16 février 2020 – 6e Dimanche du Temps de l’Eglise

« L’amitié, l’amour, la grâce et le pardon : les piliers de la loi »

Jésus ne fait pas dans la demi-mesure. Sa radicalité peut nous surprendre, éventuellement nous rebuter. Ses paroles sont parfois crues et violentes : « Si ton œil t’entraîne au péché, arrache-le », idem pour ton bras.

Dans ces paroles apparemment âpres et rugueuses, il y a comme un appel à un mieux-vivre. Et mieux vivre passe par notre capacité à choisir. Ben Sirac le Sage écrit ces quelques mots : « Vivre, c’est choisir ».

Etre capable de choisir, c’est gagner en liberté.

Alors être libre, « oui », mais pas pour faire n’importe quoi. La liberté ne veut pas dire absence de toute règle. Au contraire. Telle la loi de Dieu transmise au peuple Hébreu par Moïse. Elle n’est pas une loi arbitraire, mais une pédagogie de la vie. Telle une balise qui nous indique le chemin. Encore faut-il parcourir ce chemin et ce n’est pas la balise qui le fera à notre place. La loi seule, toute la loi et rien que la loi ne suffit pas. C’est ici que se décide la liberté : choisir un chemin, avec l’aide de la loi, qui sera celui du bonheur. C’est toute l’importance du choix auquel on ne peut pas se soustraire. Mais pour cela, il ne suffit pas d’enfiler des préceptes, des codes et des lois comme le font les scribes et les pharisiens. Il ne suffit pas d’être en règle. Je traduis cela en parabole pour aujourd’hui : « avoir tous mes points sur mon permis ne prouve pas que je ne dépasse jamais le 110 km/h entre les radars, de Metz et Thionville ! »….

En fait, ce que Jésus demande, c’est une conversion du cœur et pas seulement une religion de façade. Nous le savons pertinemment : le mal n’est pas dans les yeux ni le bras, mais d’abord dans notre esprit et dans notre cœur !

Philippe BOISSE, curé