Soutenir l'Eglise
Trouver ma paroisse
Espace Membres

Homélie du 6e Dimanche de Pâques –  Jn. 14, 15-21   10/05/26

 

Celui qui a écrit cet évangile, c’est saint Jean. Saint Jean a connu le Seigneur avant sa mort et a fait l’expérience du Christ Ressuscité. Chaque passage de son évangile parle donc à la fois, et de la vie du Jésus terrestre, et de celle du Christ Ressuscité. Que ce soit avant ou après la résurrection, la rencontre du Christ a bouleversé le regard qu’il portait sur le monde. Nous aussi, en ce temps pascal, nous sommes appelés à changer notre manière de regarder ce monde qui nous entoure.

Dimanche dernier, un guide nous a été donné pour changer notre regard. C’est un guide que Jésus résumait en trois mots : «Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie». Quelques temps avant, rappelez-vous les pèlerins d’Emmaüs. Ils marchaient seuls, désemparés, avec des bouts d’expériences fragmentées… Jésus les a rejoints ; Il a relié entre elles leurs expériences. Dès lors, ces deux compagnons, pleins de joie, sont repartis vers Jérusalem pour partager avec leurs frères. Le Christ a bien été pour eux chemin, vérité et vie… Chemin, parce qu’il a rassemblé ce qui était épars. Vérité, parce qu’il a associé ce qui paraissait dissocié et perdu. Vie, parce qu’il les a ouverts à un avenir riche de nouvelles rencontres. Aujourd’hui, il en est de même pour nous en chacune de nos existences. Les éléments épars de joies et de peines, de réussites et d’échecs, de pertes et de recommencements… se révèlent portés par le Christ qui peut les associer dans un ensemble porteur de sens. Le Seigneur est là, qui marche avec nous. Sa présence nous donne de nouer par un acte libre et authentique la dispersion de notre existence. Pour cela, il nous envoie son Esprit.

Pour rendre compte de la force qui les inspirait et les animait, les premiers disciples disaient : « C’est l’esprit de Jésus qui est avec nous, en nous, qui nous anime et nous pousse ». Pour eux, il s’agissait d’une présence réelle du Christ. Non pas extérieure, mais intérieure à chacun d’eux. Jésus n’était plus devant, mais dedans. Comme par une suppression de toute distance entre eux et lui. D’ailleurs, pour décrire cette expérience, pour rendre compte de cette relation nouvelle avec Jésus, ils employaient des termes de localisation. Ils disaient qu’ils étaient la « demeure de Dieu », le « Temple du Saint Esprit », le « Temple de Dieu ». Comme pour souligner que le Seigneur était présent en eux, comme l’intelligence est présente dans la main qui exécute un travail. Aussi, adoptons la manière si particulière au Christ pour aborder le monde et les hommes, avec un parti pris de bienveillance, une volonté de servir et une option préférentielle pour les plus fragiles. Par le baptême et la confirmation, nous avons hérité de cet « Esprit du Christ », de ses manières d’être bien précises et bien particulières. Nous le croyons. « Les fruits de l’Esprit, nous dit l’Ecriture, sont amour, joie, paix, patience, bienveillance, bonté, fidélité, douceur et maîtrise de soi » (Galates, 5, 22). C’est tout un programme de vie. Conjointement, c’est un chemin de discernement qui peut nous permettre de faire le point et de vérifier notre fidélité à la volonté de Dieu.

Père Philippe BOISSÉ

 

Partager