Journée diocésaine des diacres autour de la violence

diacresSamedi 6 mai 2017, dans le cadre de leur journée diocésaine de formation, les diacres du diocèse ont travaillé autour du thème de la violence, en recevant deux intervenants : l’abbé Thierry Min et la théologienne Eléna di Péde, professeur au CAEPR de Metz.

Les diacres du diocèse se sont retrouvés la samedi 6 mai à la Maison diocésaine pour leur journée de formation. En matinée, ils ont pu écouter un topo de l’abbé Thierry Min sur le thème de la violence, dont voici l’essentiel :

L’image que l’on véhicule de Dieu peut engendrer un malentendu. Le « Dieu des armées », le Dieu « fort » peut engendrer un régime totalitaire, où tout se règle par la force. Régis Debray soulignait d’ailleurs que si le polythéisme conduisait parfois les dieux à se battre entre eux, le monothéisme conduit des hommes à se battre entre eux au nom de leur Dieu, seul, unique et jaloux et qui tend à se révéler comme le plus fort.

Si l’an passé, l’année de la miséricorde a été l’occasion de découvrir jusqu’où va l’amour de Dieu, nous sommes bien souvent confrontés au quotidien à la violence visuelle, à la violence physique, à la violence verbale, au harcèlement… Comment les religions, et en particulier la religion chrétienne endigue-t-elle le raz-de-marée de la violence ? Nous avons donc essayé de définir ce que l’on peut appeler la violence, en distinguer des causes et des conséquences. Puis, en s’appuyant sur le travail d’Eirick Prairat dans le cadre d’une méditation sur la sanction à l’usage des éducateurs, nous avons eu l’occasion de voir comment différentes punitions et sanctions avaient pour but de contenir la violence, de « civiliser », de permettre un vivre ensemble apaisé. Entre temps, nous avons pris le temps de pousser la porte de la chapelle du Rosaire à Saint Paul de Vence pour découvrir le chemin de croix d’Henri Matisse et découvrir que le combat contre la violence est avant tout un combat contre la souffrance, pour soutenir une victime par une présence aimante, aidante et qui lui habille le cœur et le corps de la reconnaissance, de l’estime.

En fait, notre conviction est la suivante : les religions, n’en déplaise à un certain nombre de nos détracteurs, cherchent à canaliser ce qui est source de violence dans nos vies en instaurant des règles et en nous invitant à commencer par le respect comme le souligne Maurice Bellet. Face à la violence, dans ce rapport entre des bourreaux et des victimes, le chemin du pardon, ne nous conduit plus à « réparer » ce qui ne peut pas l’être, mais à rechercher à vivre dans la paix.

Après le repas, les diacres ont eu un temps de rencontre avec l’abbé Jean-Christophe Meyer, vicaire général et modérateur de la curie, afin d’échanger sur différents points d’actualité. Ce fut ensuite au tour de la théologienne Elena Di Péde de proposer un parcours autour de la question de la violence dans les psaumes.

En fin de journée, Mgr Lagleize a rejoint le groupe pour un dernier temps d’échange avec eux.