Gilets jaunes, débat national… et débat ecclésial

Mgr Ginoux à la rencontre des gilets jaunes

Le 11 décembre dernier, au plus fort des manifestations des gilets jaunes et prenant acte du contexte social, les évêques de France ont lancé un appel aux catholiques de France. Ils notent dans cet appel que « les enjeux sont tout autres que conjoncturels : il en va de notre capacité collective d’espérer et de bâtir l’avenir ».

Constatant que notre démocratie manque de lieux d’échange et de réflexion qui pourraient permettre l’émergence à une large échelle de suggestions positives élaborées ensemble, ainsi que l’affaiblissement de nombreux partis politiques et un recul significatif de l’engagement syndical, les évêques proposent aux chrétiens (et à ceux qui veulent les rejoindre) de se retrouver pour débattre au sein des paroisses.

« Lieu de prière, en particulier liturgique, la paroisse est aussi par nature et par vocation la maison de famille fraternelle et accueillante pour tous et la famille de Dieu, fraternité qui n’a qu’une âme. À ce moment de notre histoire, nous pouvons le montrer et apporter notre contribution pour aider notre société tout entière à surmonter la crise qu’elle traverse. Sans se substituer aux politiques, l’Église offre un espace pour faire grandir la fraternité », expliquent-ils. Et ils invitent donc à un débat autour de plusieurs questions :

  • Quelles sont selon vous, en essayant de les hiérarchiser, les causes principales du malaise actuel et des formes violentes qu’il a prises ?
  • Qu’est-ce qui pourrait permettre aux citoyens dans notre démocratie de se sentir davantage partie prenante des décisions politiques ?
  • Quels sont les lieux ou les corps intermédiaires qui favoriseraient cette participation ?
  • Quel « bien commun » recherché ensemble pourrait fédérer nos concitoyens et les tourner vers l’avenir ?
  • Quelles raisons d’espérer souhaitez-vous transmettre à vos enfants et petits-enfants ?

Comme les évêques nous y engagent, je vous invite à prendre en compte ces questions, et à y réfléchir, en groupe, en famille, entre amis… Si cela vous paraît opportun, nous pourrons également nous retrouver un soir pour échanger sur ces questions. En tout état de cause, les évêques suggèrent de transmettre vos réponses à nos élus, ainsi qu’à l’évêque…

Voilà l’occasion de montrer que les chrétiens se sentent également concernés par ce qui se vit dans la société… A chacun de voir comment…

                                                      Stéphane Jourdain, curé