Après l’été…

 

Je ne vais pas jouer les mauvais augures, mais après l’été, vient la rentrée… Une rentrée qui ne va pas de soi : les échos des écoles, des entreprises, de la société tout entière ne bruissent que de la COVID-19 et des protections qu’il faut prendre pour ne pas tomber malades.

Pourtant, c’est la rentrée, et le début d’une nouvelle année. Alors même si tout ne se passe pas comme nous le voudrions, même si les conditions nous semblent éprouvantes, repartons. Car c’est là aussi que se niche l’espérance chrétienne : celle de croire la vie plus forte que tout ce qui pourrait l’arrêter.

Cette année sera certainement marquée, comme la fin de l’année passée, par cette pandémie, par ses conséquences sur nos relations sociales, par une distanciation physique, et j’en passe. Mais au cœur de cette épreuve, nous sommes invités, comme chrétiens, à intensifier, comme nous l’avons fait durant le confinement, notre proximité avec nos proches, familles, amis, voisins. Voilà peut-être le seul programme d’année que je vous proposerai…

En effet, l’été étant propice aux lectures, j’ai reparcouru des livres et articles de théologie. Et plus que jamais, je suis convaincu, après ces lectures, que nous ne serons missionnaires qu’en étant pleinement incarnés. C’est-à-dire en ayant les pieds sur terre, en étant proches de ceux qui sont à nos côtés, en les écoutant. Sans cela, nous ne sommes pas catholiques, nous ne sommes pas missionnaires, nous ne serons jamais une communauté.

La paroisse est cet espace qui nous est donné pour vivre notre foi et pour la dire. Pas juste entre nous, entre “gens bien” (même si nous le sommes !), mais avec nos voisins, en étant comme Jésus, accueillants à ce qu’ils nous partagent de leur vie. « Une paroisse qui déléguerait à d’autres la mission vers les périphéries, celles de l’incroyance ou de la pauvreté, s’éteindrait bien vite (…) La présence d’une communauté visible sur un territoire donné reste la garantie la plus sûre d’un dialogue qui évangélise dans la durée » écrit l’abbé Gérad Le Stang dans un article concis sur la paroisse… Être présents, attentifs à nos frères, voilà une mission qui compte, voilà le début de notre propre conversion. Car alors notre cœur deviendra encore plus de chair, car alors, nous serons comme Jésus, alors nous pourrons annoncer à tous ce bonheur qui donne sens à notre existence : Christ est ressuscité, il est vivant, il nous attend…

Votre curé, Stéphane Jourdain