14 octobre 2018 – 28ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Merci, Saint François d’Assise !

Le creusement des inégalités sociales dans le monde, notamment dans les pays les plus pauvres, nous renvoie à notre responsabilité de chrétien de juste gestionnaire des biens qui nous sont confiés par notre Créateur et à notre devoir de service aux plus pauvres. Mais prenons garde de ne pas tomber dans la dichotomie simpliste renvoyant dos à dos les riches et les pauvres. Nous sommes en effet tous riches et pauvres à la fois. En matière d’environnement par exemple, le dernier rapport du GIEC alertant une nouvelle fois sur les conséquences dramatiques d’une augmentation au-delà de 1,5°C de la température moyenne du globe nous rend tous responsables de l’avenir de la Création. Plus question de nous rejeter la faute : la richesse de notre mode de vie, de notre alimentation, de nos déplacements ou des biens que nous possédons sont bien responsables de la dérive environnementale que nous observons depuis quelques années. Mais alors que faire ? L’évangile de ce dimanche, nous invite à une certaine radicalité de nos choix, celle avant tout du passage de l’avoir à l’être. Il ne s’agit pas de tout abandonner du jour au lendemain et encore moins de céder au collectivisme qui nous déresponsabiliserait, mais plutôt d’abord de prendre conscience que tout ce dont nous bénéficions, nous l’avons reçu de la main de Dieu. Sans doute que l’homme riche cité par St Marc en était conscient, et c’est pour cela que Jésus « l’aima ». Mais, il comprit que cela ne suffisait pas pour entrer dans le royaume de Dieu et voulut alors aller plus loin. Et c’est là que Jésus l’invita à se séparer du superflu, de tout ce qui empêcha l’autre de prendre part à sa richesse tant la barrière de l’avoir était grande. Environnement, social et économie se rejoindraient donc en une sainte trinité : là où l’autre ne trouve pas sa place dans mon pré-carré, mon harmonie avec la nature est rompue et c’est le monde entier qui en souffre, autant que moi, autant que l’autre. Comprenez plutôt : là où l’autre ne trouve pas sa place dans mon jardin d’Eden, mon harmonie avec la Création est rompue et c’est Dieu qui en souffre, autant que moi, autant que mon frère en Christ.

Et dire que 800 ans avant les scientifiques du GIEC, Saint François d’Assise avait déjà tout compris : quel génie !

Björn DESMET