Jeudi 18 février

Méditation de l’Evangile du jour : « Celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera » (Lc 9, 22-25)

En entendant la parole de Jésus « Celui qui veut marcher à ma suite » je pense souvent à une certaine dénomination d’hommes politiques : les marcheurs… Sauf que du côté politique, ceux qui sont en marche le sont vers “la gloire”, la réussite, au moins dans leur désir de gagner les élections, et de faire gagner leur pays, de s’en sortir mieux que les autres… et au final d’être reconnus, aimés, glorifiés… Jésus lui au contraire nous parle de marcher à sa suite en renonçant à soi-même, en prenant sa croix jour après jour… La perspective semble diamétralement opposée. Et elle l’est. Car le Christ vient inverser nos perspectives. La preuve, il la donnera lui-même sur la croix. La réussite ne se calcule pas au nombre de disciples (il n’en reste qu’un, qui d’ailleurs s’enfuit, au pied de la croix), ou à une certaine reconnaissance populaire. La réussite, c’est celle de la Vérité. « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6) déclare Jésus.

Et la vérité, elle impose de prendre position pour Jésus. Au risque de perdre sa vie… Enfin, soyons réalistes : peut-on perdre sa vie pour Jésus ? Qui peut penser qu’il n’y aurait aucun bénéfice à suivre le Christ, à vivre de son amour. Certes, comme tout amour, il peut vite devenir crucifiant, mais il reste un amour… Et surtout, il ouvre à l’infini de Dieu, à la résurrection comme Jésus lui-même l’annonce. Si au-delà de la croix il y a la Vie, il faut aussi se souvenir du point de départ, de cet amour qui saisit celui qui se lance. C’est cet amour qui permet de prendre « sa croix chaque jour » ! Quand on parle de charge affective, c’est là qu’elle se situe cette croix. C’est la souffrance de voir que le règne de Dieu n’est pas encore réalisé, que nous même par notre péché y sommes pour quelque chose. C’est la souffrance de nos frères qui, comme un cri, nous rejoint. Voilà quelques unes de nos croix. A chacun la ou les siennes ! Mais souvenons-nous que celui qui la porte avec nous, c’est Jésus, et que c’est Lui qui est ressuscité pour nous ouvrir les portes du Royaume, là où nos croix n’auront plus lieu d’être.

Stéphane Jourdain