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mercredi 22 mai

Commentaire de la lecture du jour : « Vous ne savez même pas ce que sera votre vie demain ! Vous devriez dire : “Si le Seigneur le veut bien”. » (Jc 4, 13-17)

Ces passages des lectures m’interrogent sur ce qui fait notre sécurité et ce qui fait notre précarité. Trop souvent, nous avons ce besoin, peut être très occidental et européen, de prévoir, de ne rien laisser pour le hasard, de tout contrôler. Par peur de la perte, par peur de manquer ? Et saint Jacques d’interpeller ses camarades : […] “nous ferons du commerce et nous gagnerons de l’argent”, alors que vous ne savez même pas ce que sera votre vie demain ! J’étais interpellé ce week-end par le témoignage d’un iranien et d’une femme de l’ile Maurice racontant leurs galères et leurs parcours migratoire jusqu’en France. J’étais aussi surpris et étonné de leur confiance en la vie, de leur confiance en Dieu malgré la violence, l’étrange qui s’est dressé devant eux. Et le mot qui revenait souvent chez eux pour exprimer se fait de s’en remettre à la providence, au soutien de Dieu par l’intermédiaire des hommes et des femmes sur leurs chemins étaient “Inch’allah”, “Si Dieu le veut”. C’est cette volonté de s’en remettre à Dieu, de replacer chaque jour notre confiance en Lui pour ce qui vient, qu’exprime la sourate du Coran et que rappelle Jacques. 23. Et ne dis jamais, à propos d’une chose : « Je la ferai sûrement demain » 24. Sans ajouter : « Si Allah veut », et invoque ton Seigneur quand tu oublies et dis : « Je souhaite que mon Seigneur me guide et me mène plus près de ce qui est correct ».

Mettre notre confiance en Dieu, nous invite radicalement à ce lâcher prise, à faire ce pari de la vulnérabilité et de l’incertitude. Ce pari de l’incertitude s’est de continuer à aimer même si cela est difficile, c’est de porter notre regard au loin près à accueillir et à accompagner celui ou celle qui est dans le besoin, c’est nous tenir disponible, aux aguets pour entendre les appels autour de nous. Et cela est bien sûr plus exigeant, plus engageant que de planifier pour nous-mêmes, pour notre réussite personnelle ou notre surplus de confort. Le message évangélique nous rappelle qu’il y a un Autre à chercher constamment et que pour cela il est bon de laisser un peu de côté nos planifications, notre “moi” personnel pour tendre vers un soi plus universel. Ce pari de la vulnérabilité nous rend disponible pour écouter les vulnérabilités autour de nous, la notre aussi; il laisse de l’espace en nos cœurs et nous fait véritablement “frères de tous”, pauvres de cœur, disponible pour être en mesure de faire le bien, par actions et par intentions.

Que dans le vent de Pentecôte, l’Esprit nous aide à nous décaper par couches successives de certaines de nos béances et de nos vanités qui nous tiennent un peu éloignés de la vie des autres. Qu’il nous aide à regarder autour de nous avec les yeux de la foi, avec les yeux du Christ.

Antoine Morel

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