1er décembre 2019 – 1er Dimanche de l’Avent

Le DÉSIR de l’AVENT

Le temps de l’Avent s’ouvre. L’Évangile de ce jour nous propose de veiller. Veiller est non seulement attendre. C’est avoir un désir au cœur. L’âme de l’attente, c’est le désir. L’Avent est le temps du désir.

Il ne s’agit pas d’un désir quelconque, superficiel, fugitif ou centré sur nous car « Voici le temps du long désir où l’homme apprend son indigence » (cantique E 201). Mais comment ressentir ce désir de l’Avent dans notre monde qui résiste à la foi chrétienne. Résistance de la science liée au vérifiable. Résistance de notre intelligence face à la multiplicité des sagesses, face à l’étrangeté de la foi et de son langage. Résistance de notre humanité tentée, devant la radicalité de l’Évangile, par le bien vivre présent.

Oui, « si tu ne viens dans notre nuit, comment, Seigneur, attendre l’aube ? » (cantique E 252). Mais, malgré objections et doutes, pour le chercheur de Dieu, ce qui compte, c’est le désir qu’il a au cœur. C’est un désir qui a des hauts et des bas mais qui ne cesse de revenir, un désir inextinguible qui étonne et dépasse le croyant lui-même. C’est un désir à la fois fragile et mystérieusement tenace. C’est un désir qui vient des profondeurs, qui touche ce qu’il y a de plus profond en l’homme. C’est un désir immense qui concerne toute la vie et son sens, le temps et l’éternité : « Mon âme attend le Seigneur plus qu’un veilleur ne guette l’aurore » (Ps 130 6). « Mon âme a soif de Toi » (Ps 63 2).

Esprit-Saint, abreuve et avive notre soif intérieure.

Creuse notre désir à la mesure du désir de Dieu.

Ouvre notre prière, habite nos silences.

En cet Avent, entraîne-nous chaque jour un peu plus loin, vers la terre des vivants.

Frère Fernand BECRET