Rencontre des prêtres autour des suites du rapport de la CIASE

Mardi 9 novembre 2021, quelques semaines après la remise du rapport de la Commission Sauvé sur la lutte contre la pédophilie dans l’Église et au lendemain des décisions prises par les évêques de France à Lourdes, Mgr Jean-Pierre Vuillemin, administrateur apostolique, a organisé une rencontre des prêtres du diocèse de Metz pour un échange autour de la réception du rapport de la CIASE et des recommandations qu’il contient.

Une soixantaine de prêtres du diocèse ont répondu présents à cette invitation. Mgr Jean-Pierre Vuillemin a d’abord fait part de ce qu’il venait de vivre lors de la semaine d’assemblée plénière de la Conférence des évêques, une semaine forte en échanges, réflexions et prières, mais aussi un temps de décision. Il a notamment souligné le travail remarquable de la CIASE, encourageant les prêtres à lire ce rapport en intégralité, pour y découvrir “le travail interdisciplinaire qui a joué un rôle de premier plan” dans la prise en considération des témoignages des victimes. Mgr Vuillemin a lu dans un silence total une lettre de la famille d’une personne victime qui s’est suicidée, en respectant l’anonymat des personnes. “Les victimes nous ont aidé“, disait Mgr Vuillemin, en lisant un seconde lettre. Elles ont “aidé les évêques à sortir des questions systémiques pour s’intéresser aux personnes et les écouter“. Cela a permis à l’Église de réagir à cette souffrance.

Après dix minutes de silence et de prière, les participants sont partis en petit groupe pour partager sur la réception de ce rapport de la CIASE et sur ses répercussions dans nos vies ou notre ministère.
Après l’office du milieu du jour, un temps de mise en commun a eu lieu en fin de matinée, suivie d’un temps d’échange entre les prêtres. À noter la grande qualité d’écoute qui s’est manifestée durant cette rencontre, correspondant à la sidération et à “l’écœurement” dont ont témoigné de nombreux prêtres. Les questions du cléricalisme, de la gestion des cas passés ou de la prévention à mettre en œuvre, tout comme les réactions violentes ou le silence des laïcs et la question de l’abus de pouvoir, ont interpelé les prêtres du diocèse. Le mal-être de certains prêtres a également été cité, renvoyant à la question du soutien fraternel.