Editos

3 février 2019 – 4ème Dimanche du Temps de l’Eglise

L’amour jamais ne passera.

L’hymne à la Charité de saint Paul que nous propose la liturgie de ce dimanche nous invite à aimer non pas à travers de belles paroles et de beaux discours mais en actes et en vérité.

A aimer comme Dieu nous aime, d’un amour sans limite et gratuit. Que ce soit à l’intérieur de notre couple, avec nos amis, nos familles ou les gens que nous aidons, C’est cet amour qui doit habiter chacun de nos faits et gestes. Nous aurons beau avoir toutes les meilleures intentions du monde, si nous ne posons pas nos gestes par amour, nous passons à côté du plus grand bonheur qui soit.

Chaque fois que je pose un acte d’amour, de tendresse, d’amitié, de convivialité ou de solidarité, de don de ma personne, ce sont des fleurs que je sème sur mon chemin d’homme ou de femme. Des fleurs qui grâce à moi font que notre terre est plus belle, plus à l’image de ce que Dieu a voulu au début de la création et dont nous avons à poursuivre l’œuvre.

Chaque fois que nous avons un geste d’amour, c’est une étincelle d’Eternité qui brille autour de nous. Et si nous nous mettons tous ensemble, c’est un véritable feu d’artifice qui illumine et embrase notre humanité. C’est ce à quoi devait penser Jésus quand il disait : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit allumé ! » Luc 12, 49.

Alors, chers amis, embrasons notre terre de cet amour gratuit qui nous a été donné par Dieu pour le redonner à notre monde qui en a tant besoin.

Chrétiens, nous avons à témoigner de cet amour, sinon nous ne serons que des cuivres qui résonnent et dont le bruit se perdra dans le tumulte du monde. Si nous vivons de cet amour-charité, nous embraserons ensemble le monde de l’amour de Dieu, et cet amour ne passera pas, puisqu’il est éternel.

Alors, bonne route sur le chemin de L’AMOUR.

Jean-Luc, diacre


27 Janvier 2019 – 3ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Libérons la Parole !

En cette fin janvier, la période des vœux touche peu à peu à sa fin. Ayant eu l’occasion d’assister à ceux des magistrats de la Cour d’Appel de Metz, je garde en mémoire l’intervention du Procureur Général qui a rappelé avec conviction l’importance de la tradition orale au sein des juridictions : si le droit se fonde sur l’écrit, les plaidoyers et le jugement sont indissociables de l’expression orale.

Et même si la modernité a tendance à relayer l’oral à une vieille tradition, n’en déplaise aux aficionados des mails, sms et tweets, les orateurs ont encore voix au chapitre comme nous le rappelle l’évangile de ce dimanche. Si le récit écrit de St Luc ne s’adresse pas (seulement) aux historiens et aux exégètes qui cherchent dans « le récit des événements qui se sont accomplis », la vérité historique des « témoins oculaires », c’est que la Vérité ne peut être révélée que par la Parole du Christ. Et la parole est toujours actualité puisqu’elle s’inspire du moment présent, se partage à plusieurs, se commente et souvent en appelle une autre, car la parole n’aime pas les frontières. La parole peut prendre l’accent ou donner langue à une émotion : elle traduit alors des sentiments et fait parler le cœur. Aussi éphémère soit-elle, la parole sera toujours Humanité. Cette Humanité dont nous avons tous besoin pour vivre, cette Humanité que Dieu lui-même a choisie pour rencontrer les hommes.

C’est donc bien ici et maintenant que Jésus donne ainsi vie à l’écriture lorsqu’il nous adresse cette parole : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre ».

Non, les réseaux sociaux ne parviendront pas à se substituer à la joie de prier et chanter ensemble, comme en témoignent les jeunes adultes de notre diocèse partis en ce moment à Panama pour partager la joie du Christ aujourd’hui et maintenant lors des JMJ.

Björn DESMET


20 janvier 2019 – 2ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Qu’est-ce qui peut encore décider certains couples à prendre l’engagement de se marier devant le Seigneur ?

Comme le dit le pape François, dans son exhortation Apostolique « La joie de l’Amour » : « le désir de famille reste vif, spécialement chez les jeunes, et motive l’Eglise. » et il ajoute : « L’annonce chrétienne qui concerne la famille est vraiment une bonne nouvelle ».

Il nous invite à valoriser les dons du mariage et de la famille, à garder un amour fort et nourri de valeurs telles que la générosité, l’engagement, la fidélité et la patience et aussi encourager chacune des personnes du couple à être un signe de miséricorde et de proximité surtout là où la vie de couple ou la vie familiale, ne se réalise pas parfaitement, ou ne se déroule pas dans la paix et la joie.

Voilà pourquoi, nous devons tous, futurs mariés ou personnes en couple et en famille, nous interroger sur ce que veulent dire les piliers de notre engagement devant le Seigneur, à savoir la fidélité , la fécondité, la liberté, l’indissolubilité et surtout le fait de dire ou d’avoir dit : « Oui, je veux t’aimer ».

Dans son texte « Famille, soyez bénie », Charles Singer écrit : « J’ignore s’il existe au monde un endroit où la terre est sans défaut. Il y a toujours trop d’argile, des cailloux bien inutiles, des mauvaises graines. Mais on n’a pas trouvé mieux pour faire pousser le blé, les légumes, les lilas et les roses. Je sais qu’il n’existe pas au monde une famille parfaite, sans souci matériel, sans nuage et orage, nourrie de toutes les joies et préservée de toutes les peines. Mais on n’a pas trouvé mieux qu’une famille pour donner à l’enfant de grandir et de devenir un être humain accompli, … venu dans le monde, le fils de Dieu a eu besoin d’une famille, lieu d’amour où il a pu grandir et se fortifier.».

Ainsi, que notre communauté, en accompagnant ces jeunes dans leur chemin vers le sacrement du mariage, nous puissions nous aussi rayonner de « la joie de l’Amour » et nous rappeler que nous avons dit à notre conjoint et à chaque enfant: « Oui, je veux t’aimer ». »

Olivier et Brigitte JONCQUEZ pour l’équipe de préparation mariage.


13 Janvier 2019 – Dimanche du Baptême du Seigneur

En ce dimanche après l’Épiphanie, nous célébrons le baptême du Seigneur. A Noël, puis à l’Epiphanie, Jésus s’est manifesté à sa famille, aux bergers, puis aux mages dans l’intimité. Désormais adulte, il se manifeste publiquement pour la première fois lors de son baptême donné par Jean Baptiste.

A l’image de Jésus nous allons aujourd’hui au sein de notre communauté revivre notre baptême, ce jour où nous avons reçu pour la première fois l’Esprit Saint. Cependant, pour beaucoup d’entre nous, nous ne nous souvenons pas de ce moment, voire même de sa date…

Pour nos filles de 10 ans, il n’en est rien. Elles se rappellent parfaitement de cette journée particulière: c’était le 20 mai 2018.

Nous avions fait le choix lors de notre mariage, parce que nous ne partagions pas les mêmes convictions religieuses, de laisser nos enfants libres de s’engager ou non en religion.

Pour autant, elles ont bénéficié de l’éveil à la foi, d’une éducation basée sur des valeurs chrétiennes car nous les partageons, puis de l’éducation religieuse dispensée en Moselle. C’est ainsi que l’année dernière elles ont exprimé, sans l’influence de la famille ou des copains, leur souhait de recevoir le sacrement du baptême : elles voulaient entrer dans la famille de Dieu.

Face à cette demande, nous en avons évalué les fondements et les avons amenées à mesurer l’engagement véritable qu’elles souhaitaient prendre. Devant le sérieux de leur démarche nous les avons donc soutenues et accompagnées.

S’est alors imposé le difficile choix des parrains-marraines. Il était question pour nous de choisir des personnes de « qualités » pour nos enfants, des repères supplémentaires à ceux que constituent notre famille pouvant ainsi les guider dans leur Vie et leur Foi. Nous avons mis en œuvre ces démarches avec cœur et investissement et sommes fiers de l’engagement pris par nos filles, du chemin qu’elles parcourent.

Ce 20 mai 2018, elles ont donc reçu l’Esprit Saint, cet Esprit qui nous fait entrer, vivre, communier à l’Amour de Dieu.

Famille CIVIT


6 janvier 2019 – Dimanche de l’Epiphanie du Seigneur

Epiphanie : « Regarde l’étoile, elle te conduit sur le chemin… »

Une belle histoire que celle des Mages. Une histoire merveilleuse : une étoile, un enfant, un roi qui vient de naître, un long voyage. Mais il ne faut pas oublier que St Mathieu qui nous raconte cette histoire est un apôtre, un catéchète qui s’adressait à des Juifs devenus chrétiens ou désireux de l’être. Il leur raconte l’histoire des premiers païens qui entreprennent un long, long voyage pour venir se prosterner devant le Fils de Dieu. Les Mages cherchaient un roi et ils trouvent un petit enfant dans une maison bien ordinaire, un petit enfant qui n’avait rien d’un roi entouré de gloire dans un palais, et pourtant ils l’ont reconnu. Ce n’est pas un Dieu lointain, inaccessible qu’ils ont découvert, mais un Dieu tout proche, un Dieu fait homme, comme nous. Ils se sont émerveillés devant Lui en déposant leurs présents. Un Dieu qui a traversé l’espace et le temps pour venir planter sa tente parmi nous. Un Dieu que les Mages ont trouvé grâce à une étoile, telle une super nova ou une comète, apparue au firmament et qui s’estompera peu à peu dans le ciel, mais qui restera gravée à jamais au plus profond de leur cœur.

Apprenons des Mages à nous laisser émerveiller devant la beauté du ciel et de la création qui nous dit qui est Dieu et qui nous sommes (regardez cette photo faite par l’astronome amateur que je suis), mais aussi à nous émerveiller devant l’enfant de la crèche !

Apprenons à nous prosterner, dans le silence et l’adoration en offrant à notre Dieu l’encens de notre prière, l’or de notre amour et la myrrhe de notre vie unie à la sienne pour le salut du monde. Bonne route et bonne année 2019 à tous.

Jean-Luc, diacre


30 Décembre 2018 – Dimanche de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

Notre juste place au sein de nos familles

Nous venons à peine de déposer Jésus dans nos crèches et sommes encore bercés par la douceur de Noël. Comment ne pas se laisser toucher par cette naissance qui a bouleversé le monde ? Dieu se fait si proche de nous qu’il prend notre condition humaine, à commencer par celle d’un bébé attendrissant. Mais attention de ne pas projeter sur ce nouveau-né ce que nous aimerions qu’il soit.

A chaque naissance, la même tentation, celle de faire nôtre ce nouvel être, nous rattrape : « c’est le portrait craché de son grand-père », « regarde son sourire, on dirait sa mère »… Accepter que son enfant est bien différent de ses parents n’est pas toujours chose facile : combien de conflits de famille naissent de cette déception de parents qui ne reconnaissent pas en leur progéniture l’idéal qu’ils s’étaient imaginé. Mais alors comment renforcer ce pilier si précieux qu’est la famille, pilier sur lequel repose toute notre société, mais ô combien fragilisé par des jalousies, des non-dits, de l’égoïsme voire de l’indifférence qui morcellent les rapports familiaux et dont on peine à retrouver des équilibres où chacun trouve sa place ?

La fête de la Sainte Famille, célébrée au seuil d’une nouvelle année, vient précisément nous éclairer sur le chemin qui nous permettra de trouver notre juste place au sein de nos familles. Un chemin pavé de patience, car l’inconnu peut parfois prendre son temps (imaginez : 3 jours pour retrouver son enfant !) et qui peut déboucher sur l’inattendu (« En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement » – Lc 2, 48).

Un chemin qui passera toujours par le respect de la différence, c’est-à-dire accepter des phases d’incompréhension à l’image de Marie et Joseph lorsqu’ils « ne comprirent pas ce qu’Il leur disait » (Lc 2, 50). Et pour celles et ceux qui trouveraient le temps trop long : confiance ! Depuis la genèse, Dieu n’a-t-il pas souvent choisi une famille pour renouveler son alliance avec son peuple ?

Björn DESMET


23 Décembre 2018 – 4è Dimanche de l’Avent

Le miracle de la naissance

Le 5 octobre dernier a été pour nous deux, Agnès et François, un jour béni. Maximilien est venu agrandir notre famille, nous comblant, nous et nos trois filles, Judith, Soline et Agathe, d’une joie immense. Maximilien est ainsi devenu le 4ème enfant de la fratrie. Loin d’être une « habitude », chaque naissance, même la quatrième, est unique et offre son trésor de découvertes et de richesses insoupçonnées. La naissance redevient chaque fois l’incarnation d’une émotion incommensurable et unique à laquelle nous ne sommes jamais totalement préparés. Pendant neuf mois, notre bébé nous a accompagnés sur le chemin de sa naissance, un chemin d’attente rempli d’amour et de bonheur. Plus les jours et les semaines passaient, plus nous sentions combien ce petit être était vivant et au milieu de nous. Cette attente du grand jour que constitue la grossesse est comme l’Avent que nous vivons jusqu’à Noël. Nous avons vécu la préparation de la naissance de Maximilien comme nous préparons celle du Seigneur dans les jours qui précèdent la Nativité. Notre préparation a été certes matérielle pour le confort du bébé, mais elle a été surtout spirituelle et profondément intérieure. En effet, comment peut-on accueillir la Vie si nous-mêmes ne réfléchissons pas au sens de l’existence et à son importance fondamentale ? Comment peut-on accueillir la Vie si nous ne remettons pas en question nos défauts et nos maladresses ? Si nous ne cherchons pas à absoudre nos péchés ? Si nous n’emplissons pas nos cœurs d’amour et de bonté ? Si nous ne cherchons pas à accomplir le Bien et à repousser le Mal ? Ces questionnements ont jalonné notre attente et ont été au cœur de notre cheminement vers la naissance pour accueillir notre enfant dans l’Amour le plus pur. Notre réflexion spirituelle s’est nourrie du bonheur familial que nous avons construit depuis 2010 avec la naissance de notre fille aînée, et du recueillement dans la prière. Lorsque les yeux de Maximilien se sont ouverts à la lumière du monde, un océan d’amour et de tendresse a envahi nos cœurs. Cet accueil de l’Amour et l’émerveillement indicible qu’il suscite se poursuivent dans nos vies à travers nos enfants, et se renouvellent chaque fois que nous célébrons la naissance de Jésus.

Agnès et François Hoff


16 Décembre 2018 – 3ème Dimanche de l’Avent

Dimanche de la joie, dimanche de ‘Gaudete’

« Soyez toujours dans la joie », nous dit Saint Paul.   « Je tressaille de joie, parce que le Seigneur m’a envoyé porter une Bonne Nouvelle aux pauvres, guérir ceux qui ont le cœur brisé… »,  disait le prophète.  « Jubilez, criez de joie…», c’est l’invitation du psaume. « Mon âme exalte le Seigneur », chantera Marie.   Ce n’est pas pour rien que le troisième dimanche de l’Avent est le dimanche de la joie.

Quand la liturgie nous invite à la joie, ça ne veut pas dire qu’elle nous incite à rire à tout moment à gorge déployée. Elle ne veut pas nous parler de cette joie qui ne dure qu’un moment, mais d’une joie bien plus profonde, une joie intime, secrète, ancrée au plus profond de notre cœur, et bien installée pour y demeurer toujours.

D’où vient cette joie profonde ? Elle repose sur la foi en Celui que Jean-Baptiste annonce, Celui que nous allons fêter à Noël, Celui qui vient nous révéler jusqu’où va l’amour de Dieu, Celui qui vient pour entraîner l’humanité au-delà du mal, au-delà de la mort, dans une Vie nouvelle, Celui qui est toujours présent dans notre monde, poursuivant son œuvre de Salut en chacun et chacune de nous.

Dans un monde blessé, dur et injuste, les disciples du Christ que nous sommes sont appelés à une joie rayonnante et communicative, un appel à être témoins de la lumière comme Jean Baptiste, toujours soucieux de préparer les chemins du Seigneur et de dire son amour. Puissions-nous accueillir, ce dimanche, la Lumière de Bethléem comme signe de cette joie de Dieu qui vient embraser notre humanité.

Jean-Luc, diacre


9 décembre 2018 – 2ème Dimanche de l’Avent

Monter avec Marie

Traditionnellement chanté sur la route qui fait monter les pèlerins de Jéricho à Jérusalem, le psaume 125, dit « chant des montées », commémore la sortie d’exil et le retour au pays. Il est normal qu’y éclatent la joie et les rires.

Notre montée à nous en ce temps d’Avent se fait dans la compagnie, douce et aimante, de Marie. Nous avons pu prier Marie au cours de la neuvaine mondiale de l’Immaculée Conception qui vient de s’achever. Nous pouvons encore la prier ce dimanche après-midi, avec Jean-Claude Gianadda, qui nous fait le cadeau de sa présence après nous avoir fait, pendant quarante ans, celui de ses chants. Ces chants ont rythmé nos assemblées, ils ont accompagné notre prière. Tantôt méditatifs, tantôt éclatants, ils traduisent tous les états de l’âme humaine : gratitude, confiance ou louange, mais aussi humble demande, recherche inquiète, et même cri de détresse. Tout un chacun peut s’y retrouver, exactement comme dans les psaumes, inépuisable source où va s’abreuver notre prière.

Avec sa façon inimitable de donner voix et âme à ses poèmes, J.-C. Gianadda nous entraîne, avec sa guitare, sur les sentiers de la foi. Sa dévotion à Marie lui a inspiré parmi ses plus beaux chants : « Bénie sois-tu Marie », « Magnificat », « Tout près de toi Marie », « Marie tendresse dans nos vies », et le plus populaire assurément, « Chercher avec toi dans nos vies », où s’exprime une foi ancrée dans la vie, ouverte au monde et à sa complexité.

En reprenant ces chants de toujours, nous manifestons notre fidélité à Marie, comme les juifs des temps bibliques se voulaient fidèles à leur histoire. Avec Marie, nous poursuivons notre route, inlassablement, même si elle monte, car ce chemin-là libère, et déjà une étoile brille au firmament !

Nicolas Brucker


2 décembre 2018 – 1er dimanche de l’Avent

« Jésus lui-même »

La venue du Fils de l’homme dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire tranche radicalement avec la douceur et l’humilité de la crèche dans laquelle sera déposé l’enfant Jésus.

Pourquoi évoquer la fin des temps alors que nous sommes au début du temps de l’Avent ?

Pourquoi évoquer la souffrance et la mort alors que l’église tient à nous acheminer vers Noël, c’est-à-dire une naissance ?

A la veille d’une fête si douce, pourquoi parler de fracas, de tempêtes, de bouleversements et de crainte ?

Est-ce pour donner à comprendre que Noël n’est pas si doux qu’on le souhaiterait ?

En un sens c’est vrai : Noël est agréable pour ceux qui sont au chaud.

Mais quand on est à la rue, quand on est atteint d’un cancer ou que l’on vient de perdre quelqu’un, croyez-moi, la dinde aux marrons n’a pas le même goût !

Certes, notre monde est en genèse.

C’est un monde qui passe.

C’est un monde où le problème du mal reste un scandale.

Alors peut-être, que Jésus tient à ne pas nous laisser rêver.

Sa manière à lui de nous aider, au cœur de la morosité, à ne pas passer à côté de Noël et à a laisser briller en vérité la lumière de cette belle fête.

Car notre monde est avant tout celui qui a pour vocation de cheminer vers la vie.

Or cela suppose, qu’au seuil de cette nouvelle année liturgique, nous évitions le chemin des illusions.

Car en fin de compte, le message est très simple.

Je le résumerai en ces termes : ce qui donne sens à nos vies, ce ne sont pas nos constructions éphémères, ni l’ivresse de nos fêtes, ni même les forces de la nature…

Non !

Ce qui donne sens à nos vies, c’est une personne, à savoir : Jésus lui même.

Philippe Boissé


25 novembre 2018 – Solennité du Christ Roi de l’Univers

Bienvenue au royaume de la vérité

L’évangile de ce dimanche nous plonge dans un tournant décisif de l’Histoire, celui d’un changement de règne à jamais pour l’humanité. A priori, Pilate a tout pouvoir sur ce territoire d’occupation et ses ressortissants, y compris le pouvoir de décider de leur vie et de leur mort. Mais face à Jésus, les masques et les certitudes tombent : Pilate ne trouve plus que des questions à adresser à son interlocuteur. Il semble fasciné par la prétendue royauté de Jésus, sans même que ce dernier la revendique. A tel point que cette royauté semble incontestable, irrésistible puisqu’elle est fondée sur la vérité. C’est alors que Pilate tente une dernière échappatoire par la question qui suit immédiatement l’évangile de ce dimanche au verset 38 : « mais qu’est-ce que la vérité ? ». Ce tournant de l’Histoire va définitivement inverser les choses : ce n’est plus Pilate qui va condamner Jésus, mais Pilate qui sera condamné parce qu’il refuse la vérité. Oui, condamné à remettre son pouvoir, celui qui lui aurait permis de gracier Jésus, et à s’en remettre à la décision des chefs des prêtres. Rien ne peut donc résister à la vérité, aussi douloureuse soit elle. Admettez que la vérité n’est pas toujours évidente à discerner : entre un Gouvernement qui augmente les taxes sur les carburants pour accélérer la transition écologique et les gilets jaunes qui dénoncent un étranglement des classes moyennes et défavorisées, privées des besoins élémentaires de mobilité ; entre un dirigeant stratège qui a hissé l’industrie automobile de notre pays au premier rang mondial et des collaborateurs, victimes d’injustices sociales qui ne supportaient plus la surenchère des salaires astronomiques de leur patron ? Une chose est sûre : la vérité existe bien, elle est accessible à tous et il faut la chercher dans le face à face avec Jésus. Et lorsque malgré nos doutes et nos rancœurs, nos déceptions et nos échecs, l’humain, la confiance et la joie nous saisissent à l’improviste, nous ne sommes plus très loin du royaume du Christ. Mais, attention, il n’est pas toujours là où nous l’attendions ! … comme la vérité.

Björn DESMET


18 novembre 2018 – 33ème Dimanche du Temps de l’Eglise

« La fin du monde est commencée »

L’Evangile est une Bonne Nouvelle, un bonheur pour le monde.

Non pas dans un hypothétique futur mais pour maintenant.

C’est un message pour aujourd’hui.

Pourquoi ?

Parce que la fin du monde est commencée.

Si Jésus dit que nous ne connaissons pas l’heure de sa venue, c’est parce qu’elle est d’une constante actualité.

Chaque instant de nos vies est la date et l’heure où il vient nous rejoindre.

Chaque jour est un temps favorable pour marcher avec le Christ dans la confiance. Avec lui, nous sommes les artisans d’un monde qui se renouvelle avec discrétion.

Cette fin du monde a commencé dans l’après-midi du vendredi Saint.

Le Christ a donné sa vie pour hâter la fin d’un monde, de haine, de mort et de péché et pour que naisse un monde nouveau.

Et la résurrection de Jésus anticipe de ce monde nouveau.

Trop facilement, c’est notre habitude, nous voyons d’abord ce qui va mal.

Ce que l’on voit d’abord, c’est la violence, les drames et la haine.

Mais il ne faudrait pas que cette lucidité sur le mal étouffe une autre lucidité : celle sur le bien.

Ouvrons les yeux.

Ce monde nouveau dont parle Jésus existe déjà.

Philippe Boissé


11 Novembre – 32ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Un cèdre pour la paix

Un siècle après la fin de la Première Guerre mondiale, des écoliers ont planté, mercredi dernier, un cèdre devant le Palais du Gouverneur. Le séquoia qui y trônait depuis des décennies avait été préalablement abattu. « Les sycomores sont abattus, nous mettrons des cèdres à la place », prophétisait Ésaïe (Es. 9, 9). Le cèdre est l’arbre biblique par excellence. Son bois incorruptible et odorant, son extraordinaire longévité, la puissante beauté de sa ramure en font le modèle du croyant, qui se tient droit et jamais ne dévie.

« Le juste pousse comme un palmier,

S’étend comme un cèdre du Liban :

Planté dans la maison du Seigneur,

Il pousse dans les parvis de notre Dieu » (Ps 92, 13-14)

Les orateurs, militaires et civils, français et allemands, qui se sont succédé au micro, n’ont évoqué ni la Bible ni la religion. Ils ont pourtant fait parler les symboles. C’est au cœur de Metz, dans la place forte, entouré de bâtiments à vocation militaire, témoins des différentes périodes d’occupation ou de conflits, que poussera l’arbre de la paix.

La paix est un bien précieux, à la fois fragile et fort… comme cet arbre pour le moment si frêle et qui dans cinquante ans élèvera sa cime bien haut dans le ciel. Celui que nous protégions nous protégera à son tour. Ses bras noueux accueilleront les oiseaux qui « viendront habiter à l’ombre de ses rameaux » (Ez 17, 22-24). Et les écoliers qui naguère participaient à sa plantation reviendront profiter de son ombre, et se plairont à regarder leurs petits-enfants courir autour de son tronc massif.

Nicolas Brucker


4 novembre 2018 – 31ème Dimanche du Temps de l’Eglise

« Tu aimeras… »

Voici ce que le Seigneur nous demande : « Aimer Dieu et aimer son prochain comme soi-même ». Mais concrètement, comment faire ?

Aimer Dieu : c’est-à-dire prendre le temps de Le regarder, de Le contempler dans la prière et dans le silence.

Aimer… facile si on le comprend comme un simple sentiment d’empathie, d’attirance envers ceux qui nous sont proches ou sympathiques. Très difficile s’il s’agit d’aimer aussi ceux qui nous sont antipathiques, ceux qui nous agacent et que nous ne supportons pas… Et c’est bien ce que Jésus nous demande : il met l’amour de Dieu et l’amour du prochain au même niveau.

Dire, « j’aime Dieu », cela peut être très simple. Mais l’aimons-nous vraiment ? D’après la Bible et Jésus, pour répondre à cette question, il nous faut voir la façon dont nous aimons les autres.

En effet, nous ne pouvons pas aimer Dieu et ne pas aimer notre prochain. Ce n’est pas possible. La 1ère Lettre de Saint Jean est très claire à ce sujet : « Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas. »

Alors, comment faire ? Il suffit de commencer à regarder avec un regard nouveau les situations et les personnes avec lesquelles nous vivons. Quel regard ? Mais c’est simple : le regard avec lequel nous voudrions que Dieu nous regarde ! Un regard de bienveillance, de compréhension, de pardon… Alors regardons les autres, regardons le monde, regardons nous, avec les yeux de Dieu qui regarde sa création avec Amour.

Jean-Luc, diacre


28 octobre 2018 – 30ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Nous sommes tous des Bartimée

L’annonce récemment faite de l’implantation au sud de Metz, sur le site de Frescaty, d’une plate-forme du géant mondial de la distribution en ligne ne peut pas laisser indifférent. On cherche en vain la cohérence d’une telle décision avec la défense affichée du commerce de proximité et du développement de l’attractivité du centre-ville. Surtout on ne comprend pas comment une autoroute déjà saturée pourra absorber les centaines de poids-lourds qui quotidiennement se rendront à l’entrepôt.

Mais le plus étonnant n’est pas là. Il est dans les réponses faites par les élus à ceux qui les interpellent. Elles traduisent une absence totale d’enthousiasme, ou même seulement de conviction, et bien plutôt une sorte de résignation. Les uns s’excusent presque de cette décision, en expliquant qu’on n’avait pas d’autre choix, d’autres invoquent le sens de l’histoire, d’autres expliquent que la situation de l’emploi est telle qu’il eût été inconcevable de décliner l’offre.

De telles réponses amènent à s’interroger sur la notion de décision : qui décide ? ceux que nous avons élus pour cela ? ou bien la décision est-elle téléguidée par d’autres facteurs ? Invoquer l’air du temps, le sens de l’histoire, ou la nécessité économique revient à avouer benoîtement qu’on n’est pas en capacité de choisir.

Devant des enjeux d’une telle ampleur pour une métropole comme la nôtre, il est délicat de s’en remettre à ses seules capacités de décision. Les leçons de l’histoire et les leçons de la vie nous apprennent que nos lumières sont bornées. Pourquoi ne pas reconnaître comme Bartimée que nous n’y voyons pas clair ? Pourquoi ne pas appeler Jésus à notre secours ? Et pourquoi ne prierions-nous pas le Seigneur pour qu’Il éclaire nos décideurs ?

Nicolas Brucker


21 octobre 2018 – 29ème Dimanche du Temps de l’Eglise

« Le Dimanche missionnaire mondial »

Depuis 1926, toutes les paroisses catholiques du monde sont invitées à célébrer le Dimanche missionnaire mondial en coordination avec les Œuvres Pontificales Missionnaires (OPM).

La semaine missionnaire mondiale répond à un triple objectif :

– S’informer sur la vie des chrétiens à travers le monde.

– Prier pour la mission.

– Aide financièrement le fonds missionnaire mondial pour soutenir l’Evangélisation dans le monde.

C’est le but des OPM de « promouvoir l’esprit missionnaire universel au sein du Peuple de Dieu». Il leur revient la tâche première de donner une impulsion à la coopération, pour harmoniser les forces missionnaires et garantir une distribution équitable des aides financières qu’elles reçoivent pour la mission de l’Église dans les pays les plus démunis. Le financement global apporté par les Œuvres Pontificales Missionnaires est d’environ 145 000 000 € par an. La part apportée par la France est d’environ 8 000 000 €.

Les Œuvres Pontificales Missionnaires, ce sont 4 œuvres réunies au service de la Mission :

* L’œuvre pontificale de la Propagation de la Foi, qui contribue à la vie des diocèses les plus démunis, pour l’évangélisation et la catéchèse. Elle finance plus de 5 000 projets par an dans le monde.

* L’œuvre pontificale de Saint Pierre Apôtre, qui aide les séminaristes, les séminaires et les noviciats religieux.

* L’Enfance Missionnaire, qui invite les enfants à une ouverture universelle et finance des projets liés à l’éducation et à l’évangélisation. Elle finance environ 2700 projets par an dans le monde.

* L’Union Pontificale Missionnaire, qui participe à la formation missionnaire des prêtres, religieux, religieuses et agents pastoraux.


14 octobre 2018 – 28ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Merci, Saint François d’Assise !

Le creusement des inégalités sociales dans le monde, notamment dans les pays les plus pauvres, nous renvoie à notre responsabilité de chrétien de juste gestionnaire des biens qui nous sont confiés par notre Créateur et à notre devoir de service aux plus pauvres. Mais prenons garde de ne pas tomber dans la dichotomie simpliste renvoyant dos à dos les riches et les pauvres. Nous sommes en effet tous riches et pauvres à la fois. En matière d’environnement par exemple, le dernier rapport du GIEC alertant une nouvelle fois sur les conséquences dramatiques d’une augmentation au-delà de 1,5°C de la température moyenne du globe nous rend tous responsables de l’avenir de la Création. Plus question de nous rejeter la faute : la richesse de notre mode de vie, de notre alimentation, de nos déplacements ou des biens que nous possédons sont bien responsables de la dérive environnementale que nous observons depuis quelques années. Mais alors que faire ? L’évangile de ce dimanche, nous invite à une certaine radicalité de nos choix, celle avant tout du passage de l’avoir à l’être. Il ne s’agit pas de tout abandonner du jour au lendemain et encore moins de céder au collectivisme qui nous déresponsabiliserait, mais plutôt d’abord de prendre conscience que tout ce dont nous bénéficions, nous l’avons reçu de la main de Dieu. Sans doute que l’homme riche cité par St Marc en était conscient, et c’est pour cela que Jésus « l’aima ». Mais, il comprit que cela ne suffisait pas pour entrer dans le royaume de Dieu et voulut alors aller plus loin. Et c’est là que Jésus l’invita à se séparer du superflu, de tout ce qui empêcha l’autre de prendre part à sa richesse tant la barrière de l’avoir était grande. Environnement, social et économie se rejoindraient donc en une sainte trinité : là où l’autre ne trouve pas sa place dans mon pré-carré, mon harmonie avec la nature est rompue et c’est le monde entier qui en souffre, autant que moi, autant que l’autre. Comprenez plutôt : là où l’autre ne trouve pas sa place dans mon jardin d’Eden, mon harmonie avec la Création est rompue et c’est Dieu qui en souffre, autant que moi, autant que mon frère en Christ.

Et dire que 800 ans avant les scientifiques du GIEC, Saint François d’Assise avait déjà tout compris : quel génie !

Björn DESMET


7 octobre 2018 – 27ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Le mariage, la famille, le divorce…

‘’Est il permis à un homme de renvoyer sa femme ?’’

Réponse de Jésus : « Celui qui renvoie sa femme pour en épouser une autre est coupable d’adultère ! »

Dans sa réponse aux pharisiens, Jésus rappelle deux choses essentielles :

– Nous sommes sur terre pour être heureux. Tel est le projet de Dieu depuis la création du monde.

– Il n’y a pas de bonheur vrai, pas d’harmonie, pas de vie, s’il n’y a pas d’alliance. Il suffit de regarder aujourd’hui l’herbe de nos jardins : tant que la pluie ne fait pas alliance avec la terre, la sécheresse persiste et rien ne grandit.

Jésus nous dit aussi que, si on contemplait un peu plus souvent le projet d’amour et d’alliance que Dieu a sur l’humanité et sur chacun d’entre nous, ça irait tellement mieux dans le monde. C’est pourquoi il est important de rendre grâce et de remercier Dieu pour tous ceux et celles qui vivent dans la fidélité quotidienne, leur alliance dans le mariage, tout en sachant que ce n’est pas toujours facile. On n’est jamais à l’abri de grandes difficultés, mais Jésus nous propose de prendre le chemin de la confiance. Il est le compagnon fidèle des époux.

Un divorce, vous le savez bien, ouvre chaque fois un chemin de culpabilité plus ou moins profond. Et alors, on cherche à expliquer le pourquoi et le comment, ou bien on attribue la faute à l’autre. La culpabilité, ça vous ronge l’intérieur. Or, jamais Dieu ne culpabilise l’Homme, tellement il en est amoureux. Pour lui, une brèche qui déchire, une alliance devient une porte, il s’y engouffre pour y faire sa demeure. Son désir d’être avec nous en toutes circonstances, est si intense qu’il nous dit, au moment de la communion : « Prenez et mangez en tous, ceci est mon corps livré pour vous. » Et si cette rupture d’alliance était une nouvelle porte d’entrée, une nouvelle rencontre avec ce Dieu, amoureux de l’humanité blessée ? Et si c’était pour nous, une occasion de découvrir un aspect inconnu de ce Dieu d’Amour et de Miséricorde ?

Et si nous nous jetions dans les bras de Dieu comme le font les petits enfants se jetant dans les bras de leurs parents, notre monde serait tellement plus beau ! C’est ainsi que Dieu l’a voulu au commencement de la création. A nous de l’entretenir.

Jean-Luc, diacre


30 septembre 2018 – 26è Dimanche du Temps de l’Eglise

La Bible et le coffre-fort

En Allemagne où j’étais récemment, dans ma chambre d’hôtel, je trouve, comme c’est l’usage en pays protestant, un Evangile. Mais je ne le trouvai pas à côté du lit, comme le livre de chevet qu’on prend avant de s’endormir (à la place : un recueil de jolies pensées, avec de jolies photos, dans l’esprit du temps) ; je le trouvai dans une armoire, posé… sur un coffre-fort !

Tout un symbole !

S’il avait été mis dans le coffre-fort, j’aurais compris le message : la Parole est un trésor qu’il faut garder précieusement. Mais là, c’est plus ambigu. On peut le comprendre sous l’angle de l’opposition entre la puissance vivifiante du verbe divin, si fécond à travers les âges, et la pesante inertie de l’argent soigneusement enfermé dans sa boîte. D’un côté les biens spirituels, de l’autre les biens matériels. Vision schématique, très éloignée de la réalité de la vie, cette mystérieuse alchimie où se mêle le sublime et le trivial, le céleste et le terrestre.

Autre lecture possible : puisque l’un est au-dessus de l’autre, on peut penser qu’il faut d’abord assurer la base matérielle de l’existence pour se rendre ensuite attentif au dessein de Dieu. Cette interprétation est tous les jours contredite. Qui, des pauvres ou des riches, semble le plus sourd aux commandements de Dieu ?

Reste l’option analogique, du genre : le Royaume de Dieu est semblable à… un coffre-fort ouvert ? Pourquoi pas ? Et qui ne demanderait qu’à être rempli de tous les trésors que l’homme a dans le cœur. Voilà qui me plaît davantage, et me réconcilierait presque avec cette main anonyme qui avait cru bon de mettre l’Evangile au placard !

Nicolas Brucker


23 septembre 2018 – 25ème Dimanche du Temps de l’Eglise

La résurrection : un jeu d’enfant ?

Peut-être vous êtes-vous posé comme moi cette question à propos de l’évangile de ce jour : mais que vient donc faire cet enfant au milieu de ces adultes plongés dans une querelle de pouvoir et d’une annonce incompréhensible sur la mort et la résurrection du Christ ? Pourtant, tous les parents ont expérimenté cette situation où l’enfant vient s’immiscer d’une manière inattendue et déroutante à un moment qu’ils aimeraient tant réserver au secret ou à l’intimité des grands. Tous les spécialistes de la petite enfance vous diront combien il est important d’apporter une réponse à toutes les questions insolites pour aider l’enfant à se construire. Saint Marc dans son évangile ne se soucie pas tant de l’enfant que des adultes qui l’entourent. Jésus va en effet saisir l’occasion de la compagnie de cet enfant pour bousculer les repères de ses disciples. D’abord, il leur demande de descendre de leurs préjugés, de leurs fiertés, de leurs rapports de force et de leurs performances pour se remettre à hauteur d’enfant. La hauteur à laquelle la relation à l’autre se fait par le service aux plus petits, par le sourire, par le jeu, par le langage du cœur. Il leur demande ensuite d’aller plus loin, jusqu’à accueillir en son nom un enfant. Faire un sourire aux enfants qui passent dans la rue est une chose ; accueillir un enfant chez soi et l’aider à grandir en est une autre. A moins qu’il ne s’agisse plutôt de grandir avec lui ? L’enfant a en effet cette capacité décoiffante de nous pousser hors de nos repères bien établis, de nos acquis par tradition ou de nos valeurs rassurantes, car il est fragile et cherche lui-même le chemin de sa propre construction. Jésus nous invite donc à quitter la logique de la croissance perpétuelle, de l’efficience et de la réussite économique et sociale, bref la logique humaine, pour entrer dans la spontanéité des émotions, la simplicité des sourires et la beauté de l’inattendu, en somme, le cœur à cœur avec Dieu. Seul ce cœur à cœur avec Dieu nous permettra un jour, à la manière d’un enfant, d’entrer dans ce grand mystère de la résurrection.

Björn DESMET


16 septembre 2018 – 24ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Chers Amis,

Plus on creuse en nous-mêmes, plus on accepte d’être nous-mêmes, plus on découvre le désir formidable de bonheur qui est en nous. Ce désir d’absolu, le Christ dit : « C’est mon Esprit qui l’a mis dans ton cœur et quand on est habité par l’Esprit, on ne peut pas le garder pour soi ». Quand on est heureux, on ne peut pas le cacher, on est obligé de le dire. D’où l’importance de faire communauté avec les autres, de rencontrer les autres.

Or faire communauté, ce n’est pas simplement avoir des sentiments communs, c’est aussi avoir des responsabilités communes. Nous avons ensemble la responsabilité de faire en sorte que les gens se connaissent, s’apprécient, vivent ensemble, heureux. C’est, en particulier, donner une place à ceux qui sont le plus en difficulté, accueillir ceux qui sont les plus pauvres et pas seulement financièrement.

Est-ce à dire que c’est toujours facile, surtout dans une société en crise, avec des enfants, des jeunes et des adultes sans passé chrétien ? Certainement pas. Jésus est passé par la Croix. Nous y passerons aussi. C’est le chemin de la Résurrection. C’est le chemin de la foi. Une route sur laquelle il est impossible de nous dispenser de poser certaines questions afin de mieux comprendre les hommes qui nous entourent et d’inventer de nouveaux lieux pour partager avec eux ce bonheur de croire.

Nous aimons notre Eglise, nous croyons qu’elle est « aimable », c’est-à-dire digne d’être aimée, sans aucune idolâtrie. Mais ce qui vraiment peut nous réjouir, malgré toutes les souffrances que l’on peut ressentir, malgré tous ses retards, c’est que l’Eglise offre toujours un « recours » autre qu’elle-même.

Tout simplement parce que l’Eglise n’a jamais baptisé en son nom, mais au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. A tous et toutes, une belle rentrée pastorale.

Philippe BOISSE


9 septembre 2018 – 23ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Chers amis, bonne rentrée.

9 septembre déjà… la rentrée scolaire a eu lieu…les mois d’été prennent déjà de la distance…nous retrouvons nos habitudes, nos engagements, notre communauté paroissiale…

Le dimanche 16 septembre nous marquerons la rentrée paroissiale avec un temps convivial, le fameux pique nique, et ce jour-là tous les groupes de notre communauté de paroisses se retrouveront au cours de la messe de 10h30 à Queuleu. Nous ferons aussi connaissance avec de nouveaux visages, les cartables des enfants seront bénis.

Les membres de l’ECP (Equipe de Coordination Pastorale), anciennement l’EAP, se sont déjà retrouvés jeudi soir pour réfléchir sur les chantiers à poursuivre et ceux à mettre en œuvre pour la nouvelle année qui commence, ainsi que pour la mise en œuvre du nouveau projet pastoral diocésain : « Une Eglise de disciples-missionnaires : Allez, faites de toutes les nations des disciples, Matthieu 28,19.

Etre disciples-missionnaires tous les textes de ce 23ème dimanche nous y invitent en étant attentifs et en allant vers nos frères et sœurs les plus accablés par les épreuves de la vies. Les aveugles, les sourds, les muets, les opprimés, les enchaînés, la veuve, l’orphelin, le pauvre, l’immigré, ils sont nombreux autour de nous. Ils n’attendent qu’un regard bienveillant, une parole chaleureuse, un sourire, une main qui se tend, une rencontre, qui leur permettront de trouver ou de retrouver leur place dans notre monde, leur dignité d’hommes et de femmes, comme l’a fait Jésus avec le sourd-muet de l’évangile.

« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! » ‘’ Yalla ‘’ comme aimait le dire sœur Emmanuelle, c’est-à-dire : ‘’ En avant !’’

Jean-Luc, diacre


24 juin 2018 – Nativité de Saint Jean-Baptiste

MERCI !

Généralement, au terme de toute année pastorale, les réunions de bilans se succèdent les unes après les autres. Il est des bilans faciles à évaluer, il suffit d’aligner des chiffres, faire des additions et des pourcentages… Il est vrai que certains chiffres font parfois plaisir. Exemple : cette année, 39 enfants ont vécu leur 1re communion sur notre communauté de paroisses Notre Dame des sources. Toutefois, l’exercice du bilan pastoral reste un travail bien délicat. En Eglise, chacun apporte sa « pierre » irremplaçable dans la construction de l’ensemble.

Alors, qui mesurera la confiance de tant de chrétiens fidèles à la célébration des sacrements, et à la prière dans le secret de leur cœur ?

Qui évaluera la générosité de tant de chrétiens qui se font proches des blessés de la vie, et qui donnent du temps, de l’argent et de la tendresse ?

Qui calculera la croissance de la foi de tant de chrétiens qui lisent attentivement l’évangile pour s’en imprégner, et ne cessent d’approfondir leur foi ?

Qui éprouvera le témoignage de tant de chrétiens qui osent dire et vivre l’évangile dans le quotidien de leur existence et au milieu de leurs frères ?

Qui ?

Jésus Christ, et lui seul, parce qu’il accompagne tous ces chrétiens de son Esprit, et il est bien le seul à pouvoir leur dire un jour : « Tu as été fidèle en de petites choses, entre dans la joie de ton Maître ».

L’Equipe d’Animation Pastorale, elle, vous dira tout simplement « MERCI ». Merci à chacun d’entre vous pour tout ce que vous avez apporté, au long de cette année, à la vie de notre communauté de paroisses « Notre Dame des Sources ». Une année pastorale 2017-2018 rythmée par plusieurs temps forts dont le pique-nique de rentrée, la fête de l’Immaculée Conception, la messe télévisée, la fête de notre baptême et tout récemment les « 24 heures pour Dieu » sur le thème « Vivre et bâtir une communauté de disciples missionnaires ». Cette dernière étape a permis, par les témoignages apportés et la réflexion partagée avec le Père Jean GANTZER, de dégager un ensemble d’atouts et charisme qui sont une force pour la responsabilité missionnaire de notre communauté. Cet engagement missionnaire, nous le déploierons dès la rentrée prochaine, tant au plan local qu’au niveau de notre nouvelle archiprêtré.

En attendant, nous vous souhaitons un bel été.

Union de prières à tous.

Pour l’EAP

Père Philippe BOISSE


Dimanche 17 juin 2018 – 11ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Où t’es papa… ?

La chanson de Stromae est révélatrice de notre époque. Les enfants réclament leur père : ils le cherchent en vain. Dis-moi, où es-tu caché ? La figure paternelle, dégradée, avilie, n’ose plus paraître. Honteuse, elle se cache, au risque de condamner la famille à la dérive.

Car un enfant a besoin qu’on lui dise « non » ; besoin d’entendre que ses volontés ne sont pas justes, et qu’elles ne seront pas satisfaites ; besoin de sentir qu’un ordre s’impose à lui, et qu’il va devoir s’y conformer. Le père signifie tout cela. Il fait mieux : il le verbalise. Ses mots disent une vérité : l’enfant ne les confondra pas avec le langage du marketing. Ils ne flattent pas, ils ne séduisent pas, mais ils ont une force. Grâce à cette force l’enfant devient homme. Il apprend à être libre.

L’amour du père est libérateur et structurant. Isaac en bénissant Jacob lui assure sa succession : il l’inscrit dans la lignée. Le père dans la Bible est puissant : sa parole et ses gestes ont force de loi. Ils disent l’irrévocable. On ne badine pas avec un tel père. Sa colère est rude, sa main pesante, son regard transperçant.

Il est heureux de fêter les pères en 2018, en un temps où l’androgynie est à la mode. Heureux d’affirmer la nécessaire complémentarité des deux formes d’amour, condition de la complétude de la famille et de la croissance de l’enfant. Heureux de redécouvrir ainsi la richesse de cette belle vocation.

Tout le monde sait comment on fait des bébés.

Personne sait comment on fait des papas.

Dit encore la chanson.

Si ! Nous, chrétiens, nous savons. C’est dans la contemplation de notre Père commun, la méditation de ses œuvres, la prière en ses grâces que se fait un papa. C’est alors seulement qu’il devient un palmier ou un cèdre du Liban, comme le chante le psalmiste, pour le plus grand bonheur de la famille humaine.

Nicolas Brucker


10 juin 2018 – 10è dimanche du temps de l’Eglise

De la famille de Jésus ou pas ?

« Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère. » Par notre baptême, nous sommes devenus frères et sœurs en Jésus Christ, nous sommes entrés dans la grande famille de Dieu, Notre Père. Mais dans ce qui fait le quotidien de nos vies, le sommes-nous vraiment ? Les paroles de Jésus sonnent comme un avertissement ! Sommes-nous vraiment ajustés à la volonté de son Père ? La charte que sont les Béatitudes est-elle ancrée au plus profond de notre cœur ? En un mot, sommes-nous vraiment des frères et des sœurs les uns pour les autres ? Quand Jésus dit ces paroles, il ne s’adresse pas seulement à ses disciples, ses paroles sont universelles. Tout homme de bonne volonté, croyant ou non, s’il fait la volonté du Père, c’est-à-dire, s’il pratique l’amour et la justice envers ses frères et sœurs en humanité, est un frère, une sœur, une mère pour Jésus. Par ces paroles, Jésus élargit considérablement son espace familial. Paroles qui rappellent celles du prophète Isaïe, huit siècles plus tôt : « Elargis l’espace de ta tente ; qu’on déploie les couvertures de ta demeure : Ne retiens pas ! Allonge tes cordages, et affermis tes piquets ! Car tu te répandras à droite et à gauche ; ta postérité envahira des nations, et peuplera des villes désertes ». Isaïe 54-2 et 3. Paroles d’espérance pour ce grand mystère qu’est venu nous révéler Jésus : un jour nous sommes tous invités à entrer dans la maison du Père, maison qu’il a préparée de toute éternité pour notre bonheur, et participer au festin des noces éternelles.

Quelle bonne nouvelle.

Jean-Luc, diacre


3 juin 2018 – Dimanche de la Solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ

« Vous n’en êtes pas dignes, mais vous en avez besoin » !

Notre cadet a reçu récemment le sacrement de l’eucharistie pour la première fois. A la veille de ce grand jour, je lui demande s’il se sent prêt à recevoir le corps du Christ. Il me répond alors spontanément qu’il est surtout curieux de connaître le goût de l’hostie. Sur le coup, je fus décontenancé par cette remarque si terre à terre, tenté de me dire qu’il n’avait décidément pas encore saisi l’enjeu de ce premier corps à corps avec le Christ, le sommet de sa vie de baptisé. Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’il demanda à mon épouse de l’accompagner à la messe dès le lendemain soir pour goûter une nouvelle fois cette hostie qu’il avait trouvée délicieuse.

Bien sûr que ce repas a une saveur unique que nul autre repas ne peut avoir : un repas auquel nous sommes invités tel que nous sommes, un repas où Dieu lui-même vient nous servir, un repas totalement gratuit qui n’attend rien en retour, un repas brûlant d’amour, un repas qui nous fait renaître à la vie, un repas qui nous ouvre l’appétit pour y revenir jusqu’à l’éternité,… Bien sûr qu’il ne pouvait jamais avoir goûté un tel repas ! Mais ne faut-il pas du temps pour comprendre l’immensité de ces mots et de ces gestes qui nous sont offerts par Jésus ? Ne faut-il pas du temps pour que l’amour infini de Dieu vienne irriguer notre coeur ? Ce jour là, notre fils, et tous ces jeunes communiants, m’ont rappelé que Dieu s’affranchit du temps : lorsqu’Il est présent là, devant nous, maintenant, il suffit de lui tendre la main pour faire alliance.

A toutes celles et ceux qui, à ce moment, ne se sentent pas encore dignes de cette alliance par manque d’intelligence ou de coeur, le Curé d’Ars répond : « vous n’en êtes pas dignes, mais vous en avez besoin » ! Alors quand vient la faim, la rencontre avec le Christ n’attend pas toujours et l’urgence est de la savourer et de s’en nourrir. Bonne fête du Saint Sacrement à vous toutes et tous !

Björn DESMET


27 mai 2018 – Dimanche de la Sainte Trinité

La Sainte Trinité

Tel Michel Ange décorant les plafonds de la chapelle Sixtine, nous associons régulièrement l’image de Dieu à celle d’un vieillard chenu.

Et lorsque nous pensons au Christ, c’est généralement sous les traits de l’ami proche et fraternel.

Quant à l’Esprit, il nous arrive de ne pas savoir où le mettre. Est-il une colombe, un coup de vent ou une langue de feu ? C’est difficile à dire.

Toujours est-il que les gros sabots de notre raison écrasent sans pitié les fleurs du mystère.

Comment traduire un mystère aussi grand ? Comment comprendre la Sainte Trinité ?

Pour être au clair avec cette question, j’essaye simplement de lire l’Évangile. Non pas d’abord comme un livre, mais comme la présence d’une personne vivante, la présence de Jésus. Je l’écoute, je le regarde, je fais attention à ses gestes, ses paroles et ses comportements. C’est lui qui me dit simplement ces quelques mots : « Qui m’a vu a vu le Père », car « le Père et moi nous sommes Un », et « c’est l’Esprit qui rend témoignage ».

A ce moment-là, je comprends une chose. Si nous prions la Sainte Trinité, c’est parce que le fondement de tout ce qui existe n’est pas à chercher dans la solitude, mais au contraire dans la relation, le lien, l’amitié, le dialogue, et la fraternité. Et, par voie de conséquence, nous ne pouvons accéder à la vérité de notre être, à l’image et à la ressemblance de Dieu, à notre participation à sa nature divine…

Qu’à la seule condition de nous lier les uns aux autres par ces multiples chemins qui façonnent nos communautés humaines.

Philippe BOISSE


20 Mai 2018 – Dimanche de Pentecôte

La première… d’une longue série

Parmi les histoires qui se racontent régulièrement dans ma famille, celle-ci : au retour de ma première rentrée scolaire, en maternelle donc, je me serais exclamé, en poussant un soupir de soulagement, que ça y est, j’y étais allé, laissant comprendre à mes parents que je ne pensais pas y retourner de sitôt. Je n’avais pas compris que cette première journée d’école n’était que la première d’une (très) longue série.

La première communion, préparée pendant de longs mois, attendue avec impatience, vécue dans l’excitation de la fête, restera dans la mémoire de chaque enfant comme un moment unique. Et cela doit être. Il faut aussi que cette expérience intense fasse place à une pratique régulière, peut-être plus calme, inscrite en tout cas dans l’habitude et la répétition. C’est à cette seule condition qu’elle s’incarnera dans sa vie.

Conçoit-on de ne pas revenir le lendemain de la rentrée des classes ? Conçoit-on de limiter sa pratique sportive à la seule séance initiale ? Non, bien sûr. Tout le monde en convient : il n’est pas de formation sans un effort constant, étalé dans le temps, soumis à des évaluations répétées. Pourquoi en irait-il autrement de la vie de l’âme ? La conversion que Jésus nous demande est un long chemin. Elle suppose un engagement, prend du temps, et coûte des efforts. Mais que de joies en retour !

Chaque dimanche, il nous est donné de vivre la communion comme un moment précieux d’union avec Jésus. Ce moment, s’il est vécu avec sincérité, doit nous rendre meilleurs. Mais cette espérance, parce qu’elle est partagée par tous ceux qui font la même démarche, prend un relief supplémentaire. La foi s’expérimente avec les autres, dans un partage qui, de toutes les relations humaines, est la plus passionnante.

Alors que cette communion, vécue dans la fête et dans la joie, inaugure toute une vie d’union en Dieu et de partage avec les autres !

Nicolas Brucker


Dimanche 13 mai 2018 – 7ème Dimanche de Pâques

La belle prière de Jésus

A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père il priait ainsi…

Jésus va partir vers son Père qui est aussi notre Père.

Ce sera à travers les souffrances et la mort comme il l’avait annoncé.

Mais ce n’est pas cela qui le préoccupe en cette heure.

Il ne pense pas à lui.

Il songe à ses disciples qui vont rester seuls, désemparés.

Alors, il se tourne vers son Père et les lui confie.

Et sa prière pour eux, pour nous aussi, se résume en deux points :

* Père, qu’ils tiennent bon : garde-les dans la fidélité.

* Père, qu’ils soient des saints : consacre-les dans la vérité.

Finalement, sous deux formes différentes,

Jésus demande pour nous ce que lui-même vit avec son Père.

Ainsi unis à lui nous pouvons dire :

Père, gardes-nous dans l’amour filial avec toi,

Père, gardes-nous dans l’amour fraternel !

Jean-Luc, diacre


Dimanche 6 Mai 2018 – 6ème Dimanche de Pâques

Difficile de résister au commandement d’un ami !

Il est des paroles de Jésus si réconfortantes et généreuses, qu’on s’en nourrit facilement tous les jours. Il en est d’autres plus dérangeantes qui nous invitent à nous poser des questions sur nous-mêmes, le sens de notre vie et notre rapport aux autres. Le passage d’évangile de ce dimanche semble à première vue d’une exigence si particulière qu’il pourrait nous conduire au découragement. Jésus nous invite à nous aimer les uns les autres, autrement dit à aimer tous nos frères et toutes nos sœurs en Christ. Et Il nous le demande sous la forme d’un commandement : il s’agit donc là de l’une de nos principales missions de chrétien. Sauf que nous sommes avant tout des femmes et des hommes qui n’avons accès à l’amour que par le coeur. Et nous connaissons tous (ou presque) des personnes que nous n’arrivons décidément pas à aimer : l’enseignant qui jadis nous a blessé en nous punissant injustement parce que nous étions là au mauvais moment, notre voisin de palier qui ne nous salue plus parce qu’il ne supporte plus le bruit de nos enfants, un membre de la famille avec lequel on est en contentieux pour des questions d’héritage, pire encore, ce dictateur animé par la soif de pouvoir ou d’argent qui va jusqu’à provoquer des guerres au prix de la vie de milliers d’innocents. Avouons-le : difficile d’aimer en vérité ces personnes, c’est-à-dire de reconnaître en elles le visage de Dieu. Non, Jésus ne nous demande pas l’impossible, celui qui n’est accessible qu’à Dieu. Saint Jean nous le rappelle : l’amour nous vient de Dieu puisque « Dieu est Amour » (Jn 4, 8). Il ne nous reste donc qu’à confier au Seigneur tous ceux que nous n’arrivons pas à aimer (suffisamment ou pas du tout) dans notre prière. Ce premier pas vers le projet d’amour de Dieu peut paraître bien modeste, mais il est essentiel. Car l’amour du Père, qui est toujours premier, fera tout le reste. Ce simple premier pas, telle une minuscule fente qu’on vient entre-ouvrir dans notre coeur pour laisser passer les rayons d’amour de notre Père, voilà le commandement d’amour. Et comme il nous vient, non plus du maître mais de l’ami, personne ne peut y résister : n’est-ce pas le propre d’un commandement ? Quelle grâce !

Björn DESMET


Dimanche 29 Avril 2018 – 5ème Dimanche de Pâques

Connaître

Le mot « connaître » est peut-être le fil rouge de ces derniers dimanches. Jésus se donne à connaître aux pèlerins d’Emmaüs, le berger connaît ses brebis, et aujourd’hui on nous dit que « Dieu connaît toutes choses ».

Je me suis souvent demandé comment les disciples pouvaient ne pas reconnaître Jésus, quand il leur apparaissait après la résurrection. Mais en y réfléchissant, quelle connaissance avons-nous les uns des autres ? Ce que nous savons d’autrui n’est-ce pas précisément ce qui nous empêche de le connaître ? Réduire l’autre à quelques a priori ou échanges dont nous avons pu faire l’expérience, heureuse ou malheureuse, c’est le tenir enfermé dans un tombeau. La pierre roulée ne laissera jamais le rayon de lumière frapper son visage, pour nous en révéler l’unique beauté.

Le temps pascal nous invite à réviser nos jugements, à rafraîchir notre regard, à accéder à une connaissance qui ne parte pas de nous, mais de Lui. Il est une connaissance qui ne mène qu’à l’épuisement, la désolation ou la folie. Il est une connaissance qui mène aux sources de la vie : c’est la connaissance du cœur, celle que les saints et les justes mettent spontanément en pratique. Connaître est alors un autre mot pour dire aimer.

Nicolas Brucker


22 Avril 2018 – 4ème Dimanche de Pâques

« La voix du berger »

Jésus est le bon pasteur. Il connaît chacun de nous. Il connaît chacune de nos difficultés. Il connaît chacun de nos besoins. Il connaît surtout nos possibilités et nos richesses profondes. C’est une connaissance du cœur, une connaissance intime. Nous sommes invités à écouter sa parole. La voix du berger est essentielle.

Ecoutons la voix du Christ, mais aussi appliquons-nous à la faire entendre.

Aujourd’hui, la voix du Christ passe par le témoignage de nos communautés. C’est même notre responsabilité de baptisés. Or nos contemporains ne suivront pas le Christ, ne seront pas ses disciples, si nous ne faisons pas raisonner sa voix. Aussi, essayons de tenir une parole de qualité, audible et cohérente et pour cela, évitons de nous disperser en d’inutiles futilités. Ecartons de nos lèvres les propos négatifs qui, à terme, finissent toujours par nous rendre malheureux. Les censeurs et donneurs de leçons sont suffisamment nombreux en ce bas monde. Ce n’est pas notre vocation. Ce n’est pas ce que nos contemporains attendent de l’Eglise. Ce qu’ils attendent, c’est que nous prenions du temps avec eux pour contempler et partager ensemble la beauté et la sagesse de notre Dieu.

Or donner de son temps, c’est donner de sa vie et chaque fois que nous donnons notre vie, nous devenons, comme Jésus, de vrais bergers.

Philippe BOISSE


15 avril 2018 – 3ème Dimanche de Pâques

« La paix soit avec vous ! »

Au soir de sa résurrection, Jésus fait un don, un cadeau, à ses disciples et, par là même, à nous et à toute l’humanité, il nous donne la paix, sa paix. Lisant l’Évangile, nous trouvons la promesse de Jésus à ses disciples avant sa Passion : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » (Jn 14, 27). Au soir de la résurrection, il redira : « La paix soit avec vous » (Lc 24, 36 ; Jn 20, 19.21.26). Ces paroles Jésus nous les redit à chaque eucharistie.

Le geste de la paix : « Dans la charité du Christ, donnez-vous la paix. » Nous entendons régulièrement cette invitation liturgique, mais comprenons-nous bien la signification de ce rite ? Venant de dire le Notre Père, nous comprenons que « par le Christ, avec lui et en lui » nous sommes tous fils de ce Père ; puis nous communions au Corps et au Sang du Christ. Ce geste liturgique de paix est loin de constituer un simple salut entre les participants de la messe, son objectif n’est pas de mettre une ambiance « sympathique » dans l’assemblée…D’ailleurs le prêtre ou le diacre ne nous dit pas : « Donnez-vous un geste ou un signe de paix » mais bien : « Donnez-vous la paix », celle qui nous vient du Christ. Pour autant, nous savons que cette paix n’est pas encore arrivée dans le monde, mais que nous devons en être des artisans dans notre quotidien, comme le rappelle l’envoi final de la messe : « Allez dans la paix du Christ ! » Nous devons en être les témoins. « Soyez mes témoins pour toutes les nations, en commençant par Jérusalem,… » Annoncez-leur : « Christ est ressuscité, Il est vraiment ressuscité ! Alléluia ! »

Chers amis, portons cette Bonne Nouvelle aux périphéries de notre communauté de paroisses, portons au monde Sa paix, il en a tant besoin.

Jean-Luc, diacre


8 avril 2018 – 2ème Dimanche de Pâques

Le doute serait-il aussi un chemin de foi ?

Saint Thomas : voici sans doute le plus connu des disciples de Jésus ! Vous avez certainement, comme moi, déjà entendu de nombreuses fois l’invocation de ce Saint, surtout dans les relations professionnelles, commerciales, contractuelles, partout où la confiance est mise à rude épreuve : « je suis comme Saint Thomas, je ne crois que ce que je vois ! ». N’en déplaise à tous les contrôleurs des travaux finis toujours à l’affût du vice caché, le scepticisme de Thomas peut aussi être un chemin de foi. J’ai en effet en tête ces magnifiques paroles de Jean Debruynne mises en musique par Nomade :

« Thomas, Thomas c’est grâce à toi

Qu’aujourd’hui quand nous vient le doute

Il peut nous ouvrir une route

Qui nous conduit jusqu’à la foi. »

Et pourtant les obstacles sur le chemin de la foi du Christ ressuscité étaient nombreux en ce troisième jour après la mort de Jésus : les disciples étaient terrés dans leur peur et avaient verrouillé leur porte au monde nouveau que venait de leur annoncer Marie-Madeleine. Et Thomas alors, avait-il encore plus peur que les autres pour préférer rester chez lui plutôt que de risquer de rejoindre le groupe de ses amis ? L’Esprit Saint répandu par Jésus a visiblement su faire fi de la peur, du retranchement, du secret et du doute. Il a su rejoindre chacun des disciples, là où il en était dans sa foi, y compris jusque dans l’épreuve de la chair. Quels que soient nos doutes, une chose est sûre : Dieu trouvera toujours le moyen de nous rejoindre, même dans les impasses les plus inattendues. Car, comme le chante encore Nomade :

« Thomas je te rassure, Dieu est toujours aussi humain ».

Björn DESMET


1er Avril 2018 – Dimanche de la Résurrection

« Sur les routes de la mission »

Au matin de Pâques, trois femmes témoignent de leur attachement profond à Jésus : Marie Madeleine, Marie mère de Jacques (que l’on appelle encore Marie Jacobé) et Salomé…

Vous connaissez la légende : chassées de Palestine, elles furent portées toutes trois par les courants vers le delta du Rhône où elles s’échouèrent.

Marie mère de Jacques et Salomé restèrent sur place où elles furent inhumées aux côté de Ste Sarah « la noire », leur servante.

Marie Madeleine quant à elle se retira près de Marseille.

Trois femmes donc qui se sont préparées au matin de Pâques.

Elles repartiront chargées d’une mission : « allez dire à ses disciples et à Pierre : “Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l’a dit.” »

Toutefois je reste étonné que le texte liturgique taise le verset qui clôture cet épisode des femmes au tombeau, car St marc ajoute les mots suivants : « Elles s’enfuirent loin du tombeau car elles étaient toutes tremblantes et bouleversées ; et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur ».

Après tout, fallait-il que ces femmes rappellent aux disciples ce qu’ils savaient puisque Jésus les avait déjà avertis lors de la dernière Cène (14, 28).

Elles n’ont donc rien dit et pourtant leur silence aujourd’hui encore projette des milliers de personnes en pèlerinage sur les routes de la mission : aux Stes maries de la mer, à la Sainte Baume et auprès du fils de Marie Jacobé à St Jacques de Compostelle.

Philippe BOISSE


25 mars 2018 – Dimanche des Rameaux et de la Passion

Par défaut d’attention

Le visage coupé et bosselé, un œil tuméfié et fermé, le jeune homme noir, couché dans un lit d’hôpital, semble plongé dans un semi-coma. Avec difficulté il glisse néanmoins quelques mots à l’oreille de son visiteur : « vous n’avez pas voulu voir ». Celui-ci vient de lui demander pardon pour « n’avoir pas vu ». Pas vu que ce délinquant multi-récidiviste était un suspect trop facile, pas vu que l’agression du policier n’était qu’un coup monté, pas vu les indices pourtant évidents de son innocence.

Dans le film Jésus. L’enquête, récemment porté à l’écran, la conversion du journaliste est liée à l’investigation très professionnelle menée auprès de spécialistes, historiens et exégètes. Mais elle doit davantage à une prise de conscience : la vérité et la justice ne sont pas forcément du côté qu’on croit. Par sa faute, un innocent a été mis en prison, d’où un terrible règlement de compte l’a envoyé à l’hôpital. Son visage martyrisé, à la fois beau et terrible, accuse en silence. Le journaliste diplômé de Harvard, qui n’a ni vu ni entendu ni compris, contemple, étonné, ce visage, comme il avait auparavant contemplé, dans une église, l’effigie de l’homme souffrant du linceul de Turin, dont le négatif de Secondo Pia nous a révélé les traits.

« Tout le mal de cette vie provient d’un défaut d’attention à ce qu’elle a de faible et d’éphémère », écrit Christian Bobin dans L’Inespérée. Ne pas voir Jésus là où il se manifeste avec tant d’évidence est un grand mal. Ne pas voir Jésus dans le pauvre, l’affamé, le réfugié ou le délinquant est un grand mal. C’est de ce mal dont nous devons aujourd’hui espérer la guérison.

Nicolas Brucker


18 Mars 2018 – 5è Dimanche de Carême

Vive le printemps !

C’est enfin le printemps ! Si vous êtes comme moi las des nuits sans fin, des matins de froid et de brouillards, des gouttes au nez et des gorges enrouées, voilà de quoi redonner du baume au cœur. Bien que la grisaille soit toujours de mise, les arbres nous paraissent déjà moins vides, nous nous surprenons à ouvrir les fenêtres aux premières douceurs de mars et nous guettons le moindre chant des oiseaux comme une ode à la vie qui renaît inévitablement. Et pourtant, toute Bonne Nouvelle qu’il est, l’évangile de ce dimanche nous accompagne dans ce passage de renaissance d’une manière bien déconcertante.

Tout d’abord, l’accueil de la bonne nouvelle nous viendra par des étrangers comme ces Grecs en Galilée, ceux qui, sans se préoccuper de savoir à l’avance ce qui va se passer, cherchent à voir Jésus. Laissons-nous surprendre par celui qui nous montrera un autre chemin, bien loin de nos repères trop confortables, un chemin qui passera par l’expérience de la nouveauté plutôt que par notre savoir et le réflexe de nos acquis !

Ensuite, comme le grain de blé qui meurt en terre pour donner du fruit, la vie nouvelle ne pourra passer que par la mort. Il n’y a pas de printemps sans hiver et l’arbre ne pourra pas porter de fruit s’il n’a pas été taillé. N’ayons pas peur de nous libérer de notre passé, qu’il soit bercé de doux souvenirs ou marqué par d’amers regrets ! Khalil Gibran disait : « nul ne peut atteindre l’aube, sans passer par le chemin de la nuit ». Accueillons donc, comme Jésus nous y invite, chaque jour qui se lève comme une promesse.

Enfin, il ne nous appartient pas de décider quand aura lieu le grand soir. « Vais-je dire […] sauve-moi de cette heure ? Mais, non ! » : cette interpellation de Jésus nous concerne plus que jamais dans notre société occidentale qui ne supporte plus les ruptures et cherche à arrondir les angles pour reporter les choix, surtout les plus difficiles, au lendemain. Il n’est pas possible de faire fleurir le cerisier le jour où nous le souhaitons, mais il nous est donné d’accueillir ce jour comme la grâce d’un avant-goût de la résurrection. Nul doute que l’arrivée du printemps nous aide à accueillir la joie pascale qui est toute proche, mais, méfions-nous des giboulées de mars, elles nous rappellent que nous n’échapperons pas au bois de la croix.

Björn DESMET


11 Mars 2018 – 4ème Dimanche de Carême

« Laetare »

Depuis quelques semaines nous nous sommes engagés sur le chemin qu’est ce temps privilégié du carême, et nous voici déjà au quatrième dimanche dit, dimanche du Laetare, celui de la Joie. « Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez à cause d’elle, vous tous qui l’aimez ! » dit l’antienne d’ouverture de ce dimanche. Cette joie qui anime le disciple du Christ est celle de Pâques qui approche à grands pas et dont les premières lueurs pointent à l’horizon, comme pointent les premiers bourgeons annonçant l’arrivée du printemps.

Ce quatrième dimanche de Carême constitue une « pause » sur le chemin vers Pâques. Comme dans une randonnée en montagne, on s’arrête, on contemple le chemin déjà parcouru et le paysage sous nos pieds ; le sommet s’approche et normalement c’est une source de joie. Nous, de même, nous réjouissons d’approcher de Pâques.

Voir le sommet, contempler le Christ tel qu’il est vraiment, c’est tout l’enjeu de l’Evangile d’aujourd’hui. Jésus précise sa mission : « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » 

Réjouissons-nous donc, en Jésus-Christ nous voyons le sommet et nous voyons aussi le chemin. Mais surtout nous le voyons tel qu’Il est vraiment : donnant sa vie pour nous. « Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé, dit, par ailleurs, Saint Jean, et ils seront sauvés ».

Jean-Luc, diacre


4 mars 2018 3ème dimanche de carême

Un printemps de réforme

Réforme du baccalauréat, réforme de la SNCF, réforme de l’assurance-chômage… nos gouvernants nous promettent pour le printemps un grand vent de réforme, pour notre bien nous l’espérons : un meilleur classement PISA, des trains qui arrivent à l’heure, un taux de chômage en baisse… Ces réformes, amplement médiatisées, sont pour les personnels concernés une source de stress. Les plus fragiles craquent, les plus rebelles organisent la résistance.
Une réforme, même justifiée, est rarement une réforme heureuse. Elle laisse derrière elle beaucoup d’amertume, de déception, de lassitude.

Nous chrétiens savons que les vraies réformes sont intérieures, qu’elles naissent d’un consentement individuel et collectif longuement mûri dans la prière. Toujours en mouvement, un chrétien ne tient nullement aux acquis ni aux routines : il est prêt à tout laisser pour l’amour de la vérité et de la justice.

Nos administrations et nos entreprises ne devraient-elles pas se mettre à l’heure du Carême ? Leurs dirigeants ne pourraient-ils donner à chacun le goût de l’effort et l’espérance d’une vie meilleure ? La réforme ne passe pas nécessairement par de grandes crises sociales, généralement dévastatrices ; elle peut emprunter des voies détournées, celles qui mènent par exemple à la joie de se sentir utile, au plaisir de participer ou au goût de la responsabilité. Mais pour cela, il faut la foi, ou comme dit saint Paul, il faut l’amour.

Nicolas Brucker


25 février 2018 – 2ème dimanche de carême

« Avec nos différences, tissons ensemble une Terre solidaire »

 Pour la période de carême 2018, qui a lieu du 14 février au 1er avril, le CCFD-Terre Solidaire propose une démarche spirituelle et un appel à la solidarité. Cette année, mobilisation générale autour du thème « Avec nos différences, tissons ensemble une Terre solidaire ».

 Quoi de plus beau que la rencontre ? Rencontrer l’autre, son visage, la lumière qui en émane, le poids de la vie qui s’y inscrit, voir en lui une présence brillante et étincelante. Laissons-nous toucher par nos différences, ce que nos visages portent d’Humanité : ils nous ouvrent au monde. Ensemble, tissons des liens de partage.

La communauté est comme un tissu qui s’élabore, un tissu dont je ne sais pas ce qu’il sera, mais qui, autour de nous, peu à peu se tisse, sans modèle ni dessin savant.

Dans ce tissu, je peux être un fil, un trait de couleur… Bleu profond ? Rouge éclatant, ou bien le fil de lin gris ?

Cette troisième couleur, au dire des tisserands, est la plus importante : le gris neutre de tous les jours, celui qui fait chanter le bleu profond et le rouge éclatant, celui qui est porteur d’harmonie.

N’avoir que ma propre couleur et de cela me réjouir, pour qu’elle apporte la joie et non la rivalité, comme si moi, bleu, j’étais l’ennemi du vert, comme si j’étais, moi, ton adversaire !

Et ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas entrer avec nous dans l’ouvrage ? Irai-je, les précédant, leur faire place, pour qu’ils viennent librement de leurs propres couleurs se mêler au dessin ?

Il y a une place pour tous et chaque fil vient apporter une continuité : non seulement ceux qui sont à l’origine du travail ont été tendus d’un support à l’autre, mais chaque fil. Un fil vient à rompre : aussitôt le travail arrête, et les mains patientes de tous les tisserands s’appliquent à le renouer. Chaque fil, même le plus lumineux, peut disparaître, tissé sous les autres. Il est cependant là, non loin, même si notre œil, ne le perçoit plus… Maintenant, c’est au tour du mien d’être lancé à travers la chaîne. Quand son trait aura cessé d’être visible, alors toute l’harmonie apparaîtra, harmonie de ma nuance mêlée à toutes les autres qui l’accompagnent, jusqu’à ce qu’elle disparaisse.

Je ne sais ce qu’il adviendra de ce tissu. Le saurai-je jamais ?

Un tisserand de Finlande

 


18 Février 2018 – 1er Dimanche de Carême

Curieuse croix de cendres sur nos fronts

Vous est-il déjà arrivé de susciter la curiosité des passants à la sortie de la messe des cendres ? La croix de cendres qui orne notre front a pourtant de quoi surprendre un non-pratiquant. Ce fut mon cas lorsque j’ai découvert la foi catholique : plus que le signe qui n’a rien d’esthétique, c’est le sourire et la joie des pratiquants qui le portaient qui m’intrigua. Difficile en effet de trouver en ces cendres froides que j’assimilais davantage à la mort et la destruction par le feu, la force d’une conversion et la foi en une bonne nouvelle comme nous y invite Jésus en ce premier dimanche de carême. Et voilà que les paroles de Jésus au chapitre 12, verset 24 de St Jean me proposent une explication : « si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. ». Le carême est donc bien un chemin de rupture avec le passé, une rupture par le jeûne et la pénitence où nous allons laisser là tout ce qui nous encombre et nous interdit d’accéder à la vraie liberté, à notre vraie vie : nos égoïsmes qui nous empêchent de nous ouvrir aux autres, nos peurs qui nous voilent la beauté de l’avenir, nos cœurs endurcis qui oublient qu’ils sont capables d’aimer au-delà de nos frontières, nos richesses futiles qui nous renferment encore davantage sur nous-mêmes, nos vieilles habitudes qui nous paralysent et nous empêchent de croire en un monde nouveau. Et cette rupture ne peut passer que par le vide, le renoncement, le doute, le désert, les cendres, … la mort. Et ne cherchez pas en ces cendres refroidies la moindre braise ardente qui vous permettrait de raviver la flamme ! Notre front noirci nous rappelle à la fois que la mort est radicale et que seul Dieu peut nous en relever. Seul Dieu aura la force de rouler la pierre pour nous faire sortir du tombeau ! Et Il le fera sans condition, avec ou sans privation de viande, de chocolat et autres gâteries pour peu que nous ayons fait la place nécessaire pour L’accueillir sans condition dans nos vies, dans nos cœurs. Voici donc notre chemin de carême tout tracé (… tout de noir sur nos fronts) : accueillir Dieu dans notre vie.

Libre à chacun de choisir le moyen qui lui conviendra le mieux. Bon chemin de carême à vous toutes et tous.

Björn DESMET


11 Février 2018 – 6ème Dimanche du Temps de l’Eglise

11 février, fête de Notre-Dame de Lourdes et Journée mondiale des Malades et Dimanche de la Santé (Instituée par le pape Jean-Paul II depuis 1992)

Le thème choisi pour cette année :« Montre-moi ton visage »

Le Dimanche de la santé est une invitation à donner toute sa place à une pastorale de la santé qui concerne les personnes malades, en situation de handicap, personnes âgées.

Le visage dit le mystère de la relation. Par-delà les blessures de l’existence, tout visage est une invitation à l’aventure de la rencontre.

C’est bien ce à quoi nous invite l’évangile de ce dimanche dans la rencontre de Jésus et d’un lépreux. Jésus le touche, le guérit, lui rend figure humaine, dignité, et sa place dans la cité.

Dans sa prière, tout homme aspire à voir le visage de Dieu et Il nous rejoint en Jésus de Nazareth et ainsi dans la fragilité de tout homme. Oui, sur le visage de chaque être humain, encore davantage s’il est éprouvé et défiguré par la maladie, brille le visage du Christ.

En ce dimanche, il convient de ne pas oublier les professionnels de la santé ainsi que les aidants familiaux. C’est aussi le moment de mettre en valeur les bénévoles envoyés en mission, tels les membres des équipes du Service Evangélique des Malades.

Jean-Luc, diacre


4 février 2018 – 5ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Partir

« Partir. À nouveau partir. Sans cesse, infiniment partir ». Ces mots de Christian Bobin concernent François d’Assise, sur la vie duquel il livre, dans Le Très-Bas, une méditation poétique et inspirée. Mais ils valent pour tout être qui répond à l’appel de l’absolu, et qui, après avoir quitté le foyer familial, si douillet qu’il finit par en être asphyxiant, quitte les rôles trop prévisibles que la vie sociale veut lui faire endosser, les situations factices et les sédentarités stériles. Le premier départ de François ne fut pas le bon : cette sainteté qu’on lui reconnaît un peu vite est en réalité un piège qu’on tend à sa liberté. Il lui faut donc partir une seconde fois, afin de rester éveillé envers et contre tout. Quand Jésus, évoquant l’annonce de l’Évangile, confie à ses disciples : « c’est pour cela que je suis sorti », il témoigne du grand mouvement qui porte vers la vie. Sa sortie entraîne à sa suite la sortie de foules entières venues le rejoindre. C’est là le vrai miracle. Car le monde n’imagine d’autre fin que la maladie et la mort. Et Jésus ouvre une autre voie, d’amour et de (re)création. Mais on veut le retenir, on veut l’enfermer dans le rôle du guérisseur ; on voudrait qu’il répétât à l’infini les mêmes actes et les mêmes paroles. Alors il lui faut sortir, sortir encore, et ouvrir la brèche par où doit se faire jour la radicale et bouleversante nouveauté. Et nous, partir à sa suite, afin de grandir en humanité et en sainteté.

Nicolas Brucker


28 janvier 2018 – 4ème Dimanche du Temps de l’Eglise

« Entre démons et prophètes »

Tandis que les hommes s’interrogent et s’étonnent, les démons, eux, savent déjà qui Il est. D’où le silence imposé par Jésus : « Silence, sort de cet homme ! » Jésus aime la discrétion. Il sait qu’elle seule peut servir le sens authentique de sa mission. La publicité tapageuse ne lui sert à rien. Seul lui importe le discernement que tout un chacun est appelé à développer.

Aujourd’hui encore, sommes-nous encore aptes au juste discernement ? Certes, les beaux parleurs ne manquent pas ! Notre temps est à la libre expression, à la liberté de penser : à chacun sa manière d’être, de dire et comprendre. Pourtant ils sont nombreux les mentors qui s’érigent en correcteurs de conduite, senseurs, guides de moralité et garants du bon ordre social. Il suffit d’écouter les responsables politiques qui se trémoussent devant les médias. Chacun d’entre eux prétend posséder la solution ultime à tous nos problèmes. Mais que de poudre aux yeux !

Or ce qui est vrai pour la politique l’est aussi pour la vie spirituelle. Les gourous de la spiritualité ne manquent pas. Que ce soit en politique ou en spiritualité, par démission, les français sont prêts à vendre leur discernement au plus offrant. Pourtant, nous avons besoin des prophètes et non pas des démons !

Nous avons besoins de chrétiens, de personnes passionnées par l’évangile, qui puissent nous montrer Jésus. Et en ce sens, le plus prophétique n’est pas forcément le plus médiatique !

Philippe BOISSE


21 janvier 2018 – 3ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Quel est le projet de Dieu pour moi ?

La rapidité avec laquelle Jésus recrute ses disciples a de quoi déconcerter plus d’un employeur et plus d’un chasseur de têtes. Sur la forme déjà : Jésus n’a pas besoin de CV, de lettre de candidature ou d’un entretien pour savoir si les candidats ont le profil. Et la réponse immédiate des quatre hommes dit tout : Simon et André ne se posent aucune question. Ils laissent tomber les filets qu’ils étaient en train de jeter à la mer pour suivre Jésus et, Jacques et Jean en font de même, laissant leur père Zébédée planté dans la barque avec ses ouvriers. Sur le fond, rien n’est laissé au hasard. Pourquoi Jésus choisit-il précisément de recruter sur les bords du lac de Tibériade parmi cette profession de pêcheurs ? Des hommes de labeur, habitués aux caprices de la nature et prêts à risquer leur vie pour satisfaire une des missions les plus nobles : nourrir les hommes. Des hommes ayant de surcroît l’expérience du travail d’équipe avec les ouvriers de l’entreprise familiale. Cet engagement sans question sur les conditions d’embauche et les avantages en nature, sans regard en arrière pour solder les dernières affaires, sans regret sur l’arrachement aux liens familiaux, sans perspective sur l’avenir est certainement une forme de folie. Mais une folie qui offre assurément toutes les garanties puisqu’elle est la réponse spontanée de ces hommes au projet de Dieu pour eux. Jésus vient en effet accomplir le destin divin de ces hommes, aujourd’hui encore pêcheurs de poissons et demain pêcheurs d’hommes. A cet instant, les futurs disciples n’ont certainement aucune idée de ce qu’est un pêcheur d’hommes et de ce qui les attend. Peu importe, ils se lancent dans l’aventure animés seulement par leur foi. Et l’histoire ne s’arrête pas sur les bords du lac de Tibériade. Rappelez-vous dimanche dernier : le père Boissé ne nous invitait-il pas à nous replonger dans l’eau de notre baptême, puis à nous vêtir du vêtement blanc et à porter la lumière au monde, fidèle à notre engagement de prêtre, prophète et roi, dans la prière, l’annonce de l’évangile et le service rendu à nos prochains ? L’appel que Jésus nous adresse aujourd’hui est simple : nous rendre disponible à la volonté de Dieu, tel que nous sommes avec nos forces et nos faiblesses, sans condition si ce n’est la confiance. Ainsi, nous serons réellement ce que nous sommes appelés à être. Et voici qu’au moment de conclure cet édito, je croise cette publicité d’un constructeur automobile dans les rues de Metz : « Quitte à devenir quelqu’un, autant que ce soit vous-même ! »…

Björn DESMET


14 janvier 2ème dimanche du temps de l’église

Où demeures-tu ?

C’est la question posée à Jésus par les deux disciples de Jean Baptiste qui vient de le désigner comme « l’Agneau de Dieu ».
Oui, Jésus, où demeures-tu ?
Ce jour-là tu n’as pas donné d’adresse, de numéro de rue, de code postal. Tu as dit seulement : « Venez et voyez ». Et c’est très bien ainsi. Tu ne t’identifies à aucune adresse. D’ailleurs, n’as-tu pas dit que tu n’avais même pas une pierre où reposer ta tête ! Dommage pour les marchands de souvenirs. Car si tu avais donné ton adresse, on aurait à cet endroit construit une basilique et vendu des cartes postales pour les touristes de passage !
Tu n’as dit que deux mots : « Venez et voyez ». Deux verbes qui invitent à l’action, deux verbes qui invitent au changement.
– « Venez », et pour cela il faut se bouger, se remuer, se lever, cesser d’être installés, se mettre en route pour aller voir.
– « Et vous verrez », cessez d’être aveugles. Car on ne va pas à Jésus les yeux fermés comme on rentre chez soi par cœur.
Et ce jour-là, nous dit l’Evangile, les deux disciples restèrent auprès de toi. C’est qu’ils devaient être bien en ta présence !
Où demeures-tu ? C’est bien la question que se posait aussi saint Augustin dans sa quête de Dieu : « Bien tard je t’ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard je t’ai aimée ! Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors… Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi. »

Chers amis, ne cherchons pas Jésus là où il n’est pas. Depuis notre baptême, chacun et chacune, sommes un Temple de l’Esprit Saint, une demeure sacrée où Dieu habite, où la Trinité a dressé sa tente. Il est là au-dedans de nous, il suffit de faire silence pour l’entendre nous appeler et lui répondre comme le petit Samuel : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute. »

Jean-Luc, diacre


7 janvier 2018 – Dimanche de l’Epiphanie du Seigneur

Être en chemin

En ce début d’année nous fêtons une arrivée : celle des mages venus des quatre coins du monde pour adorer l’Enfant Dieu. Ils se sont mis en chemin il y a plusieurs mois, et les voici arrivés au terme de leur route. Les cadeaux qu’ils font à Jésus ne valent pas un centième de celui qu’Il leur a fait : le vrai cadeau est ailleurs, c’est celui qu’ils emportent dans leur cœur. Celui-là, nul Hérode, nul tyran d’aucune dictature, ne pourra le leur reprendre. Un tel cadeau n’est pas fait pour être mis dans un musée, ni même dans une église, il est fait pour être partagé, répandu sur toute la surface de la terre. C’est une première Bonne nouvelle, qui prépare et annonce celle que les femmes feront connaître après la Pâque. Un peu comme la lueur de l’aube précède les premiers rayons du soleil.

Cette arrivée est aussi le premier jour d’un nouveau départ, d’une route dont les mages n’ont pas programmé l’itinéraire. Quelle étoile les guidera alors ? Vers quelle bouleversante révélation ? L’histoire ne le dit pas. Elle nous le laisse seulement imaginer… ou le vivre. Car cette route de retour, qui est en réalité un chemin vers un ailleurs, il appartient à chacun de lui donner la direction qu’il souhaite. L’important, dans tous les cas, n’est-il pas de rester en chemin ? « La dignité humaine implique nécessairement d’être en chemin », confie le pape François dans un récent livre d’entretiens. Les grandes tempêtes de ces dernières semaines nous le rappellent : rien ne résiste aux assauts du vent ; la souplesse et la mobilité valent mieux que l’ancrage dans le terreau des certitudes.

Une foi en chemin, sur le modèle des mages, c’est, peut-être, ce que nous pouvons nous souhaiter pour la nouvelle année.

Nicolas Brucker


31 décembre 2017 – Dimanche de la Sainte Famille

« La vie est un long fleuve tranquille » !?

Nous serions tentés de penser que la famille de Jésus est sainte parce qu’elle ne ressemble à aucune autre famille terrestre.

Marie est enceinte du Saint Esprit, Joseph n’est que le « père nourricier » et Jésus le « saint de Dieu ».

Et pourtant !

Joseph est un papa et Marie une maman.

Jésus, est leur enfant.

Il leur a sans doute posé bien des questions et parfois bien des problèmes.

Rappelez-vous : « «Pourquoi me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père ? – Qui est ma mère, qui sont mes frères ? » Charmant ce garçon : la sainteté n’exempte pas de la nécessaire rupture du cordon ombilical.

Lourde tâche que d’aider un enfant à devenir lui-même, au-delà de ses caprices et de ses illusions.

L’histoire de « la sainte famille de Jésus Marie et Joseph », c’est aussi cela : une histoire mouvementée, mais une histoire de famille tout de même.

Il est vrai que Jésus n’aura de cesse d’appeler les siens à dépasser la vision « toute naturelle » des choses, à toujours voir plus loin.

Mais il le pourra parce qu’auprès de Joseph, Il aura d’abord découvert les mots qui lui permettent de dire en des paroles d’hommes l’amour éternel de Dieu : « Abba, Papa ».

Parce qu’auprès de Marie, Il aura d’abord découvert et appris à faire la volonté de Dieu : « Que tout m’advienne selon ta parole ». C’est également cela une famille.

P. Philippe BOISSÉ


24 décembre 2017 – 4è dimanche de l’Avent

Pourquoi ces lumières et ces chalets ?

Si un extra-terrestre arrivait chez nous, il serait ébloui par les guirlandes et décors de nos rues et de nos places. Il serait tenté par les étalages de nos magasins. Il déambulerait parmi les chalets et manèges.

Mais il se demanderait : « pourquoi tout cela ? » Il aura bien vu des panneaux lumineux « Joyeuses Fêtes » mais la fête, les fêtes à qui ? à quoi ? Le politiquement correct a banni le mot Noël sur les panneaux lumineux, les crèches deviennent de plus en plus subversives dans l’espace public et les chants de Noël semblent relégués aux antiquités à oublier.

Notre extra-terrestre se tâterait les poches pour voir s’il a quelques moyens de paiement, car il s’apercevra vite que tout ce décor n’a maintenant d’autre but que de l’inviter à dépenser. Mais comme il est futé, il s’apercevra vite aussi de l’incohérence de nos sociétés qui prônent le respect de la planète, la conversion écologique, les circuits-courts, etc., mais qui n’ont plus comme objectif que de consommer toujours plus pour un bonheur éphémère. Il serait surpris par ces chauffages mobiles sur les terrasses des bars et restaurants, alors qu’à quelques mètres des personnes grelottent.

Mais au fait, à Noël, ce n’est pas un extra-terrestre qui vient nous visiter, mais Jésus, que les chrétiens reconnaissent et adorent comme le Fils de Dieu.

Nous serons nombreux le 24 décembre au soir et le 25 décembre à braver la nuit, et peut-être le froid, pour accueillir Jésus, notre Espérance.

Mes amis, quand tout semble aller à vau-l’eau, quand pour un certain nombre tout devient difficile et que vient la tentation de dire que rien n’a plus de sens, voici à Noël une Bonne Nouvelle : Dieu vient réaliser quelque chose de nouveau, il vient instaurer un royaume de paix !

Noël est un jour pour ouvrir le cœur : il faut ouvrir son cœur à la petitesse d’un bébé qui est là couché dans une crèche.

Les lumières et les chalets n’auront de sens que si nous nous laissons surprendre par Dieu qui se fait enfant, pauvre, faible, qui abandonne sa grandeur pour se faire proche de chacune et chacun de nous.

Joyeux Noël !

+ Jean-Christophe Lagleize Evêque de Metz


17 décembre 2017 – 3ème Dimanche de l’Avent

Ne restez pas dans le noir !

Voici qu’à la lecture de l’évangile de ce dimanche, une amie m’appelle pour venir changer une ampoule dans sa cuisine. Une bien modeste contribution qui m’a néanmoins rappelé à quel point la lumière était vitale pour nous tous. Quelle que soit sa forme, la lumière nous apporte toujours un réconfort : lumière scintillante des illuminations de nos rues annonçant la joie de Noël, rayon de soleil qui nous réveille au petit matin, lumière du phare qui indique aux marins que le port est proche ou lueur rassurante de la sortie du tunnel. Notre ressenti de la lumière rejoint donc bien la définition qu’en donnent les scientifiques : « un transport d’énergie, sans transport de matière ». Mais si l’effet de la lumière est si positif, quel en est donc la source d’énergie ? Une ampoule, une LED, un éclair, une flamme au bout de la mèche… ou plutôt une présence ? Les scouts et guides de France vous répondront avec certitude que seule une présence peut être à l’origine de la Lumière et pas n’importe laquelle : celle du Christ né dans une crèche ! Cette présence, c’est la lumière allumée à Bethléem, qui, une fois arrivée à Vienne, nous est transmise par de jeunes scouts jusqu’à la gare de Metz. Et maintenant que nous l’avons nous-mêmes accueillie dans nos églises, dans nos mains, dans nos lanternes, dans nos maisons, cette présence est à apprivoiser, à entretenir, à travailler comme la paix. Car comme le dit Jean Debruynne, « La paix est un travail, c’est une tâche […]. La paix n’existe pas à l’état sauvage, il n’y a de paix qu’à visage humain. »

C’est en la travaillant de nos mains, de nos paroles, de nos regards, de nos prières et de nos cœurs que nous pourrons réellement la transmettre comme on transmet le pain à chaque eucharistie, signe de la présence vivante du Christ. Les LED qui illuminent nos rues et nos sapins nous disent que la fête est proche, mais elle ne pourra réellement commencer que lorsque nous serons nous-mêmes devenus des lumières habitées par la présence de l’Emmanuel.

Björn DESMET


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