Méditation du Mercredi Saint

MERCREDI SAINT – Mt 26, 14-25

C’est la même scène qu’hier, mais racontée cette fois-ci par saint Matthieu et non par saint Jean. Cherchez la différence. Ce n’est pas difficile.

Dans l’évangile de saint Matthieu, c’est Judas qui prend l’initiative. Le mobile de son crime nous est donné : c’est l’argent. Alors pourquoi lui attribuer cette question pour le moins hypocrite : “ Serait-ce moi Seigneur ? ” Comme si Judas ne le savait pas ! Artifice littéraire sans doute…

En tous cas, une question qui suscite une réponse du Christ : “ C’est toi qui l’as dit ”

Ou si vous préférez : “ C’est toi qui l’as dit… c’est toi qui décides de la réponse à donner ”.

Jésus met donc Judas devant sa responsabilité. Si Judas acceptait cette main que lui tend le Christ, tout serait encore possible. Jésus ne l’a pas condamné. En lui offrant de plonger, ensemble, la main dans le même plat, il lui a même offert son amitié. Jésus n’a pas repoussé un pécheur… c’est Judas qui a choisi la séparation.

En refusant, c’est Judas, seul, qui s’est condamné. Peut-être a-t-il oublié ces paroles du Christ : “ Où est ton trésor, là aussi sera ton cœur ” (Mt 6,21) Ou encore : “ Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent ” (Mt 6,24)

L’argent, ce qui emprisonne, ce qui rend esclave, ce qui empêche de s’adoucir, si d’aventure, on se met à l’aimer.

N’aimez pas l’argent !

Mais voilà, Judas aime l’argent. Sans doute a-t-il prit au premier degré ce qu’avec humour et un brin d’acidité un proverbe yiddish exprimera plus tard en ces termes : “ Si vous avez de l’argent plein les poches, vous êtes intelligent, vous êtes séduisant et vous avez une belle voix ”.

Et après ?…. A quoi sert de posséder la terre entière si l’essentiel vient à vous manquer ? Certes, la richesse n’est pas un inconvénient, mais elle est un danger. Elle n’est pas un inconvénient parce qu’elle peut effectivement nous permettre de faire beaucoup de bonnes choses… Mais Jésus en dénonce les dangers parce que trop d’argent peut nous empêcher de réussir notre vie !

Judas en est le triste exemple. Il a refusé la partage que lui proposait son Seigneur.

Partager, faire que chacun ait une part, la sienne. Comme le père autrefois assis en bout de table, coupait en tranches la boule de pain et les distribuait une à une. Quand chacun avait la sienne, on avait le sentiment que la famille existait, certes autrement, mais davantage.

Pour une part, voici que le repas de fête fait place à “ la soupe à la grimace ”. Quel beau gâchis ! Mais c’est ainsi. Nous avons un Dieu qui “ aime les pécheurs et veut les sauver ” Nous avons aussi un Dieu qui respecte nos libertés et ne s’impose pas.