Editos

30 juin 2019 – 13ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Les vacances d’été sont bientôt là. La paroisse va se vider et une certaine torpeur s’installer. Pourtant chacun attend avec impatience ce moment. C’est l’occasion de voyages, de visites, de réunions familiales. On retrouve les grands parents, les cousins et cousines, oncles et tantes souvent éloignés géographiquement. Le repos, les activités de loisirs et de détente sont souvent et à juste titre le centre de nos préoccupations. N’oublions pas que la joie est ce que souhaite pour nous le Seigneur. Au milieu de tout cela, il est possible d’oublier un peu notre Foi et notre pratique des sacrements. Ceci est peut-être nécessaire et rejoint le terme de vacance au sens de dispense, d’espace vide.

Pour d’autres ce temps vacant est l’occasion de découvrir une autre paroisse sur leur lieu de villégiature ou de retrouver la paroisse de leur enfance, ou encore de découvrir d’autres formes de pratique en Eglise comme des rassemblements de mouvements chrétiens, des retraites. En comparant, nous pourrons nous rendre compte du caractère extraordinairement riche de la vie de notre paroisse. Nous pourrons également nous inspirer des initiatives prises ailleurs. Et le plus important, à mon sens, c’est l’occasion de rendre Grâce pour notre paroisse.

Le temps des vacances est aussi un espace où l’on peut privilégier la réconciliation avec soi-même. L’homme pécheur est un homme intérieurement divisé, désuni, tiraillé voire déchiré par des passions contradictoires. Cette réconciliation avec soi-même est nécessaire à une réconciliation avec Dieu. Le principe de ces deux réconciliations est également posé sur la Croix. Cette réconciliation est synonyme de paix intérieure, de sérénité. Quels en sont les moyens concrets ? Il est possible de faire le bilan de l’année écoulée à la fois des points négatifs, mais surtout des points positifs et des points à améliorer ou changer. C’est une forme de relecture de vie qui permet de ne pas se leurrer et de repérer la distance qui sépare nos objectifs de la réalité vécue. Il ne s’agit pas de se culpabiliser, il est seulement utile de réajuster ses objectifs par rapport à ce que nous avons vécu et ce que la vérité de ce vécu nous a renvoyé. Il est tout aussi important de se féliciter soi-même afin de ne pas oublier tout l’aspect positif, aspect le plus souvent minimisé.

N’oublions pas non plus d’avoir une pensée pour ceux qui ne peuvent partir se reposer ou se divertir en raison de difficultés pécuniaires ou de santé. Belles vacances et retrouvons-nous à la rentrée avec plaisir et le désir de faire communauté.

Jean-Marie BIEVELEZ


23 juin 2019 – Dimanche du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ ~ Solennité

Grand coup de vent à la cathédrale

Dimanche 9 juin un grand vent s’est levé, dans la cathédrale, où près de 100 confirmands ont reçu l’effusion de l’Esprit Saint. L’assemblée, qui remplissait la nef jusqu’au dernier rang, retint son souffle quand l’évêque et la vingtaine de prêtres qui l’entouraient levèrent les mains pour appeler l’Esprit à faire demeure dans les cœurs de tous ces jeunes chrétiens (et certains moins jeunes !) venus se présenter au terme d’une année d’intense préparation. Les dons descendirent sur eux, comme sur les apôtres dix jours après l’Ascension. Puis ce fut le rite de l’onction de l’huile sainte : chaque confirmand se présenta devant le célébrant pour recevoir cette dignité, plus précieuse que tous les emplois, charges ou honneurs que le monde peut offrir. Munis de cette force, ils pourront, dans toutes les situations de la vie, rendre témoignage à la vérité, dénoncer le mal, réparer les injustices. Ces artisans de paix ont tant de travail : pas une minute à perdre !

Mgr Vuillemin a lu des extraits des lettres qu’il a reçues. Plusieurs d’entre elles expliquaient la demande par un besoin de retour au Père après des années d’errance morale. La foi chrétienne offre un cadre de vie, dans des communautés solidaires ; elle ouvre à nos existences une perspective riche de joie et d’espérance ; elle est une inépuisable source de grâce. L’évêque a réaffirmé l’importance de la lecture assidue des Ecritures, nourriture quotidienne de notre foi et moyen de mieux comprendre notre temps. Il a mis en garde contre la tentation, toujours présente, et peut-être aujourd’hui plus que
jamais, de se faire une religion selon nos goûts, et un Dieu à notre mesure. Dieu est plus grand que tout, le psaume de ce jour nous le rappelle. Nous-mêmes ne sommes justifiés dans notre existence que par l’acte de louange que nous faisons monter vers Lui.

Au supermarché des croyances, on trouve de tout. Il n’y a qu’à voir les publications qui fleurissent dans nos librairies, aux rayons «développement personnel» ou «spiritualités». Des jeunes peuvent être tentés par ces marchands d’imposture, et chercher hors des grandes traditions religieuses à se frayer leur propre chemin. Ce dédain des confessions traditionnelles est une des nombreuses manifestations de l’orgueil moderne, qui atteint des sommets en matière de bioéthique, comme les récentes déclarations du gouvernement nous le font voir. Il en est de même du mariage, de la famille, de la sexualité : chacun érige ses désirs en norme, et fait de son bon plaisir un droit. Dans ce monde déboussolé, la centaine de confirmés de Metz porte la responsabilité de dire et de vivre la vérité ; avec l’aide de l’Esprit, la croix deviendra légère et la mission exaltante.

Nicolas Brucker


16 juin 2019 – Dimanche de la Sainte Trinité

Allez hop : je dessine ! Le thème de ce jour : la Trinité, un seul Dieu en trois personnes… un en trois : bigre !

Allez, je commence par le plus facile : Jésus. A vrai dire, je n’ai pas fait mon service militaire avec lui, mais je l’imagine bien : avec une djellaba, une barbe, un teint basané.

Jusque-là, ça va. Jésus nous parle de « son Père et notre Père ». Je pourrais peut-être dessiner maintenant un père avec des cheveux blancs, père que Jésus appelle « Abba », « Papa ». Mais comment le dessiner lui qui aussi est le créateur du monde ? Je ne vais tout de même pas le dessiner à l’image d’un homme, sa créature ! Si ? Et le Saint-Esprit, comment le dessiner ? Il est « souffle », et donc impalpable… Ouah ! comment faire ?

La Trinité : faut-il alors que je dessine trois personnages, qui se ressemblent pour montrer qu’est Dieu chacun ? Trois dieux alors ? Non : un seul Dieu proclamons-nous dans le Credo ! Mais comment dessiner leur trinité-une ? Impossible !

Cela est très bien ainsi : Dieu n’est-il pas plus grand que nous, plus large, plus profond que notre intelligence limitée à notre humanité ? J’aime bien ce casse-tête, non pas parce qu’il y a un calcul de « maths modernes » dingue à faire : 1 + 1 + 1 = 1, mais parce que cela nous conduit à penser que Dieu n’a pas été inventé par les hommes. Ne disons jamais trop vite : je sais ! Qui prétend enfermer de la lumière n’emmagasine que de l’ombre. Qui aurait pu inventer un dieu pareil ? Ne disons donc jamais : « Moi, je sais ! ». Nous sommes toujours aux marches du palais. Qui prétend enfermer de la lumière n’emmagasine que de l’ombre.

Dieu-Trinité ? Il s’est révélé ainsi au long de la Révélation : Père et Fils et Saint-Esprit.

Non pas que ce soit là trois modes de présentation de Dieu : un Dieu d’abord en habits de Père, puis en habits de Fils, enfin en habits d’Esprit. Dans l’Ancien Testament est révélé le Créateur-Père qu’accompagnent « une sagesse », le Fils, et un Souffle qui donne souffle divin à l’histoire des hommes. En Jésus est révélé le Fils éternel de Dieu, Sauveur et non guérisseur, dont l’Esprit fait de nous des enfants du Père à son image. En l’Esprit est révélé qu’il est l’Esprit d’Amour du Père et du Fils, Amour divin surabondant « qui nous est donné par l’Esprit répandu en nos cœurs. »

P. Jean-Claude DREHER


9 juin 2019 – Dimanche de Pentecôte

« Il y eut comme un grand coup de vent »

Si au matin de Pâques, quand Jésus surgit du tombeau, il y eut un tremblement de terre, je dirais qu’au jour de la Pentecôte ce ne fut pas simplement un grand coup de vent, mais un véritable tsunami qui ébranla les disciples, qui les fit sortir de leur torpeur et les poussa à aller, pas simplement vers les gens qui étaient à Jérusalem ce jour-là, mais jusqu’aux limites du monde, pour arriver jusqu’à nous aujourd’hui. Pour annoncer : Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! Alléluia.

Ce jour-là, à Jérusalem, l’Esprit-Saint n’avait pas pris l’apparence d’une brise légère comme au temps du prophète Elie ! A la Pentecôte, c’est un ouragan qui survient, propageant un feu insaisissable que rien ne pourra éteindre, jusqu’à aujourd’hui encore. Il est le mystère de l’amour plus fort que la mort, plus fort que la peur. A la Pentecôte, ce vent est une force clairement visible par ses effets. L’Esprit de Pentecôte est un vent fort, telle une audace incroyable, qui pousse au loin les craintes, celles surtout qui empêchent d’aimer ou de s’engager.

L’Esprit est audace. C’est lui qui poussa Pierre à parler, lui l’homme craintif qu’il était. L’Esprit est le risque que Dieu prend de nous faire confiance. Il est l’audace de Dieu qui ose nous confier l’Evangile afin que nous en vivions et le proposions à d’autres comme un feu qui ne s’éteint pas.

Par nous, à travers nous, partout où l’on étouffe l’Amour, le Souffle de Dieu tente de redonner vie. Il suffit pour cela d’écouter, à l’intime de nous-mêmes, une langue aux mots brûlants. Ce n’est pas une langue morte, elle nous vient de Dieu lui-même, toujours à l’œuvre dans notre monde.

Jean-Luc, diacre


2 juin 2019–7ème Dimanche de Pâques

Ne cherchons pas l’unité dans la nostalgie du passé

mais dans le défi que Jésus nous lance pour aujourd’hui et demain !

L’évangile de ce dimanche nous plonge une fois de plus dans un moment d’une intensité saisissante : Jésus formule sans doute l’une de ses dernières prières avant d’être livré sur la croix. Son ultime demande au Père semble être celle de l’unité. Celles et ceux qui ont fait un parcours Zachée ou se sont intéressés à la doctrine sociale de l’Église, savent que l’unité est le ciment de notre société, car l’unité est tout simplement la vie. N’est-ce pas dans l’unité que forment une femme et un homme que naît la vie ? A l’inverse, ne dit-on pas d’un cadavre qu’il se décompose ? Et que dire du diviseur, « diabolos » (signifiant « qui désunit » en grec byzantin) qui cherche à nous éloigner de Dieu ?

Alors oui, notre mission de baptisé est bien de reconquérir cette unité que les forces du mal n’ont de cesse de persécuter dans le monde qui nous entoure : œuvrer pour une société au service de chacun et où chacun contribue au rapprochement avec les autres. Quel idéal me direz-vous ! Mais est-il pour autant inatteignable ? Sur ce point, l’enseignement de Valérie Le Chevalier m’a plutôt rassuré. Elle nous a fait découvrir que Jésus n’avait pas pour mission de bâtir une grande communauté universelle et unie (celle que nous portons peut-être encore dans nos rêves), mais plutôt de diffuser la Bonne Nouvelle à partir du témoignage de quelques disciples sur le fondement de la confiance en l’Homme. Je le traduirais par une unité à construire chaque jour plutôt qu’une unité reçue et à « mettre sous cloche ». La prière de Jésus dans l’évangile de ce dimanche ne dit pas autre chose : « Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui […] croiront en moi » (Jn 17, 20). L’unité n’est pas l’héritage que Jésus nous laisserait à la veille de sa mort, mais le défi qu’il nous lance pour demain et en toute confiance, puisque l’amour de Dieu sera toujours à l’origine de ce projet fou : « Je le ferai connaître [Ton Nom], pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux » (Jn 17, 26).

Björn DESMET


26 mai 2019 – 6ème Dimanche de Pâques

« Une église pour tous »

Nous sommes à Antioche, en l’an 50 après Jésus-Christ. Il y a des chrétiens d’origine juive et des chrétiens d’origine païenne ; mais peu à peu, entre eux, la cohabitation devient de plus en plus difficile : leurs modes de vie sont trop différents.

Et voilà qu’un jour des chrétiens d’origine juive sont venus tout exprès de Jérusalem pour envenimer la querelle en expliquant qu’on ne doit admettre au baptême chrétien que des juifs. Concrètement, les païens sont priés de se faire juifs d’abord (circoncision comprise), avant de devenir chrétiens.

Derrière cette querelle, il y a au moins trois enjeux :

  • Premièrement, faut-il viser l’uniformité ? Pour vivre l’unité, la communion, faut-il avoir les mêmes idées, les même rites, les mêmes pratiques ? La réponse est non.
  • Deuxièmement, tous ces chrétiens, de toutes origines, souhaitent rester fidèles à Jésus-Christ, c’est évident !… Mais concrètement, en quoi consiste la fidélité à Jésus-Christ ? Réponse : la fidélité n’est pas la reproduction d’un modèle figé dans le temps. C’est la volonté de témoigner à chaque époque d’un visage contemporain du Christ. Aujourd’hui, qui est Jésus ?
  • Enfin, il y a un troisième enjeu, plus grave encore : le salut est-il donné par Dieu sans conditions, oui ou non ? « Si vous ne recevez pas la circoncision, vous ne pouvez pas être sauvés », c’est ce qu’on commence à entendre à Antioche. Cela voudrait dire que Dieu lui-même ne peut pas sauver des non-Juifs. C’est impensable. Le Salut est offert à tous, sans distinction.

Nous connaissons la finale de cette histoire : les Apôtres n’imposeront à la communauté chrétienne que les règles qui permettent de maintenir la communion fraternelle. C’est sûrement la meilleure manière d’être vraiment fidèle à Jésus-Christ, lui qui a dit : « A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres ». Jn 13, 35

Philippe BOISSE

 

 


19 mai 2019 – 5 ème Dimanche de Pâques

Nous vivons une crise de l’Eglise dans un monde en crise. L’une tient aussi à l’autre. Comment le monde ne serait-il pas en recherche de sens si l’Eglise perd ses repères? Comment la barque de Pierre pourrait-elle naviguer sans craintes et tremblements dans un monde chaviré?
Depuis 20 siècles, les crises n’ont jamais cessé. Plus ou moins graves. Dans le monde comme dans l’Eglise, le livre de l’Apocalypse nous laisse les traces de la crise majeure, de la « grande épreuve » vécue à l’époque de sa rédaction. Paul et Barnabé qui fondent l’Eglise en Turquie, en désignant des « Anciens » mettent en place les structures de base indispensables à la pérennité de l’Annonce de la Bonne Nouvelle : nous sommes aimés de Dieu, nous vivons dans un monde aimé par Dieu. Dieu a tant aimé ce monde qu’il lui a donné son fils unique (Saint Jean,chapitre 3 verset 16).
Mais Paul et Barnabé savent que les structures ne suffisent pas : ils prient, jeûnent et confient ces Anciens au Seigneur pour qu’ils soient, comme eux, « remis à la grâce de Dieu ». Chrétiens baptisés, disciples de Jésus notre Maître, nous savons que pour aider ce monde à se convertir à l’amour, à la justice et au partage, nous n’avons pas d’autre chemin à suivre que celui d’aimer COMME lui.
Pour que notre foi soit rayonnante, il nous faut entrer de toutes nos forces en dialogue fraternel avec ce monde difficile, qui nous déboussole souvent, qui ne cesse de nous nourrir et pour lequel notre baptême nous a fait prophètes.
« Aimez-vous les uns les autres » nous demande Jésus. Mais comment? Après le lavement des pieds, Jésus dit aux disciples « Comprenez-vous ce que je vous ai fait? … Vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Je vous ai donné l’exemple pour que vous agissiez COMME j’ai agi envers vous. » (Saint Jean chapitre 13 verset 12 à 15)

Jean Vanier, qui vient de nous quitter, lui qui nous a appris à regarder autrement les petits, les pauvres, les personnes handicapées, a montré à notre monde ce qu’est l’Eglise de Jésus-Christ mieux que beaucoup de grands théologiens.
Au moment où nous entamons en archiprêtré ces « 24 heures pour Dieu », nous nous souvenons que l’unité avec le Seigneur ce n’est pas seulement les mains jointes mais les mains ouvertes !

Denis VELFERT


12 mai 2019 – 4 ème Dimanche de Pâques

« L’âme » de la foi

Je suis frappé de constater, dans les milieux que je fréquente, l’intérêt que suscite le christianisme, et en même temps la méfiance qu’inspire toute espèce de pratique religieuse. Jamais sans doute on n’aura été aussi loin dans l’écart entre la connaissance et la mise en pratique. Or une religion est, de l’avis même des anthropologues, d’abord une pratique. certes faire ne dispense pas de comprendre – et en la matière le christianisme a, dès ses origines, favorisé l’instruction des croyants – mais, dans l’autre sens, comprendre ne dispense pas de faire.

La pratique est au cœur d’une vie de foi. Elle en est « l’âme ». Comme on parle de l’âme d’un violon : cette petite tige d’épicéa qui, placée entre la table et le fond, assure au violon sa solidité et en même temps transmet les vibrations dans l’instrument. La pièce la plus modeste, la plus pauvre, et pourtant la plus essentielle. La pratique religieuse a aussi une pauvreté qui en fait, aux yeux des savants et des puissants, une bien négligeable chose. Pourtant d’elle dépend l’accès aux trésors de la vie spirituelle. Marie est pour nous le modèle d’une foi en pratique. Aussi doit-elle occuper dans nos existences une place centrale. Elle est ce pilier caché au cœur de nos vies,qui donne à chacune d’elles ce qui lui est propre : son timbre inimitable, sa couleur sans pareil, cette nuance unique et parfaite.

Beaucoup de chrétiens de France se tiennent aujourd’hui à la périphérie de l’Eglise. Qui seront les Paul et les Barnabé capables de les rejoindre? de leur parler? de les écouter? Et au-delà; comment rejoindre nos frères des autres traditions religieuses? Il est sûr que, là encore, Marie est notre meilleur guide. Aimée et honorée dans tout le Proche-Orient, elle fait déjà le lien entre chrétiens et musulmans. Quelle meilleure ambassadrice? Modèle de fidélité en Dieu, c’est par elle que doit advenir le renouveau spirituel dont l’occident a besoin et la paix entre les nations dont rêve l’humanité.

Nicolas Brucker


5 mai 2019 – 3 ème Dimanche de Pâques

Ce dimanche la lecture du livre des actes des apôtres montre que des apôtres, interrogés par le Conseil suprême, répondent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. En effet, nous sommes témoins avec l’Esprit Saint, que Dieu a élevé Jésus pour accorder à Israël la conversion et le pardon des péchés. »

En ces périodes troublées pour l’église catholique, cette réponse des apôtres peut nous sembler difficile à entendre, surtout si nous considérons que certains clercs voudraient ainsi se soustraire à la justice humaine au nom de Dieu.

Mais, en écoutant le pape François dans ses paroles après par exemple, sa rencontre avec les responsables marocains, je comprends la réponse des apôtres comme un appel à user de notre « conscience » qui est nécessaire pour ne pas s’en tenir uniquement aux injonctions données, afin qu’avec l’Esprit Saint qui nous éclaire, nous sachions voir dans les autres nations la possibilité du mieux « vivre ensemble » et prier pour pouvoir
pardonner, même à nos ennemis qui veulent nier la miséricorde de Dieu.

Certes l’église des hommes peut nous sembler ne pas correspondre à nos attentes mais l’Eglise est d’abord communion, nous sommes tous membres du corps du Christ, et c’est à lui que nous devons nous référer pour que nos actes soient en conformité avec nos paroles.

Olivier JONCQUEZ


28 avril 2019 – 2ème Dimanche de Pâques Dimanche de la Miséricorde

« Une béatitude et non pas une hébétude »

 Saint Thomas voulait voir et toucher Jésus. En fait c’est Jésus qui nous prend dans ses mains. C’est Jésus qui façonne notre cœur à l’image du sien. C’est le défi de la confiance.

Saint  Thomas voulait des preuves et s’en tenir tranquillement à ces dernières, sans nul autre souci d’avenir. En fait, il sera toujours difficile de vivre l’Evangile au quotidien. Il nous faudra, chaque matin, reprendre la lutte, reprendre le combat. C’est le défi de la persévérance.

Saint Thomas voulait voir et toucher Jésus, c’est-à-dire obtenir la preuve scientifique du Christ ressuscité. Vers quelle liberté cette preuve l’aurait-elle conduit ? C’est le défi de la liberté. La foi ne s’impose pas mais elle se propose et se reçoit.

 « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » nous dit le Christ.

C’est une béatitude.

Si nous sommes croyants sans avoir vu le Seigneur… à moins que je ne sois le seul à ne pas l’avoir vu…. se pose donc, pour chacun de nous, cette question : « suis-je heureux ? ». Car il ne s’agit pas simplement de « croire sans avoir vu », mais bien avant tout, d’« être heureux » en croyant sans avoir vu. En d’autres termes, la foi au Christ ressuscité me rend-t-elle heureux ?

La confiance, la persévérance et la liberté sont trois critères, trois points de repères,  qui nous rappellent que le bonheur n’est pas un but que l’on poursuit, mais avant tout un fruit que l’on recueille sur les chemins de la foi.

Philippe BOISSE


21 avril 2019 – Pâques, Dimanche de la Résurrection

« L’expérience du tombeau vide… »

Les siècles ont passé. Aujourd’hui, le monde contemporain se reconnaît difficilement dans les valeurs chrétiennes. La foi ne joue plus un rôle central dans la vie de nos sociétés. Pour vivre, nombre de nos contemporains déclarent ne pas avoir besoin de Dieu. Ils préfèrent le bonheur de ce monde à la vie éternelle. Mais voilà, quel goût prend la fête quand on festoie sur le fond d’une existence qui partirait du hasard pour rejoindre le néant ? C’est aujourd’hui toute l’ambiguïté de notre monde moderne qui possède apparemment tout ce qu’il lui faut pour être heureux. Alors d’où vient ce malaise ?

Pour divers motifs, beaucoup de philosophes ont opposé la raison et la foi. Certains ont même annoncé la mort de Dieu. Certes, il y a un temps pour douter. Le doute est nécessaire. Mais à trop douter, nous risquons le malaise. Ainsi à quoi sert le doute quand il s’identifie à l’entêtement ? L’entêtement aboutit à une impasse. Il enferme l’humanité dans une prison. Or comment vivre si, au départ, nous condamnons la vie en jugeant qu’elle mène au néant ?  Pourquoi penser et se mettre en quête de vérité, si nous supposons qu’il n’y a aucune lumière à trouver parce que le fond des choses est néant ? Pire encore, pourquoi aimer si la vie n’est pas fondamentalement aimable, car rien ni personne ne l’aime dans l’infini ? Il faut se rendre à l’évidence, quand il n’a pour seul horizon que le néant (ontologique), l’homme moderne a du mal à penser, à vivre  et aimer.

Il y a deux mille ans, à travers l’expérience du tombeau vide, les premiers disciples nous ont partagé un chemin qui peut nous conduire hors des impasses de l’absurde de la mort et du néant. En ce matin de Pâque, l’ouverture du tombeau de Jésus est venu interpeller le vide de toutes les certitudes closes et définitives sur lesquelles nous bâtissons trop facilement notre vie.

Philippe BOISSE


14 Avril 2019 – Dimanche des Rameaux et de la Passion

Chemin de conversion ou chemin de croix ?

Nous voici maintenant engagés avec Jésus sur la dernière étape de la route vers Jérusalem. Cette route de tous les possibles passe par Béthanie et Bethphagé pour se terminer au Golgotha. Cette route commence dans la joie et les acclamations d’une foule en liesse pour se terminer sous les cris d’une foule révoltée cherchant à tout prix en Jésus son bouc émissaire, dont la seule issue devient la mort. Que s’est-il passé en si peu de temps, à si peu de distance pour engendrer un tel retournement de situation ? Reprenons les choses au début : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » : tels sont les mots qui ont accompagné notre entrée en carême, mots que nous avons été invités à approfondir lors des « samedis du carême à Plantières ». Alors où en sommes-nous sur notre chemin de conversion en ce début de semaine sainte ? : encore sous les palmes de « l’arbre vert » ou déjà sur le bois en croix de « l’arbre sec » ? (Lc 23, 31). Il me semble que notre conversion ne pourra réellement trouver son aboutissement qu’au lieu-dit du Crâne, sous la croix du Seigneur offrant sa vie pour nous. Car, ne faut-il pas mourir pour vivre ? Rappelons-nous ces paroles de Jésus prononcées un peu plus tôt sur la route : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit » (Jn 12, 24). Notre chemin de conversion ne pourra donc se poursuivre qu’en chemin de croix pour devenir réellement chemin de foi. N’ayons donc pas peur de nous engager sur la route qui va de Gethsémani au Golgotha : quant à la direction à prendre, seul l’Esprit Saint pourra nous guider. Certains auront peut-être la chance de prendre un raccourci comme Simon de Cyrène à qui la croix fut confiée au retour du travail. D’autres y consacreront un projet de vie. Peu importe puisqu’une chose est sûre : Dieu nous conduira au tombeau vide. Belle semaine sainte à toutes et tous.

Björn DESMET


7 avril 2019 – 5ème Dimanche de Carême

« Voici que je fais une chose nouvelle, elle germe déjà … »

Au début de la 1ère lecture le prophète Isaïe retrace en quelques mots « la sortie d’Egypte ». Dans l’Ancien Testament cet événement est sûrement l’action de Dieu la plus importante pour les hébreux. Les prophètes n’auront de cesse de rappeler à Israël cette libération éclatante.
Mais curieusement ici le Seigneur appelle à ne plus s’accrocher aux actes passés, aussi grandioses soient-ils, mais à croire que Lui est le même, toujours aussi puissant et glorieux que par le passé : « Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? » (1ère lect)

Et le psaume confirme cette action actuelle du Seigneur : « Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur. » (Ps)

Dans une même démarche Paul s’adresse aux Philippiens en leur disant : « oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours … » (2e lect)

Certes on ne peut oublier totalement le passé, mais il faut avancer dans sa foi et Jésus nous le montre bien à propos de la femme adultère. Les scribes et les pharisiens condamnent la femme à la lapidation en ne s’appuyant que sur la loi (ancienne) de Moïse. Ils n’ont pas compris que Jésus, sans abroger cette loi, apporte une loi nouvelle : celle de la tendresse, de l’amour, du pardon : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va … » (Evang). Mais cela fait moins de bruit ; c’est moins spectaculaire qu’une lapidation.

En ce temps de carême la Parole de ce jour nous invite à regarder l’œuvre de Dieu aujourd’hui. Certes autour de nous, nous voyons tous les problèmes du monde et de l’Eglise.
Nous avons l’impression que le Seigneur nous oublie et cela n’est pas nouveau. De nombreuses fois dans l’Ancien Testament le peuple crie son désarroi en disant : « Le Seigneur m’a oublié ; la droite du Très Haut a changé. » (Ps 77) Mais comme au Buisson Ardent, encore aujourd’hui, Dieu nous dit : « J’ai vu, j’ai vu la misère de mon peuple. » (Ex3)

Soyons sûrs que, maintenant, le Seigneur agit encore avec force et puissance, non pas comme nous le désirons mais selon ce qu’il sait bon pour nous. Demandons-Lui, dans ce temps qui nous sépare de Pâques, de voir, au-delà de tout le tintamarre qui nous entoure, ces choses nouvelles qui germent déjà.

Peut-être sommes-nous inquiets ou éprouvés. Avançons avec cette certitude que la parole du psalmiste est vraie : « Il s’en va, il s’en va en pleurant, il jette la semence ; il s’en vient, il s’en vient dans la joie, il rapporte les gerbes. » (Ps)

Guy NOEL


31 Mars 2019 – 4ème Dimanche de Carême

Le temps d’un trajet

Un célèbre roman de Michel Butor décrit le voyage d’un homme qui se rend de Paris à Rome : il doit y retrouver sa maîtresse et lui annoncer qu’il quitte sa femme. Le temps du trajet lui fait modifier son intention première. Il décide finalement de rester avec sa femme. Il en est sans doute ainsi du Fils prodigue : on peut imaginer que sa première intention, en revenant chez son père, était d’abord de retrouver une vie décente, loin de la misère épouvantable qu’il endurait alors. Et puis, en cheminant il s’est souvenu de ce père qu’il avait si brusquement quitté, en réclamant son bien, sans désir de le revoir jamais. Il s’est souvenu de son enfance, du bonheur du foyer, de la tendresse paternelle, jamais lassée par un fils dont on peut supposer le caractère indocile. Ce visage du père aimant a cheminé à ses côtés pendant tous ces kilomètres, et ce qui n’était qu’un voyage de retour s’est transformé en une montée, un pèlerinage, véritable chemin de conversion. Les mots qu’il a alors prévus de lui dire ont jailli de son cœur repentant comme un cri d’amour : nul calcul, nulle ruse, mais l’élan retrouvé de l’enfant qui court au-devant des bras paternels, sûr que pour lui ils seront toujours ouverts.

Les trajets, pour peu que leur lenteur le permette (21h pour le Paris-Rome en 1957 !), sont le moyen d’un retour sur soi. L’incroyable succès de la route de Compostelle depuis une vingtaine d’années est sans doute à mettre au compte d’un besoin pour chacun d’entre nous de faire le point, loin de l’agitation des grandes villes, du rythme trépidant du quotidien, de l’inflation de communication que nous vivons en ce moment. Les grands pèlerinages ont repris vie. En partant, chacun espère subir cette radicale transformation qu’on appelle la conversion, et qui est souvent plus intérieure et moins spectaculaire qu’on ne le dit, mais qui advient comme le fruit d’un patient effort pour laisser entrer la lumière en soi, dissiper les ombres, faire régner la justice et la vérité.

Comme le Prodigue, chacun aspire à rentrer à la casa, cette demeure d’un Père prodigue de son amour, et d’y goûter la joie pure et simple d’être à nouveau ensemble.

Nicolas Brucker


24 mars 2019 – 3ème Dimanche de Carême

La prière d’ouverture, lue juste avant que les fidèles s’assoient pour écouter les lectures, passe souvent inaperçue, pourtant cette prière donne, en général, l’accent principal des lectures et l’orientation spirituelle du dimanche. Lisons-la avec attention :

« Tu es la source de toute bonté, Seigneur, et toute miséricorde vient de toi ; tu as dit comment guérir du péché par le jeûne, la prière et le partage ; écoute l’aveu de notre faiblesse : nous avons conscience de nos fautes, patiemment, relève-nous avec amour. Par Jésus Christ… »

Ainsi celle de ce dimanche rappelle le déroulement du Carême mais aussi la patience de Dieu comme l’indique l’évangile avec l’intercession faite par le vigneron en faveur du figuier.

La patience du vigneron n’en ressort que mieux, cela fait trois ans que ce figuier ne donne pas de fruit, mais cela n’est pas une raison pour abandonner… au contraire, il faut lui donner de nouveaux nutriments. Jésus, comme ce serviteur, ajoute un enseignement à la Parole de Dieu qui a été donnée au cours des âges. Cet enseignement nouveau est prodigué dans l’espoir que la Parole entre enfin dans le cœur des hommes, et pour cela Jésus intercède auprès du Père afin qu’il montre sa miséricorde.

Chaque croyant est ce figuier car la Parole est en nous : « Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique. » (Deutéronome 30,14) mais nous avons besoin du fertilisant de l’Esprit que le Fils a promis d’envoyer lorsqu’il serait retourné auprès du Père : « il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. » (Jean 16,7). Ainsi lorsqu’il reviendra, il nous trouvera portant du fruit : « Et il y a ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre : ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent, et ils portent du fruit : trente, soixante, cent, pour un. » (Marc 4,20)

Le Carême est un temps favorable pour accueillir la Parole et la mette en pratique !

Jean-Luc, diacre


17 mars 2019 – 2ème Dimanche de Carême

Pourquoi s’en priver ?

Le pardon est lié à la Foi et au Baptême, qui est le premier et principal pardon des péchés. L’Eglise est le lieu où se fait la rémission des péchés par le sang du Christ et l’action de l’Esprit Saint. Le sacrement de Pénitence et de Réconciliation est la seconde planche de salut après le naufrage qu’est la perte de la grâce baptismale. En effet la vie nouvelle reçue par le Baptême n’a pas supprimé la fragilité et la faiblesse de la nature humaine, ni l’inclination au péché. « Le Fils de l’Homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la terre », Marc 2,10. Jésus donne ce pouvoir aux hommes pour qu’ils l’exercent en son nom. Il l’a confié au ministère apostolique. Le pénitent pose les actes de contrition, de confession des péchés, d’expiation et de réparation exigée par la simple justice. Le sacrement de Pénitence est aussi un sacrement de conversion, démarche de retour vers le Père. Il n’y a ni limite ni mesure à ce pardon essentiellement divin. Cependant et c’est redoutable, cette miséricorde ne peut pénétrer notre cœur tant que nous n’avons pas pardonné à ceux qui nous ont offensés. L’Esprit Saint retourne la blessure en compassion et purifie la mémoire.

En psychologie, le pardon fait partie par exemple des stratégies cognitives de prise en charge de la colère. Il s’agit d’abandonner le ressentiment vis-à-vis de l’autre plutôt que de se venger. Le « non pardon » pousse vers les ruminations sur le passé, la répétition des pensées et des émotions, la reviviscence des injustices. Il alimente la rancune, le désir de vengeance et de réparation. Le pardon, lui, nécessite de l’empathie pour l’agresseur, c’est-à-dire le considérer comme un autre être humain entier aux multiples facettes. Il ne requiert pas d’oublier, de minimiser, d’excuser, de se réconcilier avec l’agresseur, de lui dire qu’on lui pardonne, ni même de renoncer à la compensation et à la justice. On pardonne aussi pour soi, cela a un effet bénéfique sur la santé et des bienfaits psychologiques. Le pardon permet de tourner la page et de consacrer son énergie à des choses plus constructives. Il évite tous les pièges du « non pardon ». Il manque au pardon laïc toute la dimension de la Foi. Donc pourquoi s’en priver ? Le pardon est bon pour nous sur le plan spirituel, il plaît à Dieu, et il est bénéfique sur le plan psychologique.

Jean-Marie BIEVELEZ


3 mars 2019 – 8ème Dimanche du Temps de l’Eglise

« Qui jette des orties chez son voisin les verra pousser dans son jardin »

S’il est un respect de la vie privée il suppose celui du droit et du bien commun. Les seules turpitudes du clergé ne suffiront donc jamais à exonérer chaque français d’assumer, face à la nation, la responsabilité de ses mœurs.

Pour qu’un juste équilibre soit tenable, il faudra veiller à ce que la médisance et la calomnie ne puissent prendre le pas sur la justice et que les bavardages inutiles ne viennent pas occulter la nécessité du discernement.

Je pense ici aux propos de St Paul dans l’épître aux Colossiens : « Maintenant, renoncez à toutes ces choses, à la colère, à l’animosité, à la méchanceté, à la calomnie, aux paroles déshonnêtes qui pourraient sortir de votre bouche ».

Et je pense également aux propos tenus par Jésus : « L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur. »

De fait, les médisants sont des gens tristes. Ils ressemblent aux malheureux qui n’ont pas eu leur part d’évènements et doivent mener aux dépens de leurs voisins une existence parasitaire. Quant à celui qui fait ses délices voire même son commerce de leurs mauvais mots, s’il écoute ces médisances, il est encore plus coupable que celui qui les rapporte. Des médisances qu’il répètera, bien évidemment en citant leurs auteurs, mais uniquement pour s’en donner le plaisir sans danger. Comme le rappelle le bon sens populaire, les  » On dit  » et autres  » peut-être  » sont les deux huissiers de la médisance. Quant à la médisance elle-même, elle reste l’ennemi le plus mortel de la charité.

Philippe BOISSE


24 février 2019 – 7ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Une joue… puis l’autre

             L’actualité de ces derniers jours nous donne, hélas, une ample matière pour méditer l’évangile de ce dimanche. Ce ne sont pas des poèmes qui ont fleuri dans les cortèges qui chaque samedi battent le pavé de nos villes, mais des insultes ; pas des preuves de générosité, mais des violences gratuites ; pas des signes d’intelligence, mais de la bêtise, et de la pire espèce. La haine s’exerce sur tout ce qui a visage humain. Emmanuel Lévinas a situé dans le visage le siège de l’humain, pour le meilleur et pour le pire. Nous n’accédons à l’autre que par son visage : son regard nous arrête, il nous oppose une résistance. C’est aussi pourquoi nous pouvons souhaiter l’anéantir. Le meurtre d’Abel est dans cet œil que ne peut soutenir son frère Caïn.

Le même visage qui inspire la haine doit aussi inspirer l’amour. C’est en somme ce que nous dit Jésus. Nous ne devons pas désespérer de l’homme. Sous la brute la plus épaisse sommeille l’enfant, fait à l’image du Père. Certaines des victimes d’actes antisémites n’ont pas souhaité porter plainte, de façon, argumentent-elles, à ne pas mettre d’huile sur le feu. Peut-être leur attitude sera-t-elle comprise comme un acte de générosité et d’amour ? Peut-être sera-t-elle au contraire interprétée comme de la lâcheté, et comme un encouragement à poursuivre dans la voie de la haine ?

Car il n’est pas d’amour sans justice. C’est tout le drame d’une époque où dans l’éducation, la société, la diplomatie, on confond tolérance et laxisme, bienveillance et indifférence, cool-attitude et individualisme. Quel avenir l’humanité se prépare-t-elle quand chacun, un casque ou des écouteurs sur les oreilles, va son chemin, bien à l’abri dans sa bulle, et hermétique au monde extérieur ? quand on préfère twitter plutôt que de se parler, regarder des photos plutôt que regarder des visages ?

            Si la communication moderne, soumise à l’injonction du tout économique, a supplanté l’échange humain, alors tendre l’autre joue a-t-il encore un sens ? Ne faut-il pas d’abord revenir à la réalité matérielle du face-à-face ? Ne faut-il pas prendre le temps de la rencontre ? Si l’amour est comme un levain dans la pâte, il lui faut plus que le temps d’un débat télévisé ou d’une manif pour porter du fruit. Mon visage ne désarmera celui qui me frappe que si l’humanité enfouie en lui a quelque chance de resurgir. C’est à ce prix que nous pouvons espérer devenir ce que nous sommes : l’image du fils bien-aimé de Dieu.

Nicolas Brucker

 


17 février 2019 – 6ème Dimanche du Temps de l’Eglise

« Il est où le bonheur ? »

Il ne suffit pas de ressentir un bref contentement pour être heureux. Une joie intense n’est pas le bonheur. Un plaisir éphémère non plus. Que dois-je désirer pour être vraiment heureux ?

A cette question, Jésus propose une réponse. Il nous rappelle que le bonheur, est un droit pour tous. En disant aux pauvres « Heureux êtes-vous », il ne leur demande pas de se résigner. Il leur rappelle simplement qu’ils sont capables de se dépasser vers des richesses plus élevées. De même, en disant aux riches « malheur à vous », ce n’est pas une condamnation ou une menace. C’est un constat éclairant : « De grâce, ouvrez les yeux et secouez-vous ». Sa volonté est d’arracher ces derniers aux bonheurs de pacotille pour les conduire, eux aussi sur les chemins du vrai bonheur.

Au-delà des apparences, Jésus vise la vérité des personnes. Certes, il y a le regard des hommes. Mais il y a surtout et avant tout le regard de Dieu. L’admiration des hommes se trompe souvent d’objet. Le regard de Dieu est différent. « Un pauvre a crié, Dieu l’entend » dit le psaume. Ou encore : « D’un cœur brisé et broyé, Dieu n’a point de mépris ». Les pauvres, les persécutés, ceux qui ont faim, ceux qui pleurent, Dieu se penche sur eux. Dieu les regarde. Non pas en vertu d’un mérite de leur part mais en raison de leur situation même.

Le véritable bonheur proposé par le Christ s’enracine dans ce regard que Dieu porte sur chacun de nous. Un regard qui change notre vie parce que c’est un regard qui nous donne la force de prendre en main notre destin au-delà des richesses et pauvretés de l’existence.

Jésus n’entend pas justifier la misère, ni prêcher la résignation. Il ne donne ni recette, ni solution précises. Les Béatitudes ne sont en rien une garantie automatique accordée à une classe sociale. Qui que nous soyons, riches ou pauvres, elles viendront toujours nous provoquer à briser le cercle trop étroit de nos regards convenus.

Philippe BOISSE


10 février 2019 – 5ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Un métier pas comme les autres ?

J’entends souvent dire, « vous travaillez dans la santé […], mais c’est pas un métier comme les autres… ». Cette affirmation m’interroge toujours, voire même suscite en moi un peu d’inquiétude : mais pourquoi donc l’imaginaire collectif nous catalogue-t-il « à part » ? Pourtant bien d’autres métiers, ont des contacts humains directs avec le public : un instituteur et ses élèves, un conseiller de Pôle Emploi qui accompagne le parcours de plusieurs personnes, les travailleurs du domaine social qui œuvrent quotidiennement sur les chemins de la réinsertion… les exemples ne manquent pas. En quoi l’aide-soignant(e), l’infirmier(e), le (la) médecin qui part tous les jours travailler (parfois très tôt), qui vit comme tout un chacun ses propres difficultés avec certains collègues ou bien son employeur…. devrait-il percevoir son emploi comme « différent » de celui qu’aucun autre? A-t ’il une responsabilité plus grande qui pourrait-être jugée plus sévèrement ?

Il est vrai que l’on peut tenter de dégager des « spécificités » des emplois dans la santé : la confidence qui contractualisée par « le secret », mais qui est indispensable face au corps nu, déformé, meurtri, aux histoires personnelles chaotiques, aux familles déchirées… La confiance pour accepter d’être aidé dans sa dépendance et de recevoir des soins qu’ils soient physiques ou psychologiques. L’indispensable humilité du personnel soignant face au patient qui prend la voie de la guérison quand d’autres nous échappent, face à celui qui remercie, quand finalement nous ne faisons « que » notre métier.

En cette semaine de la pastorale de la santé puissions-nous tous nous laisser interpeller par nos frères en souffrance, car c’est à eux que s’identifie le Christ : « J’étais malade et vous m’avez visité » (Matthieu 25, 36). Porteur de la même humanité, « nous sommes le corps du Christ et chacun de nous est un membre de ce corps ». Si les métiers de la santé sont au contact quotidien avec les malades, la routine ne doit pas amoindrir notre sensibilité à rester à l’écoute face à la souffrance et aux angoisses exprimées, comme tout un chacun qui fait un « autre métier », voit dans son prochain un frère.

Philippe Carassou


3 février 2019 – 4ème Dimanche du Temps de l’Eglise

L’amour jamais ne passera.

L’hymne à la Charité de saint Paul que nous propose la liturgie de ce dimanche nous invite à aimer non pas à travers de belles paroles et de beaux discours mais en actes et en vérité.

A aimer comme Dieu nous aime, d’un amour sans limite et gratuit. Que ce soit à l’intérieur de notre couple, avec nos amis, nos familles ou les gens que nous aidons, C’est cet amour qui doit habiter chacun de nos faits et gestes. Nous aurons beau avoir toutes les meilleures intentions du monde, si nous ne posons pas nos gestes par amour, nous passons à côté du plus grand bonheur qui soit.

Chaque fois que je pose un acte d’amour, de tendresse, d’amitié, de convivialité ou de solidarité, de don de ma personne, ce sont des fleurs que je sème sur mon chemin d’homme ou de femme. Des fleurs qui grâce à moi font que notre terre est plus belle, plus à l’image de ce que Dieu a voulu au début de la création et dont nous avons à poursuivre l’œuvre.

Chaque fois que nous avons un geste d’amour, c’est une étincelle d’Eternité qui brille autour de nous. Et si nous nous mettons tous ensemble, c’est un véritable feu d’artifice qui illumine et embrase notre humanité. C’est ce à quoi devait penser Jésus quand il disait : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit allumé ! » Luc 12, 49.

Alors, chers amis, embrasons notre terre de cet amour gratuit qui nous a été donné par Dieu pour le redonner à notre monde qui en a tant besoin.

Chrétiens, nous avons à témoigner de cet amour, sinon nous ne serons que des cuivres qui résonnent et dont le bruit se perdra dans le tumulte du monde. Si nous vivons de cet amour-charité, nous embraserons ensemble le monde de l’amour de Dieu, et cet amour ne passera pas, puisqu’il est éternel.

Alors, bonne route sur le chemin de L’AMOUR.

Jean-Luc, diacre


27 Janvier 2019 – 3ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Libérons la Parole !

En cette fin janvier, la période des vœux touche peu à peu à sa fin. Ayant eu l’occasion d’assister à ceux des magistrats de la Cour d’Appel de Metz, je garde en mémoire l’intervention du Procureur Général qui a rappelé avec conviction l’importance de la tradition orale au sein des juridictions : si le droit se fonde sur l’écrit, les plaidoyers et le jugement sont indissociables de l’expression orale.

Et même si la modernité a tendance à relayer l’oral à une vieille tradition, n’en déplaise aux aficionados des mails, sms et tweets, les orateurs ont encore voix au chapitre comme nous le rappelle l’évangile de ce dimanche. Si le récit écrit de St Luc ne s’adresse pas (seulement) aux historiens et aux exégètes qui cherchent dans « le récit des événements qui se sont accomplis », la vérité historique des « témoins oculaires », c’est que la Vérité ne peut être révélée que par la Parole du Christ. Et la parole est toujours actualité puisqu’elle s’inspire du moment présent, se partage à plusieurs, se commente et souvent en appelle une autre, car la parole n’aime pas les frontières. La parole peut prendre l’accent ou donner langue à une émotion : elle traduit alors des sentiments et fait parler le cœur. Aussi éphémère soit-elle, la parole sera toujours Humanité. Cette Humanité dont nous avons tous besoin pour vivre, cette Humanité que Dieu lui-même a choisie pour rencontrer les hommes.

C’est donc bien ici et maintenant que Jésus donne ainsi vie à l’écriture lorsqu’il nous adresse cette parole : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre ».

Non, les réseaux sociaux ne parviendront pas à se substituer à la joie de prier et chanter ensemble, comme en témoignent les jeunes adultes de notre diocèse partis en ce moment à Panama pour partager la joie du Christ aujourd’hui et maintenant lors des JMJ.

Björn DESMET


20 janvier 2019 – 2ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Qu’est-ce qui peut encore décider certains couples à prendre l’engagement de se marier devant le Seigneur ?

Comme le dit le pape François, dans son exhortation Apostolique « La joie de l’Amour » : « le désir de famille reste vif, spécialement chez les jeunes, et motive l’Eglise. » et il ajoute : « L’annonce chrétienne qui concerne la famille est vraiment une bonne nouvelle ».

Il nous invite à valoriser les dons du mariage et de la famille, à garder un amour fort et nourri de valeurs telles que la générosité, l’engagement, la fidélité et la patience et aussi encourager chacune des personnes du couple à être un signe de miséricorde et de proximité surtout là où la vie de couple ou la vie familiale, ne se réalise pas parfaitement, ou ne se déroule pas dans la paix et la joie.

Voilà pourquoi, nous devons tous, futurs mariés ou personnes en couple et en famille, nous interroger sur ce que veulent dire les piliers de notre engagement devant le Seigneur, à savoir la fidélité , la fécondité, la liberté, l’indissolubilité et surtout le fait de dire ou d’avoir dit : « Oui, je veux t’aimer ».

Dans son texte « Famille, soyez bénie », Charles Singer écrit : « J’ignore s’il existe au monde un endroit où la terre est sans défaut. Il y a toujours trop d’argile, des cailloux bien inutiles, des mauvaises graines. Mais on n’a pas trouvé mieux pour faire pousser le blé, les légumes, les lilas et les roses. Je sais qu’il n’existe pas au monde une famille parfaite, sans souci matériel, sans nuage et orage, nourrie de toutes les joies et préservée de toutes les peines. Mais on n’a pas trouvé mieux qu’une famille pour donner à l’enfant de grandir et de devenir un être humain accompli, … venu dans le monde, le fils de Dieu a eu besoin d’une famille, lieu d’amour où il a pu grandir et se fortifier.».

Ainsi, que notre communauté, en accompagnant ces jeunes dans leur chemin vers le sacrement du mariage, nous puissions nous aussi rayonner de « la joie de l’Amour » et nous rappeler que nous avons dit à notre conjoint et à chaque enfant: « Oui, je veux t’aimer ». »

Olivier et Brigitte JONCQUEZ pour l’équipe de préparation mariage.


13 Janvier 2019 – Dimanche du Baptême du Seigneur

En ce dimanche après l’Épiphanie, nous célébrons le baptême du Seigneur. A Noël, puis à l’Epiphanie, Jésus s’est manifesté à sa famille, aux bergers, puis aux mages dans l’intimité. Désormais adulte, il se manifeste publiquement pour la première fois lors de son baptême donné par Jean Baptiste.

A l’image de Jésus nous allons aujourd’hui au sein de notre communauté revivre notre baptême, ce jour où nous avons reçu pour la première fois l’Esprit Saint. Cependant, pour beaucoup d’entre nous, nous ne nous souvenons pas de ce moment, voire même de sa date…

Pour nos filles de 10 ans, il n’en est rien. Elles se rappellent parfaitement de cette journée particulière: c’était le 20 mai 2018.

Nous avions fait le choix lors de notre mariage, parce que nous ne partagions pas les mêmes convictions religieuses, de laisser nos enfants libres de s’engager ou non en religion.

Pour autant, elles ont bénéficié de l’éveil à la foi, d’une éducation basée sur des valeurs chrétiennes car nous les partageons, puis de l’éducation religieuse dispensée en Moselle. C’est ainsi que l’année dernière elles ont exprimé, sans l’influence de la famille ou des copains, leur souhait de recevoir le sacrement du baptême : elles voulaient entrer dans la famille de Dieu.

Face à cette demande, nous en avons évalué les fondements et les avons amenées à mesurer l’engagement véritable qu’elles souhaitaient prendre. Devant le sérieux de leur démarche nous les avons donc soutenues et accompagnées.

S’est alors imposé le difficile choix des parrains-marraines. Il était question pour nous de choisir des personnes de « qualités » pour nos enfants, des repères supplémentaires à ceux que constituent notre famille pouvant ainsi les guider dans leur Vie et leur Foi. Nous avons mis en œuvre ces démarches avec cœur et investissement et sommes fiers de l’engagement pris par nos filles, du chemin qu’elles parcourent.

Ce 20 mai 2018, elles ont donc reçu l’Esprit Saint, cet Esprit qui nous fait entrer, vivre, communier à l’Amour de Dieu.

Famille CIVIT


6 janvier 2019 – Dimanche de l’Epiphanie du Seigneur

Epiphanie : « Regarde l’étoile, elle te conduit sur le chemin… »

Une belle histoire que celle des Mages. Une histoire merveilleuse : une étoile, un enfant, un roi qui vient de naître, un long voyage. Mais il ne faut pas oublier que St Mathieu qui nous raconte cette histoire est un apôtre, un catéchète qui s’adressait à des Juifs devenus chrétiens ou désireux de l’être. Il leur raconte l’histoire des premiers païens qui entreprennent un long, long voyage pour venir se prosterner devant le Fils de Dieu. Les Mages cherchaient un roi et ils trouvent un petit enfant dans une maison bien ordinaire, un petit enfant qui n’avait rien d’un roi entouré de gloire dans un palais, et pourtant ils l’ont reconnu. Ce n’est pas un Dieu lointain, inaccessible qu’ils ont découvert, mais un Dieu tout proche, un Dieu fait homme, comme nous. Ils se sont émerveillés devant Lui en déposant leurs présents. Un Dieu qui a traversé l’espace et le temps pour venir planter sa tente parmi nous. Un Dieu que les Mages ont trouvé grâce à une étoile, telle une super nova ou une comète, apparue au firmament et qui s’estompera peu à peu dans le ciel, mais qui restera gravée à jamais au plus profond de leur cœur.

Apprenons des Mages à nous laisser émerveiller devant la beauté du ciel et de la création qui nous dit qui est Dieu et qui nous sommes (regardez cette photo faite par l’astronome amateur que je suis), mais aussi à nous émerveiller devant l’enfant de la crèche !

Apprenons à nous prosterner, dans le silence et l’adoration en offrant à notre Dieu l’encens de notre prière, l’or de notre amour et la myrrhe de notre vie unie à la sienne pour le salut du monde. Bonne route et bonne année 2019 à tous.

Jean-Luc, diacre


30 Décembre 2018 – Dimanche de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

Notre juste place au sein de nos familles

Nous venons à peine de déposer Jésus dans nos crèches et sommes encore bercés par la douceur de Noël. Comment ne pas se laisser toucher par cette naissance qui a bouleversé le monde ? Dieu se fait si proche de nous qu’il prend notre condition humaine, à commencer par celle d’un bébé attendrissant. Mais attention de ne pas projeter sur ce nouveau-né ce que nous aimerions qu’il soit.

A chaque naissance, la même tentation, celle de faire nôtre ce nouvel être, nous rattrape : « c’est le portrait craché de son grand-père », « regarde son sourire, on dirait sa mère »… Accepter que son enfant est bien différent de ses parents n’est pas toujours chose facile : combien de conflits de famille naissent de cette déception de parents qui ne reconnaissent pas en leur progéniture l’idéal qu’ils s’étaient imaginé. Mais alors comment renforcer ce pilier si précieux qu’est la famille, pilier sur lequel repose toute notre société, mais ô combien fragilisé par des jalousies, des non-dits, de l’égoïsme voire de l’indifférence qui morcellent les rapports familiaux et dont on peine à retrouver des équilibres où chacun trouve sa place ?

La fête de la Sainte Famille, célébrée au seuil d’une nouvelle année, vient précisément nous éclairer sur le chemin qui nous permettra de trouver notre juste place au sein de nos familles. Un chemin pavé de patience, car l’inconnu peut parfois prendre son temps (imaginez : 3 jours pour retrouver son enfant !) et qui peut déboucher sur l’inattendu (« En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement » – Lc 2, 48).

Un chemin qui passera toujours par le respect de la différence, c’est-à-dire accepter des phases d’incompréhension à l’image de Marie et Joseph lorsqu’ils « ne comprirent pas ce qu’Il leur disait » (Lc 2, 50). Et pour celles et ceux qui trouveraient le temps trop long : confiance ! Depuis la genèse, Dieu n’a-t-il pas souvent choisi une famille pour renouveler son alliance avec son peuple ?

Björn DESMET


23 Décembre 2018 – 4è Dimanche de l’Avent

Le miracle de la naissance

Le 5 octobre dernier a été pour nous deux, Agnès et François, un jour béni. Maximilien est venu agrandir notre famille, nous comblant, nous et nos trois filles, Judith, Soline et Agathe, d’une joie immense. Maximilien est ainsi devenu le 4ème enfant de la fratrie. Loin d’être une « habitude », chaque naissance, même la quatrième, est unique et offre son trésor de découvertes et de richesses insoupçonnées. La naissance redevient chaque fois l’incarnation d’une émotion incommensurable et unique à laquelle nous ne sommes jamais totalement préparés. Pendant neuf mois, notre bébé nous a accompagnés sur le chemin de sa naissance, un chemin d’attente rempli d’amour et de bonheur. Plus les jours et les semaines passaient, plus nous sentions combien ce petit être était vivant et au milieu de nous. Cette attente du grand jour que constitue la grossesse est comme l’Avent que nous vivons jusqu’à Noël. Nous avons vécu la préparation de la naissance de Maximilien comme nous préparons celle du Seigneur dans les jours qui précèdent la Nativité. Notre préparation a été certes matérielle pour le confort du bébé, mais elle a été surtout spirituelle et profondément intérieure. En effet, comment peut-on accueillir la Vie si nous-mêmes ne réfléchissons pas au sens de l’existence et à son importance fondamentale ? Comment peut-on accueillir la Vie si nous ne remettons pas en question nos défauts et nos maladresses ? Si nous ne cherchons pas à absoudre nos péchés ? Si nous n’emplissons pas nos cœurs d’amour et de bonté ? Si nous ne cherchons pas à accomplir le Bien et à repousser le Mal ? Ces questionnements ont jalonné notre attente et ont été au cœur de notre cheminement vers la naissance pour accueillir notre enfant dans l’Amour le plus pur. Notre réflexion spirituelle s’est nourrie du bonheur familial que nous avons construit depuis 2010 avec la naissance de notre fille aînée, et du recueillement dans la prière. Lorsque les yeux de Maximilien se sont ouverts à la lumière du monde, un océan d’amour et de tendresse a envahi nos cœurs. Cet accueil de l’Amour et l’émerveillement indicible qu’il suscite se poursuivent dans nos vies à travers nos enfants, et se renouvellent chaque fois que nous célébrons la naissance de Jésus.

Agnès et François Hoff


16 Décembre 2018 – 3ème Dimanche de l’Avent

Dimanche de la joie, dimanche de ‘Gaudete’

« Soyez toujours dans la joie », nous dit Saint Paul.   « Je tressaille de joie, parce que le Seigneur m’a envoyé porter une Bonne Nouvelle aux pauvres, guérir ceux qui ont le cœur brisé… »,  disait le prophète.  « Jubilez, criez de joie…», c’est l’invitation du psaume. « Mon âme exalte le Seigneur », chantera Marie.   Ce n’est pas pour rien que le troisième dimanche de l’Avent est le dimanche de la joie.

Quand la liturgie nous invite à la joie, ça ne veut pas dire qu’elle nous incite à rire à tout moment à gorge déployée. Elle ne veut pas nous parler de cette joie qui ne dure qu’un moment, mais d’une joie bien plus profonde, une joie intime, secrète, ancrée au plus profond de notre cœur, et bien installée pour y demeurer toujours.

D’où vient cette joie profonde ? Elle repose sur la foi en Celui que Jean-Baptiste annonce, Celui que nous allons fêter à Noël, Celui qui vient nous révéler jusqu’où va l’amour de Dieu, Celui qui vient pour entraîner l’humanité au-delà du mal, au-delà de la mort, dans une Vie nouvelle, Celui qui est toujours présent dans notre monde, poursuivant son œuvre de Salut en chacun et chacune de nous.

Dans un monde blessé, dur et injuste, les disciples du Christ que nous sommes sont appelés à une joie rayonnante et communicative, un appel à être témoins de la lumière comme Jean Baptiste, toujours soucieux de préparer les chemins du Seigneur et de dire son amour. Puissions-nous accueillir, ce dimanche, la Lumière de Bethléem comme signe de cette joie de Dieu qui vient embraser notre humanité.

Jean-Luc, diacre


9 décembre 2018 – 2ème Dimanche de l’Avent

Monter avec Marie

Traditionnellement chanté sur la route qui fait monter les pèlerins de Jéricho à Jérusalem, le psaume 125, dit « chant des montées », commémore la sortie d’exil et le retour au pays. Il est normal qu’y éclatent la joie et les rires.

Notre montée à nous en ce temps d’Avent se fait dans la compagnie, douce et aimante, de Marie. Nous avons pu prier Marie au cours de la neuvaine mondiale de l’Immaculée Conception qui vient de s’achever. Nous pouvons encore la prier ce dimanche après-midi, avec Jean-Claude Gianadda, qui nous fait le cadeau de sa présence après nous avoir fait, pendant quarante ans, celui de ses chants. Ces chants ont rythmé nos assemblées, ils ont accompagné notre prière. Tantôt méditatifs, tantôt éclatants, ils traduisent tous les états de l’âme humaine : gratitude, confiance ou louange, mais aussi humble demande, recherche inquiète, et même cri de détresse. Tout un chacun peut s’y retrouver, exactement comme dans les psaumes, inépuisable source où va s’abreuver notre prière.

Avec sa façon inimitable de donner voix et âme à ses poèmes, J.-C. Gianadda nous entraîne, avec sa guitare, sur les sentiers de la foi. Sa dévotion à Marie lui a inspiré parmi ses plus beaux chants : « Bénie sois-tu Marie », « Magnificat », « Tout près de toi Marie », « Marie tendresse dans nos vies », et le plus populaire assurément, « Chercher avec toi dans nos vies », où s’exprime une foi ancrée dans la vie, ouverte au monde et à sa complexité.

En reprenant ces chants de toujours, nous manifestons notre fidélité à Marie, comme les juifs des temps bibliques se voulaient fidèles à leur histoire. Avec Marie, nous poursuivons notre route, inlassablement, même si elle monte, car ce chemin-là libère, et déjà une étoile brille au firmament !

Nicolas Brucker


2 décembre 2018 – 1er dimanche de l’Avent

« Jésus lui-même »

La venue du Fils de l’homme dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire tranche radicalement avec la douceur et l’humilité de la crèche dans laquelle sera déposé l’enfant Jésus.

Pourquoi évoquer la fin des temps alors que nous sommes au début du temps de l’Avent ?

Pourquoi évoquer la souffrance et la mort alors que l’église tient à nous acheminer vers Noël, c’est-à-dire une naissance ?

A la veille d’une fête si douce, pourquoi parler de fracas, de tempêtes, de bouleversements et de crainte ?

Est-ce pour donner à comprendre que Noël n’est pas si doux qu’on le souhaiterait ?

En un sens c’est vrai : Noël est agréable pour ceux qui sont au chaud.

Mais quand on est à la rue, quand on est atteint d’un cancer ou que l’on vient de perdre quelqu’un, croyez-moi, la dinde aux marrons n’a pas le même goût !

Certes, notre monde est en genèse.

C’est un monde qui passe.

C’est un monde où le problème du mal reste un scandale.

Alors peut-être, que Jésus tient à ne pas nous laisser rêver.

Sa manière à lui de nous aider, au cœur de la morosité, à ne pas passer à côté de Noël et à a laisser briller en vérité la lumière de cette belle fête.

Car notre monde est avant tout celui qui a pour vocation de cheminer vers la vie.

Or cela suppose, qu’au seuil de cette nouvelle année liturgique, nous évitions le chemin des illusions.

Car en fin de compte, le message est très simple.

Je le résumerai en ces termes : ce qui donne sens à nos vies, ce ne sont pas nos constructions éphémères, ni l’ivresse de nos fêtes, ni même les forces de la nature…

Non !

Ce qui donne sens à nos vies, c’est une personne, à savoir : Jésus lui même.

Philippe Boissé


25 novembre 2018 – Solennité du Christ Roi de l’Univers

Bienvenue au royaume de la vérité

L’évangile de ce dimanche nous plonge dans un tournant décisif de l’Histoire, celui d’un changement de règne à jamais pour l’humanité. A priori, Pilate a tout pouvoir sur ce territoire d’occupation et ses ressortissants, y compris le pouvoir de décider de leur vie et de leur mort. Mais face à Jésus, les masques et les certitudes tombent : Pilate ne trouve plus que des questions à adresser à son interlocuteur. Il semble fasciné par la prétendue royauté de Jésus, sans même que ce dernier la revendique. A tel point que cette royauté semble incontestable, irrésistible puisqu’elle est fondée sur la vérité. C’est alors que Pilate tente une dernière échappatoire par la question qui suit immédiatement l’évangile de ce dimanche au verset 38 : « mais qu’est-ce que la vérité ? ». Ce tournant de l’Histoire va définitivement inverser les choses : ce n’est plus Pilate qui va condamner Jésus, mais Pilate qui sera condamné parce qu’il refuse la vérité. Oui, condamné à remettre son pouvoir, celui qui lui aurait permis de gracier Jésus, et à s’en remettre à la décision des chefs des prêtres. Rien ne peut donc résister à la vérité, aussi douloureuse soit elle. Admettez que la vérité n’est pas toujours évidente à discerner : entre un Gouvernement qui augmente les taxes sur les carburants pour accélérer la transition écologique et les gilets jaunes qui dénoncent un étranglement des classes moyennes et défavorisées, privées des besoins élémentaires de mobilité ; entre un dirigeant stratège qui a hissé l’industrie automobile de notre pays au premier rang mondial et des collaborateurs, victimes d’injustices sociales qui ne supportaient plus la surenchère des salaires astronomiques de leur patron ? Une chose est sûre : la vérité existe bien, elle est accessible à tous et il faut la chercher dans le face à face avec Jésus. Et lorsque malgré nos doutes et nos rancœurs, nos déceptions et nos échecs, l’humain, la confiance et la joie nous saisissent à l’improviste, nous ne sommes plus très loin du royaume du Christ. Mais, attention, il n’est pas toujours là où nous l’attendions ! … comme la vérité.

Björn DESMET


18 novembre 2018 – 33ème Dimanche du Temps de l’Eglise

« La fin du monde est commencée »

L’Evangile est une Bonne Nouvelle, un bonheur pour le monde.

Non pas dans un hypothétique futur mais pour maintenant.

C’est un message pour aujourd’hui.

Pourquoi ?

Parce que la fin du monde est commencée.

Si Jésus dit que nous ne connaissons pas l’heure de sa venue, c’est parce qu’elle est d’une constante actualité.

Chaque instant de nos vies est la date et l’heure où il vient nous rejoindre.

Chaque jour est un temps favorable pour marcher avec le Christ dans la confiance. Avec lui, nous sommes les artisans d’un monde qui se renouvelle avec discrétion.

Cette fin du monde a commencé dans l’après-midi du vendredi Saint.

Le Christ a donné sa vie pour hâter la fin d’un monde, de haine, de mort et de péché et pour que naisse un monde nouveau.

Et la résurrection de Jésus anticipe de ce monde nouveau.

Trop facilement, c’est notre habitude, nous voyons d’abord ce qui va mal.

Ce que l’on voit d’abord, c’est la violence, les drames et la haine.

Mais il ne faudrait pas que cette lucidité sur le mal étouffe une autre lucidité : celle sur le bien.

Ouvrons les yeux.

Ce monde nouveau dont parle Jésus existe déjà.

Philippe Boissé


11 Novembre – 32ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Un cèdre pour la paix

Un siècle après la fin de la Première Guerre mondiale, des écoliers ont planté, mercredi dernier, un cèdre devant le Palais du Gouverneur. Le séquoia qui y trônait depuis des décennies avait été préalablement abattu. « Les sycomores sont abattus, nous mettrons des cèdres à la place », prophétisait Ésaïe (Es. 9, 9). Le cèdre est l’arbre biblique par excellence. Son bois incorruptible et odorant, son extraordinaire longévité, la puissante beauté de sa ramure en font le modèle du croyant, qui se tient droit et jamais ne dévie.

« Le juste pousse comme un palmier,

S’étend comme un cèdre du Liban :

Planté dans la maison du Seigneur,

Il pousse dans les parvis de notre Dieu » (Ps 92, 13-14)

Les orateurs, militaires et civils, français et allemands, qui se sont succédé au micro, n’ont évoqué ni la Bible ni la religion. Ils ont pourtant fait parler les symboles. C’est au cœur de Metz, dans la place forte, entouré de bâtiments à vocation militaire, témoins des différentes périodes d’occupation ou de conflits, que poussera l’arbre de la paix.

La paix est un bien précieux, à la fois fragile et fort… comme cet arbre pour le moment si frêle et qui dans cinquante ans élèvera sa cime bien haut dans le ciel. Celui que nous protégions nous protégera à son tour. Ses bras noueux accueilleront les oiseaux qui « viendront habiter à l’ombre de ses rameaux » (Ez 17, 22-24). Et les écoliers qui naguère participaient à sa plantation reviendront profiter de son ombre, et se plairont à regarder leurs petits-enfants courir autour de son tronc massif.

Nicolas Brucker


4 novembre 2018 – 31ème Dimanche du Temps de l’Eglise

« Tu aimeras… »

Voici ce que le Seigneur nous demande : « Aimer Dieu et aimer son prochain comme soi-même ». Mais concrètement, comment faire ?

Aimer Dieu : c’est-à-dire prendre le temps de Le regarder, de Le contempler dans la prière et dans le silence.

Aimer… facile si on le comprend comme un simple sentiment d’empathie, d’attirance envers ceux qui nous sont proches ou sympathiques. Très difficile s’il s’agit d’aimer aussi ceux qui nous sont antipathiques, ceux qui nous agacent et que nous ne supportons pas… Et c’est bien ce que Jésus nous demande : il met l’amour de Dieu et l’amour du prochain au même niveau.

Dire, « j’aime Dieu », cela peut être très simple. Mais l’aimons-nous vraiment ? D’après la Bible et Jésus, pour répondre à cette question, il nous faut voir la façon dont nous aimons les autres.

En effet, nous ne pouvons pas aimer Dieu et ne pas aimer notre prochain. Ce n’est pas possible. La 1ère Lettre de Saint Jean est très claire à ce sujet : « Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas. »

Alors, comment faire ? Il suffit de commencer à regarder avec un regard nouveau les situations et les personnes avec lesquelles nous vivons. Quel regard ? Mais c’est simple : le regard avec lequel nous voudrions que Dieu nous regarde ! Un regard de bienveillance, de compréhension, de pardon… Alors regardons les autres, regardons le monde, regardons nous, avec les yeux de Dieu qui regarde sa création avec Amour.

Jean-Luc, diacre


28 octobre 2018 – 30ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Nous sommes tous des Bartimée

L’annonce récemment faite de l’implantation au sud de Metz, sur le site de Frescaty, d’une plate-forme du géant mondial de la distribution en ligne ne peut pas laisser indifférent. On cherche en vain la cohérence d’une telle décision avec la défense affichée du commerce de proximité et du développement de l’attractivité du centre-ville. Surtout on ne comprend pas comment une autoroute déjà saturée pourra absorber les centaines de poids-lourds qui quotidiennement se rendront à l’entrepôt.

Mais le plus étonnant n’est pas là. Il est dans les réponses faites par les élus à ceux qui les interpellent. Elles traduisent une absence totale d’enthousiasme, ou même seulement de conviction, et bien plutôt une sorte de résignation. Les uns s’excusent presque de cette décision, en expliquant qu’on n’avait pas d’autre choix, d’autres invoquent le sens de l’histoire, d’autres expliquent que la situation de l’emploi est telle qu’il eût été inconcevable de décliner l’offre.

De telles réponses amènent à s’interroger sur la notion de décision : qui décide ? ceux que nous avons élus pour cela ? ou bien la décision est-elle téléguidée par d’autres facteurs ? Invoquer l’air du temps, le sens de l’histoire, ou la nécessité économique revient à avouer benoîtement qu’on n’est pas en capacité de choisir.

Devant des enjeux d’une telle ampleur pour une métropole comme la nôtre, il est délicat de s’en remettre à ses seules capacités de décision. Les leçons de l’histoire et les leçons de la vie nous apprennent que nos lumières sont bornées. Pourquoi ne pas reconnaître comme Bartimée que nous n’y voyons pas clair ? Pourquoi ne pas appeler Jésus à notre secours ? Et pourquoi ne prierions-nous pas le Seigneur pour qu’Il éclaire nos décideurs ?

Nicolas Brucker


21 octobre 2018 – 29ème Dimanche du Temps de l’Eglise

« Le Dimanche missionnaire mondial »

Depuis 1926, toutes les paroisses catholiques du monde sont invitées à célébrer le Dimanche missionnaire mondial en coordination avec les Œuvres Pontificales Missionnaires (OPM).

La semaine missionnaire mondiale répond à un triple objectif :

– S’informer sur la vie des chrétiens à travers le monde.

– Prier pour la mission.

– Aide financièrement le fonds missionnaire mondial pour soutenir l’Evangélisation dans le monde.

C’est le but des OPM de « promouvoir l’esprit missionnaire universel au sein du Peuple de Dieu». Il leur revient la tâche première de donner une impulsion à la coopération, pour harmoniser les forces missionnaires et garantir une distribution équitable des aides financières qu’elles reçoivent pour la mission de l’Église dans les pays les plus démunis. Le financement global apporté par les Œuvres Pontificales Missionnaires est d’environ 145 000 000 € par an. La part apportée par la France est d’environ 8 000 000 €.

Les Œuvres Pontificales Missionnaires, ce sont 4 œuvres réunies au service de la Mission :

* L’œuvre pontificale de la Propagation de la Foi, qui contribue à la vie des diocèses les plus démunis, pour l’évangélisation et la catéchèse. Elle finance plus de 5 000 projets par an dans le monde.

* L’œuvre pontificale de Saint Pierre Apôtre, qui aide les séminaristes, les séminaires et les noviciats religieux.

* L’Enfance Missionnaire, qui invite les enfants à une ouverture universelle et finance des projets liés à l’éducation et à l’évangélisation. Elle finance environ 2700 projets par an dans le monde.

* L’Union Pontificale Missionnaire, qui participe à la formation missionnaire des prêtres, religieux, religieuses et agents pastoraux.


14 octobre 2018 – 28ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Merci, Saint François d’Assise !

Le creusement des inégalités sociales dans le monde, notamment dans les pays les plus pauvres, nous renvoie à notre responsabilité de chrétien de juste gestionnaire des biens qui nous sont confiés par notre Créateur et à notre devoir de service aux plus pauvres. Mais prenons garde de ne pas tomber dans la dichotomie simpliste renvoyant dos à dos les riches et les pauvres. Nous sommes en effet tous riches et pauvres à la fois. En matière d’environnement par exemple, le dernier rapport du GIEC alertant une nouvelle fois sur les conséquences dramatiques d’une augmentation au-delà de 1,5°C de la température moyenne du globe nous rend tous responsables de l’avenir de la Création. Plus question de nous rejeter la faute : la richesse de notre mode de vie, de notre alimentation, de nos déplacements ou des biens que nous possédons sont bien responsables de la dérive environnementale que nous observons depuis quelques années. Mais alors que faire ? L’évangile de ce dimanche, nous invite à une certaine radicalité de nos choix, celle avant tout du passage de l’avoir à l’être. Il ne s’agit pas de tout abandonner du jour au lendemain et encore moins de céder au collectivisme qui nous déresponsabiliserait, mais plutôt d’abord de prendre conscience que tout ce dont nous bénéficions, nous l’avons reçu de la main de Dieu. Sans doute que l’homme riche cité par St Marc en était conscient, et c’est pour cela que Jésus « l’aima ». Mais, il comprit que cela ne suffisait pas pour entrer dans le royaume de Dieu et voulut alors aller plus loin. Et c’est là que Jésus l’invita à se séparer du superflu, de tout ce qui empêcha l’autre de prendre part à sa richesse tant la barrière de l’avoir était grande. Environnement, social et économie se rejoindraient donc en une sainte trinité : là où l’autre ne trouve pas sa place dans mon pré-carré, mon harmonie avec la nature est rompue et c’est le monde entier qui en souffre, autant que moi, autant que l’autre. Comprenez plutôt : là où l’autre ne trouve pas sa place dans mon jardin d’Eden, mon harmonie avec la Création est rompue et c’est Dieu qui en souffre, autant que moi, autant que mon frère en Christ.

Et dire que 800 ans avant les scientifiques du GIEC, Saint François d’Assise avait déjà tout compris : quel génie !

Björn DESMET


7 octobre 2018 – 27ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Le mariage, la famille, le divorce…

‘’Est il permis à un homme de renvoyer sa femme ?’’

Réponse de Jésus : « Celui qui renvoie sa femme pour en épouser une autre est coupable d’adultère ! »

Dans sa réponse aux pharisiens, Jésus rappelle deux choses essentielles :

– Nous sommes sur terre pour être heureux. Tel est le projet de Dieu depuis la création du monde.

– Il n’y a pas de bonheur vrai, pas d’harmonie, pas de vie, s’il n’y a pas d’alliance. Il suffit de regarder aujourd’hui l’herbe de nos jardins : tant que la pluie ne fait pas alliance avec la terre, la sécheresse persiste et rien ne grandit.

Jésus nous dit aussi que, si on contemplait un peu plus souvent le projet d’amour et d’alliance que Dieu a sur l’humanité et sur chacun d’entre nous, ça irait tellement mieux dans le monde. C’est pourquoi il est important de rendre grâce et de remercier Dieu pour tous ceux et celles qui vivent dans la fidélité quotidienne, leur alliance dans le mariage, tout en sachant que ce n’est pas toujours facile. On n’est jamais à l’abri de grandes difficultés, mais Jésus nous propose de prendre le chemin de la confiance. Il est le compagnon fidèle des époux.

Un divorce, vous le savez bien, ouvre chaque fois un chemin de culpabilité plus ou moins profond. Et alors, on cherche à expliquer le pourquoi et le comment, ou bien on attribue la faute à l’autre. La culpabilité, ça vous ronge l’intérieur. Or, jamais Dieu ne culpabilise l’Homme, tellement il en est amoureux. Pour lui, une brèche qui déchire, une alliance devient une porte, il s’y engouffre pour y faire sa demeure. Son désir d’être avec nous en toutes circonstances, est si intense qu’il nous dit, au moment de la communion : « Prenez et mangez en tous, ceci est mon corps livré pour vous. » Et si cette rupture d’alliance était une nouvelle porte d’entrée, une nouvelle rencontre avec ce Dieu, amoureux de l’humanité blessée ? Et si c’était pour nous, une occasion de découvrir un aspect inconnu de ce Dieu d’Amour et de Miséricorde ?

Et si nous nous jetions dans les bras de Dieu comme le font les petits enfants se jetant dans les bras de leurs parents, notre monde serait tellement plus beau ! C’est ainsi que Dieu l’a voulu au commencement de la création. A nous de l’entretenir.

Jean-Luc, diacre


30 septembre 2018 – 26è Dimanche du Temps de l’Eglise

La Bible et le coffre-fort

En Allemagne où j’étais récemment, dans ma chambre d’hôtel, je trouve, comme c’est l’usage en pays protestant, un Evangile. Mais je ne le trouvai pas à côté du lit, comme le livre de chevet qu’on prend avant de s’endormir (à la place : un recueil de jolies pensées, avec de jolies photos, dans l’esprit du temps) ; je le trouvai dans une armoire, posé… sur un coffre-fort !

Tout un symbole !

S’il avait été mis dans le coffre-fort, j’aurais compris le message : la Parole est un trésor qu’il faut garder précieusement. Mais là, c’est plus ambigu. On peut le comprendre sous l’angle de l’opposition entre la puissance vivifiante du verbe divin, si fécond à travers les âges, et la pesante inertie de l’argent soigneusement enfermé dans sa boîte. D’un côté les biens spirituels, de l’autre les biens matériels. Vision schématique, très éloignée de la réalité de la vie, cette mystérieuse alchimie où se mêle le sublime et le trivial, le céleste et le terrestre.

Autre lecture possible : puisque l’un est au-dessus de l’autre, on peut penser qu’il faut d’abord assurer la base matérielle de l’existence pour se rendre ensuite attentif au dessein de Dieu. Cette interprétation est tous les jours contredite. Qui, des pauvres ou des riches, semble le plus sourd aux commandements de Dieu ?

Reste l’option analogique, du genre : le Royaume de Dieu est semblable à… un coffre-fort ouvert ? Pourquoi pas ? Et qui ne demanderait qu’à être rempli de tous les trésors que l’homme a dans le cœur. Voilà qui me plaît davantage, et me réconcilierait presque avec cette main anonyme qui avait cru bon de mettre l’Evangile au placard !

Nicolas Brucker


23 septembre 2018 – 25ème Dimanche du Temps de l’Eglise

La résurrection : un jeu d’enfant ?

Peut-être vous êtes-vous posé comme moi cette question à propos de l’évangile de ce jour : mais que vient donc faire cet enfant au milieu de ces adultes plongés dans une querelle de pouvoir et d’une annonce incompréhensible sur la mort et la résurrection du Christ ? Pourtant, tous les parents ont expérimenté cette situation où l’enfant vient s’immiscer d’une manière inattendue et déroutante à un moment qu’ils aimeraient tant réserver au secret ou à l’intimité des grands. Tous les spécialistes de la petite enfance vous diront combien il est important d’apporter une réponse à toutes les questions insolites pour aider l’enfant à se construire. Saint Marc dans son évangile ne se soucie pas tant de l’enfant que des adultes qui l’entourent. Jésus va en effet saisir l’occasion de la compagnie de cet enfant pour bousculer les repères de ses disciples. D’abord, il leur demande de descendre de leurs préjugés, de leurs fiertés, de leurs rapports de force et de leurs performances pour se remettre à hauteur d’enfant. La hauteur à laquelle la relation à l’autre se fait par le service aux plus petits, par le sourire, par le jeu, par le langage du cœur. Il leur demande ensuite d’aller plus loin, jusqu’à accueillir en son nom un enfant. Faire un sourire aux enfants qui passent dans la rue est une chose ; accueillir un enfant chez soi et l’aider à grandir en est une autre. A moins qu’il ne s’agisse plutôt de grandir avec lui ? L’enfant a en effet cette capacité décoiffante de nous pousser hors de nos repères bien établis, de nos acquis par tradition ou de nos valeurs rassurantes, car il est fragile et cherche lui-même le chemin de sa propre construction. Jésus nous invite donc à quitter la logique de la croissance perpétuelle, de l’efficience et de la réussite économique et sociale, bref la logique humaine, pour entrer dans la spontanéité des émotions, la simplicité des sourires et la beauté de l’inattendu, en somme, le cœur à cœur avec Dieu. Seul ce cœur à cœur avec Dieu nous permettra un jour, à la manière d’un enfant, d’entrer dans ce grand mystère de la résurrection.

Björn DESMET


16 septembre 2018 – 24ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Chers Amis,

Plus on creuse en nous-mêmes, plus on accepte d’être nous-mêmes, plus on découvre le désir formidable de bonheur qui est en nous. Ce désir d’absolu, le Christ dit : « C’est mon Esprit qui l’a mis dans ton cœur et quand on est habité par l’Esprit, on ne peut pas le garder pour soi ». Quand on est heureux, on ne peut pas le cacher, on est obligé de le dire. D’où l’importance de faire communauté avec les autres, de rencontrer les autres.

Or faire communauté, ce n’est pas simplement avoir des sentiments communs, c’est aussi avoir des responsabilités communes. Nous avons ensemble la responsabilité de faire en sorte que les gens se connaissent, s’apprécient, vivent ensemble, heureux. C’est, en particulier, donner une place à ceux qui sont le plus en difficulté, accueillir ceux qui sont les plus pauvres et pas seulement financièrement.

Est-ce à dire que c’est toujours facile, surtout dans une société en crise, avec des enfants, des jeunes et des adultes sans passé chrétien ? Certainement pas. Jésus est passé par la Croix. Nous y passerons aussi. C’est le chemin de la Résurrection. C’est le chemin de la foi. Une route sur laquelle il est impossible de nous dispenser de poser certaines questions afin de mieux comprendre les hommes qui nous entourent et d’inventer de nouveaux lieux pour partager avec eux ce bonheur de croire.

Nous aimons notre Eglise, nous croyons qu’elle est « aimable », c’est-à-dire digne d’être aimée, sans aucune idolâtrie. Mais ce qui vraiment peut nous réjouir, malgré toutes les souffrances que l’on peut ressentir, malgré tous ses retards, c’est que l’Eglise offre toujours un « recours » autre qu’elle-même.

Tout simplement parce que l’Eglise n’a jamais baptisé en son nom, mais au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. A tous et toutes, une belle rentrée pastorale.

Philippe BOISSE


9 septembre 2018 – 23ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Chers amis, bonne rentrée.

9 septembre déjà… la rentrée scolaire a eu lieu…les mois d’été prennent déjà de la distance…nous retrouvons nos habitudes, nos engagements, notre communauté paroissiale…

Le dimanche 16 septembre nous marquerons la rentrée paroissiale avec un temps convivial, le fameux pique nique, et ce jour-là tous les groupes de notre communauté de paroisses se retrouveront au cours de la messe de 10h30 à Queuleu. Nous ferons aussi connaissance avec de nouveaux visages, les cartables des enfants seront bénis.

Les membres de l’ECP (Equipe de Coordination Pastorale), anciennement l’EAP, se sont déjà retrouvés jeudi soir pour réfléchir sur les chantiers à poursuivre et ceux à mettre en œuvre pour la nouvelle année qui commence, ainsi que pour la mise en œuvre du nouveau projet pastoral diocésain : « Une Eglise de disciples-missionnaires : Allez, faites de toutes les nations des disciples, Matthieu 28,19.

Etre disciples-missionnaires tous les textes de ce 23ème dimanche nous y invitent en étant attentifs et en allant vers nos frères et sœurs les plus accablés par les épreuves de la vies. Les aveugles, les sourds, les muets, les opprimés, les enchaînés, la veuve, l’orphelin, le pauvre, l’immigré, ils sont nombreux autour de nous. Ils n’attendent qu’un regard bienveillant, une parole chaleureuse, un sourire, une main qui se tend, une rencontre, qui leur permettront de trouver ou de retrouver leur place dans notre monde, leur dignité d’hommes et de femmes, comme l’a fait Jésus avec le sourd-muet de l’évangile.

« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! » ‘’ Yalla ‘’ comme aimait le dire sœur Emmanuelle, c’est-à-dire : ‘’ En avant !’’

Jean-Luc, diacre


24 juin 2018 – Nativité de Saint Jean-Baptiste

MERCI !

Généralement, au terme de toute année pastorale, les réunions de bilans se succèdent les unes après les autres. Il est des bilans faciles à évaluer, il suffit d’aligner des chiffres, faire des additions et des pourcentages… Il est vrai que certains chiffres font parfois plaisir. Exemple : cette année, 39 enfants ont vécu leur 1re communion sur notre communauté de paroisses Notre Dame des sources. Toutefois, l’exercice du bilan pastoral reste un travail bien délicat. En Eglise, chacun apporte sa « pierre » irremplaçable dans la construction de l’ensemble.

Alors, qui mesurera la confiance de tant de chrétiens fidèles à la célébration des sacrements, et à la prière dans le secret de leur cœur ?

Qui évaluera la générosité de tant de chrétiens qui se font proches des blessés de la vie, et qui donnent du temps, de l’argent et de la tendresse ?

Qui calculera la croissance de la foi de tant de chrétiens qui lisent attentivement l’évangile pour s’en imprégner, et ne cessent d’approfondir leur foi ?

Qui éprouvera le témoignage de tant de chrétiens qui osent dire et vivre l’évangile dans le quotidien de leur existence et au milieu de leurs frères ?

Qui ?

Jésus Christ, et lui seul, parce qu’il accompagne tous ces chrétiens de son Esprit, et il est bien le seul à pouvoir leur dire un jour : « Tu as été fidèle en de petites choses, entre dans la joie de ton Maître ».

L’Equipe d’Animation Pastorale, elle, vous dira tout simplement « MERCI ». Merci à chacun d’entre vous pour tout ce que vous avez apporté, au long de cette année, à la vie de notre communauté de paroisses « Notre Dame des Sources ». Une année pastorale 2017-2018 rythmée par plusieurs temps forts dont le pique-nique de rentrée, la fête de l’Immaculée Conception, la messe télévisée, la fête de notre baptême et tout récemment les « 24 heures pour Dieu » sur le thème « Vivre et bâtir une communauté de disciples missionnaires ». Cette dernière étape a permis, par les témoignages apportés et la réflexion partagée avec le Père Jean GANTZER, de dégager un ensemble d’atouts et charisme qui sont une force pour la responsabilité missionnaire de notre communauté. Cet engagement missionnaire, nous le déploierons dès la rentrée prochaine, tant au plan local qu’au niveau de notre nouvelle archiprêtré.

En attendant, nous vous souhaitons un bel été.

Union de prières à tous.

Pour l’EAP

Père Philippe BOISSE


Dimanche 17 juin 2018 – 11ème Dimanche du Temps de l’Eglise

Où t’es papa… ?

La chanson de Stromae est révélatrice de notre époque. Les enfants réclament leur père : ils le cherchent en vain. Dis-moi, où es-tu caché ? La figure paternelle, dégradée, avilie, n’ose plus paraître. Honteuse, elle se cache, au risque de condamner la famille à la dérive.

Car un enfant a besoin qu’on lui dise « non » ; besoin d’entendre que ses volontés ne sont pas justes, et qu’elles ne seront pas satisfaites ; besoin de sentir qu’un ordre s’impose à lui, et qu’il va devoir s’y conformer. Le père signifie tout cela. Il fait mieux : il le verbalise. Ses mots disent une vérité : l’enfant ne les confondra pas avec le langage du marketing. Ils ne flattent pas, ils ne séduisent pas, mais ils ont une force. Grâce à cette force l’enfant devient homme. Il apprend à être libre.

L’amour du père est libérateur et structurant. Isaac en bénissant Jacob lui assure sa succession : il l’inscrit dans la lignée. Le père dans la Bible est puissant : sa parole et ses gestes ont force de loi. Ils disent l’irrévocable. On ne badine pas avec un tel père. Sa colère est rude, sa main pesante, son regard transperçant.

Il est heureux de fêter les pères en 2018, en un temps où l’androgynie est à la mode. Heureux d’affirmer la nécessaire complémentarité des deux formes d’amour, condition de la complétude de la famille et de la croissance de l’enfant. Heureux de redécouvrir ainsi la richesse de cette belle vocation.

Tout le monde sait comment on fait des bébés.

Personne sait comment on fait des papas.

Dit encore la chanson.

Si ! Nous, chrétiens, nous savons. C’est dans la contemplation de notre Père commun, la méditation de ses œuvres, la prière en ses grâces que se fait un papa. C’est alors seulement qu’il devient un palmier ou un cèdre du Liban, comme le chante le psalmiste, pour le plus grand bonheur de la famille humaine.

Nicolas Brucker


10 juin 2018 – 10è dimanche du temps de l’Eglise

De la famille de Jésus ou pas ?

« Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère. » Par notre baptême, nous sommes devenus frères et sœurs en Jésus Christ, nous sommes entrés dans la grande famille de Dieu, Notre Père. Mais dans ce qui fait le quotidien de nos vies, le sommes-nous vraiment ? Les paroles de Jésus sonnent comme un avertissement ! Sommes-nous vraiment ajustés à la volonté de son Père ? La charte que sont les Béatitudes est-elle ancrée au plus profond de notre cœur ? En un mot, sommes-nous vraiment des frères et des sœurs les uns pour les autres ? Quand Jésus dit ces paroles, il ne s’adresse pas seulement à ses disciples, ses paroles sont universelles. Tout homme de bonne volonté, croyant ou non, s’il fait la volonté du Père, c’est-à-dire, s’il pratique l’amour et la justice envers ses frères et sœurs en humanité, est un frère, une sœur, une mère pour Jésus. Par ces paroles, Jésus élargit considérablement son espace familial. Paroles qui rappellent celles du prophète Isaïe, huit siècles plus tôt : « Elargis l’espace de ta tente ; qu’on déploie les couvertures de ta demeure : Ne retiens pas ! Allonge tes cordages, et affermis tes piquets ! Car tu te répandras à droite et à gauche ; ta postérité envahira des nations, et peuplera des villes désertes ». Isaïe 54-2 et 3. Paroles d’espérance pour ce grand mystère qu’est venu nous révéler Jésus : un jour nous sommes tous invités à entrer dans la maison du Père, maison qu’il a préparée de toute éternité pour notre bonheur, et participer au festin des noces éternelles.

Quelle bonne nouvelle.

Jean-Luc, diacre


3 juin 2018 – Dimanche de la Solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ

« Vous n’en êtes pas dignes, mais vous en avez besoin » !

Notre cadet a reçu récemment le sacrement de l’eucharistie pour la première fois. A la veille de ce grand jour, je lui demande s’il se sent prêt à recevoir le corps du Christ. Il me répond alors spontanément qu’il est surtout curieux de connaître le goût de l’hostie. Sur le coup, je fus décontenancé par cette remarque si terre à terre, tenté de me dire qu’il n’avait décidément pas encore saisi l’enjeu de ce premier corps à corps avec le Christ, le sommet de sa vie de baptisé. Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’il demanda à mon épouse de l’accompagner à la messe dès le lendemain soir pour goûter une nouvelle fois cette hostie qu’il avait trouvée délicieuse.

Bien sûr que ce repas a une saveur unique que nul autre repas ne peut avoir : un repas auquel nous sommes invités tel que nous sommes, un repas où Dieu lui-même vient nous servir, un repas totalement gratuit qui n’attend rien en retour, un repas brûlant d’amour, un repas qui nous fait renaître à la vie, un repas qui nous ouvre l’appétit pour y revenir jusqu’à l’éternité,… Bien sûr qu’il ne pouvait jamais avoir goûté un tel repas ! Mais ne faut-il pas du temps pour comprendre l’immensité de ces mots et de ces gestes qui nous sont offerts par Jésus ? Ne faut-il pas du temps pour que l’amour infini de Dieu vienne irriguer notre coeur ? Ce jour là, notre fils, et tous ces jeunes communiants, m’ont rappelé que Dieu s’affranchit du temps : lorsqu’Il est présent là, devant nous, maintenant, il suffit de lui tendre la main pour faire alliance.

A toutes celles et ceux qui, à ce moment, ne se sentent pas encore dignes de cette alliance par manque d’intelligence ou de coeur, le Curé d’Ars répond : « vous n’en êtes pas dignes, mais vous en avez besoin » ! Alors quand vient la faim, la rencontre avec le Christ n’attend pas toujours et l’urgence est de la savourer et de s’en nourrir. Bonne fête du Saint Sacrement à vous toutes et tous !

Björn DESMET


27 mai 2018 – Dimanche de la Sainte Trinité

La Sainte Trinité

Tel Michel Ange décorant les plafonds de la chapelle Sixtine, nous associons régulièrement l’image de Dieu à celle d’un vieillard chenu.

Et lorsque nous pensons au Christ, c’est généralement sous les traits de l’ami proche et fraternel.

Quant à l’Esprit, il nous arrive de ne pas savoir où le mettre. Est-il une colombe, un coup de vent ou une langue de feu ? C’est difficile à dire.

Toujours est-il que les gros sabots de notre raison écrasent sans pitié les fleurs du mystère.

Comment traduire un mystère aussi grand ? Comment comprendre la Sainte Trinité ?

Pour être au clair avec cette question, j’essaye simplement de lire l’Évangile. Non pas d’abord comme un livre, mais comme la présence d’une personne vivante, la présence de Jésus. Je l’écoute, je le regarde, je fais attention à ses gestes, ses paroles et ses comportements. C’est lui qui me dit simplement ces quelques mots : « Qui m’a vu a vu le Père », car « le Père et moi nous sommes Un », et « c’est l’Esprit qui rend témoignage ».

A ce moment-là, je comprends une chose. Si nous prions la Sainte Trinité, c’est parce que le fondement de tout ce qui existe n’est pas à chercher dans la solitude, mais au contraire dans la relation, le lien, l’amitié, le dialogue, et la fraternité. Et, par voie de conséquence, nous ne pouvons accéder à la vérité de notre être, à l’image et à la ressemblance de Dieu, à notre participation à sa nature divine…

Qu’à la seule condition de nous lier les uns aux autres par ces multiples chemins qui façonnent nos communautés humaines.

Philippe BOISSE


20 Mai 2018 – Dimanche de Pentecôte

La première… d’une longue série

Parmi les histoires qui se racontent régulièrement dans ma famille, celle-ci : au retour de ma première rentrée scolaire, en maternelle donc, je me serais exclamé, en poussant un soupir de soulagement, que ça y est, j’y étais allé, laissant comprendre à mes parents que je ne pensais pas y retourner de sitôt. Je n’avais pas compris que cette première journée d’école n’était que la première d’une (très) longue série.

La première communion, préparée pendant de longs mois, attendue avec impatience, vécue dans l’excitation de la fête, restera dans la mémoire de chaque enfant comme un moment unique. Et cela doit être. Il faut aussi que cette expérience intense fasse place à une pratique régulière, peut-être plus calme, inscrite en tout cas dans l’habitude et la répétition. C’est à cette seule condition qu’elle s’incarnera dans sa vie.

Conçoit-on de ne pas revenir le lendemain de la rentrée des classes ? Conçoit-on de limiter sa pratique sportive à la seule séance initiale ? Non, bien sûr. Tout le monde en convient : il n’est pas de formation sans un effort constant, étalé dans le temps, soumis à des évaluations répétées. Pourquoi en irait-il autrement de la vie de l’âme ? La conversion que Jésus nous demande est un long chemin. Elle suppose un engagement, prend du temps, et coûte des efforts. Mais que de joies en retour !

Chaque dimanche, il nous est donné de vivre la communion comme un moment précieux d’union avec Jésus. Ce moment, s’il est vécu avec sincérité, doit nous rendre meilleurs. Mais cette espérance, parce qu’elle est partagée par tous ceux qui font la même démarche, prend un relief supplémentaire. La foi s’expérimente avec les autres, dans un partage qui, de toutes les relations humaines, est la plus passionnante.

Alors que cette communion, vécue dans la fête et dans la joie, inaugure toute une vie d’union en Dieu et de partage avec les autres !

Nicolas Brucker


Dimanche 13 mai 2018 – 7ème Dimanche de Pâques

La belle prière de Jésus

A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père il priait ainsi…

Jésus va partir vers son Père qui est aussi notre Père.

Ce sera à travers les souffrances et la mort comme il l’avait annoncé.

Mais ce n’est pas cela qui le préoccupe en cette heure.

Il ne pense pas à lui.

Il songe à ses disciples qui vont rester seuls, désemparés.

Alors, il se tourne vers son Père et les lui confie.

Et sa prière pour eux, pour nous aussi, se résume en deux points :

* Père, qu’ils tiennent bon : garde-les dans la fidélité.

* Père, qu’ils soient des saints : consacre-les dans la vérité.

Finalement, sous deux formes différentes,

Jésus demande pour nous ce que lui-même vit avec son Père.

Ainsi unis à lui nous pouvons dire :

Père, gardes-nous dans l’amour filial avec toi,

Père, gardes-nous dans l’amour fraternel !

Jean-Luc, diacre


Dimanche 6 Mai 2018 – 6ème Dimanche de Pâques

Difficile de résister au commandement d’un ami !

Il est des paroles de Jésus si réconfortantes et généreuses, qu’on s’en nourrit facilement tous les jours. Il en est d’autres plus dérangeantes qui nous invitent à nous poser des questions sur nous-mêmes, le sens de notre vie et notre rapport aux autres. Le passage d’évangile de ce dimanche semble à première vue d’une exigence si particulière qu’il pourrait nous conduire au découragement. Jésus nous invite à nous aimer les uns les autres, autrement dit à aimer tous nos frères et toutes nos sœurs en Christ. Et Il nous le demande sous la forme d’un commandement : il s’agit donc là de l’une de nos principales missions de chrétien. Sauf que nous sommes avant tout des femmes et des hommes qui n’avons accès à l’amour que par le coeur. Et nous connaissons tous (ou presque) des personnes que nous n’arrivons décidément pas à aimer : l’enseignant qui jadis nous a blessé en nous punissant injustement parce que nous étions là au mauvais moment, notre voisin de palier qui ne nous salue plus parce qu’il ne supporte plus le bruit de nos enfants, un membre de la famille avec lequel on est en contentieux pour des questions d’héritage, pire encore, ce dictateur animé par la soif de pouvoir ou d’argent qui va jusqu’à provoquer des guerres au prix de la vie de milliers d’innocents. Avouons-le : difficile d’aimer en vérité ces personnes, c’est-à-dire de reconnaître en elles le visage de Dieu. Non, Jésus ne nous demande pas l’impossible, celui qui n’est accessible qu’à Dieu. Saint Jean nous le rappelle : l’amour nous vient de Dieu puisque « Dieu est Amour » (Jn 4, 8). Il ne nous reste donc qu’à confier au Seigneur tous ceux que nous n’arrivons pas à aimer (suffisamment ou pas du tout) dans notre prière. Ce premier pas vers le projet d’amour de Dieu peut paraître bien modeste, mais il est essentiel. Car l’amour du Père, qui est toujours premier, fera tout le reste. Ce simple premier pas, telle une minuscule fente qu’on vient entre-ouvrir dans notre coeur pour laisser passer les rayons d’amour de notre Père, voilà le commandement d’amour. Et comme il nous vient, non plus du maître mais de l’ami, personne ne peut y résister : n’est-ce pas le propre d’un commandement ? Quelle grâce !

Björn DESMET


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