Une nouvelle année

« Aujourd’hui vous est né un Sauveur… Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » (Luc 2, 11-13)

Des signes de la part de Dieu, nous en attendons certainement de plus percutants ; des signes cosmiques, un temps de paix pour le monde entier, des gestes de réconciliation significatifs, la fin des maladies, la fin des guerres, des barbaries et des assassinats, le bonheur pour tous … Que sais-je ? Mais un enfant, et qui, en plus, est dans une mangeoire, à la place du fourrage pour les bêtes. Tu parles d’un signe !

Et voilà plus de 2000 ans qu’on répète le même cérémonial, les mêmes paroles, la même fête. Mais qu’est-ce que cette naissance a changé dans le monde ? Qu’est-ce qu’elle change aujourd’hui ? En fait tout a changé ; tout est nouveau. Et cependant, rien ne semble visible. Le monde continue comme il a toujours été, les hommes s’aiment et se font la guerre comme avant, on naît, on vit et on meurt ; rien de nouveau sous le soleil…

Pourtant, depuis la venue de Jésus, les choses ont radicalement changé pour des milliards d’individus ; ils ont rencontré en Lui, l’amour de Dieu et ainsi ont découvert un sens, une direction à leur vie. Rien n’a été changé, apparemment, mais leur regard, puis leur cœur ont été atteints par l’amour divin. Ils ont été libérés de la fatalité dans laquelle les enfermaient leurs croyances ancestrales, libérés de la peur de la mort, de la souffrance de n’être qu’éphémères ; un grain de poussière dans l’immensité des mondes…
Avec cet enfant qui est Dieu, avec cette venue qui inaugurait un temps nouveau de rencontre, de dialogue et d’intimité avec le Dieu Tout-Puissant, transcendant, inatteignable, tout a été renouvelé.

Au seuil de cette Nouvelle Année 2018, des hommes et des femmes de toutes les couleurs, races, religions et croyances se transmettent les voeux de bonheur, de santé, de paix et se posent inévitablement la question : Qu’est-ce que cela va changer pour le monde, pour moi ?

Pour nous chrétiens, la réponse est donnée. Rien ne pourra changer si ce n’est moi ! Dieu se donne, c’est une certitude, mais s’il se donne en plénitude à chacun, encore faut-il l’accueillir. Personne ne fera le chemin à la crèche pour moi, pour toi. Personne ne tombera à genoux à ma place pour lui offrir le trésor de ma personne et ma volonté d’être le signe d’un Dieu aimant et agissant.

Osons notre « oui » au Dieu qui se donne ; soyons lumière et nous verrons la lumière. Ne nous attendons pas à être renouvelés, transformés, délivrés de tout ce qui nous blesse, si nous ne l’acceptons pas, si nous ne changeons pas. Si je ne change pas, rien ne sera changé ni pour moi, ni pour le monde.
Bonne, Sainte et Heureuse Année 2018.

Père Joseph