L’action sur-blouses de la Pastorale des migrants en images

Apprenants du café français, élèves des cours de FLE (français langue étrangère) dispensés par les bénévoles de la Pastorale des migrants, anciens accueillis ou accueillis durant le confinement de JRS Welcome, ils se sont joints au groupe Over The Blues qui, depuis plus de quatre semaines, confectionne des sur-blouses pour le personnel soignant des hôpitaux, des EPAHD et des professions libérales.

Ils sont syriens, irakiens, kurdes, soudanais, turcs, tibétains, albanais, ukrainiens, somaliens, nigérians, afghans, algériens, guinéens… demandeurs d’asile ou réfugiés… boulangers, cuisiniers, étudiants ou en attente de leur droit au travail et se sont retrouvés confinés chacun dans différents logements : hôtels, foyers, des logements sociaux ou accueillis dans des familles JRS Welcome.

Le lien n’a pas été rompu durant les premières semaines grâce à des bénévoles qui ont cherché des amis proches ou lointains prêts à entretenir une conversation ou à donner des cours par internet, guidés par Lucie, responsable de la maison du FLE (français langue étrangère).

Pour tous, il y a l’inquiétude pour sa famille laissée au pays et une vie perturbée : musulmans, privés pendant le ramadan des rencontres essentielles et des soirées de prières, chrétiens ne pouvant suivre les offices durant la Semaine sainte et célébrer la résurrection du Christ, bouddhistes coupés de leur communauté…Toutes les religions parlent de la solidarité, de la charité et de l’aide aux démunis. Beaucoup d’entre eux exprimaient le souhait d’aider localement et avaient soif d’apporter leur soutien à ce pays qui les avait accueillis.

Ce qui semble paradoxal mais tellement bouleversant, c’est qu’ils apportent leur aide et leur contribution à du personnel soignant dont le métier, voire la vocation, est d’apporter de l’aide aux autres. De notre côté, la notion de charité est en faveur des démunis. Mais là, les rôles se sont un peu inversés. Ceux qui demandent l’asile dans notre pays viennent en aide à ceux qui soignent et prennent soin des malades et des personnes âgées (ce qui là aussi est essentiel à leurs yeux, eux qui portent tellement attention aux générations anciennes). Je pense à un couple tibétain qui se destine à la profession d’aide aux personnes âgées, à un jeune soudanais qui souhaite rendre visite aux personnes âgées à la fin du confinement avec les Petits Frères des Pauvres et qui étaient heureux de penser que ces blouses puissent protéger tout le monde dans les EPAHD.

Un coursier, volontaire occasionnel durant ce confinement, du Secours Catholique a collecté des draps. Un bénévole a fabriqué les patrons des blouses dans des nappes en papier. Les draps ont été déposés devant le domicile de chaque volontaire qui coupe et repasse les morceaux de tissus selon ce même patron. Il a fallu venir au pied du logement et expliquer à deux mètres de distance les rudiments et l’art de la coupe, prêter des ciseaux et des machines à coudre. Vivant ainsi des situations parfois cocasses comme celle où nous avons dû étendre le patron sur le coffre de notre voiture.

Une transmission aux petites mains des couturiers (beaucoup exerçaient ce métier dans leur pays). Certains ont appris avec bonheur, passant ainsi de l’art de confectionner ou vendre du pain à l’art de la couture par exemple. S’ajoutant aux bénévoles de tous les quartiers ce sont trente-cinq bénévoles de notre pastorale des migrants qui ont permis de réaliser ce beau projet. À ce jour, plus de 800 blouses ont pu être confectionnées.

Reprenons les mots du pape François lors de l’annonce la journée du migrant et du réfugié qui aura lieu le dimanche 27 septembre 2020 : “Quand on parle de migrants et de personnes déplacées, trop souvent on s’arrête aux chiffres. Mais il ne s’agit pas de chiffres, il s’agit de personnes ! Si nous les rencontrons, nous parviendrons à les connaître. Et en connaissant leurs histoires, nous parviendrons à comprendre. Par exemple, nous pourrons comprendre que cette précarité dont nous avons fait l’expérience dans la souffrance à cause de la pandémie est un élément constant de la vie des personnes déplacées.”