Messe de Pâques 2021 à la cathédrale Saint-Étienne de Metz

Dimanche 4 avril 2021, devant une foule très nombreuse, Mgr Jean-Christophe Lagleize a présidé la messe de Pâques. En l’absence de Veillée pascale pour cause de couvre-feu, de nombreux catholiques ont souhaité fêter la Résurrection en participant à la messe du jour.

Contrairement à l’habitude, ce n’est pas la Croix qui a ouvert la procession de cette messe de Pâques, mais le Cierge pascal, représentant le Christ ressuscité. Il a été apporté solennellement avec trois acclamations, avant que les célébrants ne viennent dans le chœur. Avant le rite de l’aspersion, l’évêque a béni l’eau baptismale, qu’il a ensuite répandue sur tous les fidèles présents.

La liturgie de la Parole a permis d’entendre la catéchèse de Pierre à Césarée dans les Actes des Apôtres et l’exhortation de Paul aux Colossiens invitant les croyants à rechercher les réalités d’en haut. La Maîtrise de la cathédrale a ensuite chanté la séquence À la Victime pascale, avant l’Alleluia et la proclamation de l’évangile de saint Jean du récit de la visite des femmes au tombeau.

Mgr Lagleize a ensuite donné l’homélie suivante :

“Lumière du Christ, nous rendons grâce à Dieu !” Par trois fois, cette acclamation a ponctué l’avancée du Cierge pascal parmi nous.

Lumière du Christ, ce Cierge pascal est le symbole que le Christ est vivant au milieu de nous, que le Christ est la lumière du monde qui éclaire notre route. D’ailleurs, au jour de notre baptême, il a été remis à nos parrain et marraine un cierge allumé au Cierge pascal et ces paroles ont été prononcées : “Recevez la lumière du Christ, c’est à vous, parents, parrain et marraine, que cette lumière est confiée. Veillez à l’entretenir que N., illuminé(e) par le Christ, avance dans la vie en enfant de lumière et demeure fidèle à la foi de son baptême. Ainsi, quand le Seigneur viendra, N. pourra aller à sa rencontre dans son Royaume, avec tous les saints du ciel. Frères et sœurs, au matin de la Résurrection, la lumière éclaire Jérusalem, resplendit sur les anges présents au tombeau vide, illumine Marie-Madeleine, surprend les disciples.

La lumière pascale illumine, réchauffe, rassure, transfigure l’humanité jusqu’au retour du Christ vivant, hier, aujourd’hui et demain, et pour toujours. Alors que depuis un an, nous vivons plus ou moins difficilement ce qui nous est imposé, il est souhaitable de revenir à l’essentiel.

Pour qui et pour quoi vivons-nous ? En qui, en quoi ai-je confiance ? Quelle est mon espérance ?

Chers amis, en ces mois, il nous faut demander la grâce de l’espérance. Non seulement une espérance pour soi-même, mais également pour toute l’humanité et pour toute la création. Car la résurrection du Christ vient déjà transfigurer chaque personne, toute l’humanité et l’ensemble de la Création, dans l’espérance des cieux nouveaux et de la terre nouvelle.

Nous ne devons pas nous tromper d’objectif, l’espérance n’est pas dans la science (notre espoir, oui), l’espérance a pour objectif l’amour. C’est l’amour qui est le moteur et le carburant de notre existence. Le Seigneur Jésus, quelques heures avant sa passion, dira à ses disciples : “Je vous appelle mes amis” et au matin de Pâques, il dira : “Allez dire à mes frères” (Mt 28, 10).

Notre espérance est la vie. Benoît XVI, dans son encyclique Sauvés dans l’espérance, écrit : “La vie dans le sens véritable, on ne l’a pas en soi, de soi tout seul, et pas même seulement par soi : elle est une relation. Et la vie dans sa totalité est relation avec Celui qui est la source de la vie. Si nous ne sommes pas en relation avec Celui qui ne meurt pas, qui est lui-même la Vie et l’Amour, alors nous sommes dans la vie. Alors nous vivons” (n° 27).

Notre espérance est Jésus Christ ressuscité. L’apôtre Paul le proclame : “Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est votre foi” (1 Co 15, 17). Frères et sœurs, si le Christ est vivant : “alors il pourra être présent dans ta vie, à chaque moment, pour la remplir de lumière. Il n’y aura ainsi plus jamais de solitude ni d’abandon. Même si tous s’en vont, lui sera là, comme il l’a promis : “Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde” (Mt 28, 20). Il remplit tout de sa présence invisible, où que tu ailles, il t’attendra. Car il n’est pas seulement venu, mais il vient et continuera à venir chaque jour pour t’inviter à marcher vers un horizon toujours nouveau” (pape François, Il vit, le Christ, n° 125). Amen. Alléluia !”

Le Credo fut ensuite proposé sous forme de dialogue comme il est de coutume lors de la Veillée pascale. Puis ce fut le temps de la prière universelle et de la liturgie eucharistique.

À la fin de la messe, l’assemblée a reçu la bénédiction solennelle de Pâques, avant que la Maîtrise ne fasse résonner dans les voûtes de la cathédrale le joyeux Alleluia, extrait de l’oratorio du Messie de Haendel.

Christ est ressuscité, joyeuses Pâques !