Journées mondiale du migrant et du réfugié à Behren-lès-Forbach et Spicheren

Les samedi 28 et dimanche 29 septembre 2019, pendant les messes célébrées dans les Communautés de paroisses Notre-Dame des Nations ( Behren, Kerbach et Bousbach) et Cœur Immaculé des Hauteurs de Spicheren ( Spicheren, Asting et Eztling), a été célébrée la 105ème journée mondiale du migrant et du réfugié.

Le thème choisi par le pape François cette année est : Il ne s’agit pas seulement de migrants.

Avec ce thème, le pape François entend souligner que ses appels répétés en faveur des migrants, des réfugiés, des personnes déplacées et des victimes de la traite d’êtres humains doivent être compris dans le cadre de sa profonde préoccupation pour tous les habitants des périphéries existentielles. Celui qui a faim, qui a soif, l’étranger, celui qui n’a rien pour se vêtir, le malade, le prisonnier qui frappe aujourd’hui à notre porte, c’est Jésus lui-même qui demande qu’on le rencontre et qu’on lui vienne en aide.

Des témoignages de bénévoles de la Pastorale des migrants ont été lus (voir ci-dessous ). Ainsi, le témoignage de Marc nous rappelle que « Près de nous, ici en Moselle, rappelons-nous de nos parents et grands parents qui ont été des réfugiés en Charente ou en Saône et Loire lors de la deuxième guerre mondiale…/…. »

Le témoignage d’Edmond nous dit : « Sans connaître leur passé, je découvre des personnes, qui sont loin des stéréotypes qu’on entend parfois. S’ils ont quitté leur foyer, leur patrie, ce n’est pas par plaisir, mais surtout par nécessité.« 

Une carte-prière avec une photo composée de visages de migrants a été distribuée avant la messe et la prière a été lue par l’assemblée présente.

Puisse cette journée nous aider à oser la rencontre de l’autre, qu’elle nous permette de franchir les barrières qui peuvent nous séparer pour vivre la joie de la rencontre afin de mieux vivre ensemble.

Témoignage d’Edmond Rzegocki, professeur bénévole de FLE (Français langue étrangère) :

« Je m’appelle Edmond Rzegocki et je suis de Behren. J’ai découvert la Pastorale des migrants en paroisse, grâce à Patricia Auger, qui en fait partie. Les migrants, les médias en parlaient, même le Saint Père, mais ça ne me semblait réservé qu’aux associations, à l’État, dans les grandes villes. Extérieur à ma vie et donc peu concerné… En novembre de l’année dernière, Patricia m’a sollicité pour faire de l’alphabétisation au CADA ( Centre d’accueil des demandeurs d’asile) de Forbach, car la personne qui l’aidait dans ce service avait dû arrêter pour raison de santé. Le moment de surprise passé, je me suis senti interpellé par cette demande. J’étais en retraite depuis quatre ans et il me restait encore un peu de temps parmi mes autres occupations. Mais était-ce vraiment un appel pour moi et en serais-je capable ? Je lui ai demandé de voir comment les cours se déroulaient, avant de prendre une décision. J’ai découvert des adultes, jeunes et moins jeunes, qui essayaient d’apprendre une langue nouvelle pour eux et qui étaient motivés. Je me suis lancé, en ayant reçu des feuilles de cours pour commencer. Mes « apprenants » sont mixtes et viennent de différents pays : Albanie, Géorgie, Serbie, Macédoine, Kosovo, Irak et même Bangladesh. Ce sont pratiquement tous des débutants en français, même si certains connaissent un peu l’anglais ou l’allemand. Certains doivent même apprendre notre alphabet ! Ils sont tous attentifs, se sentent concernés, même si parfois ils sont absents pour raison de rendez-vous ou doivent partir plus tôt pour aller chercher leurs enfants à la sortie de l’école. Le seul « hic », c’est qu’ils sont là en fonction des autorisations administratives : certains doivent partir, d’autres arrivent en cours d’année. Il faut sans cesse s’adapter. Heureusement qu’une troisième personne a rejoint notre équipe, Marc, d’Alsting. Chacun de nous fait son cours un après-midi par semaine. Pour nous aider, en plus de livres, nous utilisons des cours sur internet ( FLE : Français langue étrangère). C’est assez prenant, mais très motivant… Sans connaître leur passé, je découvre des personnes, qui sont loin des stéréotypes qu’on entend parfois. S’ils ont quitté leur foyer, leur patrie, ce n’est pas par plaisir, mais surtout par nécessité.
Le personnel du CADA essaie de les aider, de les diriger, dans ce qui est administratif. Nous, avec la Pastorale des migrants, nous essayons de les aider à notre niveau, de leur faire découvrir des « frères et sœurs en humanité ». C’est aussi le but des rencontres en dehors des cours : fête de l’été dans la salle de l’église Saint-Jean-Bosco par exemple ou autres… Ce qu’ils auront pu apprendre avec nous, même un peu, pourra peut-être leur servir dans l’avenir, qu’ils restent en France ou si malheureusement ils doivent repartir. Cela va faire un an que je vis ce « service », mais je ne regrette pas de m’être lancé dans cette aventure… Si d’autres veulent vivre cette expérience, les portes sont grandes ouvertes !« 

Témoignage de Marc Feiss, professeur bénévole de FLE (Français langue étrangère) :

« Je m’appelle Marc Feiss, je suis Alstingeois et suis membre du Conseil de fabrique. Cette année, j’ai participé aux conférences de carême organisées pour les deux communautés de paroisses. Le 5 avril 2019, une conférence était organisée à Spicheren avec la Pastorale des migrants comme intervenant, dont le thème était : L’Église et les migrants. Avec une trentaine de personnes, nous avons écouté et débattu avec Patricia Auger sur ce sujet sensible. Car chacun d’entre nous a sa propre opinion sur le thème de l’immigration qui clive notre société et rares sont les personnes qui ne se prononcent pas ou qui n’ont pas d’opinion. Patricia a aussi rappelé la mission de la Pastorale des migrants qui est un service national et un service diocésain dont l’engagement comprend quatre axes :

    • accueillir, écouter, soutenir, accompagner humainement, spirituellement, les migrants quelque soit leur situation, qu’ils soient croyants ou pas ou d’une autre confession.
    • aoutenir les communautés catholiques issues de l’immigration afin qu’elles trouvent leur place dans l’Église diocésaine et qu’elles puissent y exprimer leur originalité et leur richesse.
    • sensibiliser les communautés catholiques locales à l’accueil de ces frères étrangers, notamment par la célébration de la Journée mondiale du migrant et du réfugié.
    • Favoriser le « vivre ensemble » dans les quartiers et l’échange dans le respect de nos différences culturelles et de religieuses.

Près de nous, ici en Moselle, rappelons-nous de nos parents et grands-parents qui ont été des réfugiés en Charente ou en Saône-et-Loire lors de la deuxième guerre mondiale. Ils ont connu le repli sur soi de la part de la population locale et la difficulté à trouver une place au sein de ces communautés et ces nouvelles régions. J’ai répondu à l’appel à bénévoles de la Pastorale des Migrants et j’ai souhaité apporter ma modeste contribution aux actions en cours, en intégrant une équipe qui consacre un peu de temps pour apprendre le français à des migrants, soit 1h30 par semaine et trois niveaux de cours différents.
Cette équipe est composée de Patricia Aeuger, coordinatrice de la Pastorale des migrants de l’archiprêtré de Forbach, Edmond Rzegogki, retraité de la Poste, et moi-même, retraité d’Enedis. Nous intervenons au CADA-ADOMA (Centre d’aide des demandeurs d’asile) de Forbach. Nous sommes heureux de bénéficier d’un cadre structuré, aidé par l’État et la collectivité locale. Ce milieu conventionnel nous permet d’assurer des cours en toute quiétude et dans les meilleures conditions humaines et matérielles. La préparation de mes interventions me demande environ une demi-journée de recherches et de travail. Puis je me rends aux cours avec une petite anxiété : serai-je à la hauteur ? Mon cours est-il adapté et intéressant pour les apprenants ? Leur permet-t-il de progresser en communication ? Autant de questions posées qui sont parfois levées lorsque les apprenants participent activement et retrouvent le sourire en cours. Je m’adresse à de jeunes personnes, entre 25 et 40 ans, venant de tous pays : Iran, Égypte, Géorgie, Albanie, Bosnie-Herzégovine, Russie, Arménie… qui ne parlent pas un mot de français. Nos premiers échanges se font avec des dessins, des gestes ou parfois en anglais. Cette mission est prenante mais au combien enrichissante humainement. Ma satisfaction est forte lorsque je constate des progrès dans la manière de se présenter ou de communiquer en français. Voir de petits progrès, mais toujours une forte volonté des apprenants à faire le maximum pour s’intégrer dans notre société. Dès que le cœur est à l’ouvrage, avec un peu de courage et de volonté, nous apportons notre soutien à toute activité qui permet un épanouissement personnel du migrant. Je pense notamment à Ermal, ce jeune réfugié albanais d’une vingtaine d’années qui pratique le football et aime ce sport passionnément. Je l’ai mis en contact avec l’US Forbach qui lui a fait passer un essai, à l’issue duquel le club lui a ouvert ses portes pour s’entrainer avec les seniors A et B. Par ces petits gestes, nous manifestons ainsi la sollicitude de l’Église envers tous les migrants.«