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Homélie du 2e Dimanche de Carême – Fête de la Transfiguration du Seigneur – Mt 17,1-9   01/03/26

 

Au chapitre 16 de l’évangile de saint Matthieu, Jésus annonce sa passion. Sitôt après, au chapitre 17 du même évangile, c’est le récit de la Transfiguration. Saint Matthieu réunit ainsi en deux chapitres, la théologie de la croix et la théologie de la gloire. Les deux ne peuvent pas être séparés : Jésus défiguré et Jésus transfiguré.

Aujourd’hui, nous en sommes à la Transfiguration. Ce texte semble bien étrange. Pour dire l’indicible, parfois les mots nous manquent c’est pourquoi saint Matthieu, dans son évangile, procède par allusions et par images. Une accumulation d’images qui disent toutes la même chose. Montagne, lumière, splendeur, nuée, c’est l’accompagnement traditionnel des apparitions divines. Jésus est bien l’envoyé de Dieu. Moïse et Élie sont là pour l’attester. Ils authentifient en Jésus celui que l’on attendait, celui dont tout l’Ancien Testament préparait la venue. Et pour qu’on en soit certain, la voix du Père retentit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! ».

Jésus, sur le point de prendre le chemin de Jérusalem où il sera crucifié, laisse entrevoir à ses apôtres sa résurrection. Il leur laisse deviner à quelle lumière, à quelle splendeur, conduit la fidélité envers Dieu.

Eh bien, en méditant ce récit de la Transfiguration, j’entends quelque chose de très important pour ma vie spirituelle. Deux paroles, deux paroles seulement…

La première : « Écoutez-le »

Oui, j’entends la voix du Père me dire, aujourd’hui : « C’est mon Fils, tu peux l’écouter en toute confiance ». Avoir la foi, pour un chrétien, c’est écouter le Christ. C’est faire confiance à sa parole. C’est être touché par son message et son exemple. C’est choisir d’adhérer à sa personne. Alors, si j’avais un souhait à formuler pour ce carême, ce serait pour vous inviter dans les jours qui viennent à écouter le Christ.

Deuxième parole : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé »

Cette parole de Dieu s’adresse à chacun de nous. Chacun de nous est un Fils, une Fille, bien aimé du Père. Vous me direz, ce n’est pas toujours évident à constater. Face à l’actualité, il faut rester lucide : l’histoire des horreurs n’est hélas pas terminée. Pourtant, la lumière qui veille dans le secret du cœur de chaque personne transparaît régulièrement. Que de femmes, que d’hommes montrent cette lumière à travers leur courage, leur force d’aimer, leur résilience, le don quotidien de leur vie. Ils luttent, ils protestent, ils offrent, ils bâtissent. Autour d’eux, ils distillent la paix et l’amour. Avec ces gens-là, la transfiguration, c’est chaque jour, en tous lieux de la terre. Et nous faisons sans doute partie de ceux-là, d’une façon ou d’une autre. Alors, si j’avais un souhait à formuler pour ce carême, c’est que vous vous appliquiez dans les jours qui viennent non seulement à écouter le Christ, mais également à prendre le temps de rendre grâce pour toutes les belles choses, petites ou grandes, que vous accomplissez dans votre vie au quotidien. Parce que, derrière tout ce que vous faites de beau, de bon et de bien, il y a un petit reflet du Seigneur qui s’offre à notre monde.

Chers Amis, la vie spirituelle est toujours en mouvement. Rien en elle ne peut être figé. Avec Pierre, Jacques et Jean qui ont quitté la montagne, nous sommes confrontés à notre réalité quotidienne, à l’ordinaire de notre vie. Et pourtant, rien ne nous empêche, humblement, par nos gestes et nos paroles de laisser deviner à notre entourage à quelle lumière, à quelle splendeur, conduit la fidélité envers Dieu. En fait, le chemin de la vie spirituelle est celui de notre transfiguration. Une petite transfiguration qui peut nous permettre de refléter, chacun à notre manière, l’immense Amour offert par Dieu. A nous de trouver un juste équilibre, le nôtre, entre le Mont Thabor et la plaine.

Père Philippe BOISSÉ

 

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