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Homélie du 4e Dimanche du temps de l’Avent – Mt 1, 18-24   21/12/25

 

Dans quelques jours, l’Enfant va naître. Les commentaires vont déjà bon train. Chacun a son mot à dire. Les anges eux-mêmes vont chanter le gloria. Un seul ne parle pas, ne dit rien. C’est Joseph, l’homme du silence, le veilleur aux songes.

Avec Marie, qu’ont-ils bien pu se dire ? Fallait-il s’expliquer ? On peut penser qu’ils ont dû  » se taire ensemble « , avec beaucoup d’amour et de respect l’un pour l’autre. Et dans ce silence énorme, Joseph n’a dit que ceci : « Son nom est Jésus (Dieu sauve) ». Ainsi, saint Matthieu raconte l’annonce faite à Joseph et nous montre comment Dieu se fait homme. Marie le mettra au monde et Joseph lui donnera un nom : «  elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ». Deux choses qui étaient indispensables pour que Dieu puisse s’incarner : un corps et un nom. Ainsi, pas d’humanité possible sans un corps humain ! Et, conjointement, nécessité de recevoir un nom tant il est inconfortable d’être le « fils de personne ».

Jésus ne sera pas pape, ni évêque, ni prêtre, ni diacre, ni serviteur du Temple. Un homme parmi les hommes, sans mitre ni col blanc, qui aura la fabuleuse audace de dire à Philippe :  » Qui m’a vu, a vu le Père « . Un scandale et une folie aux yeux du monde dira saint Paul : pour nos frères juifs, musulmans, bouddhistes, quelle folie en effet. C’est pourtant ce que nous fêterons à Noël. Pour cela, nous devrons faire preuve, nous aussi, d’un peu de folie. Les sapins, les petits enfants, les santons, le petit Jésus, les anges, la lumière, le réveillon, les cadeaux. La fête, c’est bien. L’excès en fait partie. Mais dans un monde de détresses, de drames, de violences, point trop n’en faut. Et nous devrons surtout ne pas oublier que sous ces joyeux débordements se cache souvent une spiritualité fragile, comme le carton pâte et le papier rocher de nos crèches. Aussi, en suivant l’exemple de saint Joseph, nous ferons preuve de délicatesse. Un homme de silence, un homme intérieur, capable d’écouter Dieu lui parler et capable de changer sa vie, à la lumière de la parole qu’il a entendue.

Noël, ce n’est pas seulement le souvenir d’un événement passé, c’est le Seigneur qui nous tend la main aujourd’hui, qui nous demande de l’accueillir, aujourd’hui. Il est vrai que Dieu est infiniment discret, infiniment murmurant. Il nous surprendra toujours. Tant il est vrai que la main de Dieu passe souvent de façon très inaperçue dans nos vies. Et, généralement, ce n’est qu’après avoir retenu et médité ce qui nous était arrivé, que les événements s’éclairent enfin. C’est au cœur même de ces petites choses de la vie, dans l’apparente insignifiance des jours, que Jésus frappera à notre porte. Dieu était là, mais nous ne le savions pas. Qu’il s’agisse de nos joies, de nos épreuves, de notre bonheur familial ou de nos moments de solitude, quelque part au fond de notre cœur se trouvera toujours un lieu pour tout accueillir en souriant à Dieu.

Comme jadis ce fut le cas pour Joseph, nous sommes tous appelés à devenir aujourd’hui serviteurs d’un mystère qui nous dépasse. Cela se prépare et c’est à cela que sert le temps de l’Avent. Le temps de l’Avent, c’est prendre du temps pour le silence, la prière, la lecture de l’Évangile, discerner et, surtout, nous rendre dociles à ce que Dieu nous suggère. C’est essentiel pour que cet accueil reste possible. Il y a 2 000 ans, il n’y avait pas de place pour eux à l’hôtellerie.  Et nous ? Avons-nous profité de ces quatre semaines de l’Avent  pour lui faire de la place dans nos vies ? Il nous reste quelques jours : ne perdons pas de temps !

Père Philippe BOISSÉ

 

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