Commémoraison des fidèles défunts 2025
Dès le cinquième siècle, on trouve des messes des défunts. Mais c’est à saint Odilon, quatrième abbé du célèbre monastère bénédictin de Cluny, qu’est due la Commémoraison de tous les défunts en général. Ce fut lui qui l’institua en 998 et la fit célébrer au lendemain de la Toussaint. L’influence de l’ordre des bénédictins était si importante que l’on adopta rapidement cet usage dans tout le monde chrétien et que ce jour fut même parfois chômé.
J’insisterai peut-être sur le terme que je viens d’employer, « commémoraison » et non comme il est dit trop souvent, par erreur de langage, « commémoration ». La commémoration, c’est pour les drapeaux tricolores le 11 novembre au monument aux Morts. On fait mémoire de ceux qui sont tombés durant la Grande Guerre sur les champs de bataille. A l’Eglise, c’est une commémoraison. Pourquoi ? Parce qu’à l’église, on ne fait pas mémoire des fidèles défunts, mais l’on prie pour eux. Dans le mot « commémoraison », vous avez le mot « oraison ». Une « oraison », c’est une prière. Les fidèles défunts ont surtout besoin que l’on prie avec eux et pour eux.
C’est d’ailleurs le sens de la prière que j’adresserai, après la communion, à Dieu en fin de messe au nom de toute notre assemblée : « Accorde aux fidèles défunts, Seigneur, de passer dans ta demeure de lumière et de paix, car c’est pour eux que nous avons célébré le sacrement pascal par le Christ – AMEN ».
Cette prière s’inscrit dans le cadre des paroles de Jésus entendues dans l’évangile de ce jour (Jn 6, 37-40) : « « La volonté de mon Père, c’est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a confiés, mais que je les ressuscite ». Que nul parmi nous ne soit perdu : c’est le sens des paroles de Jésus. C’est le sens de notre prière.
Cela étant, il est toujours important de rappeler les 5 convictions de foi sous-jacentes et fondamentales que nous exprimons dans cette prière :
- Nos disparus nous sont présents, d’une présence spirituelle et réelle. Ils sont invisibles, mais ils sont vivants. Ils attendent eux aussi le moment des retrouvailles.
- Nous sommes d’autant plus proches d’eux que nous essayons d’être plus proches de Dieu. Et ils sont d’autant plus proches de nous qu’ils sont proches de Lui.
- Nous pouvons leur parler, ils nous entendent. Nous pouvons les aider s’ils sont en chemin de purification. Car eux et nous appartenons au même corps : le Corps Mystique du Christ. Ils sont même prêts à nous apporter leur aide efficace, réelle, si nous la leur demandons. Ils sont nos intercesseurs.
- Ils gardent toute leur personnalité et leur caractère, toutes leurs affections et leurs tendresses. Ils n’ont rien perdu. Ils continuent à nous aimer de tout leur cœur.
- Le moment de la plus grande proximité avec eux se vit dans la rencontre de l’eucharistie. Car notre communication intime est alors assurée par la vie même de Dieu sur laquelle nous sommes chacun alors « branchés » tels des sarments sur le même cep.
Chers Amis, la Toussaint, et le 2 novembre, sont des dates ancrées dans les mentalités. Elles nous rappellent que notre horizon dépasse cette vie sur terre et ravivent notre espérance que ni la souffrance, ni la maladie, ni le mal, ni même la mort n’auront le dernier mot. Ce dernier mot appartient à Dieu et ce sera pour nous appeler à la Vie ! Pour rappeler cela, nous avons donc ces deux fêtes. La Toussaint, c’est la fête des saints, des vivants au Ciel, le 1er novembre. Eux prient pour nous ! Et il y a le jour de prière pour les défunts, le 2 novembre. Là, c’est nous qui prions pour tous ceux qui sont encore en chemin vers la plénitude de Dieu.
La compréhension de l’au-delà, et plus particulièrement de la Pâques du Christ, n’est pas de l’ordre de la spéculation intellectuelle, mais de la communion, c’est-à-dire de la rencontre et de la prière.
Père Philippe BOISSÉ