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Dimanche 2 mai

Méditation de l’Evangile du jour : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève » (Jn 15, 1-8)

« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit » Heureusement qu’il y a la fin de la phrase, parce que sinon, on serait vite perdus ! Et la faute en revient au mot demeurer ! Demeurer, c’est habiter, c’est être dans, c’est rester, c’est passer du temps… Alors de là à échanger les demeures comme le dit Jésus, c’est compliqué : il nous invite à demeurer en lui et nous rappelle qu’il demeure en nous ! Cet échange, pour moi, vieux rationaliste, est troublant, voire incompréhensible !

Alors je ne peux le comprendre qu’en changeant ma vision de Dieu. Il n’est pas « simplement » intérieur à nous, en notre cœur, mais aussi celui qui nous accueille, qui nous attend. Ce n’est qu’en voyant Dieu en nous que nous le verrons dans nos frères, et inversement. Mais aussi en le découvrant plus grand, intemporel, que nous pourrons comprendre un peu plus qui Il est ! Oui, il nous faut apprendre à demeurer en Lui, c’est-à-dire à nous reposer en Lui, à nous en remettre à ce Dieu tout Puissant, immense, dépassant toute frontière matérielle. Mais en même temps, un tel Dieu serait si lointain… du coup il nous est nécessaire de le découvrir aussi habitant en nous.

C’est ce qu’on appelle la Kénose : Dieu qui, en Jésus Christ, sort de Lui-même pour venir en nous, pour venir sur cette Terre, pour s’incarner. Voilà la spécificité de notre Dieu : il n’est pas simplement notre conscience, et il n’est pas non plus simplement le « grand horloger » des lumières ! Il est le Dieu proche, le dieu qui nous habite et qui nous invite à entrer dans sa vie.

Et quand on ose dépasser nos aprioris sur Lui, alors là, on commence à porter du fruit. Parce qu’on ne vit plus seulement pour soi, ou de soi, mais on vit de Lui. « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » dira St Paul (Ga 2,20). Et quand on laisse Dieu agir, on connait le résultat ! C’est la multiplication des pains, la guérison des malades, la libération des opprimés… Bref, c’est le monde qui change, car il devient le monde de Dieu… Alors oui, nous avons certainement des progrès à faire pour laisser Dieu demeurer en nous, pour demeurer en Lui, et pour porter du fruit, mais reconnaissons que quand on vit un peu ces dimensions, les fruits sont magnifiques !

Stéphane Jourdain