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Mardi 21 Septembre 2021

Méditation de l’evangile du jour : « Suis-moi. L’homme se leva et le suivit » (Mt 9, 9-13)

Jésus se déplace en Palestine, il ne cesse d’être en mouvement. De la Décapole, puis aux environs de Césarée de Philippe en Samarie pour traverser ensuite la Galilée et rejoindre Capharnaüm. Il guérit : un lépreux, l’enfant d’un centurion, la belle-mère de Pierre, deux démoniaques et un paralytique et enseigne les foules ainsi que ses premiers disciples Pierre, André, Jacques et Jean, pêcheurs en mer de Galilée.

Le texte d’aujourd’hui nous propose l’appel de Matthieu, publicain et collecteur d’impôts. Matthieu croise le chemin de Jésus en train de sortir de la ville de Capharnaüm. Jésus le voit au travail et l’appel. Il le saisit dans son quotidien, sans préambule, sans préparation. Jésus connait les cœurs car il sait que son Père y demeure de toute éternité. Il le touche, éveille son cœur, le pénètre et déjà le transfigure. La réponse de Matthieu est immédiate et sans hésitation. Il se lève quitte tout et va vers Jésus. Cet appel de Jésus fait de Matthieu un pèlerin en marche vers sa Terre Promise qui est d’abord son propre cœur et il n’est pas de métier ou de situation qui ne puisse s’harmoniser avec cette pénétration de son intériorité que Jésus vient révéler et illuminer de façon toute nouvelle. Cette décision de suivre Jésus est chemin de vie, c’est elle seule qui fonde une existence, fait naître l’homme à lui-même, le structure en profondeur et lui donne un axe, une orientation.

La rencontre de Jésus vécue en esprit et en vérité dans notre vie est toujours un événement, un bouleversement qui entraîne des changements irréversibles et des transformations tant intérieures qu’extérieures. A travers toute la vie de Jésus et à travers ses paroles, les guérisons nombreuses, nous percevons que la miséricorde de Dieu s’adresse à tous, à tous les peuples et qu’un instant suffit à l’âme pour se relier à son Seigneur car elle sait qu’Il est Vie, Souffle, Plénitude. Il vient transfigurer les profondeurs de l’être, ce qui est perverti, loin, sombre, déformé, malade, blessé en nous et accomplir les multiples potentialités encore inconscientes.

Et Jésus va plus loin en provocation pour les pharisiens car il mange avec les publicains et les pécheurs. Il entre dans l’intimité de notre demeure, la crypte de notre cœur. Rappelons-le, tous nos combats, nos ascèses, nos discours, nos connaissances, nos services divers et variés sont inutiles si notre cœur ne se retourne pas sans cesse vers Dieu. Dieu nous y attend et nous cherche comme un fiancé, avant même que nous venions. A tout chemin ses écueils et le chemin de la foi, de la vie spirituelle n’en est pas dépourvu. Nous pouvons comme les pharisiens nous tromper de direction et nous noyer dans nos connaissances sur Dieu, nos vérités, notre religiosité, développer un ego sans mesure, nous réfugier dans des sécurités apparentes, un certain rigorisme religieux que l’on chercherait à imposer comme étant le chemin du salut.

Qui que nous soyons, Il nous appelle à aimer et à nous désencombrer de nous-mêmes pour vivre de sa Vie, témoigner de sa Paix, aimer comme Il aime et être libre de vivre selon sa Volonté à Lui. C’est extrêmement difficile car notre ego fait bien souvent obstacle à ce travail sans que nous en ayons parfois conscience. Il nous demande alors sans cesse de tourner notre cœur vers Lui et de consentir à l’œuvre de sa Grâce en nous.

Myriam DUWIG