Départ des soeurs du Sacré-Coeur

Les Religieuses du Sacré-Cœur de Montigny-lès-Metz vont définitivement quitter la région cet été. Une messe d’action de grâce pour leur présence et leur service a été présidée par Monseigneur Lagleize le dimanche 28 mai 2017 à l’église Saint-Joseph de Montigny-lès-Metz. De nombreux prêtres et fidèles étaient présents pour rendre grâce de l’action des sœurs au sein de notre diocèse. En effet, la fondatrice de la congrégation, sœur Madeleine-Sophie Barat, a été appelée à Metz en 1824 pour aider une petite congrégation, les sœurs de Sainte Sophie. Depuis cette date, les sœurs du Sacré Cœur sont présentes dans le diocèse de Metz.

Dans son homélie, monseigneur Lagleize a souligné la disponibilité à l’Esprit-Saint qui anime tous les chrétiens, en pointant de manière spécifique l’engagement des religieuses, à la suite de leur fondatrice, sr Madeleine-Sophie Barat.

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A l’issue de la célébration, la provinciale, sœur Claire Castaing, a donné les nouvelles affectations des religieuses. Plusieurs d’entre elles vont rejoindre des maisons de retraite, où leur mission de prière pour le monde continuera, tandis que d’autres religieuses seront pour leur part envoyées dans des communautés existantes ou même, pour sœur Françoise, une communauté naissante à Bruxelles, auprès des institutions européennes.

Messe_28_mai_2017_01A l’issue de la célébration, c’est dans le parc du « petit Jean XXIII » que la fête s’est poursuivie autour des 6 religieuses du Sacré Cœur. L’occasion, pour les fidèles, de leur souhaiter bonne route dans leur nouvelles missions.

Durant leurs nombreuses années de présence, notamment auprès des élèves du pensionnat qui désormais est lié à l’ensemble scolaire Jean XXIII, les sœurs ont marqué de nombreuses personnes. Leur engagement en paroisse lui aussi a été apprécié par les fidèles de Montigny ou les bénévoles du Secours catholique, entre autres. Témoignages de personnes qui les ont côtoyées.

Témoignage de Gérard Kinzig : « une présence discrète et efficace »

J’ai appris à connaitre les religieuses du Sacré-Cœur déjà par le fait que je fréquentais la paroisse Saint-Joseph de Montigny-lès-Metz. Mais elles étaient assez loin, comme on rencontre d’autres personnes autour de nous quand on fréquente l’Eglise. Et puis ma profession m’a conduit à prendre, dans les années 1990, la direction de ce que l’on appelle le « Petit Jean XXIII », c’est-à-dire le primaire de l’ensemble scolaire Jean XXIII. Cela a été un moment fort, déjà pour moi car assumer une responsabilité comme celle-là n’était pas facile. Mais j’étais beaucoup aidé parce que les religieuses du Sacré-Cœur habitent sur le même lieu. C’est une communauté priante, au sein d’un établissement catholique. Pour moi, c’était significatif. A l’époque, j’ai travaillé en lien très étroit avec l’une des religieuses avec laquelle on avait élaboré un temps de prière pour le « Petit Jean XXIII », un temps de prière régulier, une fois par semaine, après le repas de midi.

J’ai alors découvert une communauté, à la fois très discrète et très efficace. Je suis convaincu que cette communauté continue à porter notre travail. C’est un peu une grande famille. Cet établissement est porté par cette communauté, par sa prière, par sa présence discrète. Même si aujourd’hui les sœurs n’interviennent plus au sein de l’établissement, leur présence – discrète et attentionnée – a toujours été quelque chose de capital. C’est l’esprit de l’établissement quelque part, des fondatrices de l’époque – des Dames du Sacré-Coeur – qui est poursuivi et qui continue d’exister, dans l’esprit de leur fondatrice, qui avait ce désir d’aider les jeunes dans l’apprentissage.

Témoignage de Jacqueline et Pierre Foussadier : « elles sont devenues « nos sœurs » »

Ce que nous avons vécu le plus intensément depuis environ cinq ans, en communion avec les religieuses du Sacré-Coeur, c’est ce qu’elles appellent « rencontres laïcs/rscj ». Trois ou quatre fois par an, à 18 h 30, nous nous retrouvons dans leur maison jusqu’à une vingtaine de personnes et, pendant 1 h 30 environ, partagés en petits groupes, nous échangeons nos réflexions et nos vécus sur un thème : la miséricorde, la mission, le cœur de Jésus, etc. Puis, dans la joie, nous poursuivons la soirée en partageant les plats que chacun a apportés et … faisons plus connaissance les uns des autres. Nous avons le sentiment que, dans cette ambiance très conviviale mais aussi très sérieuse, nous avons découvert la vie des religieuses et nous nous sommes enrichis spirituellement.

Au moment où nous dressons ce bilan, nous nous rendons compte que, jusqu’alors, nous nous considérions dans l’Eglise comme « les religieuses », mais elles et nous dans deux compartiments différents. Maintenant, nous ne ressentons plus ces compartiments : nous avons chacune, chacun, notre vocation, notre mission, nos talents. Mais « les religieuses » sont devenues « nos sœurs ».

Témoignage de Thérèse Kuenemann : des liens ont perduré

C’est au titre d’ancienne élève et d’ancienne infirmière des élèves du Sacré-Cœur, que je témoigne aujourd’hui de mon attachement à cette communauté de Montigny-lès-Metz.

Pendant mes études secondaires, je m’étais posée la question d’une vocation religieuse. Un de mes professeurs, dont j’étais proche, m’a éclairée et guidée vers un autre choix. Après des études d’infirmière à l’école de la Croix-Rouge, je suis revenue au Sacré-Cœur comme infirmière auprès des élèves jusqu’en 1971.

La retraite venue, en 2011, à l’occasion d’un partage dans ma paroisse autour du concile Vatican II, des liens se recréent avec les religieuses présentes. Je découvre qu’une vie un peu plus close sur elle-même, rejaillit dans une présence active auprès des autres. La plupart des sœurs sont engagées dans divers services (illettrisme, Secours catholique, migrants, équipes de funérailles, visites aux malades et aux personne seules). Avec et grâce à une religieuse, je découvre le monde carcéral et l’engagement auprès de personnes sortant de prison et accueillies au Foyer ALERPI, ainsi que le Vestiaire social présent dans la Maison d’arrêt de Metz-Queuleu. La communauté devant quitter Montigny cet été, les sœurs iront témoigner ailleurs et différemment de l’Amour du Christ.

Témoignage du chanoine Bernard Schwarz : « un beau signe »

Au-delà de ce que les sœurs pouvaient faire – et cela est vrai pour les religieuses du Sacré-Cœur comme pour toute communauté religieuse –, il y a ce qu’elles sont. Alors que toutes les Sœurs sont âgées ou retraitées, c’est un beau signe que toutes ces vies données dans l’humilité, dans la pauvreté, dans la chasteté, toutes ces vies données qui n’ont pas de sens en dehors du Christ. S’il n’y a pas ce lien avec le Christ, ce qu’elles vivaient n’a aucun sens. Et donc c’est un témoignage fort qu’elles nous donnaient. C’est surtout cela que je voudrais souligner, ce que j’ai reçu d’elles, comme beaucoup d’autres paroissiens et d’autres personnes qu’elles ont pu côtoyer.

Avec elles, il y a toujours un regard très bienveillant. Même si j’ai vu passer plusieurs sœurs, au gré des arrivées et des départs en maison de retraite notamment, j’ai toujours senti un climat paisible, bienveillant, joyeux, dans cette communauté, et c’est ce que je retiendrai d’elles. Il y avait aussi leur présence, souvent muette, dans nos célébrations. Cela me fait sait toujours chaud au cœur de les sentir là, présentes, dans l’assemblée. C’est un signe qui va nous manquer, mais pour lequel nous ne pouvons que dire merci.