‘‘Maintenant notre marche prend fin, devant les portes de Jérusalem’’

Cette fin n’est pas un arrêt ou un aboutissement, mais le point de départ d’un nouvel élan dans la foi et l’espérance. La résurrection du Christ met fin à la douleur, à la peur et au désespoir de ses disciples. Un événement que ces derniers célèbrent dans la joie et qui les engage désormais dans la dynamique du témoignage de ce qu’ils ont vu et entendu.

Nous aussi, après avoir franchi les marches des  « cinq escaliers du temps de carême », nous voici à Pâques. Nous voici au sommet, à la rencontre du Seigneur qui nous a appelés à ce cheminement spirituel.

Ils sont finis, les quarante jours d’entraînement au combat spirituel à la suite de Jésus.

Désormais, bien outillés avec le Christ ressuscité, nous entamons une nouvelle existence dans la dynamique du témoignage de la joie, du bonheur à cause du salut qu’il nous a obtenu.

Avec lui et en lui, l’ordre du monde définitif a déjà commencé. Par sa résurrection d’entre les morts, il a ouvert une brèche vers la vie que personne ne pourra refermer. La mort n’est plus un mur contre lequel se brise toute espérance humaine. Elle est devenue un pont vers l’éternité. Nous sommes donc invités à porter cette Bonne Nouvelle à toute l’humanité ; c’est-à-dire à faire comprendre à tous nos frères et sœurs du monde entier que le Christ est mort et ressuscité pour eux.

De ce côté transpercé et ouvert sur la croix, coule son amour et sa miséricorde qui tendent à se répandre et à atteindre toutes les créatures.

La résurrection de Jésus signifie que l’amour de Dieu est plus fort que le mal. Et cet amour peut transformer notre vie à tous en faisant fleurir les zones de désert qui sont dans nos cœurs.

Voilà ce qu’est la Pâque : un exode ou un passage de l’homme, de l’esclavage du péché, du mal à la liberté de l’amour, du bien. Dieu est vie, et sa gloire, c’est de voir l’homme vivant (cf. Irénée, Adversus haereses, 4, 20, 5-7).

Laissons-nous donc renouveler par la miséricorde de Dieu. Laissons la puissance d’amour de Jésus transformer notre vie ; et devenons des instruments ou des canaux de cette miséricorde à travers lesquels Dieu peut passer pour irriguer l’humanité et faire fleurir la justice et la paix dans le monde.

                                    Abbé Dieudonné W. TALAKAENA