Lire Fratelli Tutti en temps de confinement : un guide de lecture

Pourquoi ne pas profiter de ce temps de confinement imposé pour lire l’encyclique du pape François sur la fraternité. Je vous proposerai chaque semaine, un schéma de lecture avec quelques indications, et je vous invite à me renvoyer vos questions, remarques, incompréhension, découvertes… En fin de semaine, le vendredi, à 18h30, je vous proposerai ainsi un direct live sur Facebook (repris sur cette page, à la fin du guide de lecture pour la semaine) pour commenter ce texte.

Vous pouvez lire ou télécharger l’encyclique en suivant ce lien ou en version Word à imprimer ou commander un livre grâce au drive de l’office catéchétique (10 bis rue de la Gendarmerie, 57000 Metz – commande du mardi au vendredi, de 10h à 12h, au 03 87 74 17 28 ou par mail : office@catholique-metz.fr)

Semaine 4

Cette semaine, je vous propose de lire uniquement un chapitre, le sixième, les n° 198 à 224

Ce chapitre a pour titre « dialogue et amitié sociale ». Après des chapitres plutôt généraux, il est le premier à nous proposer des pistes concrètes… et  des interrogations. Voilà pourquoi je pense profitable de le lire tranquillement, pour pouvoir plus directement s’approprier les réflexions qu’il contient, et les méditer. Je vous invite à le lire en 3 fois :

  • n° 198-205 : La première partie de ce court chapitre concerne le dialogue, et nous invite à entrer dans une véritable culture d’échange, qui ne soit pas une suite de « monologues parallèles » (n°200). Ce court passage nous invite à nous interroger : de quelle manière suis-je capable d’un dialogue véritable, qui vise le Bien Commun, sans chercher mon intérêt ? Suis-je un héros de l’avenir, selon les paroles du pape : « Les héros de l’avenir seront ceux qui sauront rompre cette logique malsaine et décideront de défendre avec respect un langage chargé de vérité, au-delà des avantages personnels » ? Le pape nous invite aussi à regarder l’usage que nous faisons des médias numérique (n° 205)
  • n° 206-214 : Dans le dialogue, et pour qu’il puisse avoir lieu, il faut accepter la recherche de la vérité. Celle-ci s’oppose au relativise (et donc à l’individualisme !). La Vérité est la norme ultime, qui est bien supérieure au consensus, car d’elle découle les exigences morales de noter société et du vivre ensemble. Le dialogue, dans la recherche du consensus, risque de laisse la porte ouverte à la raison du plus fort. D’où la question de ma perception de la vérité, et des moyens que je me donne pour la découvrir et l’accepter ?
  • n° 215-224 : Le pape nous invite à entrer dans une culture du dialogue, ouverte à tous (et pas simplement aux personnes éloquentes ou savantes, cf. n°215). Cela demande du temps, mais permet de construire un véritable pacte social, qui redonne dignité à tous et inclut tout le monde. Pour cela, il nous faut parfois apprendre à nous désapproprier de nos certitudes, de « céder quelque chose pour le bien commun » (n° 221). La bienveillance est une des manières de mettre cette culture du dialogue et de la rencontre en œuvre.

Ce chapitre est le premier qui nous interroge personnellement de manière directe sur ce que nous pouvons faire pour promouvoir cette amitié sociale que le pape vise. Il est concret, et très personnel… N’hésitez pas à partager ce qui vous touche dans ce texte, voire vos expériences ou vos questionnements, vos conversions même peut-être (espérons !) On en parle vendredi 20 novembre, à 18h30, sur la page Facebook de la communauté de paroisses St Privat !

Semaine 3

Cette semaine, je vous propose de lire les chapitres 4 (n°128-153) et 5 (n°154-197)

Le chapitre 4, intitulé « un cœur ouvert au monde » est relativement court. Je vous propose de le lire en deux fois. C’est un chapitre qui ouvre à l’universalité du monde et des situations :

  • n° 128-141 : Le chapitre commence par une réflexion sur l’accueil des étrangers, et principalement des migrants, insistant sur l’intégration, tout en permettant à ceux qui arrivent de garder leur culture. Ce qui implique que ceux qui accueillent aient conscience de la leur. Ce sera alors un échange gagnant-gagnant.
  • n° 142-153 : La lumière est mise sur la  question culturelle et notamment sur la juste tension entre culture particulière et monde universel. Les racines de chacun permettent un dialogue fécond.

La question de l’accueil des migrants (nouvellement arrivés ou déjà installés) se pose en terme avant tout culturels pour le pape, qui nous invite à réfléchir aux conditions nécessaires pour qu’un véritable échange puisse avoir lieu.

Pour le chapitre 5, « la meilleure politique », qui va traiter de questions politiques (!) je vous propose un découpage en 4 séquences :

  • n° 154-162 : La question du peuple se joue aujourd’hui autour du populisme, alors que la catégorie « populaire » semble plus adéquate pour une fraternité réelle.
  • n° 163-170 : Au contraire de la véritable charité, l’individualisme conduit au matérialisme et à l’individualisme. Le libéralisme politique (et économique) étriqué empêche la constitution d’un socle populaire permettant la mise en œuvre d’une fraternité vécue.
  • n° 170-185: Le pape rappelle le rôle des organisation internationales (l’ONU) pour réguler la société, tout comme celui de la politique vécue dans la charité (n°180 et 181).
  • n° 186-197: Deux autres points centraux de la Doctrine Sociale de l’Eglise sont ici abordés : la subsidiarité et la solidarité. (n°187), comme principes de la dignité des personnes. Le pape termine ce passage sur l’importance de la tendresse (n°194) comme manière d’être engagé en politique.

Et vous, qu’est-ce qui vous a touché, interrogé, surpris ou décidé à vous engager ? On en parle vendredi 20 novembre, à 18h30, sur la page Facebook de la communauté de paroisses St Privat !

Le live de la semaine 3 :

Semaine 2

Cette semaine, je vous propose de lire les chapitre 2 (n°56-86) et 3 (n°87-127)

Pour le chapitre 2, intitulé « un étranger sur le chemin », le pape François commente la parabole du Bon Samaritain (Lc 10-25-37). Je vous propose de lire ce chapitre en 3 jours :

  • n° 56-68 : Le pape commence par rappeler l’impératif de la fraternité qui traverse la bible (n°57) et se traduit dans la vie commune. Le commandement de l’amour, vécu de manière ouverte, universelle, résume cet appel biblique (n° 62). S’ensuit une lecture de la parabole au niveau du blessé, de celui qui est agressé. « C’est un texte qui nous invite à raviver notre vocation de citoyens de nos pays respectifs et du monde entier, bâtisseurs d’un nouveau lien social » (n°66)
  • n° 69-76 : Après nous avoir interrogé sur notre réaction face à la détresse des blessés (n° 69-71), François passe  en revue les divers personnages, et nous identifie à chacun d’eux, y compris cet homme blessé (n°76).
  • n° 77-86 : Dans une dernière partie, le pape nous fait réfléchir à notre propre responsabilité (n° 77 : « Aujourd’hui, nous nous trouvons face à la grande opportunité de montrer que, par essence, nous sommes frères »), et à la manière de la vivre collectivement (n° 78). La question du “prochain” invite à se faire proche de ceux qui en ont besoin (n° 81, 85) au-delà de ce qui pourrait nous séparer.

Sans être moraliste, ou culpabilisant, le pape François livre ici une belle analyse, avec des parallèles flagrants, entre la parabole du Bon Samaritain et nos choix de vie, notre propre manière de vivre (ou non) la fraternité. Une invitation à toujours nous mettre en route, à ne pas nous arrêter en chemin.

Pour le chapitre 3, « penser et gérer un monde ouvert », je vous propose à nouveau un découpage en 3 séquences :

  • n° 87-100 : La question de l’ouverture aux autres pour se réaliser est au cœur de la réflexion du pape. Celle-ci culmine dans l’amour-charité (n° 91, 93), qui nous ouvre à une communion universelle (n° 95), incluante à tous (n°98). C’est le sens de ce que le pape appelle « l’amitié sociale» (n°99).
  • n° 101-117 : Approfondissant le terme de “prochain”, le pape nous fait réfléchir à notre devise nationale, “Liberté, égalité, fraternité”, en invitant à dépasser notre petit groupe de contacts, pour permettre à tous d’être considérés comme égaux. « L’appel à se transcender dans la rencontre avec les autres se trouve à la racine même de son être. » (n° 111). La solidarité, entre autres, est un moyen que le pape nous propose.
  • n° 118- 127: Face à l’individualisme, le pape promeut la destination universelle des biens (n° 119) et le partage des ressources. On rejoint ici Laudato Si’. La dignité de chaque personne doit également se traduire dans les relations internationales.

Et vous, qu’est-ce qui vous a marqué, interrogé, heurté ? On en parle vendredi 13 novembre,  à 18h30, sur la page Facebook de la communauté de paroisses St Privat !

Le live de la semaine 2 :

Semaine 1

Pour cette première semaine, je vous invite à lire l’introduction (n°1 à 8), puis le premier chapitre, (n° 9 à 55).

Pour l’introduction, la lecture peut se faire en une seule fois. Le n°3 prend un sens très fort au regard de l’actualité que nous vivons, et de l’importance, pour le dialogue d’avoir nos convictions propres. le n°7, sur la pandémie de la Covid-19 et la fragmentation de nos sociétés à ce moment, peut nous inviter à réfléchir à la force de nos relations…

Je vous propose ensuite de découper la lecture du premier chapitre en 5 séquences. Attention, ce chapitre peut apparaitre comme une vision négative de notre monde. Mais le pape François commence souvent ses documents en dressant un tableau de la réalité concrète qui est la nôtre. N’oublions pas non plus que cette encyclique est universelle, et que certains problèmes peuvent ne pas nous toucher mais être importants pour d’autres zone de la planète. Ce n’est qu’un premier chapitre, les réponses viendront plus tard…

  • n°9 à 14 :Le bien, comme l’amour également, la justice et la solidarité ne s’obtiennent pas une fois pour toutes ; il faut les conquérir chaque jour” (n°11). L’accent est mis sur l’importance du Bien Commun et des racines personnelles et sociales de chacun.
  • n°15 à 28 : Le libéralisme économique et ses implications sont pointés par le pape de manière directe, tout comme l’individualisme exacerbé de nos sociétés. Le n°23 ravira particulièrement la gent féminine, avec une demande d’égalité réelle entre hommes et femmes par le pape !
  • n°29 à 36 : Quand la globalisation tourne au repli sur soi et sur ses propres intérêts… Mais les crises de l’histoire nous rappellent à l’importance d’une humanité rassemblée.
  • n°37 à 46 : Immigration… ou “droit de ne pas émigrer” (n°38), et accueil de l’autre, dans une véritable culture de la rencontre. La question de la communication (et l’illusion qu’elle crée et entretien) est également posée par le pape.
  • n°47 à 55 : L’importance du silence, de l’écoute, dans un monde bruyant (et bruissant) sont essentiels pour la recherche de la vérité. Le chapitre se termine sur un appel à l’espérance ; “L’espérance est audace, elle sait regarder au-delà du confort personnel, des petites sécurités et des compensations qui rétrécissent l’horizon, pour s’ouvrir à de grands idéaux qui rendent la vie plus belle et plus digne” nous dit le pape François au n°55.

Et vous, qu’est ce qui vous a marqué, interrogé, heurté ?

Le live de la semaine 1 :