “Je suis ton père”. Si souvent elle est associée à cette phrase de l’évangile, on est pourtant dans deux mondes totalement différents. Dans le cadre de la saga Star Wars, vous pourrez aisément constater que le narrateur dit “Je suis ton père”. Il se met en avant. Le “Je” est premier. Il conditionne la place du fils par rapport au père. Dans l’évangile, la tonalité change : “Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie”. Le “tu” est premier. Dieu ne se positionne pas comme premier, mais donne vie à son Fils, en lui laissant la première place. Il ose, d’une certaine manière, disparaître, pour montrer son Fils. Il le met en lumière, et c’est ainsi qu’il existe. Sans se montrer, sans revendiquer un titre, mais en se définissant par rapport à son Fils, grâce à qui il trouve sa joie.

On pourrait continuer en remontant le récit… Lorsque Jésus remonte de l’eau, “il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe”. Les cieux s’ouvrent. Le Royaume de Dieu se dévoile pour Jésus, pour ce Fils bien-aimé. Quelques années plus tard, alors que le Christ sera en croix, c’est le contraire qui se produira : “Quand arriva la sixième heure (c’est-à-dire : midi), l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure” (Mc 15,33). Les cieux se ferment, Dieu ne veut pas voir ce sacrifice où son Fils sera offert sur la croix. Tout en étant là, Dieu se retire, se voile à notre regard qui ne le comprend pas. Il faudra attendre le matin de la résurrection pour que le  soleil se lève, et même plus tard quand ” Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu”… Un aller-retour en bref, dont le baptême est le signe visible par tous, plus que la naissance, manifestée simplement à un petit nombre…

Et je n’ai pas encore parlé de l’Esprit, qui “descendre sur lui comme une colombe”. La colombe, on la trouve dans l’historie de Noé. C’est l’oiseau qui lui confirme que la terre est sèche, qu’il peut commencer une nouvelle vie. Et l’esprit qui descend ne peut pas nous rappeler cette phrase de l’annonciation : “L’esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre”. ou alors le souffle de Dieu qui, dans la Genèse, planait sur les eaux…

Le Baptême de Jésus, c’est un commencement, c’est Dieu qui se révèle à travers son Fils, qui en offrant à son Fils de vivre, de faire sa vie, “trouve sa joie”. C’est Dieu qi recrée toutes choses par son Esprit, en ne s’imposant pas mais en donnant, en offrant, en ouvrant l’avenir, plutôt que de renvoyer au passé. C’est le Ciel qui s’ouvre, pour nous, grâce à Jésus. Sans qu’il ne fasse rein, juste parce qu’Il est ! Ce baptême, nous y avons part, chacun, par notre baptême. Pour nous aussi, c’est un commencement, c’est une recréation, c’est un avenir qui s’ouvre, c’est le monde de Dieu qui se révèle à nous, c’est Dieu qui nous ouvre les portes de son Royaume et se réjouit de nous voir vivre en Lui. Alors aujourd’hui, souvenons-nous de ce baptême, et célébrons le !

P. Stéphane Jourdain