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Commentaires quotidiens de la Parole de Dieu

Lundi 24 janvier

Commentaire de l’évangile du jour : « C’en est fini de Satan » (Mc 3, 22-30)

Dans ce passage de lévangile de Saint Marc (Mc 3, 22-30), les scribes viennent s’en prendre à Jésus : celui qui guérit et fait sortir les démons serait possédé par le démon lui-même. Jésus ne laisse pas cette accusation sans réponse et leur retourne qu’une maison divisée ne serait tenir. « Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé, il ne peut pas tenir ». Où est Satan ? Dans le cœur de qui vient-il prendre place ? Dans celui des scribes à n’en pas douter, aveuglés dans leur jugement et incapables de reconnaître la grandeur du Christ et sa supériorité sur le mal dans les guérisons qu’il accomplit. Jésus vient guérir les infirmes et le miracle qu’il accomplit est un signe de sa victoire sur la mort. Jésus fait sortir le démon du corps des possédés et ce miracle qu’il accomplit est un signe de sa victoire sur le mal. Et pourtant, tout cela semble trop difficile à croire… Comment ne pas penser à l’épisode de la tentation d’Adam et Eve où le démon s’immisce entre Dieu et sa créature et l’Homme, alors aveuglé, se laisse conduire sur le chemin du doute et se détourne de la Sagesse qui vient de Dieu ? Combien de fois sommes-nous, nous aussi, détournés de la Sagesse ? Ne rejetons pas l’Esprit de Vérité et de Sagesse. Au contraire, invoquons-le, implorons-le, dans les grandes choses que nous accomplissons comme dans les plus petits actes du quotidien. Le mal est prompt à s’immiscer, restons en éveil ! Viens Esprit de Sainteté ! Viens Esprit de Lumière !

Héloïse Parent


Dimanche 23 janvier

Commentaire de l’évangile du jour : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture » (Lc 1, 1-4 ; 4, 14-21)


Ce dimanche, l’Église célèbre la Parole de Dieu, à l’invitation du pape François. C’est même la troisième fois que nous vivrons cette fête… Et la liturgie d’aujourd’hui, à travers l’évangile choisi, nous introduit largement dans cette dynamique. Après avoir expliqué que “beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous”, Luc lui même s’y colle, mais avec un terme qui doit nous surprendre : l’évangéliste propose à son ami Théophile “un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus”. On n’est plus dans le récit, mais dans un exposé pour faire comprendre. Voilà ce qu’est la Parole de Dieu, un exposé, c’est à dire une présentation des faits qui n’est pas journalistique, qui n’est pas avant tout une histoire, mais qui vise à nous aider à nous rendre compte de “la solidité des enseignements” reçus.

La Parole de Dieu, c’est avant tout Jésus Christ, le Verbe fait chair, Dieu qui se fait présent à nous pour se dire, pour se révéler totalement. Et Jésus manifeste clairement cette mission lors de son “discours inaugural” à Nazareth ; après avoir proclamé un passage du livre d’Isaïe, le voit qui explique :”Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre”. Rien que ça !

Et c’est clair que la suite de l’histoire, pardon, de l’exposé de St Luc, va montrer et mettre en lumière ce que Jésus vient de dire : l’annonce de la Bonne Nouvelle aux pauvres, notamment aux exclus, tels que les prostituées ou les publicains, libérer les captifs de la maladie, des possessions démoniaques, du carcan des institutions de l’époque, permettre aux aveugles de voir, c’est à dire à tous les aveugles, ceux qui ont des problèmes d’yeux, mais aussi ceux qui ont des problèmes plus profond. Souvenez vous du Petit Prince qui nous avouait que l’essentiel est invisible pour les yeux, car on ne voit bien qu’avec le cœur. On pourrait continuer longtemps… en égrenant les différents passages de l’Evangile ou Jésus met en œuvre, grâce à l’Esprit Saint, ce qu’il a proclamé lors de cette homélie inaugurale.*Car c’est bien de cela qu’il s’agit dans l’Église, et que St Luc nous invite à comprendre : la Parole de Dieu n’est pas un livre, à lire, à connaître par cœur comme une bonne rengaine, mais c’est une personne, et par cette personne, Jésus Christ, une manière de vivre dans la mouvance de l’Esprit Saint. Car nous rendant compte de la “solidité des enseignements reçus”, par Jésus Christ mais aussi dans le reste de la bible, nous reste à vivre cette Parole, à l’incarner à notre tour… “L’exemple, voilà plus que jamais ce que nous devons être, des exemples” s’écrie avec panache un acteur dans un célèbre film. Voilà finalement ce que la Parole de Dieu nous invite à être, des exemples, à l’exemple du Christ, pour vivre ce que nous lisons…

Bonne lecture, et surtout, bonne mise en œuvre de ce que nous aurons découvert….

Stéphane Jourdain


Samedi 22 janvier

Commentaire de l’évangile du jour: « Les gens de chez lui affirmaient : Il a perdu la tête » (Mc 3, 20-21)

L’évangile de ce jour contient seulement deux versets. Le premier verset témoigne de la disponibilité de Jésus pour sa mission : « Jésus revint à la maison, où de nouveau la foule se rassembla, si bien qu’il n’était même pas possible de manger » (Mc 3,20). Jésus est là pour les gens qui ont besoin de lui. Il donne son temps, son service, son aide… Bref, il donne sa vie ; il se donne lui-même pour nous.

Le deuxième verset est plus difficile à saisir du sens : « Les gens de chez lui, l’apprenant, vinrent pour se saisir de lui, car ils affirmaient : ‘Il a perdu la tête’ » (Mc 3,21). Nous pouvons nous demander : Pourquoi ils agissent ainsi ? Pour quel motif ? Est-ce qu’ils veulent prendre soin de Jésus ?

Il est fort probable que ce ne sont pas les trop nombreuses activités de Jésus qui inquiètent sa parenté, mais plutôt l’écho de ses affrontements avec les responsables religieux, de son style de vie, pousse, « les gens de chez lui », les gens de sa parenté, à agir ainsi. Ils se disent qu’il va trop loin, qu’« il a perdu la tête ». C’est sans doute la manière qu’ils utilisent pour se saisir de Jésus, d’étouffer tout parole gênante, d’étouffer la vérité pour ne pas faire de vague ou éviter les ennuis.

L’évangile de ce jour nous décrit la disponibilité de Jésus pour sa mission et son obéissance à la volonté du Père, mais aussi l’égoïsme des gens de sa parenté. Il nous invite à être comme Jésus, disponibles au service du bien des autres, et courageux au témoignage de la vérité.

Paul Nguyen


Vendredi 21 janvier

Commentaire de l’évangile du jour : « Jésus appela ceux qu’il voulait pour qu’ils soient avec lui » (Mc 3, 13-19)

Les Douze font aujourd’hui l’expérience d’un « second appel ». Jésus les invite à aller plus loin dans leur « être disciple ». Suprême et exigeante invitation à vivre un compagnonnage de tous les instants avec Jésus, à se laisser « envoyer » pour annoncer sa Parole, investis de son autorité et « pouvoir sur les démons » (v.5). Comme baptisés, nous sommes choisis, envoyés proclamer la Bonne Nouvelle au monde, c’est-à-dire annoncer à chacun qu’il est sauvé et aimé de Dieu. Nous avons la mission et le pouvoir d’expulser les démons. La bonne question à se poser aujourd’hui : Quels types de démons nous dérangent et que nous avons à extirper et à expulser de nos cœurs, dans notre contexte social aujourd’hui ? Finalement, vous convenez avec moi qu’être chrétien, disciple du Christ n’est pas si confortable qu’on le pense.

Sainte Agnès dont c’est la fête aujourd’hui, savait, elle, ce qu’est « être appelé ». Cette glorieuse martyre de Rome a vécu dans sa radicalité la « sequela christi ».  Ces parents n’étaient pas chrétiens, ils l’obligèrent à se marier, mais elle ne voulut pas d’autre Époux que Jésus. Elle fut alors dénoncée comme chrétienne et le jeune homme qui devait l’épouser devint l’un de ses persécuteurs. Mais elle mit en pratique la parole de Jésus : « celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de Moi ». Sainte Agnès nous montre aujourd’hui la victoire de l’amour. Mais quelle est cette victoire ? L’amour de Dieu selon saint Paul est l’amour chrétien, c’est-à-dire jamais séparé de l’amour du prochain et il est beau de le voir chez les martyrs. Malgré la persécution, ils n’ont jamais manqué à ce grand rendez-vous : L’amour plus fort que la haine. D’une manière spéciale, ils ont ramené la victoire de l’amour sur la haine en ne renonçant jamais à aimer leurs persécuteurs.

Remercions le Seigneur de nous avoir fait savoir que, même aujourd’hui, les chrétiens meurent comme Jésus, pardonnant à ceux qui les tuent ; prions pour les chrétiens qui sont encore persécutés et demandons à pouvoir être des promoteurs de l’unité avec la charité qui surmonte toute haine. Demandons à Sainte Agnès et à la Vierge Marie, en ce jour, la grâce d’être fidèles aux promesses de notre baptême et à nos vœux.

Abbé Emmanuel Amedodji


Jeudi 20 janvier

Commentaire de l’évangile du jour: « Les esprits impurs criaient : “Toi, tu es le Fils de Dieu !” Mais il leur défendait vivement de le faire connaître » (Mc 3, 7-12)

Quelle belle scène d’évangile. Un récit de bord de mer qui n’a rien à voir avec le ‘farniente’ et la plage ! On ne lézarde pas au soleil, mais ‘on vient à Jésus… On accourt vers Lui’. On vient de partout, on le presse nous dit l’évangile…

Il a beau se retirer loin de la foule, celle-ci est attirée par Lui. Il y a comme une force d’attraction qui relève d’une captation divine. Imaginez un peu cette rencontre aujourd’hui à l’heure des selfies et des réseaux sociaux !

Y aurait-il ici uniquement recherche de miraculeux, de merveilleux, voire de superstition ?

Si on vient à Jésus c’est tout simplement parce que sa renommée est grande. Mais plus encore, c’est parce qu’il sait toucher les reins et les cœurs… du moins façon de parler !

Car là est toute la merveille de cette scène. Jésus touche les cœurs, mais à distance.

Il ne touche pas de façon physique mais par sa simple présence, et au travers de sa Parole.

Oui Jésus n’est pas avant tout un guérisseur ou un faiseur de miracles. Encore moins un manipulateur ! Du moins il ne se comporte pas comme tel. Il est bien le Verbe de Dieu qui réalise ici en acte le Salut offert à tous les hommes.

Si Jésus se tient à distance, ce n’est pas pour s’isoler de la foule et lui montrer une quelconque supériorité, ce n’est pas qu’il n’a rien à voir avec ces gens-là, mais pour manifester que le plus important ce n’est pas ses gestes mais sa Parole.

Inutile de toucher Jésus pour être sauvé. Écouter sa Parole suffit !

Et c’est sans doute là pour nous, la véritable bonne nouvelle de la journée.

Car si nous avons parfois l’impression que Dieu est loin, qu’il ne me répond pas, que je ne peux l’atteindre, il me reste toujours mes deux oreilles pour me mettre à son écoute et me laisser ‘’toucher’ par sa grâce.

Alors tout au long de ce jour, et plus encore, n’ayons pas peur de ‘boire ses Paroles’

                                                                                              Père Jean-Marc ALTENDORFF+

 


Mercredi 19 janvier

Commentaire de l’évangile du jour : « Est-il permis, le jour du sabbat, de sauver une vie ou de tuer ? » (Mc 3, 1-6)

Jésus dans cet évangile de saint Marc est confronté une fois de plus à une situation où il doit poser un choix: appliquer la Loi ou aider quelqu’un à guérir. De plus, il est observé et les pharisiens n’attendent qu’une chose : de pouvoir l’accuser.

« « Etends ta main. » Il l’étendit  et sa main redevint normale. » Jésus a choisi l’humain, et du coup, il se met hors la loi. Peut-être est-il bon de rappeler que les pharisiens exigeaient pour eux et pour les autres une obéissance rigoureuse à la Loi. Ils croyaient à l’existence des anges et à la résurrection des morts, contrairement aux sadducéens. Nous comprenons mieux alors pourquoi Jésus dérange, puisqu’il agit pour l’humain, avant l’application stricte de cette Loi. Et ce n’est pas la première fois !

En Marc 2. 27 Jésus remet le sabbat à sa place : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat » ou encore en Marc 2;19 « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’époux est avec eux ? » . Et nous pourrions citer encore d’autres références. Jésus, dans cette scène, veut provoquer une prise de conscience chez les gens qui l’entourent.

Il commence par placer l’homme à la main atrophiée au milieu, c’est à dire bien en évidence. Puis il interpelle les autres pour qu’ils puissent prendre position pour la guérison le jour du sabbat donc contre la Loi, ou pour la Loi donc contre le fait de faire le bien. Personne ne se prononce. Cette fuite fait monter la colère chez Jésus, qui, bien officiellement, guérit cet homme. La machine est lancée : Jésus est devenu trop gênant et les pharisiens et les partisans d’Hérode veulent le supprimer.

Comment ce texte peut-il me parler aujourd’hui ? N’y a-t-il pas parfois des situations où il me faut faire un choix entre l’humain que je côtoie et mes « obligation » ? De quel côté suis-je alors ? Si l’on regarde la première lecture, cette histoire de David contre Goliath, nous y trouvons le témoignage de foi inouï de David, dont Saül relève pourtant son coté enfant : «  Le Seigneur (…) me délivrera des mains de ce Philistin », dit David. Dans mes choix de vie, parfois compliqués si je veux rester dans la Vérité, suis-je capable de faire confiance au Seigneur et de me laisser guider par l’Esprit-Saint ? Comme le dit encore saint Paul ( 1 Co 12.7) « A chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien commun ».

Demandons donc cette grâce qui nous sensibilisera à ceux qui nous entourent et nous conduira à sortir de notre indifférence pour œuvrer au bien commun.

Gérard Kintzig.


Mardi 18 janvier

Commentaire de l’Évangile du jour : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat » (Mc 2, 23-28)

Nous sommes au début de l’évangile de Marc, au lendemain du temps de Noël. Nous sommes donc au début de la vie publique de Jésus. Les événements s’enchaînent rapidement et dans ce chapitre 2 nous assistons à la guérison d’un paralytique, à l’appel de Lévi puis à un repas avec les publicains et déjà deux altercations avec les pharisiens et les scribes où il est question d’accusation de blasphème lorsque Jésus pardonne les péchés et guérit physiquement l’homme paralysé et de jeûne transgressé par ses disciples.

Le passage qui nous concerne enchaîne sur une nouvelle altercation avec les scribes au sujet de l’attitude des disciples le jour du shabbat, le septième jour, consacré au Seigneur. En effet, les disciples arrachent des épis dans les champs pour les manger, ce qui n’est pas permis ce jour-là.

Cette question de septième jour et du shabbat m’a reliée au texte de la Genèse, début du chapitre 2. Les versets 1, 2 et 3 reprennent à trois reprises le verbe « achever, finir » (Kaloh) qui dans sa forme intensive est aussi « détruire ». Nous prenons souvent le raccourci avec la traduction en pensant que, le septième jour, Dieu ayant fini son ouvrage se repose. Or en hébreu les mots portent en eux-mêmes plusieurs acceptions qui ne doivent pas nous échapper. L’achèvement de l’œuvre divine n’est pas une réalité statique et l’avènement du septième jour (racine sheba), un jour qui ne soit mouvement. Au verset 3, il est dit de l’œuvre créée toute entière, Dieu se retire (WaYishebot), que l’on voit traduit plutôt par « chôme » ou « arrêta ».  Or le septième jour ouvre sur l’intense bouleversement que suscite la présente du YHWH en l’Adam et l’appel de Dieu à une plus grande profondeur. Le sixième jour confère à l’homme-Adam sa dimension d’Image. Le septième jour « achève » l’œuvre de Dieu et il est même permis d’écrire qu’il la détruit non pas en son être créé (Dieu n’anéantit pas son œuvre) mais en son être fait (Dieu s’efface parce qu’en Dieu, ou de Dieu tout est accompli), pour que l’Homme advienne à un autre niveau de perfection, de conscience, vers la plénitude de la Ressemblance ce à quoi nous ouvre Gn2. Ce jour septième indique donc un « retournement divin » (racine Shoub) ou retrait pour amener l’Homme à participer à une plus grande Lumière. L’homme du sixième jour s’avance donc vers le terme de son enfantement.

Dieu « se retire » pour que le YHWH (semence divine) présent en l’Adam depuis l’origine, croisse, monte des profondeurs. Dieu appelle et Dieu se retire pour que l’Homme soit. Il n’y a pas de plus grand acte d’amour. Autrement dit, le Père laisse la place au Fils qui ne pourrait croître sans l’effacement de son auteur. Dieu n’est qu’amour et cela depuis toujours. Sa toute-puissance est celle de l’amour, uniquement celle de l’amour. Et nous pourrions dire que tout amour qui ne s’enracine pas dans cet effacement « shabbatique » pour que l’être aimé soit, est illusion. Pensons à l’enfance, à l’adolescence, autant de passages à franchir où il est impératif que les parents s’effacent pour que le jeune advienne à sa stature d’homme (homme et femme), se déploie dans toute la grandeur de sa personnalité et fasse grandir le noyau divin qu’il est, jusqu’à ce qu’il devienne lui-même « Fils ». Se retirer ne signifie pas s’absenter, même si parfois à l’égard de Dieu, cette pensée nous traverse. Il est comme l’inspir dans le souffle aussi indispensable que l’expir, jusqu’à ce que tout soit accompli.

Les disciples marchent à la suite du Christ comme ils marchent vers leur source intérieure, vers leur Nom divin, devenant « Fils » par l’expression de leur pleine liberté, par leurs choix et décision de suivre Jésus, « Toi, Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant» (Mt16,16), « A qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6,68). Mais ce chemin à la suite du Christ ne va pas sans drames. Pensons aux difficultés très concrètes à tout quitter, « beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de faire route avec lui » (Jn 6,66), aux reniements de Pierre, aux jalousies, aux violences et pressions en tout genre, au vide et désarroi intérieur qui suivit la mort de Jésus, aux premières années de la vie de l’Eglise et aux nombreuses morts au nom du Christ.

Et pourtant, grandeur de ce jour septième où l’on assiste à quelque chose qui nous dépasse totalement et qui nous appelle à participer du plus profond de l’être à une plus grande Lumière. Mais jour terrible aussi où s’expriment toutes les contradictions qui nous saisissent, les oppositions qui nous divisent, les violences qui nous habitent et nous constituent, les hypocrisies qui nous arrangent, les mensonges et faux-semblant qui protègent toujours et encore notre moi, notre amour-propre. « Tu accoucheras dans la douleur » (Gn 1,18) et de cet accouchement de toi-même à ton NOM (divin), ce jour, c’est le jour du Seigneur, jour grandiose dont Jésus nous montre que « le Fils de l’Homme en est maître » et que l’Homme devenant Fils en est maître aussi. Aucun rite, aucune morale humaine n’est au-dessus de l’accomplissement de l’être humain dans sa divinité et c’est dans l’exercice de notre liberté que nous sommes véritablement des hommes, en travaillant à la libération de nos frères, à un monde plus humain. Si notre vocation est de partager la vie même de Dieu, le Christ ne peut être présent et agissant que dans nos décisions humaines humanisantes qui sont bien souvent des morts douloureuses à l’égoïsme et à nos illusions de toute-puissance ; on ne peut pas à la fois se donner et se garder pour soi ! « Dieu créé l’homme capable de se créer lui-même. Notre tâche humaine est de créer l’homme, c’est-à-dire de faire que l’homme soit.» (F VARILLON, Joie de vivre, joie de croire). Réjouissons-nous du Shabbat !

Myriam DUWIG