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Homélie du 29e Dimanche du temps ordinaire – (Lc.18,  1-8)   19/10/25

 

S’il importe de prier sans cesse et sans se décourager, ce n’est pas parce que Dieu serait lent ou sourd. Car Dieu est toujours au rendez-vous. Chaque jour, il nous offre comme un temps d’amitié ! Il est donc important que nous soyons au rendez-vous. C’est ce que l’on appelle la prière. En ce sens, la prière est une fidélité régulière, quotidienne, à un rendez-vous que Dieu nous propose. Chaque jour et pas uniquement de temps en temps quand ça nous arrange ou quand ça nous prend. Ce qui suppose une certaine persévérance.

Le problème c’est que, quand nous pensons à la prière, nous pensons uniquement à son exaucement. Un peu dans la logique d’un retour sur investissement. Et là, très vite, nous baissons les bras. Parce que nous avons l’impression qu’il ne nous donne rien et ne répond pas à nos prières. On n’y croit plus. A quoi bon ! On comprend dès lors pourquoi Jésus demande si le fils de l’homme trouvera la foi sur la Terre quand il viendra. Il y a tant de gens déçus ! Le Seigneur trouvera-t-il, quand il viendra, des hommes et des femmes qui font confiance en ce Dieu qui prend soin d’eux ? Un Dieu qui, pourtant, ne cesse de proposer et de donner. A terme, la question qui demeure pourrait être la suivante : ai-je confiance en ce que Dieu me donne ? Suis-je convaincu que ce qu’il me donne est pour mon bien, mon bonheur, mon plein accomplissement ? Plus simplement encore : ai-je vraiment envie de recevoir quelque chose de Dieu ? Car je risque de recevoir quelque chose que je n’ai pas demandé ! Exemple : je souhaiterais recevoir plus de sécurité matérielle, moins de difficultés financières… en fin de mois… Au lieu de cela, Dieu me propose l’esprit de pauvreté. Dans la même logique : me donnera-t-il plus de pouvoir, de supériorité sur les autres ? Non, il me donne l’esprit de service qui rend responsables et solidaires les uns des autres. Me rendra-t-il plus jeune, plus beau, plus attirant ? Non, il me donne l’humilité qui est la vertu de ceux qui grandissent et portent du fruit sans écraser les autres. Ces dons forment ce que la Bible appelle la justice, c’est-à-dire l’art d’être bien ajusté les uns aux autres, avec soi et avec Dieu. Et c’est cet ajustement qui change tout. En fait, ce matin, Jésus nous avertit. C’est notre méfiance qui empêche notre cœur de reconnaître ce qui nous est déjà donné en abondance.

Dieu n’enfoncera pas la porte de notre cœur. Il n’usera pas de contrainte à notre égard. Seule notre confiance et notre persévérance nous permettront de repérer les dons et les signes de sa présence dans nos vies. Alors prie-t-on pour être exaucé ? Non, c’est le contraire : on prie parce qu’on a déjà été exaucé. En ce sens, toute prière devrait avant tout être marquée par un grand et sincère MERCI envers Dieu. Ce qui nous impose au départ de discerner les dons et les signes que Dieu nous a déjà adressés.

Père Philippe BOISSÉ

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