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Mardi 14 mai

Commentaire de la première lecture du jour : « Le sort tomba sur Matthias, qui fut donc associé par suffrage aux onze Apôtres » (Ac 1, 15-17.20-26)

Nous écoutons aujourd’hui la même première lecture que dimanche dernier : il s’agit de l’élection de Matthias comme douzième apôtre. Profitons de cette répétition pour creuser davantage le sens de ce texte !

Pour prier les textes du jour, mieux vaudrait d’abord commencer par les lire dans l’ordre : l’extrait du Livre des Actes, où l’on retiendra surtout le choix de Matthias, un homme droit qui a suivi Jésus de son baptême donné par Jean à son Ascension, puis le Psaume 112, où les serviteurs de Dieu louent sa gloire et sa compassion pour le faible et le pauvre, enfin l’Evangile selon saint Jean, où Jésus définit Dieu comme l’amour, amour donné aux hommes qui peuvent y demeurer et aimer à leur tour comme Dieu les a aimés.

Revenons ensuite aux Actes ! Même dans le petit coin prière de notre appartement, ou assis dans un RER mal odorant, nous pouvons nous associer à un événement très ancien et très loin : le rassemblement à Jérusalem d’environ 120 Juifs qui cherchent à reconstituer le groupe des apôtres après la trahison de Judas.

La première clé du texte, c’est le nombre 12. Ce nombre complet englobe tout le peuple élu par Dieu (Israël, en ses 12 tribus), tous ceux qui ont été formés pour propager l’enseignement du Christ (les 12 Apôtres qu’il a choisis) et tous les frères du Christ (les 120 présents). Dans l’Apocalypse, on parle encore des 12 portes de la Jérusalem céleste (le peuple de Dieu dans la vie éternelle). Remarquons que les Apôtres ont été 11 de la mort de Judas jusqu’à l’Ascension. Ils ont donc vécu un fort sentiment de manque, d’incomplétude, non seulement bien sûr avec Jésus (entre sa mort et sa Résurrection), mais aussi entre eux.

Une autre clé du texte, ce sont les Psaumes. Lorsque Jean raconte la Passion de Jésus, il fait de nombreuses références aux Psaumes pour montrer que tout s’est accompli selon les Ecritures. Deux références sont ici données par Pierre pour expliquer la trahison de Jean : « Que son domaine devienne un désert, et que personne n’y habite » et « Qu’un autre prenne sa charge ». Prenons le temps d’aller lire ces psaumes en entier !

Le Psaume 68 (69) fait entendre une supplication déchirante, de la part d’un pauvre pécheur (« Dieu, tu connais ma sottise, et mes fautes ne te sont pas cachées »), qui se sent abandonné (« mes yeux se sont usés à force d’attendre mon Dieu ») mais qui continue à espérer en la miséricorde divine (« Réponds-moi Seigneur, car ta fidélité est bonne, selon ta grande miséricorde, tourne-toi vers moi », « ton salut, Dieu, me mettra hors d’atteinte ») pour pouvoir « louer le nom de Dieu par un chant », ce qu’il fait dans le psaume justement. Dieu est amour, comme Jésus l’explique dans l’Evangile. Et Jésus lui-même prend la voix du pécheur et porte sur lui ses péchés : c’est lui qui a été insulté, « humilié et meurtri », à qui on a fait « boire du vinaigre ». Face à lui, tous les « adversaires » sont maudits par les versets 23-29 afin « que nul n’habite » chez eux, et qu’ils soient « effacés du livre de vie » : parmi eux Pierre inclut Judas.

Le Psaume 108 (109) fait de même, en maudissant les adversaires par les versets 6-15 (notamment « qu’un autre prenne sa charge ») et en identifiant plus nettement encore Jésus à celui qui se plaint : « Pour prix de mon amitié ils m’ont accusé, Ils m’ont rendu le mal pour le bien ». C’est bien ce qu’a fait Judas pour Jésus.

Aujourd’hui, prions comme Jésus et comme Pierre ont prié, en lisant les Psaumes. Nous comprendrons ainsi à quel point Dieu est miséricorde. Il est celui qui donne le salut et la vie éternelle. Il est celui qui, à la place de nous pécheurs, a vécu sa Passion et est mort sur la Croix. Et faisons de la parole biblique notre nourriture et la source de tous nos choix.

Clotilde et Léonard Dauphant

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