Méditation du Lundi Saint

Méditation du Lundi Saint

Jn 12, 1-11

C’est la dernière semaine de Jésus. Nous sommes à Béthanie, à flanc du mont des Oliviers, à la sortie de Jérusalem, sur la route qui mène à Jéricho. C’est ici que Jésus est venu loger, auprès de Lazare “qu’il avait ressuscité”, de Marthe et Marie, ses amis.

Béthanie, pour Jésus, c’est le havre de repos, la maison de l’amitié où il peut se délasser, passer un moment sans être obligé d’alimenter la conversation. Regarder simplement Marie qui le regarde, respirer le fumet du repas que prépare Marthe, parler un brin politique avec Lazare. Un lieu où Jésus a la possibilité d’être lui-même. Un lieu pour rire, chanter et parfois pleurer avec ses proches, ses intimes. La maison de Béthanie n’est pas un lieu où l’on donne des cours de théologie.Ce n’est pas non plus une synagogue. C’est plutôt un p’tit pavillon de banlieue, à l’écart des bruits de la grande ville, de ses intrigues et des influences des pouvoirs politiques et religieux. La scène, que nous rapporte saint Jean est très charnelle. La sensualité du geste posé par Marie, accueilli par Jésus, confère à cet épisode toute sa puissance symbolique.

Faisons bien attention. Nous parcourons les derniers événements de la vie publique de Jésus. Plus que jamais, chaque instant, chaque verset de l’évangile est traversé par cette infinie tendresse du Christ pour les petits, les étrangers et les pécheurs. Et voici le cadeau de Marie. Un cadeau démesuré, le salaire d’un an de travail. C’est le cadeau d’une femme amoureuse, respectueusement amoureuse. L’amour, Jésus le sait bien, n’a pas de prix. Judas, lui, n’a pas assez de cœur pour le comprendre. Certes, il a flairé la bonne affaire qui lui passait sous le nez. Mais il est surtout passez à côté de la bonne odeur. Non pas seulement celle du parfum, mais avant tout celle du Christ… telle que St Paul l’évoque dans l’épître aux Ephésiens: “Vivez dans l’amour comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui même à Dieu pour nous , en offrande et victime, comme un parfum d’agréable odeur”.

Oui, en un sens, cette bonne odeur du parfum préfigure la victoire de la vie sur la mort. C’est l’odeur de la résurrection dont nous sommes les témoins. Comme quoi un chrétien, n’est jamais sans couleur et encore moins sans odeur. St Paul nous le rappelle aussi dans la seconde Epître aux Corinthiens: “Nous sommes la bonne odeur du Christ”.

Au seuil de cette semaine sainte, prions pour que ce parfum versé par Marie sur les Pieds du Christ, devienne sur nous odeur de Sainteté!