Mardi 12 janvier

Evangile du jour : « Il enseignait en homme qui a autorité » (Mc 1, 21-28)

Jésus vient tout juste d’appeler ses quatre premiers disciples au bord du lac de Tibériade, c’est ce que nous avons entendu ou lu hier, et nous les retrouvons aujourd’hui arrivant à Capharnaüm. Cette ville était considérée comme un lieu mal famé ; il y passait beaucoup de gens dont certains étaient peu fréquentables. Si Jésus commence par ce lieu de mauvaise réputation, c’est pour signifier qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. D’ailleurs, Jésus continue sa recherche dans nos « Capharnaüm » d’aujourd’hui. Nous vivons dans un monde qui souffre. Pensons à toutes les victimes des injustices, des corruptions de toute sorte, des violences dont les médias nous abreuvent chaque jour, à tous ceux et celles qui souffrent dans leur cœur ou dans leur corps, tous les malades de nos communautés de paroisses. C’est là que Jésus nous rejoint. Son message n’est pas une morale. Il ne vient pas nous dire : « il faut faire ceci ou cela… »

Jésus vient à la rencontre des blessés de la vie, de ceux qui attendent une délivrance. Quand Jésus a commencé à parler, rien ne l’accréditait auprès de ses compatriotes c’est donc dans sa personne humaine, dans sa touchante simplicité, sa transparence, la clarté de son message qu’il a surpris et étonné tous ceux qui étaient rassemblés ce jour de sabbat dans la synagogue. Ils sont devant un homme qui ne parle pas comme les autres, qui dit des choses qu’ils n’ont jamais entendues, et cela les intéressent. L’évangéliste Marc prend soin de préciser que l’on était frappé de son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.

Jésus vient raviver en chaque homme et chaque femme, le désir de paix et de vérité. Or, dans cette assemblée, il y avait un homme tourmenté par un esprit mauvais. Eh, bien, la parole d’autorité de Jésus va le recréer dans sa liberté d’homme. Elle va chasser le démon qui est en lui. Nous constatons que ce possédé, Jésus ne l’a pas rencontré dans les rues ou sur la place publique, mais dans la synagogue, à l’intérieur de la communauté réunie pour la prière. Même dans nos communautés, il peut y avoir des complicités avec le mal. Nous pouvons nous aussi, être esclaves de nos passions, de nos divisions, de nos a priori, de nos certitudes et de bien d’autres choses. Pour retrouver l’unité et la paix intérieure et extérieure, il est indispensable de nous recentrer sur la Parole de Dieu.

« Ta Parole est une lampe pour ma route ! » dit le psalmiste. Alors, frères et sœurs, prenons du temps chaque jour pour laisser cette Parole pénétrer en nous et nous travailler, pour qu’elle fasse de nous des êtres neufs, des hommes et des femmes libres en Jésus Christ. Alors, à cette condition, notre parole pourra à son tour être libératrice, redonner confiance à ceux et celles qui se confient à nous ; et nous pourrons être humblement mais surement des prophètes pour les hommes et les femmes de ce temps. Dieu compte sur nous pour être ses haut-parleurs, ses messagers de la Bonne Nouvelle. De tout temps il y a eu des prophètes, à nous chrétiens d’être les prophètes dont notre monde a tant besoin. Pour cela, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur.

Serge+, votre diacre