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Homélie du 11e dimanche du temps ordinaire (Mt 9, 36 – 10, 8)   14/06/26

 

Dieu ne sauvera pas le monde sans les hommes. C’est pourquoi Jésus organise systématiquement l’avenir selon trois axes :

Le premier axe est celui d’une prière insistante pour les vocations. Pourquoi ? Parce qu’il importe de demander au Père une impulsion nouvelle. C’est Dieu qui envoie. La mission vient de lui. « C’est le Père qui m’a envoyé » dit Jésus. Il passe donc le relais « Comme le Père m’a envoyé, je vous envoie ».

Vient alors le deuxième axe, celui de l’appel des douze apôtres. C’est l’apparition du premier collège apostolique. Une sorte de petit concile, le premier du genre, dont l’Evangile nous donne la liste des participants. C’est la photo de famille des premiers évêques. Manifestement, il ne s’agit pas d’une équipe éblouissante. En majorité, ce sont des pêcheurs, qui connaissent mieux le poisson que la théologie.

Le troisième axe est celui des directives. Elles sont précises. Il ne s’agit pas pour les apôtres de partir n’importe où, n’importe quand et n’importe comment, à la conquête du monde. Mais il s’agit pour eux de continuer l’action même de Jésus. Ainsi, ils feront simplement ce qu’il a fait en commençant par poser sur le monde le même regard que leur maître.

Ces trois axes nous conduisent à méditer trois questions :

Premier point de méditation

En quoi la prière pour les vocations nous rend-t-elle plus disponibles pour répondre à l’appel du Seigneur ?

« La moisson est abondante » dit le Christ. C’est donc qu’il y a eu semailles quelque part. En effet, l’Esprit Saint n’a pas pris de vacances depuis 2000 ans. Il s’agit donc de ne pas laisser cette moisson se perdre sur pied ! Or, Dieu n’a plus que nos bras pour mener à bien le travail.

Deuxième point de méditation

Comment m’est-il donné de témoigner de la Bonne Nouvelle à travers une mission que je reçois et non pas une mission que je me donne ?

Ici se pose la question de la notion de service. Que veut dire servir l’Eglise ? Je reconnais humblement que ce n’est pas le chemin le plus facile de la foi. Par expérience, je peux dire que les missions confiées sont rarement celles que l’on attendait ou espérait.

Enfin, troisième et dernier point de méditation

Quel regard portons-nous sur notre monde présent ?

Sommes-nous touchés, bouleversés, comme Jésus, par toutes ces personnes nées dans le « berceau de la détresse », par ces foules sans berger, ces personnes avides de trouver enfin un sens à leur vie ?

Méditer, contempler l’œuvre de Dieu est nécessaire. Mais cela ne servirait à rien si la contemplation ne s’accompagnait d’un souci de cohérence entre ce que nous croyons et les engagements que nous prenons.

Père Philippe BOISSÉ

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