Thionville : conférence sur l’écologie

Vendredi 4 octobre 2019, jour de la fête de saint François d’Assise (patron de l’écologie), l’archiprêtré de Thionville a organisé une conférence à l’ensemble scolaire Saint-Pierre Chanel avec Mahaut et Johannes Herrmann, auteurs du livre La vie oubliée (Éditions Première Partie, Avril 2018). Devant une soixantaine de personnes, les conférenciers ont répondu à la question : L’écologie, effet de mode ou urgence ?

Johannes Herrmann travaille dans une association de protection de la nature depuis une vingtaine d’années. Mahaut, elle, est essayiste et elle effectue des recherches en lien avec la Bible et le christianisme. Ils ont écrit en 2018 l’ouvrage La vie oubliée à la suite de l’encyclique du pape François Laudato Si’. L’objectif du livre  est d’expliquer que « si nous avons encore des progrès à faire dans notre conversion écologique, il existe des pistes pour avancer. »

Johannes Herrmann a débuté la conférence par un état des lieux alarmant qui indique que le nombre de vertébrés sauvages sur Terre a été divisé par deux entre 1970 et 2012. Cette disparition de la vie sauvage au XXème siècle, cette perte de biodiversité est un indicateur de la dégradation générale de notre planète. Sachant que nous vivons dans un écosystème où l’on dépend les uns des autres, nous sommes face à un risque de déséquilibres graves. « Nous ne pouvons pas raisonnablement espérer survivre, si le reste meurt », a souligné Johannes Herrmann.

L’Homme est en grande partie responsable de cette dégradation car nous avons perdu tout contact avec la réalité d’une biosphère sauvage et n’avons plus assez conscience des interactions écologiques. « Nous avons voulu aménager le monde sans en payer les conséquences ».

Mahaut Herrmann a ensuite cité le pape François : « La crise écologique est une rupture avec Dieu ». Puis, elle a rappelé des passages bibliques faisant référence à l’alliance de Dieu et de toute sa Création. Le Seigneur porte une attention particulière à chacune des espèces (Gn 1). Tous les être vivants ont une valeur aux yeux de Dieu mais l’Homme a une place particulière : il est le gardien de la Création  (Ps 8, 5-9). Mahaut Herrmann a aussi rappelé les paroles prophétiques de trois pionniers médiévaux de l’écologie (Hildegarde de Bingen, saint François d’Assise et saint Bonaventure) et s’est félicitée de l’arrivée depuis un peu plus de trente ans des « papes verts » : Jean-Paul II, le premier pape écologiste ; Benoît XVI, un disciple de saint Bonaventure ; François qui a inscrit le souci écologique dans le magistère de l’Église.

Pour conclure, Johannes Herrmann a affirmé que la société écologique reste à inventer (mais vite!). « Il nous faut sauvegarder et respecter la capacité des écosystèmes à produire du nouveau. » À travers la notion d’écologie intégrale, il ne s’agit pas de remettre l’Homme à la première place mais de le replacer au cœur d’un réseau d’interactions vivantes. « L’Homme sans la biodiversité n’est rien! »

Et concrètement que pouvons-nous faire? Changer notre consommation alimentaire (privilégier les produits locaux et les circuits courts), rendre un maximum d’espaces (publics, privés, ecclésiaux) pour en faire des maillons de la protection de la biodiversité, participer à des actions citoyennes en faveur de l’écologie…