Jeudi 7 janvier

Evangile du jour : « Cette parole de l’Écriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit (Luc 4, 14-22) »

Le peuple de l’Alliance était en attente du Messie. Au début de l’histoire biblique, le Messie était celui qui avait reçu l’onction, principalement le Roi. Mais au fil du temps, la notion de messie va s’élargir et concerner tous ceux qui sont habités par l’Esprit pour guider le peuple ; cela s’appliquera aux prophètes. Jésus affirme que cette parole du prophète Isaïe concernant le Messie s’accomplit aujourd’hui en sa Personne : celui que l’on attendait est là, déjà présent et agissant : la prophétie est accomplie. Au cours de sa vie publique Il annonce la parole aux pauvres et la libération des prisonniers. Il donne la vue aux aveugles et la liberté aux opprimés. Il guérit et libère du péché. Il révèle l’amour qui est plus fort que le mal et la mort. C’est un temps favorable que Dieu accorde à toute l’humanité.

Mais ce n’était pas du tout ce que les Juifs l’attendaient. Jésus va mettre ses contemporains très en colère : il va accueillir Zachée plutôt que tous les bons pratiquants, il va soutenir Marie Madeleine, il va guérir le jour du sabbat, il va traiter les pharisiens d’hypocrites et fréquenter les publicains et les pécheurs. Car prendre le parti des pauvres, des prisonniers, des aveugles, des opprimés, ça des conséquences redoutables sur l’ordre politique, public et religieux.

« Cette Parole de l’Écriture… c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit ! »

En écoutant cet Evangile, avons-nous pensé qu’il est pour nous aujourd’hui ? Sans doute nous avons la même difficulté à l’accueillir, comme les personnes à la synagogue. « Tous s’étonnaient ». Plus tard, ils se mettront en colère. Plus tard, ils vont crier : « Crucifie-le » !

En regardant le monde dans lequel nous vivons, nous avons parfois l’impression que le salut de Dieu n’est pas en route et que cette annonce est un rêve, une utopie, un mensonge !

N’oublions pas que si le salut s’accomplit aujourd’hui, c’est aussi par les mains des hommes et des femmes, par l’action de ceux qui ont reçu la plénitude de l’Esprit, c’est-à-dire nous ! Pour qu’on puisse voir aujourd’hui que la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres, il faut que nous, nous l’annoncions aux pauvres en priorité. Pour que les prisonniers soient libérés, il faut que nous, nous travaillions ardemment à faire tomber les chaînes qui emprisonnent. Pour que les aveugles puissent voir il faut que nous, nous montrions aux autres la lumière de la vérité de Jésus : il vient ouvrir nos yeux et notre cœur pour nous permettre voir les vraies valeurs de l’homme et non seulement ses apparences.

Au début de cette Nouvelle Année nous sommes invités à croire que l’Esprit de Dieu travaille notre monde de l’intérieur, comme un ferment et que nous avons à apprendre à lire les événements comme des « signes des temps » et non comme des fatalités. C’est à la lumière de l’Écriture que nous pouvons discerner l’action de l’Esprit dans notre histoire.

Nous sommes entraînés sur une voie exigeante. Jésus ne nous a jamais promis une voie facile. Il nous a même dit que le suivre, c’était prendre sa croix. Mais en même temps, quand il nous dit que c’est maintenant que ça s’accomplit, alors une joie profonde devrait nous étreindre, la joie du disciple qui sent cette proximité de Celui en qui il met sa confiance.

 Père Joseph