Dimanche 10 janvier

Evangile du jour : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie » (Mc 1, 7-11)

Vous connaissez peut-être la célèbre phrase de Dark Vador dans L’empire Contre-attaque : “Je suis ton père”. Si souvent elle est associée à cette phrase de l’évangile, on est pourtant dans deux mondes totalement différents. Dans le cadre de la saga Star Wars, vous pourrez aisément constater que le narrateur dit “Je suis ton père”. Il se met en avant. Le “Je” est premier. Il conditionne la place du fils par rapport au père. Dans l’évangile, la tonalité change : “Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie”. Le “tu” est premier. Dieu ne se positionne pas comme premier, mais donne vie à son Fils, en lui laissant la première place. Il ose, d’une certaine manière, disparaître, pour montrer son Fils. Il le met en lumière, et c’est ainsi qu’il existe. Sans se montrer, sans revendiquer un titre, mais en se définissant par rapport à son Fils, grâce à qui il trouve sa joie.

On pourrait continuer en remontant le récit… Lorsque Jésus remonte de l’eau, “il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe”. Les cieux s’ouvrent. Le Royaume de Dieu se dévoile pour Jésus, pour ce Fils bien-aimé. Quelques années plus tard, alors que le Christ sera en croix, c’est le contraire qui se produira : “Quand arriva la sixième heure (c’est-à-dire : midi), l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure” (Mc 15,33). Les cieux se ferment, Dieu ne veut pas voir ce sacrifice où son Fils sera offert sur la croix. Tout en étant là, Dieu se retire, se voile à notre regard qui ne le comprend pas. Il faudra attendre le matin de la résurrection pour que le  soleil se lève, et même plus tard quand ” Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu”… Un aller-retour en bref, dont le baptême est le signe visible par tous, plus que la naissance, manifestée simplement à un petit nombre…

Et je n’ai pas encore parlé de l’Esprit, qui “descendre sur lui comme une colombe”. La colombe, on la trouve dans l’historie de Noé. C’est l’oiseau qui lui confirme que la terre est sèche, qu’il peut commencer une nouvelle vie. Et l’esprit qui descend ne peut pas nous rappeler cette phrase de l’annonciation : “L’esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre”. ou alors le souffle de Dieu qui, dans la Genèse, planait sur les eaux…

Le Baptême de Jésus, c’est un commencement, c’est Dieu qui se révèle à travers son Fils, qui en offrant à son Fils de vivre, de faire sa vie, “trouve sa joie”. C’est Dieu qi recrée toutes choses par son Esprit, en ne s’imposant pas mais en donnant, en offrant, en ouvrant l’avenir, plutôt que de renvoyer au passé. C’est le Ciel qui s’ouvre, pour nous, grâce à Jésus. Sans qu’il ne fasse rein, juste parce qu’Il est ! Ce baptême, nous y avons part, chacun, par notre baptême. Pour nous aussi, c’est un commencement, c’est une recréation, c’est un avenir qui s’ouvre, c’est le monde de Dieu qui se révèle à nous, c’est Dieu qui nous ouvre les portes de son Royaume et se réjouit de nous voir vivre en Lui. Alors aujourd’hui, souvenons-nous de ce baptême, et célébrons le !

P. Stéphane Jourdain