Les chrétiens prennent la parole !

Les participants du grand débat national « Les chrétiens prennent la parole » à la salle Saint-Pierre de l’église Sainte Jeanne-d’Arc le 11 mars.

Notre communauté de paroisses a décidé de s’engager dans la réflexion sur l’avenir de notre société. Trois raisons guident ce choix :

  • entendre le cri de ceux qui souffrent, se sentent abandonnés.
  • inviter au dialogue, car nous croyons que des solutions sont possibles.
  • donner une réponse, au nom de l’évangile, à la crise actuelle, en rappelant que les plus pauvres doivent être pris en compte, que des liens peuvent être tissés entre les hommes, que de nouvelles solutions ou communautés peuvent émerger, que la consommation n’est pas le désir final de nos cœurs…

Voilà ce qu’écrivait le conseil permanent des évêques de France en décembre dernier : « C’est pourquoi nous vous proposons, dans les semaines à venir, de susciter partout où ce sera possible des groupes d’échanges et de propositions en invitant très largement d’autres personnes, partageant ou non notre foi, qui peuvent être intéressées d’y participer et d’y apporter leurs idées ».

Pour ce travail, à titre de pistes de réflexion, cinq questions ont été travaillées. Vous trouverez ci-dessous, les points saillants de la rencontre qui s’est tenue le lundi 11 mars dans la communauté de paroisses de St Privat de Metz-Sud (Montigny-lès-Metz)

1ère question : Quelles sont selon vous, en essayant de les hiérarchiser, les causes principales du malaise actuel et des formes violentes qu’il a prises ?

La question de l’individualisme a été mentionné plusieurs fois, et un consensus s’est dégagé tout au long de notre rencontre sur ce phénomène, qui entraine un sentiment d’injustice vis-à-vis d’autres personnes qui semblent mieux loties. Cette problématique de l’individualisme influe notamment sur la perte de sens qui semble marquer nos concitoyens et l’Etat tout entier.

La perte de confiance dans le rapport entre les élus et les citoyens est un autre point saillant des débats.  Les difficultés économiques ont également été citées, tout comme la mondialisation et le manque de visibilité du rôle de l’Europe pour protéger les habitants de l’Union Européenne.

2ème question : Qu’est-ce qui pourrait permettre aux citoyens dans notre démocratie de se sentir davantage partie prenante des décisions politiques ?

Le premier point a avoir été cité est celui de l’engagement réel des citoyens, qui n’ont pas que des droits mais aussi des devoirs, y compris à travers la mise en place du vote obligatoire. En parallèle, il convient d’accompagner les personnes pour qu’elles puissent effectivement faire valoir leurs droits.

L’abaissement du seuil pour obtenir un référendum populaire (qui est de 10 % des votants, et donc quasi inatteignable aujourd’hui) semble faire consensus, plus que les RIC qui ont cependant été cité par quelques participants. Le besoin de consultation citoyennes, sans définir précisément le niveau de ces consultations, est donc réel.

La représentation syndicale, corps intermédiaire reconnu et efficace quand elle n’est pas corporative, pourrait également devenir obligatoire.

3ème question : Quels sont les lieux ou les corps intermédiaires qui favoriseraient cette participation ?

Plusieurs lieux ont été mentionnés : les mairies et les préfectures, lieux de débats et de remontées vers le niveau législatif.

Dans le domaine des corps intermédiaires, il nous a semblé opportun de souligner la place des associations, de tout ordre, des partis politiques “réformés” (la réforme porterai sur la question de l’appartenance et des subsides financiers des micros partis), des syndicats, des ONG et de l’Eglise.

4ème question : Quel « bien commun » recherché ensemble pourrait fédérer nos concitoyens et les tourner vers l’avenir ?

La question a semblé mal posée a nombre de participants, tant ce qui pourrait fédérer nos concitoyens semble être Le Bien Commun, c’est-à-dire l’engagement au service de l’intérêt général.

Pour cela, plusieurs moyens peuvent être mis en œuvre tel l’application réelle de la devise liberté, égalité fraternité, en insistant largement sur cette dernière valeur qui semble malmenée aujourd’hui. Les gestes de partages, le respect de l’Homme peuvent contribuer à raffermir cette notion de fraternité.

En outre, un projet de société avec des moyens, des objectifs, une durée et une évaluation permettraient de redonner du crédit au monde politique.

Un dernier point a avoir été mentionné est celui de la fierté patriotique qui semble marquer le pas.

5ème question : Quelles raisons d’espérer souhaitez-vous transmettre à vos enfants et petits-enfants ?

Deux points ont surtout été mis en avant :

  • la prise de conscience des problèmes éthiques et d’écologie est réelle aujourd’hui, et semble être un point réunissant de nombreuses bonnes volontés.
  • la solidarité (voire la fraternité) qui s’est manifestée durant la contestation sociale a paru un point positif aux yeux des acteurs de notre débat. Elle se traduit notamment par une convivialité qui reprend des couleurs, associée au respect, à la bienveillance et à l’entraide qui émergent dans ce monde individualiste. Une sorte de remède par l’expérience en somme.