Un chemin de confiance

Confiance… voilà un mot que nous entendons beaucoup ces derniers temps dans des expressions telles que : retrouver la confiance, donner confiance, mériter la confiance, la confiance perdue, on ne peut plus faire confiance… la liste peut être longue.

Il est possible d’affirmer que la confiance ça ne se décrète pas, que personne ne peut l’imposer à quiconque, que c’est une expérience de liberté propre à chacun.

Lorsque le mot confiance résonne à mes oreilles, il me renvoie à ma propre expérience qui remonte à plusieurs décennies et qui a évolué au cours d’un processus dans le temps.

À un moment de crise très sérieuse où mon avenir était en jeu, j’ai fait l’expérience que je pouvais mettre toute ma confiance, pour toute ma vie, en Jésus. En Lui seul je mettais ma confiance et quelques cinquante ans plus tard, il ne m’a jamais déçu. Mais le choc fut rude et je ne pouvais plus faire confiance à personne d’autre qu’à Lui seul.

Quelques mois plus tard, j’ai accueilli comme un cadeau, qui m’a beaucoup touché, que Lui aussi me faisait confiance en m’appelant à son service dans l’Église, dans le respect total de ma liberté.

C’était la découverte que la confiance n’existait pas seulement dans un sens, mais se vivait dans une réciprocité. La confiance était mutuelle. Ce fut alors un long cheminement qui a pris des années, et qui continue encore, et qui ne s’arrêtera jamais. Dans cette confiance mutuelle expérimentée au quotidien, j’ai commencé à avoir davantage confiance en moi, et simultanément je pouvais mettre ma confiance en des personnes pour la mission ensemble de l’annonce de la Bonne Nouvelle.

Je découvre de plus en plus, qu’enraciné dans cette confiance mutuelle avec Jésus, je peux faire confiance aux autres car j’ai de moins en moins peur d’être déçu.

Je découvre que la confiance est un chemin que chacun vit dans la liberté, que la confiance mutuelle en vue de la mission ne peut être déçue, parce que dans le même temps chacun s’accueille avec ses qualités et ses limites, dans une bienveillance, qui grandit elle aussi au fur et à mesure du cheminement d’une confiance réciproque.

Je sais en qui, depuis cette première expérience, je mets ma confiance, même si je suis toujours étonné et émerveillé que Lui aussi, Jésus, continue à me faire confiance au quotidien.

Abbé Jean-Luc Henry