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Commentaires quotidiens de la Parole de Dieu

Mercredi 10 mars

Commentaire de la première lecture du jour : « Vous garderez mes décrets, vous les mettrez en pratique » (Dt 4, 1.5-9)

Aujourd’hui les textes nous invitent à nous questionner sur la Loi. Dans le livre du Deutéronome, Moïse insiste sur la mise en pratique des décrets et ordonnances que Dieu lui a donnés : « Ils seront votre sagesse et votre intelligence aux yeux de tous les peuples ». En lisant ce passage, j’aurais envie de dire que c’est « génial » : voilà un outil qui permet d’ouvrir notre intelligence au vrai sens de la vie, à devenir sage. Loin de toutes les grandes réflexions de tous ordres, voilà un chemin à suivre au quotidien, chemin qui nous rend libres et heureux.

C’est ce chemin qu’ont suivi des générations de croyants depuis Moïse. C’est l’occasion pour nous de prendre un instant pour méditer le contenu des tables de la Loi que Moïse a transmises : voir en Deutéronome, chapitre 5, versets 1 à 18. Et Moïse termine par cette mise en garde « de ne jamais oublier ce que tes yeux ont vu ; ne le laisse pas sortir de ton cœur un seul jour. Enseigne-le à tes fils, et aux fils de tes fils ».

Voilà aujourd’hui de quoi faire le point pour comprendre où je me positionne par rapport à cette Loi, qui reste, y compris dans notre monde d’aujourd’hui, le repère pour discerner la manière dont je vis.

Et Jésus lui-même, dans l’Evangile de St Matthieu, insiste sur l’importance de cette Loi, lorsqu’il dit : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi et les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir ».

Durant cette marche vers Pâques, ce temps de carême pourrait être l’occasion de repositionner ma vie dans cette imprégnation de la Loi et de redécouvrir qu’elle est le chemin vers la Vérité et la Vie.

Gérard Kintzig, membre de l’ECP.

 


Mardi 9 mars

Méditation de l’Evangile du jour : « C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère » (Mt 18, 21-35)
L’évangile de ce jour traite du pardon. Dès le début du texte Pierre demande le nombre de fois qu’il doit pardonner. Une fois ? Deux fois ? Jusqu’à sept fois ? La réponse de Jésus est surprenante. Cette réponse de soixante-dix fois sept fois ne doit pas être prise comme un nombre fini. Est-ce que Dieu nous pardonnerait qu’un certain nombre de fois ? Non son pardon est infini ; c’est la signification de ce grand nombre. Cette expression nous aide à apprendre à pardonner sans condition, sans restriction.
 
Dans la deuxième partie de l’évangile, le maitre remet la dette. Il est pris de compassion. Dans la Bible le mot grec traduit par « pardonner » a littéralement le sens de « laisser aller » comme lorsqu’une personne n’exige pas le remboursement d’une dette. Jésus assimile le pardon à l’annulation de la dette. Nous pardonnons aux autres quand nous ne gardons pas de ressentiment ou d’esprit de vengeance. La Bible explique que l’amour désintéressé est le fondement du vrai pardon puisque l’amour ne tient pas compte des torts subis.
 
Dans la dernière partie de cet évangile, le maitre punit le serviteur qui lui-même n’a pas pardonné à son compagnon. Il est vrai qu’il nous est parfois difficile de pardonner aux autres quand ils nous font du mal. Mais lorsque nous ne pouvons pas pardonner, nous tombons dans la douleur et la haine. Nous nous éloignons de l’Amour de Dieu. Rappelons-nous que nous avons été pardonnés par le sang du Christ. Ainsi apprenons le pardon. C’est ce que mon épouse et moi-même proposons lors des sessions de préparation au mariage. Cette démarche est indispensable si l’on veut que la vie de relation continue à exister et que chacun puisse rester debout, aimé et aimant.
 
Personnellement comment me nourrit cette parole ? Comment accueillir le pardon de Dieu si je ne peux pardonner moi-même. Parler de pardon c’est parler de blessure. Pardonner à quelqu’un c’est reconnaitre que la personne vaut plus que l’acte qui m’a blessé. La faute ne constitue plus une barrière entre nous. J’ai mis de nombreuses années pour en prendre conscience. Aussi toute piqure de rappel (la parole d’évangile) m’aide à devenir un enfant de Dieu, un enfant qui est heureux de vivre avec son frère. Alors osons pardonner et demander au Seigneur de nous aider à pardonner. Si notre désir de pardonner est réel, il nous y aidera. Sans son aide nous en sommes bien incapables.
 

Lundi 8 mars

Commentaire de la lecture du jour : « Il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien » (2 R 5, 1-15a)

Lors d’un enseignement dans la synagogue de Nazareth, Jésus illustre son propos à l’aide de la figure du prophète Elisée qui suscita le miracle de la guérison de Naaman, général en chef de l’armée syrienne qui souffrait de la lèpre pour démontrer l’universalité de Dieu (Luc 4, 27).

Dans livre des Rois, on lit cet évènement. Naaman y est paré d’une glorieuse estime humaine autant dire d’une mesure orgueilleuse due à son rang social de puissant. Mais sous le bel uniforme chatoyant vit un lépreux ; une lèpre qui n’est peut-être qu’une maladie de peau et qui n’interrompt pas les relations sociales. On entendra ici par métaphore le mal, le péché.

La jeune servante (première messagère) captive à son service, venant du pays d’Israël témoigne d’une délivrance possible devant le prophète Elisée qui proclame dans son temps troublé par l’idolâtrie, le retour au seul vrai Dieu. Païen, le général muni de cadeaux, et d’une missive de son Roi se présente d’abord au Roi d’Israël qui impuissant déchire ses vêtements, signe de sa propre lèpre. Il reconnaît ne pas être « Dieu, maître de la vie et de la mort. »

Averti, Elisée envoie un messager (le second) auprès de Naaman l’invitant à se purifier en se baignant sept fois dans le Jourdain. Indigné d’être reçu par « un second », irrité, en colère, il s’attendait à du bruit, de grands éclats, de grands gestes, de grandes invocations, du buzz comme on dit aujourd’hui, tout cela dû à son rang. En échange, il apportait ses cadeaux. Aussi, il s’en va. Ses serviteurs (3ème messager) l’invitent à la sagesse, à la réflexion. Il s’y résout et se plonge sept fois dans le Jourdain et ressort pur comme un petit enfant ; et revient vers Elisée reconnaissant l’existence d’un Dieu unique.

Il faudra des chemins divers et pas moins de trois humbles messagers à ce lépreux ! Sur mes chemins, reconnais-je les signes de Dieu, prêt à me guérir de mes lèpres et m’engager dans la voie du salut comme Jésus me le propose !

« Le salut de Dieu ne vient pas des choses grandes, du pouvoir ou de l’argent, des cordées cléricales ou politiques, mais des choses simples. » Pape François.

Alain De Vos


Dimanche 7 mars

Commentaire de l’évangile du jour : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai » (Jn 2, 13-25)

C’est amusant de regarder parfois ce qu’il y a entre les parenthèses. Jn 2, 13-25 ! Nous sommes tout au début de l’évangile de St Jean. Jésus vient de changer l’eau en vin à Cana, de passer quelques jours en famille à Capharnaüm, et le voilà qui monte à Jérusalem pour régler leur compte aux marchands du temple. Belle séquence inaugurale pour son action d’annonce du Royaume de Dieu : un miracle entre amis, une week-end en famille (St Jean nous dit que Jésus était avec sa mère entre autres), et un scandale.

En effet, il y a fort à parier que personne ne connait encore Jésus. Certains ont été appelé (les disciples) et se sont mis à la suite de cet homme, mais à Cana, personne à part Marie et les serviteurs ne savent ce qui s’est passé. Et voilà que Jésus monte à Jérusalem pour “régler ses comptes” avec ceux qui squattent le temple. ou du moins le parvis de gentils, c’est à dire la place qui était réservée pour ceux qui ne pouvaient pas entrer dans le temple car non-juifs. Jésus chasse les marchands du temple qui ont pris leur place. Il remet les choses à leur juste place. Comme il l’a fait à Cana, en permettant à la fête, c’est à dire à l’avenir social de ce couple, de se prolonger… Comme il l’a fait à Capharnaüm où il a pris du temps pour se poser en famille et entre amis.

Jésus dans ce 2ème chapitre de l’évangile de St Jean vient nous redire l’importance de chaque personne : ceux qui se lancent parfois vite, sans avoir tout prévu, ses amis, et ceux qui sont au loin (les Gentils, c’est à dire les païens qui ne pouvaient pas entrer dans le temple)… L’inauguration du ministère de Jésus passe par les petits, les exclus, et par la famille (au sens large) ! Du coup, le discours sur le temple est une annonce, mais pas pour les bien-pensants, pour les gens établis. Elle l’est pour ceux qui ne sont pas invités, pour ceux qui n’ont pas déjà tout planifié, pour ceux qui ne respectent pas les règles. Pour les lointains… parce que que ceux qui gravitent autour du temple, ceux qui se disent proche, ceux qui suivent toutes les règles, Jésus “les connaissait tous, et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ;
lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme”. Voilà ce qui compte. Ce qu’il y a à l’intérieur de l’homme…  Cette envie de vivre, de se marier, de se lancer dans la vie, cette envie de se retrouver en famille, entre amis, cette envie de s’approcher de Dieu. Quand par malheur, ces envies sont impossibles à réaliser, Jésus est là pour leur donner vie, pour leur construire un avenir… C’est celà son temple, ce Corps qu’il met à l’honneur, celui de tous ceux qui ont besoin de Lui.

Stéphane Jourdain


Samedi 6 mars

Commentaire de l’Evangile du jour : « Ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie » (Lc 15, 1-3.11-32)

On a l’habitude de donner à cette parabole célèbre le titre de parabole de l’enfant prodigue ou du fils prodigue. Je préfère la désigner comme la parabole du Père miséricordieux. Souvenez-vous cette grande image souvent en évidence dans nos églises représentant ce père miséricordieux qui étreint son enfant !

En hébreu le mot miséricorde signifie « entrailles » . Être miséricordieux, c’est être ému au plus profond de ses entrailles. Et c’est bien de cela dont il est question : Le Père est ému aux entrailles quand il voit son fils revenir. Tout comme Dieu est ému aux entrailles quand il nous voit revenir vers lui, quand nous faisons le choix de nous tourner vers lui, de suivre son Fils Jésus et son Evangile.

Ce qui est admirable dans cette histoire, c’est le comportement du père. Quelle patience pour supporter sans rien dire les enfermements de ses enfants, mais aussi quelle persévérance et quelle capacité d’initiative quand le moment est venu.  Le Père n’attend pas que son fils soit devant lui. Mais il accourt à sa rencontre, n’attend pas  que son fils se prosterne devant lui, ne le laisse pas s’exprimer, au contraire il se jette à son coup et le couvre de baisers tant sa joie est grande. Aucun reproche, aucune amertume. D’une étreinte, il le restaure le jeune homme dans sa dignité de fils.

La leçon de cette parabole est  simple : notre Dieu est là pour nous tous, qui que nous soyons, malgré nos égarements et nos fautes. Et c’est au sein même de nos faiblesses qu’il nous aime. Il est un Dieu qui pardonne et qui a toujours les bras ouverts. Il ne nous fait pas la morale, ne nous juge pas. L’amour de Dieu pour nous, c’est tout cela à la fois.

Ainsi cette parabole nous parle de Dieu le Père miséricordieux mais elle nous parle aussi profondément de Jésus, son Fils. Non pas Jésus comme fils prodigue du Père, mais Jésus comme fils bien aimé du Père. Plusieurs expressions du texte le disent très clairement : « tu es toujours avec moi », « tout ce qui est à moi est à toi ». Et la finale une phrase qui vient annoncer le triomphe de la résurrection au jour de Pâques : « mon fils était mort et il est revenu à la vie ». En cette montée vers Pâques, nous sommes centrés sur cette vérité. Jésus vit totalement de l’amour du Père et est venu nous le révéler par sa passion, sa mort et sa résurrection.

Au cours des prochaines semaines qui nous préparent à Pâques, laissons nos entrailles s’émouvoir comme celles du père dans la parabole et faisons place en nous à la miséricorde qui nous vient de Dieu. Oui, laissons-nous toucher par ce regard miséricordieux et cette tendresse infinie du Père et faisons lui confiance pour que, à son exemple et à son désir,  notre propre regard tourné vers nos frères et sœurs puisse, sans cesse, être transformé par son amour.

Claude Thiébaut, diacre


Vendredi 5 mars

Méditation de l’évangile du jour« Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons l’héritage ! » Mt 21 – « C’est le moment, allons-y, tuons-le, et jetons le dans une citerne » Gn 37

L’Écriture de ce vendredi de carême est baignée de sang ! Traquenard, embuscade, folie meurtrière, complot, tuerie, vengeance, jalousie…rien de l’Écriture que nous ne connaissons pas encore aujourd’hui en 2021 ! Il semble bien que ce soit un copier/coller de situations dont l’actualité nous abreuve hélas chaque jour.

Pourtant, l’Écriture biblique n’est pas là pour remplir nos besoins de faits divers. Mais bien plutôt pour susciter en nous une certaine analyse, en tout cas un questionnement. Oui la Parole de Dieu sera toujours une parole qui interroge. Et si en ce temps de Carême il nous faut peut-être être davantage à son écoute, c’est justement pour nous laisser travailler intérieurement par une Parole qui doit remuer mes entrailles !

Avant de jeter la pierre, ou pire encore, de ne pas se sentir concerné, il convient de me demander si cette attitude n’est pas malgré tout bien souvent la nôtre. Ne nous arrive-t-il pas nous aussi de tuer ? Sans doute pas au propre, mais au figuré ?

Car nous le savons bien, il n’y a pas que les armes qui tuent ! Il y a nos propres paroles qui peuvent tuer. Il y a nos attitudes, notre comportement. Il y a tout simplement notre façon de vivre qui est prête à aller jusqu’à écraser l’autre pour y arriver ! Avouons tout de même que ce n’est pas très évangélique !

Derrière cette attitude plus que ‘désarmante’, il y souvent au final une incompréhension de ce que la vie avec Dieu doit refléter. Il y a même comme une sorte de refus de Dieu. Parce qu’il gêne, et agace. Parce qu’il me demande de porter du fruit alors que ma vie est bien souvent « stérile ».

Et si en ce vendredi de carême je me faisais vraiment « tueur » ! Non pas pour dégommer l’autre, mais pour tuer en moi le vieil homme et revêtir ainsi l’homme nouveau ! Peut-être que ma vie a aujourd’hui besoin de se « carnage » là ?

Père Jean Marc ALTENDORFF+


Jeudi 4 mars

Méditation de l’évangile du jour : « il (Lazare) trouve ici la consolation, et toi, la souffrance » (Lc 16, 19-31)

Je pense que c’est l’une des plus belles paraboles dans l’Evangile de Luc. En la racontant, Jésus fait allusion à une histoire populaire bien connue de son temps en Judée : celle du pauvre scribe et du riche publicain Bar Mayan, qui avait vécu comme un impie notoire. Tous les auditeurs de Jésus savaient donc à quoi s’en tenir dès les premiers mots de la parabole : il s’agit d’un riche qui ne s’occupe ni des hommes ni de Dieu. C’est l’irréligion et l’égoïsme qui sont punis, et inversement Dieu récompense la piété et la confiance du pauvre.

Jésus ne dit pas que le riche est puni parce qu’il est riche et le pauvre Lazare, qui signifie « Dieu est venu en aide » est récompensé parce qu’il est pauvre.

Pour mieux se faire comprendre et aller plus vite à l’essentiel, Jésus présente la mort comme limite absolue. Que l’on ait vécu dans le lin et la pourpre, ou couvert d’ulcères, mendiant à la porte des autres, un moment vient toujours où les choses prennent leur vraie valeur. Et dans la pensée de Jésus, ce moment-là doit éclairer toute la vie d’un croyant. La mort, qui totalise toutes les fidélités d’une existence, fixe aussi l’homme définitivement dans ses choix. C’est donc avant qu’il faut se convertir ; c’est avant qu’il soit trop tard, qu’il faut choisir et ouvrir les yeux.

Or le riche de la parabole s’est aveuglé à longueur de vie. Il n’a pas vu le besoin qu’il avait de Dieu et de son pardon ; il n’a pas vu Lazare, qui ne réclamait rien, et qui guettait, non pas tellement les miettes qui tombaient de la nappe, mais ces morceaux de mie dont on se servait, dans les maisons très riches, pour s’essuyer les doigts, et qu’on jetait sous la table.

Lazare meurt, dans l’oubli général ; le riche meurt à son tour, et toute la ville est probablement là pour le porter en terre. Mais au-delà, tout change. L’au-delà, c’est le domaine de Dieu, et rien ni personne n’empêchera jamais Dieu d’être à la fois, et mystérieusement, le créateur et le juge, l’infiniment bon et l’infiniment lucide. Dieu lui-même se réserve le droit d’apprécier pour chacun, au-delà de la qualité de la vie, la qualité du cœur. Nous voudrions pouvoir échapper à cette logique de nos propres choix ; mais Jésus insiste, et il met sur les lèvres d’Abraham des paroles étranges : « Entre vous et nous un grand abîme a été disposé. » Ce n’est qu’une image, bien sûr, mais c’est l’image de l’irréversible. Il fut un temps, le temps même de la vie, où le riche impie pouvait quelque chose pour Lazare, au moins les bouchées de pain. Mais maintenant, dans l’au-delà, même Lazare, même l’ami d’Abraham ne peut plus rien pour lui.

Et c’est vrai il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre et plus aveugle que celui qui ne veut pas voir. Or nous sommes aujourd’hui dans une société, où l’on nous aveugle avec la consommation, ou on nous rend sourds avec la désinformation nous faisant croire que ce qui est bien est mal et que ce qui est mal est bon. Il nous faut donc apprendre à être vigilant et a discerner les choses.

Nous n’avons qu’une seule vie, elle nous appartient certes, mais avant tout elle appartient à Dieu, et la question qui se pose ici à nous est : quel cas faisons nous de la parole de Dieu dans notre vie ? L’écoutons-nous vraiment ? L’écoutons-nous à moitié ? L’écoutons-nous que lorsqu’elle ne nous dérange pas ?

Jésus rappelle l’exigence de la conversion. S’il est trop tard pour le frère mort, il est encore temps pour les cinq survivants ; mais Jésus ne veut pas qu’on s’illusionne sur les moyens à prendre. Ce qui convertit, ce ne sont pas les expériences extraordinaires. Même si l’un de nos défunts revenait parmi nous, passé le premier saisissement, nous retomberions dans notre médiocrité. Car personne ne peut répondre à notre place, et si la parole de Dieu ne suffit pas pour nous retourner le cœur, que pourrait faire une parole d’homme ? Nous avons Moïse, nous lisons les Prophètes ; bien plus, « en ces jours qui sont les derniers, Dieu nous a parlé par son Fils ». Si nous ne sommes pas convaincus par une telle preuve d’amour, qui pourra jamais nous parler d’espérance ?

Ce qui change une vie et la retourne vers Dieu, c’est la décision d’accueillir la parole de son Envoyé. C’est bien le sens de notre démarche de ce Carême.

Père Joseph