Mardi 23 février

Commentaire de la première lecture du jour : Ma parole fait ce qui me plaît (Is 55, 10-11)

Alors que les jardins et les parcs sont sur le point de se couvrir de fleurs et de bourgeons, Isaïe nous rappelle que ce que nos yeux contemplent dans la Nature est l’œuvre de Dieu, qui, à travers les bienfaits de la pluie, de la neige, du soleil accorde la vie, “la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger”. Nos cœurs sont ces jardins fécondés par la Parole de Dieu, qui nous est destinée en abondance, nous nourrit et nous abreuve, comme l’eau de la Samaritaine.

Mais le mangeur peut aussi être semeur. En effet, Dieu nous invite à nous nourrir de sa Parole et de son Esprit, puis à devenir semeurs, à partager son œuvre de création, car sa Parole est Vie, puissance et action, qui accomplit un résultat et remplit une mission. Avec délicatesse Dieu nous rassure que sa parole n’est pas vaine, qu’elle ne “lui reviendra pas sans résultat”. Nous  n’avons donc pas à nous soucier de ce que produit sa Parole à travers nous. Mais quelle mission ? Isaïe nous fait aussi entendre que nous n’avons pas à connaître cette mission, ce résultat. Le risque serait grand que nous nous attribuions ces fruits, par orgueil. Si nous pouvons parfois voir et goûter les fruits de joie et de paix que la Parole de Dieu produit en nous, il ne nous appartient pas de savoir ce que produit la Parole de Dieu quand nous essayons de devenir semeurs: elle accomplit  “ce qui plaît à Dieu”.

Ainsi,  la Parole de Dieu nous est offerte gratuitement, pour nous nourrir et affermir notre foi, et nous invite ensuite à devenir des semeurs qui marchent à la suite du Christ. Pour la recevoir, le Christ nous enseigne à travers ses disciples un peu déboussolés (comme nous souvent) que le jardin de notre cœur doit être une bonne terre : “La semence, c’est la parole de Dieu. (…) Et ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole dans un cœur bon et généreux, la retiennent, et portent du fruit par leur persévérance.”  (Luc 8, 4-15)

Malgré les difficultés du temps présent, ayons un cœur bon et généreux et demandons en ce temps de Carême la grâce de persévérer dans notre vie de foi pour que fleurisse et fructifie l’œuvre de Dieu sur nos terres.

Elisabeth Seyve