Cor unum

Nous connaissons bien ces mots par lesquels les Actes des Apôtres décrivent l’unanimité dans la prière et le service qui caractérisait la première communauté chrétienne : « La multitude des croyants n’avait qu’un seul cœur et une seule âme » (Ac 4, 32). Cor unum et anima una : plusieurs communautés ont repris cette expression des Actes comme mot d’ordre, pour exprimer l’idéal de vie fraternelle qui devait les animer. C’est la devise des Pères Spiritains, qui m’ont donné ma première formation religieuse, dans ma paroisse d’origine, et qui m’ont formé au sacerdoce au Séminaire Français de Rome.

Cor unum : c’est aussi le nom de la famille spirituelle dans laquelle je me suis engagé ce vendredi 8 juin, en la Solennité du Sacré-Cœur.  Cette « Famille Cor unum » est composée de quatre branches : l’Institut séculier des Prêtres du Cœur de Jésus, auquel j’appartiens, l’Institut séculier masculin, l’Institut séculier féminin, et une Société de Vie évangélique regroupant les différents états de vie.

L’institut des Prêtres du Cœur de Jésus a été fondé à la fin du XVIIIe siècle par le P. Pierre-Joseph Picot de Clorivière (1735-1820). Après la suppression de la Compagnie de Jésus le 15 août 1773, et celle des vœux de religieux et des congrégations par l’Assemblée Constituante (début 1790), ce jésuite organise une vie religieuse « dans le monde », sans habit distinctif et sans vie communautaire. Les premiers engagements ont lieu le 2 février 1791. A la fin de sa vie, Clorivière se consacre au rétablissement de la Compagnie en France, et l’Institut périclite. Il sera restauré en 1918 par l’Abbé Daniel Fontaine.

Enracinés dans la spiritualité d’Ignace de Loyola, les Prêtres du Cœur de Jésus s’efforcent de modeler leur ministère sur la charité pastorale du Christ : c’est le sens même du nom de l’Institut. Nous sommes plusieurs prêtres du diocèse de Metz à en faire partie, à nous rencontrer mensuellement pour relire notre ministère, et nous soutenir par la prière. Ce 8 juin, en ce qui me concerne, « tout est fait et tout commence » (Dom André Louf).

Jean-François Mertz