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Homélie du 23e Dimanche du temps ordinaire – Lc. (14, 25-33)   07/09/25

 

Je pense que l’enjeu de l’évangile de ce dimanche est celui du choix. Car « suivre le Christ » est un choix. Jésus pose donc à chacun et chacune d’entre nous une question : qui tient la première place dans ta vie ? Au quotidien, de qui es-tu le disciple ?

En ces temps de rentrée, je trouve intéressant d’entendre cet appel. Rentrée des scolaires et des étudiants, retour au travail pour celles et ceux qui ont pu prendre des vacances, moment de décisions à prendre pour une nouvelle année d’activités, de projets, d’engagements. Comment allons-nous vivre cette année en disciples de Jésus, en chrétiens ? Jésus nous propose une méthode ou plutôt une attitude pour poser ce choix à travers les deux petites paraboles de celui qui veut bâtir une tour ou du roi qui part en guerre. « Commencer par nous asseoir » pour pouvoir aller jusqu’au bout de nos projets. « S’asseoir » c’est-à-dire prendre le temps de la réflexion, de la prière, pour nous mettre d’abord à l’écoute du Christ et de ses appels. Avant d’être à l’écoute de nous-mêmes. S’asseoir avec d’autres, écouter la Parole de Dieu et nous aider les uns les autres à devenir disciples. Comme le disait Tertullien, un Père de l’église : « On ne naît pas chrétien, on le devient. » Il parlait en connaissance de cause, lui qui était d’origine berbère et païenne.

Aujourd’hui, nous sommes invités par le Christ, chacun et ensemble, à devenir chrétiens dans une société française pour le moins peu soucieuse de Dieu et de l’Évangile. Devenir chrétiens dans un monde parfois athée ou bien parmi d’autres croyants en Dieu. Dans le concret de nos vies, l’exigence posée par Jésus nous conduit vers un plus grand respect et une plus grande ouverture à autrui. L’enjeu est celui de la rencontre, du partage et de la reconnaissance. Si nous sommes disciples du Christ, nous croyons que nos relations, souvent dures, injustes et intransigeantes, peuvent évoluer. Elles peuvent être réajustées, enrichies de valeurs positives et constructives, pour sortir de cette misère affective qui gangrène notre époque. Notre vie commune, malmenée par tant de dureté, nous épuise. Elle ne nous convient pas. Nous aspirons à une société différente : bienveillante, sereine et pacifique. C’est à ce grand chantier relationnel et spirituel que nous devons consacrer nos énergies sous le regard de Dieu.

A l’exemple de Philémon qui, dans la lettre de saint Paul, est invité à porter un nouveau regard sur son esclave Onésime : à découvrir en lui un Frère.

L’autre : comme un frère… voilà la rupture !
L’autre : comme membre de ma famille… voilà l’exigence !
L’autre comme une richesse de notre Eglise.

Ce sont d’ailleurs les dernières paroles de saint Laurent, un diacre célèbre, martyre, brûlé vif à Rome en 258. Saint Laurent était l’économe du Pape Sixte II. Sa mission : distribuer une partie des revenus de l’Eglise aux pauvres. Alors que ses tortionnaires voulaient lui arracher le secret des richesses de l’Eglise, il répondit en montrant des pauvres et des miséreux : «Voilà les richesses de l’Eglise».

Père Philippe BOISSÉ

 

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