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Homélie du 7e dimanche du temps de Pâques – Jn 17, 1-11   17/05/26

 

Jeudi dernier, la solennité de l’Ascension est venue souligner le changement du mode de présence du Seigneur auprès de ses disciples. Nous sommes désormais entrés dans un nouveau temps où nous sommes appelés à être plus présents et plus actifs. Pour y parvenir, nous pouvons nous appuyer sur le testament spirituel de Jésus. C’est l’évangile de ce jour. C’est un testament en forme de prière. Que nous révèle cette prière ? Tout simplement l’action de Jésus sur terre. Quelle a été cette action ? Dans sa prière Jésus la résume en ces mots : « Je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire ». Telle a été la finalité de l’action de Jésus sur terre : rendre gloire à Dieu. C’est-à-dire révéler au monde qui est Dieu. A savoir, un Dieu qui est Père. Par ses actes et ses paroles, Jésus nous a manifesté qui est Dieu. C’est pour cela que nous disons de lui qu’il est la révélation de Dieu.

Jésus poursuit alors sa prière en disant : «Désormais, je ne suis plus dans le monde». Le Seigneur a pris dimension humaine. En bonne logique, sa présence physique au monde s’est arrêtée au jour de l’Ascension : « Je ne suis plus dans le monde ». Jésus a quitté ce monde. Nous ne pourrons plus le rejoindre selon ce à quoi nous étions habitués. C’est cette rupture que nous devons accepter. Pourquoi ? Parce qu’elle nous oblige à reconnaître Jésus autrement. Et surtout parce qu’elle nous oblige à témoigner désormais de Dieu en témoignant du Christ.

C’est pourquoi Jésus poursuit sa prière à Dieu en notre faveur : « Père saint, garde-les unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes ». Le texte liturgique a malheureusement été amputé vers sa fin de cette parole si importante de Jésus. C’est dommage. « Père saint, garde-les unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes ». Comme Jésus, à sa suite, notre mission est désormais de manifester la gloire du Père. Et cela, nous le comprenons bien, n’est possible que dans l’unité, à l’image de celle qui existe entre Jésus le fils et Dieu le Père. C’est ainsi et pas autrement que nous serons témoins pour Dieu. Nous ne pourrons jamais appeler d’autres personnes à la foi si l’unité ne règne pas entre nous. Nous ne serons jamais fidèles à l’image de Dieu si l’unité ne règne pas entre nous, que ce soit au sein de nos communautés paroissiales, comme au sein de nos familles. C’est à travers l’unité seule que grandit l’amour de Dieu en nous. Que nous restions unis et que nous demeurions dans la vérité… C’est le grand désir du Christ. Toutefois, pour que cela soit possible, il demande à Dieu de nous protéger. Pourquoi ? Parce que cette demande du Christ nous rend excessivement vulnérables. En effet, accepter de vivre comme Jésus, nous conduit à ne pas être du monde comme lui, Jésus, n’est pas de ce monde. Qu’est-ce que cela veut dire ? Pour faire place à Jésus dans nos vies, devons-nous refuser le monde dans lequel nous vivons actuellement ? Certes, ce n’est pas un monde parfait, mais tout de même ! Si nous nous en tenons à l’évangile, saint Jean insiste pour nous rappeler que « Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils ». Alors si Dieu aime ce monde, pourquoi devrions-nous le mépriser ?

En fait, nous avons à aimer le monde tel qu’il est aujourd’hui, mais sans pour autant accepter ou cautionner tout ce qui s’y passe. Nous n’avons pas l’obligation de tout bénir. Ce qui fait qu’à certains jours, la vie chrétienne n’est pas forcément confortable. Très souvent nous avons du mal à nous situer. A certains jours, l’enseignement des Béatitudes est bien difficile à porter. Alors Jésus prie. Il prie pour ses disciples, il prie pour nous tous. Il prie pour que Dieu nous aide à tenir envers et contre tout. Il y a ainsi des jours où nous avons besoin des prières de Jésus pour tenir bon, malgré la tempête. Et pour cela, il n’y a qu’un chemin possible : celui de l’exigeante contemplation du Christ. Le suivre, Lui, Jésus, pas à pas. Pendre le temps de le « pratiquer », pour qu’un jour nous puissions, nous aussi, comme Lui, rayonner de la présence et de la gloire de Dieu.

Père Philippe BOISSÉ

 

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